‹ Le jardin des plantesChapitre 109 sur 143 · CT · texte numérisé non relu

CT

-lO

cm

Acheta ttlia alro/j </.i (.Chenille;.

Pie-ris napt (Chrysalide)

rfutodonta Iritgphui

(Chenille).

Pieris napt

(Chenille).

Vanessa polgclilnrns (Chenille).

Cucu&lia asteris (Chenille,).

Vanessa potycklorot

(Chrysalide).

Salurn ta py ri (Chemlh).

Orgyia pudibuiida

(Chenille)

Salurmapuri v , .

\*.m*u% ' '" jr>

I Sa coque).

cm

cm

"«', qui immola son fils pour accomplir un vœu téméraire; Achille, qui vengea s i cruellement son ami Patrocle, et respecta Priant suppliant; Pyrrhus, (ils dégénéré d'Achille, meurtrier de Politc et de Priai», qui égorgea reniant sous les yeux du père, et le père sur le corps de reniant; Ajax, à l'âme impaliente ; D'wnikle, qui blessa Vénus de son épée; Pliiloctètr, possesseur des llèclies d'Hercule; et le sage Nestor, et l'éloquent Ulysse, et PalamMe, l'inventeur du jeu d'échecs, et le lâche Tliersile, et l'astucieux Sinon, et les deux frères Podalire et Machaon, médecins de l'armée des Grecs, que l'on voit sans cesse voltiger s ur le Fenouil, et les plantes aromatiques, dont le suc guérit les blessures.

'"est ainsi que Linné, en attachant aux animaux les plus brillants de la classe •les Insectes les noms les plus harmonieux de la Fable, nous reporte aux temps 'héroïques, dont l'histoire charma noire jeunesse, et assaisonne d'une jouissance littéraire la moindre notion scientifique.

Quel plaisir de le suivre aux rives du Seamandre , D'y trouver d'Ilion la poétique cendre!

Les Plébéiens sont plus petits et moins riches en couleurs que les Papillons delà tribu précédente; aussi composent-ils le peuple, comme les Chevaliers forment la noblesse de la nation des Diurnes. Il y a les Plébéiens campagnards [Plebeii rurales), et les Plébéiens citadins [Phbeïi vrhicolœ). Les Campagnards ont des taches plus obscures que le fond des ailes. Nous citerons parmi eux ; Vttlcuin, Cupidon, Hymen, Mars, l'échanson des dieux Gamjmède, le beau Narcisse; Marsyas, le présomptueux joueur de flûte, qui lut écorché vif par Apollon ; Argus, aux cent yeux : Endymwn , le berger chéri de Diane; Action le chasseur, qui, ayant eu le malheur de voir celte déesse au bain, fut métamorphosé en cerf et déchiré par ses propres chiens ; Hyacinthe, qu'Apollon tua d'un coup de palet, p t qui devint une fleur, sur laquelle le dieu grava la dernière parole de son favori ; Adonis, qui périt sous la dent d'un sanglier, et fut changé en Anémone par Vénus désolée: Linus, qui enseigna la lyre à Orphée; Midas, le roi aux oreilles d'âne; Pélops, dont Cérès mangea une épaule, et qui fut le père d'Atree et de Thyesle; l'yrame et Tbisbé, les tendres amants; Awyntas et Corudun, les bergers de Virgile. — Les Plébéiens citadins ont souvent des taches transparentes s ur les ailes. Nous rencontrons dans celle section le triste Saturne et le joyeux Monncs; Jupiter, Ma cure, et le bon Pbilénwn, qui leur donna l'hospitalité sans 'es connaître; le buveur Silène; Prolée, le vieux pasteur des troupeaux de Nept'Hie; les bergers Alexis et Ménaique; et le roi Augias, aux étables immondes, lu'Hercule nettoya en y faisant passer le fleuve Alphée, dont il avait détourne 'e cours.

tes lleticoniens ont les ailes très-entières, arrondies, souvent nues et presque sans écailles : ce sont les habitants de l'Hélicon el du Parnasse. La, nous rencontrons Voila, Mnémosgne, Apollon et les neuf Muses. - Les Danaïdcs ont les ai les entières, blanches 'ou bigarrées ; ce sont les Papillons qui fréquentent les "eurs des Crucifères. Dans cette phalange nous trouverons : le dieu Moipbée, Pcv.one, la déesse des vergers ; l'Aurore aux doigts de Rose; Calypso, qui ne

llll|llll llll|l!ll llll|llll 2 3

llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll| 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19

