‹ Le jardin des plantesChapitre 65 sur 83 · LO G I K · texte numérisé non relu

LO G I K

Les l’Iiam-liuTes habitent les contrées les plus chaudes de l’Afrique : la Barbarie, l'Ethiopie, la Cafrerie.

A côté du Phacocliœre est placé le Pécari a lèvres blanches, qui a été mentionné dans la partie de ce livre consacrée à la Ménagerie

Le Pécari appartient à la même famille que les précédents; il se fait remarquer par un organe particulier consistant en un conduit dont l’orifice est situé dans le milieu du dos, et d'où suinte continuellement une humeur visqueuse et fétide.

Les Zoom yt es ou Animaux-Plantes, servent de transition et de lien entre le Règne animal et le Règne végétal. Pas de système nerveux, pas d'organes spéciaux pour les sens, pas de cœur, pas de circulation proprement dite : tels sont leurs principaux caractères spécifiques. Ils respirent (d s’alimentent eomme les Animaux, et ils se reproduisent comme les Plantes. Coupez un Polype en trois ou quatre parties : vous verrez aussitôt éclore et se mouvoir autant de Polypes que vous aurez fait de morceaux.

L’embranchement des Zoophytes se partage en cinq classes, savoir : les Animalcules microscopiques, les Polypes, les Acalèphes ou Orties de mer, les Échinodermes ou Animaux à peau de Hérisson, et les Vers intestinaux. Rien que la seconde de ces classes soit la seule qui doive nous occuper aujourd’hui, nous l’accompagnerons d’une description sommaire des autres.

Les Animaux microscopiques ont aussi été désignés sous le nom d’Inlusoires, de ce que c’est principalement dans les infusions animales ou végétales qu’on les a observés; cependant beaucoup d’espèces vivent dans les eaux pures, et rien ne démontre qu’ils doivent nécessairement prendre leur origine dans les matières organiques en décomposition. Cette classe est fondée non-seulement sur la petitesse des individus qu’elle renferme, mais aussi sur une certaine simplicité de structure qui les rapproche entre eux et qui les place au dernier rang de la série des êtres organisés.

Tous ces Animalcules, ont une bouche, un estomac et un canal intestinal; beaucoup ont des yeux dont le nombre varie depuis deux jusqu’à douze, et ils se propagent par des œufs fécondés. La Monade elle-même, qui passe pour le plus simple de ces petits êtres, a une bouche garnie de cils, el deux, trois et quelquefois six estomacs.

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La seconde classe des Zoophytes comprend les Polypes, que les naturalisles divisent en vingt -six genres, présentant un total de plus de deux

mille espèces.

Vous n’avez sans doute jamais vu de Polypes, et vous êtes curieux de savoir comment ils sont organisés. Représentez-vous un petit corps cylindrique de matière gélatineuse et transparente, n'offrant d’ouverture qu’a une de ses extrémités, et ayant autour de cette ouverture une couronne de tentacules, au moyen desquels il attire l’eau et les molécules végétales dont il fait sa nourriture; représentez-vous l’autre extrémité de ce petit corps attachée à une pierre, à une feuille, ou comme enracinée dans une de ces productions marines, connues sous le nom de Madrépores, de Coraux, etc., et vous aurez l’idée d'un Polype.

Ces animaux se reproduisent de trois manières différentes : ou par scission, ou par bourgeons, comme les végétaux, ou par des œufs. Les uns habitent la mer, les autres les eaux douces et stagnantes. Quelques espèces sont revêtues d’une robe dont le bord inférieur est d’une substance analogue à celle des coquilles ; ce bord forme une sorte de cellule ou de gaine dure et solide, et se nomme Polypier.

Les espèces qui en sont pourvues vivent en société comme les abeilles ; et leurs cellules réunies forment de grandes ruches qu’on appelle polypiers agrégés. Quoique chacune des parties constituantes soit d’une petitesse extrême, les Polypiers acquièrent avec le temps des dimensions gigantesques.

