‹ Le jardin des plantesChapitre 107 sur 143 · ORDRE DES LÉPIDOPTÈRES · texte numérisé non relu

ORDRE DES LÉPIDOPTÈRES

L'ordre que nous venons d'étudier nous a montré les exemples les plus eu- 'leux de l'industrie des Insectes ; celui que vous allez connaître ne vous offrira l'as la même variété de mœurs, et toutefois les facultés instinctives que les Lépidoptères ont reçues du Créateur suffisent à la conservation de l'espèce. Ce 11 est pas dans l'Insecte parfait, c'est dans la larve qu'elles sont le plus reniai- - 'P'ables, autre différence qui distingue cet ordre de celui des Hyménoptères; mais la nature a largement compensé l'infériorité intellectuelle qui place les papillons au-dessous des Abeilles: et s'ils ne sont pas les plus industrieux, lls sont les plus beaux, les plus élégants, les plus brillants animaux de leur classe.

Quatre ailes écaillettses et une trompe, voilà les deux caractères qui appar- 'ennent exclusivement à l'ordre qui va nous occuper. Les ailes sont membraneuses, comme celles des Névroptères et des Hyménoptères ; mais leurs deux surfaces sont recouvertes de petites écailles colorées semblables à une Poussière farineuse, et qui s'enlèvent au toucher (de là le nom de Lépidoptères, qui signifie ailes éeaillenses). Ces écailles, d'un brillant poli, de formes et de couleur variées à l'infini, et qui semblent une poudre impalpable, sont implantées dans l'aile par un pédicule, et couchées en recouvrement. On peut les eonsidérer comme autant de petites plumes posées sur une peau délicate cl transparente ; et ce qui légitime la comparaison, c'est que toutes sont traversées par des trachées qui les rendent perméables à l'air comme les plumes des u 'seaux. A la base de chacune des ailes supérieures, on voit une petite pièce il- C8

Parties de la bouche d'un Lépidoptère'.

(jui ressemble à une épaulette. La trompe, qu'on nomme aussi langue, est roulée en spirale, comme un ressort de montre; c'est l'instrument au moyen duquel l'Insecte soulire le miel des fleurs, qui est sa seule nourriture. Cet organe, dont la nature est indiquée par sa position, représente les deux mâchoires. On

les reconnaît à la présence de deux palpes très-petits, placés près de leur base extérieure, et ayant la forme d'un tubercule.

Ces mâchoires ont acquis une longueur extraordinaire (celles des Hyménoptères nous ont préparés à ce développement, mais ici la modification est plus considérable). Ce sont deux filets creusés en gouttière le long de leur bord interne, et faisant l'office de siphon. Nous verrons l'organe delà succion se modifier encore dans les autres Insectes suceurs, tels que les Hémiptères et les Diptères (Punaises et Mouches). — Si les palpes maxillaires ou supérieurs sont peu apparents, les palpes labiaux ou inférieurs le sont beaucoup; ils forment une sorte de gaine qui loge la trompe- Us sont ordinairement relevés, composés de trois articles, et insérés sur une lèvre fixe, triangulaire, très-petite, qui constitue la paroi inférieure de la bouche. Les mandibules se réduisent à deux petites pièces presque invisibles, cornées et plus ou moins velues, situées, une de chaque côté, au bord antérieur et supérieur du devant de la tête, et près des yeux. Le labre, ou lèvre supérieure, se retrouve aussi, mais dans des proportions très-exiguës.

Les antennes, dont la forme varie, sont toujours composées d'un grand nombre d'articles. Plusieurs espèces présentent deux yeux lisses, mais cachés entre les écailles. Les trois segments du corselet se réunissent en un seul corps: le premier est très-court, les deux autres se confondent. L'abdomen, compose de six à sept anneaux, est attaché au thorax par une très-petite portion de son diamètre, et n'offre ni aiguillon ni tarière analogue à celle des Hyménoptères. Les tarses sont constamment de cinq articles entiers et légèrement épineux en dessous; les pattes sont tantôt égales et propres à la marche, tantôt inégales, et alors les deux antérieures sont petites et cachées, ou bien très-velues et appliquées contre le col en manière de palatine; ce qui les a fait nommer pâlies en palatine.

La femelle est ordinairement plus grosse que le mâle; elle s'en distingue aussi par des couleurs moins éclatantes, et souvent tout à fait différentes, qui ont quelquefois induit en erreur les naturalistes, en leur faisant prendre pour deux espèces ce qui n'en fait réellement qu'une seule. La femelle pond des œufs recouverts d'une enveloppe très-dure; elle les agglutine sur les végétaux propres à nourrir sa postérité, et périt bientôt après. Le Ver qui sort de cet

' T. Tète de Lépidoptère. — A. Antennes. — ML. Mandibules et labre. — MT. MT. Mâchoires constituant p» 1 ' leur réunion une trompe. — PL. PL. Palpes labiaux, ou palpes inférieurs. 0. OEil vu de iirolil.— AA. Commencement des deux antennes.— P. Palpes.— MT. Mâchoires formant la trompe-

"cm

CM

"Csl

en

CM

CM

CM

"cm

<Ti

Lf)

CM

Page 1