352 INSECTES LÉPIDOPTÈK ES

pouvait se consoler du départ, d'Ulysse, et sa nymphe Eueharh, que Télémaque lui préféra; l'imprudent l'I.aéton, qui paya de sa vie l'honneur de conduire le char du soleil; Dunaé, qui reçut la pluie d'or, et son fils P/rséc, libérateur de la belle Andromède ; Dédale, l'architecte infortuné du labyrinthe de Crète ; Gnlwitltis, la rusée servante, qui fut changée en Belette par Junon; Pirhkoù*, qui voulut enlever Proserpine, et lut dévoré par le chien Cerbère ; lpli'iç/énk. victime obéissante ; Electre, sa sœur, qui aida son frère Oresle à tuer sa mère : Polyxbie, cause innocente de la mort d'Achille, égorgée sur son tombeau par Pyrrhus. Après ces noms fabuleux viennent quelques notabilités historiques, lelles que Crésm, roi de Lydie, qui ne se souvint que sur sa croix des sages avertissements de Solon ; Zoïle, qui fut brûlé vif à Smyrne, pour avoir méchamment critiqué l'œuvre d'Homère; enfin les trop rameuses Phrynê, Rkodope, Messaline, Cléopâlre, et, au milieu de ces noms peu édifiants, celui de l'héroïque Judith.

Les Nymphales ont les ailes dentelées; les unes portent des figures d'yeux sur leurs ailes, les aulresn'en ont point, et sont dites Aveugles. Parmi les premières, on distingue Minerve, et la pauvre Arachné, que celte déesse, jalouse de son talent, métamorphosa en Araignée; Méduse, autre victime de Minerve, qui changea ses cheveux en Serpents ; la blanche Europe, qui fut enlevée par Jupiter, et donna son nom au continent que nous habitons; Aréthuse. compagne de Diane, qui fut changée en fontaine en fuyant la poursuite d'Alphée; h' nymphe Éyéiie, conseillère de Numa; Brisêis, la belle esclave, dont l'enlèvement alluma dans le cœur d'Achille une colère si fatale aux Grecs. Puis vient la foule des amantes malheureuses : la nymphe marine Galalhée, qui préféra le berger Acis au cyclope Polyphème, et vit celui-ci écraser sou rival sous un rocher ; Sémélé, qui voulut contempler son amant Jupiter dans tout l'éclat de sa gloire, et fut consumée par la foudre ; Circé, qui, malgré son pouvoir magique, fut repoussée de tous ceux qu'elle aimait ; Calisto, nymphe de Diane, que celleci changea en Ourse, pour la punir d'avoir été aimée par Jupiter ; lo, que Junon métamorphosa en Vache, et qu'elle fit surveiller par Argus ; Phèdre, la fille de Minos et de Pasiphaé; Ma, la vestale, mère de liomulus et de Rémus, qui fu l enterrée vive; Hennionr, la fiancée de Pyrrhus et d'Oreste; Déjonire, qui crut ramener le cœur de son époux Hercule, en lui faisant cadeau de la robe empoisonnée du centaure Nessus. — Parmi les Nymphales sans yeux, nous voyons les déesses Junon, Qjbèle, Laione, Cérès, Diane, Bellone, Thét^s;]» valeureuse Peniliesilée, reine des Amazones, qui vint au secours de Priam, et périt sous les coups d'Achille; Amiope, autre Amazone, qui fut épouse de Thésée et mère d'Hippolyle; Alalanle, jeune princesse aux pieds légers, qui faisait mourir les amants vaincus par elle à la course, et fut vaincue à son tour pour s'être amusée a ramasser les trois pommes d'or que son adversaire avait jetées sur son passage: l'Amazone Camille, plus agile encore qu'Atalante, car elle courait sttspen4" e sur le flot ccnmanl, sans mouiller de l'onde amère la plante de ses pieds ; />"" phiosine, l'une des trois Grâces; la jaiouse Clgtiï, aimée d'abord, puis haïe d'Apollon, qui la changea en Héliotrope; Anticjonc, vertueuse fille d'Œdipe, et Progiié, sœur de l'infortunée Pbilomèle.