Chaque génération de Polypes construit des amas de cellules qui, après avoir été leur maison et leur tombeau, servent de base aux constructions de la génération suivante. Ce travail de superposition continue pendant des siècles ; aussi audacieux qu’infatigables, ces vermisseaux architectes élèvent au fond de l’Océan de nouvelles tours de Babel qui ont le sort de la première; quand leurs murs atteignent le niveau de la mer, les Polypes, qui ne peuvent vivre hors de l’eau, sont obligés de les abandonner et de les laisser inachevés. Alors le sommet de ces merveilleuses demeures, exposé à l’action de l’atmosphère, devient le théâtre d’un autre ordre de phénomènes. Du limon, du sable et des débris de tout genre s’y agglomèrent; les Ilots ou les vents y déposent des graines; ces graines produisent de l’herbe, des plantes, des arbres; la plus riche végétation s’y développe, et le mausolée colossal des Polypes se change en jardins suspendus comme ceux de Sémiramis. Un jour, en allant à la pèche, une tribu sauvage les aperçoit.

ZOOLOGIE

y aborde et s’y établit. La cité des Zoophytes devient une île habitée où l’homme déploie les ressources de son génie et de son activité, où il étale ses misères et ses vices. La plupart des îles, surtout celles de l’océan Pacifique, n’ont pas eu d’autre origine. Ces dernières sont, pour ainsi dire, écloses sous nos yeux : nos navigateurs les ont vues surgir du sein de la mer, se couvrir d’abord de terre, puis de végétaux, puis enfin d’habitants. Il est reconnu que le Japon, entre autres, n’est qu’un grand assemblage de Polypiers.

La troisième classe des Zoophytes se compose des Acalèphes ou Orties de mer, ainsi nommées parce qu’elles produisent, lorsqu’on les touche, une cuisson semblable à celle que fait éprouver le contact des Orties; mais cette propriété n’est pas caractéristique de cette classe, car elle s’observe aussi dans les Polypes. Les Acalèphes ont sur ces derniers l'avantage d’étre revêtus d’une espèce de tissu cellulaire ou de peau. Les Méduses, ces animaux cartilagineux qui répandent une clarté phosphorique si brillante et qu’on a surnommés Chandelles de mer, appartiennent à cette classe.

La quatrième classe, ou des Kchinodermes, comprend les Oursins, les Astéries ou Étoiles de mer et plusieurs autres espèces généralement connues. Les Kchinodermes offrent une organisation plus avancée que celle des classes précédentes. La peau est plus épaisse et mieux formée; un dépôt de matières terreuses qui s’y amasse devient le support ou le squelette de l’animal; la bouche s’arme de dents, les voies digestives sont de véritables intestins maintenus par une membrane particulière appelée mésentère. Un système nerveux commence à paraître.

La marche progressive que nous avons remarquée jusqu’ici dans la structure des Zoophytes cesse à la cinquième classe, composée des Vers intestinaux ; les uns sont formés d’un simple tissu homogène sans aucune trace d’organes, les autres ont à peine une cavité digestive à laquelle s’adjoignent quelques traces de vaisseaux. Ainsi l’embranchement des Zoophytes, après s’ètrc élevé, dans les Acalèphes et les Kchinodermes, vers des formes plus perfectionnées, retombe dans les Vers intestinaux au plus bas échelon de la série animale. Mais laissons pour le moment les autres classes des Animaux-Plantes, pour ne nous occuper que des Polypes, dont les étonnants produits sont rangés et étiquetés dans les armoires de la seconde salle.

370 SIXIÈME PAKTIE.

Certains .Polypes constituent un ordre auquel on a donné le nom de Zoanthaires ou Animaux-Fleurs, et ce nom est fort bien choisi pour des animaux dont le corps présente la forme d’une corolle, et dont les bras, ou tentacules, ressemblent si bien à de petits pétales. Celle analogie est surtout frappante dans les Actinies ou Anémones de mer.

Quand le ciel est pur et que le soleil brille, on les voit se répandre par milliers sur le sable et sur les rochers qu’elles émaillent des plus riches couleurs. Mais aussitôt que le vent se lève, et (pie l’onde commence à se troubler, tout disparaît ; les Anémones ferment leurs calices, et rentrent précipitamment dans leurs réduits d’azur.

Ces jolis animaux servent de baromètre aux marins : leur degré d’épanouissement ou de contraction est un indice presque certain pour connaître si le temps sera serein ou orageux, si la mer sera calme ou agitée. Nos côtes possèdent l’Actinie pourpre.

