‹ Le jardin des plantesChapitre 67 sur 83 · SECONDE ET TROISIÈME SALLE · texte numérisé non relu

SECONDE ET TROISIÈME SALLE

La moitié de lu première salle et la seconde tout entière sont consacrées à la collection des Reptiles. Nous ne reviendrons pas sur cette classe d’animaux, sur laquelle il vous a été donné de longs détails dans la description

de la Ménagerie, et nous passerons tout droit à la troisième salle, contenant les Crustacés.

Les Crustacés sont les Insectes de la mer. Leur corps se compose, comme celui des Insectes, d’une série d’anneaux quelquefois distincts et mobiles, d’autres fois soudés ensemble. M. Milne-Edwards a observé que la structure d’un Talitre (vulgairement crevette) est exactement pareille à celle d’un Cloporte; chacun d’eux a une tête garnie d’antennes suivies d’un thorax consistant en sept anneaux semblables entre eux et portant chacun une paire de pattes.

Nous avons vu les Polypes sécréter une substance pierreuse qui leur sert de soutien et de demeure; cette substance est analogue à celle qui constitue la charpente osseuse dans les animaux d’un ordre plus élevé ; et les vastes amas de Polypiers qui forment les continents ne sont que les squelettes agrégés de plusieurs générations de Zoophytes. Nous avons vu la Tortue porter sur son dos ses côtes aplaties et arrondies en bouclier ; chez les Crustacés le squelette tout entier est extérieur ; il enserre l’animal comme une gaine solide ou comme une armure. Cette gaine se renouvelle plusieurs fois comme l’épiderme des Serpents. Les Crustacés quittent leur enveloppe sans y occasionner la moindre altération; ils en sortent déjà revêtus d’un nouveau tégument qui est encore mou et ne commence à se durcir qu’au bout de quelques jours.

Cette classe présente deux types principaux et très-distincts, celui du crabe et celui de l’É c r e v i s se. Le Crabe ressemble à une Araignée ; toutes les parties du corps sont ramassées autour d’un point central d’où s’échappent en divergeant des pat tes diversement conformées, et semblables à des rayons vivants par lesquels l’animal communique avec les objets environnants.

L’Ecrevisse est construite en longueur et disposée autour d’un axe comme le Scorpion. La queue est quelquefois très-étendue, et sert tout à la fois d’arme défensive et d’organe de locomotion. Chaque patte antérieure est terminée par deux pinces solides et tranchantes comme une paire de ciseaux.

Les Crustacés sont tous ovipares ; la femelle se distingue du mâle par un abdomen plus élargi dans lequel elle tient ses œufs suspendus jusqu’à ce que les petits soient éclos.

On voit ici des Crabes, des Écrevisses et des Langoustes. Le reste de la collection est placé dans les armoires qui occupent le milieu de la grande galerie du second

étage.

11 a été longuement question de l’ordre des Quadrumanes dans la partie de cet ouvrage consacrée à la description de la Ménagerie. Nous nous bornerons donc à indiquer les espèces qui n’ont pas vécu à la Ménagerie, ou

ZOOLOGIE

celles qui, par la supériorité de leur mode d’organisation et de leurs facultés morales, nous engageront à revenir sur cet important sujet.

Les Singes sont exposés dans les armoires de la quatrième salle du premier étage. Cette riche et intéressante collection, rangée d’après la classification de Cuvier, offre quelques représentants de chacun des genres du grand ordre des Quadrumanes. Elle commence par le Chimpanzé placé dans la première armoire à gauche en entrant, et finit aux Tarsiers placés dans l’armoire qui fait face à celle-là à droite.

Le genre Gibbon, dont la Ménagerie n’a encore possédé aucun individu vivant, est le premier qui nous arrêtera.