Pour désigner les espèces de son genre Sphinx, qui constitue a lui seul la

FAMILLE DES DIURNES. .iîr,

famille des Crépusculaires, Linné a continué de puiser dans le répertoire de la Fable des noms harmonieux ou expressifs. Ces Insectes, préférant les ténél'i'es à la clarté du soleil, ont reçu des noms qui ne rappellent que des idées sombres ou terribles : il nous faut descendre aux enfers pour trouver la plupart '''entre eux. Nous rencontrons d'abord le farouche Plulon, le fleuve Sdjx, par lequel juraient les divinités de l'Olympe; Enjmiis, déesse de la discorde; les "nplacables furies, Mégère, Alcclo et, Tiâphone ; la l'arque Clotlw, qui file la , •l'ame de nos jours, et sa sœur Airopos, qui la coupe de son ciseau : celle-ci Porte une tèle de mort sur sa poitrine. Là nous voyons aussi l'empoisonneuse Médée-, l'affreux Tcmialc, qui servit aux dieux le corps de son fils Pélops, pour s'assurer de leur divinité ; le téméraire lxion, qui osa aimer l'épouse de Jupiter; le brigand Cncus, ravisseur des troupeaux d'Hercule; et. le centaure dessus, qui voulut enlever à ce dernier son épouse Déjanire; puis trois illustres femmes troyennes : Andromaque, veuve d'Hector, fMvk à sa douleur; Cas- "nndre, fille de Priât», la vierge aur, cheveux épais, qui prédît tous les malheurs ( 'e sa patrie, et que les Troyens regardaient comme une insensée; enfin Creuse, 'lue son époux Énée laissa derrière lui en fuyant, et qui périt dans les flammes. Maintenant qu'il vous est facile d'apprécier les ressources trouvées par Linné ''ans le personnel de la Fable et de l'Antiquité, que direz-vous de nos nomen- "dateurs modernes qui, non contents de diviser, de subdiviser à l'infini les genres '"inéens, se sont permis d'imposer leurs propres noms aux espèces nouvellement découvertes? Si vous vous étonnez de cette orgueilleuse faiblesse, ils vous ^pondront avec une naïveté qui n'est pas sans charme, qu'en attachant leur "oin à un Insecte, ils fondent leur immortalité sur une base, en apparence bien fragile, puisqu'elle se détruit chaque année; mais que cette base, renaissant l'année suivante, est en réalité plus solide que tous les monuments créés par l'homme. Les toiles, le marbre, le bronze et l'airain passeront, disent-ils, mais "otre nom ne passera pas, tant que l'espèce qui le porte vivra à la surface du globe. — Voilà, direz-vous, une gloire acquise à bon marché : celle qu'on achète a" prix d'une belle statue, ou d'un beau tableau, ou d'une épopée, ou d une tr agédie, ou même d'une simple fable, coûte plus cher et dure inoins longtemps : économie dans les moyens, luxe dans les résultats, telle est la marche (1 " génie. Mais enfin si ces noms sont harmonieux, le plaisir de l'oreille nous dédommagera de leur insignifiance. -Or, savez-vous quels sont les noms que ces Messieurs recommandent à la postérité ? en voici quelques-uns : Bryoplnla Durdomnù Heliothis Frivatdschkyi,Cleophana Dejeanii, ïîm\enaTreUsehku,Le„cania Auderrrggn, Luperina Desyllesi, Erebia Lefcbvrei, Chemenna liawburar ia, Eupythecia Guinard/aria, etc., etc.

Vous vous récriez tout d'abord sur l'alliance monstrueuse de deux noms, dont

• ™ s vuus récriez tout a aooru suri uuidiioo ■»»■■■" —

''"'i est sonore et significatif, et dont l'autre déchire vos oreilles sans rien dire « votre esprit : vous demandez des noms d'espèces plus expressifs ou .noms arbares ; les fabricants vous répondront :

Qu'on ne peut en faire de meilleurs;

Et la grande raison, c'est que ce sont les leurs;

SU INSECTES LÉPIDOPTÈKES.