Les Fongics, les Turbinolies, espèces voisines de l’Anémone, habitent de petits gobelets hérissés à l’intérieur et à l’extérieur de lames extrêmement minces, qui convergent du centre vers la circonférence. Il y a des Fongies qui atteignent jusqu’à deux pieds, et dont les uns sont ronds et les autres cylindriques. Vous en pouvez voir plusieurs dans la troisième armoire, salle à gauche.

Dans les Caryopliyllis, les loges sont plus allongées ; elles se groupent les unes à côté des autres, sans se confondre, et forment des sortes de bouquets.

Approchons de ces cages vitrées : ces jolis tubes, rangés verticalement comme des tuyaux d’orgues, sont l’ouvrage des Tubipores, originaires de la mer des Indes et de la mer Rouge. Les individus de celte espèce, comme ceux des précédentes, vivent séparés de corps et de biens ; mais ceux qui suivent vivent en commun, et leurs habitations forment de grandes expansions foliacées. La Tridacnophyllia dispose ses cellules de manière à leur faire prendre l’aspect d'une laitue ; c’est ce qui a valu à celte espèce le surnom de Lacluca.

Si l’on examine l’intérieur de ces expansions au moyen de sections verticales, on voit qu’elles sont composées de couches parallèles, chacune desquelles a été l’asile d’une génération.

Les constructions de ces Polypes atteignent quelquefois des dimensions colossales, et sont d’une pesanteur proportionnée.

Voici des Mêandrincs : ici les loges n’affectent pas une forme arrondie ; elles serpentent en sillons sinueux et diversement contournés, à peu près comme le cours du fleuve Méandre, d’où dérive leur nom. La Méandrine ccrcbriformis ressemble à un cerveau ; la Méandrine labyrinlhica présente autant de tours et de détours qu’un labyrinthe.

Les cellules des Poriles sont presque aussi microscopiques que les pores de la peau. Quelques Polypes de cette espèce donnent à leurs constructions la forme d'une corne de cerf ou d’un buisson, dont les branches se bifurquent et se subdivisent à l’infini. Dans les Pocilloporcs, les branches sont garnies de petites coupes qui semblent les fruits de ces buissons sous-marins.

Mais c’est surtout dans le groupe des Madrépores que cette disposition arborescente acquiert son maximum de développement. Les Polypes auxquels on donne ce nom sont les animaux les plus anciens de la création; cestà eux qu'on attribue la formation de la plupart des montagnes calcaires ; ce sont eux qui élèvent dans les mers équatoriales ces écueils et ces îles dont l’apparition inattendue étonne les navigateurs. Leur

ZOO LOGIE

polypier est ramifié comme un arbuste ; les cellules sont éparses, tubuleuses, saillantes.

Le Madrépore abrotanoïde se divise en branches épaisses, la plupart droites, rameuses et qui se terminent, ainsi que leurs divisions, en pyramides. Ces branches et leurs divisions sont presque partout chargées de ramuscules latéraux extrêmement courts, épars, hérissés de papilles tubuleux. Cette espèce habile I océan Indien. Voici le Madrépore plantané qui semble une forêt épaisse ; voici le Madrépore en corymbe , dont les branches, élevées sur un tronc commun, se courbent en entonnoir comme les arbres fruitiers de nos jardins.

Le Madrépore palmé, dont nous ne possédons qu’un petit exemplaire, a été appelé aussi char de Neptune, à cause de sa forme bombée et légère. Cet exemplaire est placé sous une cage de verre, dans la première salle à gauche.

Au-dessus de cette cage, vous voyez un autre Polypier dont la structure et la disposition arborescente sont d’une délicatesse et d’une ténuité égale à celle de la dentelle. C’est YOculica (labelliformis , espèce voisine de la précédente.

Telles sont les formes et les dispositions principales des travaux des Polypes à Polypier. Les échantillons que nous possédons sont d’une belle conservation, mais de dimensions très-médiocres comparativement à celles qu’ils atteignent dans leur élément natal. Tous les Polypiers, dans l’état de vie, sont ornés de couleurs brillantes qui disparaissent presque complètement après la mort de leurs habitants.

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