Les Gibbons viennent immédiatement après les Orangs, dont ils se distinguent par une taille moins élevée, par des cuisses garnies de callosités ischiatiques, par des membres antérieurs plus longs que ceux de derrière. Au moyen de ces immenses bras, ils peuvent marcher à quatre pattes sans cesser d’être debout, et, balançant leur corps comme une fronde sur ces longues béquilles, s’élancer d’un arbre à l’autre avec autant de vélocité qu’un projectile. On les rencontre surtout dans les lieux les plus sauvages de l’Asie orientale, où ils vivent en nombreuses sociétés sur les branches des grands arbres.

Les gibbons sont, après les Orangs, les Singes qui se rapprochent le plus des Bimanes, par leur structure et parleur intelligence. Ce genre est très-riche en espèces; nous ne décrirons que quelques-unes des plus intéressantes, et nous commencerons par les GIBBONS AGILES.

Ces animaux méritent bien l’épithète qu’on ajoute à leur nom. La rapidité de leurs mouvements est incroyable; ils s’échappent avec la légèreté d’un oiseau ; à peine ontils aperçu un danger que déjà ils en sont éloignés. Ils s’élancent comme une flèche au sommet des arbres ; ils se saisissent d’une branche flexible, se balancent deux ou trois fois avant de prendre l’essor, puis ils sautent plusieurs fois de suite, et sans le moindre effort, à des distances de près de quarante pieds. Raffles raconte que lorsqu’ils sont en captivité, ils meurent de chagrin s’ils voient leur maître accorder une préférence marquée à quelque autre animal. Ce naturaliste possédait un Gibbon agile qui tomba malade de jalousie, parce qu’on le caressait moins souvent qu’un Lori qui était dans la même chambre. Ce dernier ayant enfin été transporté ailleurs, le Gibbon reprit son humeur joviale et se rétablit.

Les Gibbons agiles vivent par couple ou en famille dans les forêts les plus solitairesde l’ile de Sumatra.

Le g i b b o n n e Coromandel est un animal très-rare et dont les mœurs ne sont pas encore bien connues.

r> S2 CINQUIÈME PA MIE.

Sa léle est grande et ronde; le nez est saillant à son extrémité; les cinq doigts sont libres; sa robe est épaisse, laineuse et luisante; il porte une espèce de perruque dont les poils sont rudes et hérissés. Sa couleur générale est pareille à celle du Gibbon agile ; une longue barbe et de grands favoris encadrent sa face.

Sa hauteur, quand il est debout, est de deux pieds huit pouces.

Le gibbon a favoris b l a N c s est tout habillé de noir . Les poils de la tète sont hauts et droits, circonstance qui prête au crâne une apparence d'élévation (pii trompe au premier coup d’œil. Les joues sont garnies dans toute leur longueur de deux bordures de poils blancs qui ressemblent à ces festons de dentelles qui ornent les bonnets de femme. L’index et le doigt du milieu sont joints. Quand l’animal est debout, sa taille est de deux pieds quatre pouces.

Le g i b b o n s i a m a N g a été découvert à Sumatra par M . Duvaucel. Cet habile observateur, qui a payé de sa vie son noble amour pour la science, rapporte que les Sia mangs sont généralement indolents et stupides ; cependant le sentiment de la maternité réveille chez les femelles des facultés qui touchent de près à l’intelligence. Quand un de leurs petits est blessé par un autre animal ou par un chasseur, elles s’arrêtent, tombent avec lui en poussant des cris affreux, et se précipitent sur l’ennemi la gueule ouverte et les bras étendus. Il paraît même que cette affection si remarquable se manilesle dans les circonstances de la vie ordinaire par une foule d’attentions qui semblent la conséquence d’un instinct raisonné. M. Duvaucel a vu des mères de cette espèce porter leurs petits ù la rivière, les débarbouiller malgré leurs plaintes, les essuyer, les sécher, et donner à leur propreté un temps et des soins que dans bien des cas les entants de l’homme pourraient envier.