qu'à In vérité ils n'appartiennent pas aux temps héroïques, mais qu'ils sont latinisés et rendus classiques par la terminaison ii, qui indique un génitif- N'allez pas croire, au reste, q«'un auteur aitbaptisé lui-même l'Insecte qui porie son nom, Ii donc! on ne peut s'adjuger à soi-même un brevet d'immortalité; mais on en décerne un à son voisin, qui vous en passe un autre à son tour; et ce qu'il y a déplus singulier, c'est que ce système d'assurance mutuelle contre , l'ingratitude de la postérité prend sa source dans un fonds de bonhomie etde reconnaissance. M. Duponcbel, continuateur du grand ouvrage de Godart sur les Lépidoptères, et qui connaît merveilleusement les espèces de France, a suivi l'impulsion de son excellent cœur, en envoyantau temple de mémoire Latreille et M. Duméril, tous deux professeurs au Jardin du Roi, qui avaient cependant pour y entrer d'autres titres que la bienveillance d'un nomenclateur ; mais M. Duponchel n'en a tenu compte, et a voulu les y introduire sous la ligure de l'Eriopus LalreiLliï, et du Luperina Dumeiilu. Qu'en est-il advenu? M. Boisduval, l'homme de France qui possède le mieux son catalogue des Lépidoptères d'Europe, s'est hâté de récompenser la bonne action de M. Duponchel, et aussitôt a paru l'Àpamea Duponclielii. Ce n'est pas lotit : comme l'auteur du Catalogue a de nombreux amis qui apprécient son érudition et la sagacité de ses diagnostics, qui lui envoient des espèces nouvelles ou rares, qui lui fournissent aussi des renseignements utiles, il a cru devoir au plus vite les immortaliser; en conséquence M. ïreitschk a pris son vol sous le nom de Hadeiia7Yci./.?c/i/;i/; M. leconiir Dejean, déjà célèbre par sa magnifique collection de Coléoptères et son Speck-i général, est assuré désormais de vivre autant que l'espèce qui porte son non), Cleopbana Dejewtiï; MM. Rambur, Lel'ebvre, Andcrrcgg, qui n'avaient pas besoin qu'on latinisât leurs noms pour jouir de la considération qui leur est due son? plus d'un rapport, se sont vus illustrés par le Chemerina Ramburaria, l'Erebia Lefebvrei, le Leucania Anderreggn. MM. Guinard et Dardouin se sont consolés du nom cacophone que leur avait donné le hasard de la naissance, en le voyant associé à un genre grec, non moins harmonieux qu'expressif : en effet, le genre Bnjophila, auquel a été annexé le nom de M. Dardouin, signifie and des Mousses, et le genre Eupijlhecîa, qui veut dire beau Singe, a anobli le nom de M. Guinard- M. BottinrDesylles, entomologiste très-bien oevtlê{oeutalmhnm, dit le catalogue), qui est tombé, le long des côtes de la Manche, sur une Phalène non décrite jusqu'à ce jour, s'est trouvé le glorieux parrain d'un Lépidoptère nocturne, lequel, dans les siècles des siècles, sera appelé Luperina Desglles'i. Celui q«« distribuait ces titres de gloire avec tant de munificence avait, comme vous devez le penser, des droits sacrés à la reconnaissance des immortels créés pa'' lui. Aussi l'Heliothis Boiuliwalii est-il venu charmer nos oreilles par l'harmonieuse combinaison de son nom générique avec son nom d'espèce. M. Boisduval pouvait pourtant se passer de cet honneur ; sa réputation était bien établir chez tous les naturalistes de l'Europe, et son nom ne pouvait gagner que du ridicule à l'addition d'une désinence latine.

Mais, ô malencontreux maçons, qui bouchez avec une argile grossière les trous de l'édifice que le divin Linné avait bâti en marbre de l'aros, pourquoi n'employez-vous pas les mêmes matériaux que ce grand architecte? la carrière n'est pas épuisée; il y reste encore des milliers de noms plus harmonieux q" e

