‹ Le jardin des plantesChapitre 9 sur 83 · ASPECT 1)1! J A H1) IN · texte numérisé non relu

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sement, à la queue de la colonne. — Que tout le monde s’amuse à présent ; — à chacun, des animaux à discrétion! même au jeune Amédée qui tette encore. Le père le portera sur ses épaules, et s’il ne rit pas, ma foi, il faudra se métier de son futur caractère. — Le père ordonnera à la "mère de prendre l’enfant sous son bras.

Derrière les loges de la ménagerie, on voit de petites cabanes habitées

par des chiens de plusieurs espèces. — C’est sans doute vers le chenil qu’il entraîne sa facile maîtresse, ce petit chien qui n’a pu entrer au Jardin des Plantes qu’au bout d’une longue corde. — Vous comprenez qu’à la ménagerie, le collier et l’attache sont bien plus que des mesures de police; ce sont des égards dus aux autres quadrupèdes enfermés pour nos plaisirs et

notre curiosité.

Les logesdes animaux féroces sont fermées depuis longtemps, et quelques individus s’obstinent encore à rester appuyés sur la barre de fer qui les en sépare, se repaissant, pour ainsi dire, d’une odeur de bête fauve, et discutant avec feu. — Voulez-vous savoir quels sont ces hommes, et quel est le problème qui les empêche ainsi de songer à leur dîner? Ces hommes, ce sont des philosophes pratiques, passant leurs journées en spéculations, moitié physiques, moitié mêla physico-littéraires. — Les physiques cou-

sistent en essais divers sur la question de Impropriété individuelle, appropriée au bien-être de plusieurs; — un agent expérimenté a l’habitude de surveiller ces sortes d’expériences.

Les méta physico-littéraires portent sur lu prétendue cruauté des carnivores; voici la question à l’ordre du jour perpétuel, parmi ces habitués-là : Que deviendrait un enfant, une femme, un homme..., à la rigueur un chien, un pauvre petit chien jeté face à face avec le plus féroce seulement de tous ces carnivores ? — Et alors ils assistent en idée ou bien en paroles, au drame le plus déchirant qui ait jamais été donne sur un théâtre du boulevard du Crime. Tandis qu’ils se repaissent de lambeaux et de sang imaginaires, l’hyène frémit de plaisir a la voix aimée de son gardien; le tigre prête sa tète puissante aux caresses de 1 artiste qui vient dele dessi ner, de le défigurer peut-être; le lion joue avec un tout jeune chien de ses amis, et se laisse mordre les pattes et les oreilles. Il y a plus de méchanceté, cent fois, dans le cœur de certains curieux au regard fauve, que dans la faim même de ces pauvres animaux.

Après tout, si le monde était juste envers les bêtes, trop de gens d esprit auraient un intérêt direct à changer de condition avec elles.

ASPECT DU J AUDI N

Nous ne disons pas cela en vue de celte marchande de gâteaux qui passe et dont la clientèle se compose principalement de quadrupèdes. Au Jardin des Plantes, les enfants n’achètent presque jamais rien pour eux-mèmes : ils commencent la charité par les autres; le premier morceau appartient à Yé'léphant, aux ours, aux daims, aux cerfs;

— les biches obtiennent souvent la part du lion : elles sont si jolies et si aimables! — C’est un délicieux spectacle, un ravissant tableau que celui de ces petites tilles s’exerçant à rendre heureux ce qui les entoure; à être bonnes, douces, compatissantes ; à donner du pain même aux ingrats qui les dévoreraient de bon cœur. — Eh ! mon Dieu, l’ingratitude, il faudra bien qu’elles en prennent leur parti dans le monde; — elles commencent de bonne heure à l’éprouver : voyez cette vilaine petite chèvre s’éloigner de la pauvre enfant qui n’a plus une seule miette pour la retenir et qui voudrait pourtant bien l’embrasser. — Heureusement qu’on oubliera assez vite encore la méchante hôte et qu’on ira danser en rond, comme si tout était plaisir, soleil et jeunesse sur la terre.

Si elles ne dansaient pas, elles riraient bien de cet homme que nous avons rencontré déjà, lorsqu’il montait au labyrinthe , et que nous apercevons s’escrimant avec le télescope ; a quel pays lointain en veut-il ?

Quel besoin éprouve-t-il d’augmenter son horizon? — Lui, ce qu’il veut, ce qu’il cherche?

— il n’en sait rien : il regarde, c’est bien assez. Tout à l’heure, il avait braqué l’instrument sur les fenêtres d’une maison delà rue voisine, et il s’amusait à épier une bonne ménagère qui préparait tout naïvement le dîner de son mari.

Beaucoup de gens aiment à voir de loin ; — ils montent volontiers sur la butte Montmartre pour observer Paris. Ce n’est pas la grande perspective qu’il leur faut, c’est l’éloignement, et les intermédiaires. — D’autres ne voient qu’au moyen d’un microscope ; si les objets ne sont pas grossis un million de fois, les objets restent inaperçus ou ne comptent pas! — Us

écrasent volontiers tout ce qu’ils n’ont pas examiné au microscope ; mais une fois qu’ils ont pu compter les myriades d’animalcules qui s’agitent, se battent dans une goutte d’eau, ce n’est plus qu’avec un grand respect qu’ils avalent le liquide, et non sans demander mille fois pardon et faire mille excuses à ces pauvres créatures qu’ils sont obligés de s’assimiler pour vivre. — Un de ces a ma teu rs vin t u ne fois trou ver u n célèbre professeur de l’Observatoire et lui dit t « On invente tous les jours des instruments nouveaux, on allonge les anciens, on modifie les foyers, les verres, les objectifs, etc., pour arriver enfin à voir ce qui se passe dans les astres; mais il me semble.

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