Ces animaux vivent par troupes conduites par un chef. Ils sont criards le matin, silencieux pendant la journée. Ils manquent d’assurance quand ils grimpent, et d’adresse quand ils sautent. Forcés de fuir, ils ne le font que difficilement. Leur corps s'incline en avant, et. leurs deux bras faisant l’office d édiasses, ils avancent par saccades et ressemblent, dit M. Geoffroy Saint-Hilaire, à un vieillard boiteux a qui la peur ferait faire un grand effort.

Le colobe guéréza, découvert parRiippel dans les montagnes de l’Abyssinie, est un des Singes les plus remarquables par l’élégance de ses formes et la richesse de son pelage. La tête, les épaules et les lianes sont entourés d’un cercle de longs poils blancs qui pendent comme un camail. Une raie blanche s’étend comme un bandeau sur son front , des favoris blancs garnissent les joues, et sa longue queue est ornée à son extrémité d un panache blanc. Le reste du corps est d’un noir foncé et brillant comme le jais.

Suivant Rtippel, les Guérézas vivent en petites troupes dans les forêts voisines des courants d’eau. Ils passent la nuit sur les branches des arbres ; ils se nourrissent d insectes, de fruits et de légumes. Leur naturel est doux et inoffensif, et quoique très-vils et très-remuants, ils ne sont pas incapables de domestication.

On ne les rencontre (|ue dans les provinces de Godjam Kullaet Damot, surtout dans cette dernière, où les indigènes leur font une chasse très-active ; ils regardent comme une marque de distinction de posséder un bouclier orné de la dépouille d un de ces Singes.

Les Colobes sont encore peu connus ; il n’en existe ([ue quatre exemplaires empaillés dans les Musées d’Europe : un à Londres, un autre à Francfort, et deux ici.

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ZOOLOGIE

Les c y n oc é p h a l es, ou Singes à tête de Cliien, sont les plus brutaux et les plus féroces des Quadrumanes. Leur angle Facial n’est que de 50 à 55 degrés ; leur nez est prolongé jusqu’au delà des lèvres, comme chez les animaux d’un ordre inférieur; leur corps est gros et trapu ; et la station verticale leur est encore plus difficile qu’aux Macaques et aux Guenons ; aussi la marche quadrupède est-elle leur mode habituel de progression. Toutefois les pouces des extrémités antérieures sont opposables aux autres doigts, comme chez l’homme et chez les Orangs.

Les Cynocéphales vivent en troupes dans les montagnes les plus sauvages de l'Afrique ; ils y forment des espèces de retranchements qu’ils n’abandonnent qu’à la dernière extrémité, et dont ils défendent l’entrée aux autres animaux. On en a vu quelquefois enlever des négresses et des enfants, et les retenir plusieurs années dans leurs cavernes, où ils les nourrissent avec soin.

Telles sont, en général, les mœurs et les habitudes des Cynocéphales, et particulièrement. du Cynocéphale Géléda, dont nous avons publié le portrait.

Les Singes du nouveau monde se distinguent de ceux de l’ancien par le nombre de leurs dents molaires, l’absence de callosités ischiatiques et d'abajoues, et surtout par l’existence d’une longue queue. Chez quelques espèces, cette queue est préhensible, et fait l’office d’une cinquième main.

Les saris ( Cebus ), que l’on nomme aussi singes aqueuede renard, à cause des poils longs et touffus dont cet organe est garni, vivent dans les forêts de l’Amérique, en troupes de sept ou huit individus. Ils ont les dents incisives plus saillantes que les Saimiris, et sont nocturnes comme les Chéiroptères. Ils courent d’arbre en arbre à la recherche des fruits et des insectes. Les Sajous, plus agiles qu’eux, les poursuivent, les atteignent, leur dérobent leur butin, et les battent encore après les avoir dépouillés. Le cebus satanas est tout noir; le cebus c h éi ropo te, vulgairement appelé le capucin de l’orénoque, ale menton garni d’une barbe épaisse. M. de Humholdt rapporte que, lorsqu’il veut boire, il puise de l’eau avec sa main, la verse dans sa bouche, et évite ainsi de se mouiller.

