‹ Le jardin des plantesChapitre 73 sur 83 · E PARTIE · texte numérisé non relu

E PARTIE

que le chasseur, entraîné par sa passion loin de sa demeure, s’estime souvent heureux de rencontrer. Les semences du goyavier ont la propriété singulière de ne point perdre leur faculté germinative après avoir été soumises, dans l’estomac de l’oiseau, au travail de la digestion. C’est ce qui explique le nombre immense de goyaviers qui pullulent dans des lieux où jamais peut-être l’homme ne songea à les propager.

G II I M P E K E A B flSSOX. D A C N I S V I K I I) I S.

Particulier aux provinces de l’intérieur, le Spize se fait remarquer par le beau vert de son plumage, qui change de nuances suivant que le jour le frappe plus ou moins obliquement. Quelquefois sombre, d’autres fois d’une pureté éclatante, il est toujours soyeux et comme argenté. Ce magnifique oiseau se montre toute l’année, mais il parait plus commun d’octobre à mars, dans la saison des pluies, qui est aussi celle de la fructification des arbustes dont les baies succulentes font sa nourriture. D’avril à septembre, il habite les vastes forets qu’on formées, en sepropageant, quelques pieds de bananiers abandonnés par les sauvages le long des rivières. Il voltige au milieu de leurs quinconces, et visite tour à tour leurs fleurs humides de suc mielleux et de rosée, que protège de

ses écailles épaisses une spathe violette. La forme de la langue du Spize lui permet de pomper le suc des fleurs au fond des calices. Le chant du Spize, aigu , désagréable et peu soutenu, interrompt le matin et le soir le silence de ces épais ombrages, qui, pendant la chaleur du jour, n’est troublé que par le froissement des feuilles agitées par le vent.

Dans les districts de Bananal et de la province de Mâché, le Spize, ordinairement solitaire et même rarement par couples, se réunit parfois aux Dacnis bleus et aux Tangaras , et parcourt avec eux les champs de malvacécs arborescentes qui s’élèvent sur l’emplacement des forêts abattues. Ces derniers Oiseaux, après les avoir visités , rentrent dans l’épaisseur des grands bois, où le Spize ne pénètre jamais.

T A C II Y P II O TV E ARC II E V È Q U E. T A C II Y P II O N U S A U C II I E P I S C O P U S.

Cet oiseau, extrêmement commun, habite dans tout le Brésil les plaines éloignées de la mer et les vallons dépourvus de bois. Il y vit en petites bandes; le mâle est doué d’un riche plumage lilas , et fait entendre un joli chant flùté, qui consiste en quelques accents sonores et perçants, suivis de modulations variées, et a beaucoup de rapports avec le ramage du Linot d’Europe. Le jeune Tachyphone et la femelle sont d'un grisoli vôtre, et n’ont pourchant qu’une

espèce d’appel, semblable à un coup de sifilet.

Les Archevêques sont ordinairement mêlés à une autre espèce du raême genre, les Tachyphones évêques (Sayaca), qui ont un plumage bleu-cendré pôle, à épaulettes d’azur. Ils se trouvent en grand nombre au fond de la province de Rio-Janeiro, et . dans celles de San Paulo et de Minas-Geracs. Ils passent le jour soit dans les massifs de bananiers dont ils aiment les fruits, soit dans les roças qui, après la

ZOOLOGIE

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récolte du maïs, se couvrent en peu de temps de végétaux verdoyants, particulièrement de Solanées et de Phytolacca. Les baies pourprées de celte dernière plante attirent, au mois de septembre, une immense quantité d’oiseaux de diverses espèces, entre lesquels les Archevêques se distinguent par leur turbulence et leur méchanceté. Infatigables aux combats, forts de la puissance de leurs becs, ils régnent en despotes

sur les espèces plus faibles qui , malgré leur désir de partager leur curée, se tiennent prudemment éloignés, jusqu’à l’heure où les redoutables Tachyphones, enfin rassasiés , vont jouir en commun des derniers rayons du soleil, à la cime des arbres qui bordent les abattis de bois, ou de ceux qui , noircis par le feu et dépouillés de feuillage, restent debout auprès des travaux de défrichement.

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