La famille des Lémuriens, la dernière de l’ordre des Quadrumanes, se compose d’Animaux dont la mâchoire inférieure est armée d’incisives et de canines courbées en avant. Les molaires commencent à être pourvues de tubercules pointus qui s’engrènent les uns dans les autres comme chez les Insectivores.

Les Lémuriens se rapprochent des Carnassiers par la disposition et le nombre de leurs dents, et ils se distinguent des Singes par l’existence d’un ongle pointu et relevé au premier ou aux deux premiers doigts de derrière.

Leur langue est rude et papilleuse; leur cri ressemble au rugissement du Lion. Ils sont plus carnivores que les Singes.

Les makis tiennent du Renard par le museau et du Singe par les pattes. Les fosses orbitaires sont très-écartëes l’une de l’autre. Ces animaux ne voient ni exaclement en face, ni décidément de côté comme les Carnassiers. Leurs jambes antérieures sont plus courtes que les postérieures ; ils n’avancent que par sauts et par bonds. Ils dorment assis, le museau incliné et appuyé sur la poitrine. Ils sont pourvus d’une queue plus longue que le corps et qu’ils ramènent avec grâce par-dessus leur tête. La lumière les incommode ; leur prunelle est transversale le jour, et perpendiculaire dans l’obscurité.

Les Makis sont un genre propre à l’ile de Madagascar ; on ne les rencontre nulle part ailleurs. Ils sont les seuls Primatès, dit M. Geoffroy Saint-Hilaire, qui habitent cette contrée; ceux du continent voisin y sont inconnus. L’île de Madagascar a ses animaux à part comme l’Amérique, l’Afrique et l’Asie ; elle a des Quadrumanes qui n’appartiennent qu'à elle seule ; ce phénomène mérite à cette île une place distinguée dans la géographie physique, et on doit la considérer comme aussi importante pour la science que les plus grands continents.

Les in n ris se reconnaissent à leur museau plus court et à leurs jambes postérieures presque deux fois aussi longues que celles du devant. Cette conformation leur permet de franchir en sautant des distances considérables. Les Madécasses les apprivoisent et les dressent pour la chasse comme des Chiens.

Les loris sont appelés vulgairement Singes paresseux, à cause de la lenteur de leur marche ; chez ces animaux, comme chez les Paresseux, les artères des membres se divisent en une infinité de rameaux qui retardent la circulation du sang; et, comme la force et l’agilité des muscles sont le résultat de la puissance de l’action circulatoire, la disposition des vaisseaux sanguins chez ces animaux explique l'excessive lenteur de leurs mouvements. Les'Loris habitent les Indes Orientales, et se reconnaissent à leur corps grêle, à leur museau court, à leurs yeux saillants et à l’absence de toute espèce de queue. Leurs membres de devant sont égaux à ceux de derrière.

Les galagos ne sortent qu’après le coucher du soleil, et c’est pendant la nuit qu’ils vont à la recherche de leur nourriture, qui consiste principalement en Insectes. Une ouïe extrêmement délicate leur était nécessaire pour découvrir leur proie dans des circonstances où la vue ne leur pouvait être d’aucun secours ; aussi la nature les a-t-elle pourvus de conques auriculaires très-larges et très-élastiques qu'ils déploient comme une voile et auxquelles aucun bruit n’écliappe. Mais celte sensibilité exquise de leurs oreilles devait leur être aussi incommode le jour qu’elle leur était utile la nuit, en les empêchant de se livrer au repos ; la nature a remédié à cet inconvénient en armant ces membranes de nerfs à l’aide desquels l’animal peut les replier sur l’orifice du conduit auditif et se rendre presque sourd. Ces animaux ressemblent aux Singes et aux Ecureuils par leurs habitudes. Ils vivent sur les arbres, où ils se tiennent debout appuyés sur leurs longues pattes de derrière. Le Galago du Sénégal a la queue plus longue que le corps et terminée en pinceau.

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ZOOLOGIE

Le Tarsier présente à peu près les mêmes caractères que les précédents: la tète est ronde, presque sphéroïdale, le museau très-court , les yeux gros et saillants; les caisses de l’oreille sont si profondes qu’elles se louchent à leur bord interne. Les mamelles ne sont pas pectorales, mais situées sous l’aisselle.

Il nous reste à parler du dernier groupe des Quadrumanes, celui des Cheiromys, qui ne se compose que d’un seul genre.

L 'Ayc-Aye est un des animaux les plus rares elles plus précieux du Muséum. L’individu que l’on voit ici sous un globe, est le seul connu en Europe. Il a été pris à Madagascar par Sonnerai. Ce savant voyageur rapporte qu'il a eu le mâle et la femelle; il les nourrissait de riz cuit qu'ils portaient à leur bouche avec les doigts grêles et allongés de leurs pattes de devant. Ils passaient la plus grande partie de la journée à dormir la tête penchée entre les jambes de devant , et il fallait les secouer plusieurs fois pour les tirer de leur assoupissement. La composition de leur système dentaire est des plus remarquables. Les dents, au nombre de dix-huit, sont réparties delà manière suivante : quatre molaires à la mâchoire supérieure, trois à l’inférieure, et deux incisives à chaque mâchoire ; M. Geoffroy considère ces dernières comme de véritables canines, qui, à cause de l’absence de vraies incisives, se sont rapprochées et dirigées en avant. Toutes ces particularités ont fait que pendant longtemps on n'a pas su dans quel ordre de Mammifères on devait ranger l’Aye-Aye; les uns les mettaient parmi les Rongeurs, les autres l'isolaient complètement; enfin on l’a réuni aux Quadrumanes, dont il termine la longue et intéressante série.

Le Galéopilhèquc , ou Chat-Singe, est un animal qui lient autant du Singe que de la Chauve-Souris, et qui forme la nuance intermédiaire entre l’ordre des Quadrumanes et la famille des Chéiroptères. Un grand repli de la peau qui s’étend depuis les côtés du cou jusqu'à la queue, produit une espèce de parachute qui sert à le soutenir lorsqu’il saute ou qu’il se laisse tomber, et avec lequel il peut même fendre les airs comme un Oiseau. Mais il n’a recours au vol que dans les cas d’extrême nécessité et lorsqu’il ne lui reste pas d’autre ressource pour éviter un danger ou pour changer de lieu. En effet, la membrane tégumentaire, qui se déploie entre ses pattes, n’est pas une aile véritable; les doigts de l’animal n’y sont pas engagés; il ne peut pas la diriger, la fermer ou l’ouvrir de plusieurs manières suivant ses besoins ou ses caprices.

Les G aléopilhèques ont les mains faites comme le pied, et leurs fosses nasales sont larges comme celles des Carnassiers. Les femelles mènent leurs petits avec elles dans les excursions nocturnes. Ils se suspendent au corps de leur mère en 1 enlaçant avec leurs bras.

CINQUIÈME SALLE. — ZOOPI1YTES ET MOLLUSQUES.

Cette salle renferme la suite de la collection des Zoophytes et le commencement de celle des Mollusques. Les armoires sont remplies d’Eponges, de Polypiers, parmi lesquels on remarque des Coraux de plusieurs espèces; d’Oursins, d’ Astéries, et enfin de Mollusques avec ou sans coquille, conservés dans des bocaux d’esprit-de-vin.

Il est des Coquilles auxquelles on attache aulani de prix qu’à des gemmes. Les imia- Ci an elles ont été payées jusqu’à 1500 francs; le cône gloire de mer est estimé les deux tiers de celle somme; une coquille de la porcelaine aurore, l’espèce la plus brillante de ce genre, vaut jusqu’à 500 francs. Les Porcelaines sont trèsrecherchées dans les arts; on les emploie à faire des colliers, des bracelets ou des garnitures de harnais. Leur coquille, bombée au milieu et rétrécie aux deux bouts, a une ouverture très-étroite ridée transversalement des deux côtés; sa forme change aux diverses époques de son accroissement; dans le premier âge la spire est mince, saillante cl la surface extérieure uniformément colorée ; plus tard, la Coquille se rende, et l’ouverture se rétrécit; en même temps l’animal étend son manteau au dehors, et dépose peu à peu sur son test une couche calcaire enrichie de nouvelles couleurs et de nouveaux dessins; lorsque l'animal rentre dans l’intérieur, la Coquille se montre alors brillante et polie comme la Porcelaine dont elle porte le nom.

Le glaucus porte ses branchies sur les deux côtés du dos : chacun de ces organes est composé de plusieurs longues lanières ouvertes en éventail.

L’argonaute est une espèce de Poulpe pourvu de coquille; son corps est un sac ou une bourse ovale, un peu resserrée du côté de son ouverture, puis s’élargissant en un entonnoir membraneux découpé en huit longs tentacules fixés autour de la bouche. Ces appendices sont à la fois des organes de locomotion et de préhension; leur surface interne est garnie dans tonte son étendue de suçoirs ou de ventouses, à l’aide desquels l’animal s’attache avec tant de force aux objets qu’il enlace, que des animaux beaucoup plus grands et plus forts que lui deviennent souvent sa proie.

L’Argonaute se sert de sa coquille comme d’un bateau pour voguer sur la surface de l’onde quand la mer est calme ; alors six de scs tentacules sont reployés en bas et agissent comme des rames; les deux autres, qui se dilatent à leur extrémité en une large membrane, se relèvent et s’étendent comme des voiles.

La sèche ressemble par sa forme au Poulpe et à l’Argonaute; mais elle s’en distingue par un os intérieur et par un organe sécréteur qui produit en abondance une liqueur noirâtre à laquelle on a donné le nom d’encre; lorsque l’animal est en danger, il la lance au dehors en quantité assez grande pour teindre l’eau qui l’entoure et se cacher ainsi à la vue de scs ennemis.

L’os de la Sèche est une espèce de coquille que l’on emploie pour polir le bois, et qui sert, sous le nom de corail blanc, à la composition des poudres avec lesquelles on blanchit les dents. Cet os est parfaitement libre dans l’épaisseur du manteau ; il ne lient à aucun muscle, àaucun vaisseau ; cependant, ses fondions sont à peu près celles de l’épine dorsale chez les animaux vertébrés; il sert d’axe à l’ensemble de l’organisation.

La Sèche est très-commune dans la Méditerranée ; elle forme un des principaux aliments des habitants des côtes. Quand on la retire de l’eau elle meurt presqu'à l’instant en faisant entendre un cri qui imite le grognement du Cochon. Quand l’encre est fraîche elle tache le linge d’une manière ineffaçable.

Les spirules sont faites à peu près comme les Sèches; seulement, à l’arrière du corps elles portent une coquille tournée en spirale et connue vulgairement sous le nom de Cornet de Postillon.

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ZOOLOGIE. 587

« Le manteau des Spirilles, dit M. Antelme dans son savant ouvrage sur les Mollusques, se prolonge et enveloppe presque en totalité cette Coquille, qui est petite et transparente. Elle est aussi divisée à l’intérieur par des cloisons transversales qui forment autant de loges successives et de plus en plus grandes, dont l’animal occupe toujours la dernière. Au fur et à mesure que son corps, en grossissant, nécessite la formation d une loge nouvelle, il s’avance en se tenant fixé au fond de la loge qu’il quitte au moyen d’un appendice fort mince qui termine la partie postérieure de son corps; puis il transsude une matière crétacée qui forme la cloison postérieure de sa nouvelle loge et un tube autour de l’appendicede son corps qui traverse toute la série des loges, et que les naturalistes ont désigné du nom d eSyphon. On conçoit que ce Syplion doit être roulé en spirale comme l'ensemble de la coquille dont il occupe toute la longueur. »

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