les vôtres (et ceci 11'ôt.e rien à votre mérite, qui est réel, et que nous apprécions). «émettez-vous donc au latin, et ne vous en tenez pas aux déclinaisons; reprenez Virgile et Homère, ces amis de votre jeunesse, trop longtemps négligés ; vous trouverez chez eux non-seulement des nomenclatures sonores et des épi- •uetes pittoresques, mais vouspourrez y puiser le sentiment du beau, qui s'accorde si bien avec la majesté sévère de la science, et auquel Linné a dû la moilié de son génie. Savez-vous ce qui adviendra de votre Nomenclature, quand un Second Linné (exoriare aiiq'uis/) aura achevé l'œuvre de son prédécesseur*? »os livres, passés à l'état de bouquins, trouveront encore des amateurs, pour qui le vieux seul a des charmes ; ces Sauinaises de l'entomologie, auxquels vous aurc 'z préparé des tortures inouïes, s'efforceront défaire concorder vos noms spécifiques avec ceux de leur époque ; mais qui pourra jamais reconnaître sous une '°i'me latine des substantifs aussi franchement gaulois que Dejean, Latreille, ooisduval? ils ne pouvaient, être traduits que par les mots Joannes, Pergula, Nemns vallis, et cette disparate déroulera les plus studieux synonymistes. Les nn s, à l'inverse du Singe de la Fontaine, prendront votre nom d'homme pour eelui d'un port de mer ; les autres voiront, dans ces termes hybrides, des redoublements de consonnes, des substitutions de voyelles, des additions de particules 0,1 d'articles, qu'ils attribueront à u\\ erratum de l'imprimeur, et ils s'obstiner °nt à en dégager un nom significatif, qui, assurément, no sera pas le vôtre ; Dieu sait les anagrammes burlesques qu'ils en feront sortir. Ce qui peut vous '"'river de moins fâcheux, c'est qu'il soit pris pour la dénomination triviale de 'Insecte lui-même, qu'on aura conservée sans altération, ainsi qu'on l'a fait pour les Felis Couguar, Caracal, Jugunrondi, etc. Vous avez voulu éterniser v °tre nom; mais le corrompre, c'était le détruire; et, grâce à l'accoutrement Sallo-romain sous lequel vous l'avez déguisé, croyant l'embellir, il ne sera pas reconnu parla postérité.

Il nous reste à exposer l'histoire des espèces les plus intéressantes de l'ordre des Lépidoptères. Nous comprenons tout ce qu'il y a de fastidieux dans l'énu- '"lération minutieuse des lignes, des taches, des angles, des sinus qui composent leurs caractères distinctifs, et cependant nous ne pouvons vous épargner ces détails indispensables; mais il faudrait, pour vaincre la sécheresse des descriptions spécifiques, l'élégante simplicité et la finesse d'observation qui distinguent le docteur Néophobus; lui seul pourrait vous décrire, avec une grâce (,l gne du sujet, les ravissants contours, les couleurs harmonieuses, les allures Vai 'iées, et touiours charmantes, de ces frêles et brillants Insectes. Vous qui avez 'u et relu ses ouvrages, vous ne voyez en lui qu un poêle, un romancier, un Cr > tique, un philologue, un antiquaire; il est mieux que tout cela, il est Naturiste; c'était sa véritable vocation, j'en ai eu la preuve sous les yeux, en lisant sa correspondance de quinze ans avec un autre adorateur de l'histoire naturelle, c |Ui s'est vu réduit à devenir Ingénieur en chef des ponts et chaussées. J'ai vu dans ces lettres une âme embrasée d'une sainte ferveur pour l'entomologie. Disc 'ple bien-aimé du célèbre Girod de Chantrans, il habitait les riches montagnes du Jura, recueillait, observait, décrivait sans cesse. La découverte d'une espèce

[ iN S E C TES L Ë I 1 1 1) I» T E R E S.

nouvelle le plongeait dans des ravissements de béatitude, qu'il n'est donne qu'aux élus de comprendre; et il nous avoue dans un de ses ouvrages que le souvenir le plus vif de sa jeunesse (sans exception !) est celui du ('.urubus aurapunclalus, qu'il vit briller au pied d'un Chêne, après une ondée de pluie.

Observation de mœurs, collection, description, classification d'espèces, il voulait embrasser tout, et projetait un grand ouvrage, qui aurait conquis l'histoire de tous les ordres d'Insectes ; nous y aurions trouvé le style nombreux de Billion avec la formule précise de Linné; et ces deux noms, qui hurlent de se trouver ensemble, se seraient combinés et fondus dans celui de Charles Nodier. Ces véritables amis de l'histoire naturelle ne sauraient trop déplorer les événements qui contrarièrent sa destinée, et le firent tomber au trône académique.

Quelques jours avant son élection, ignorant sa candidature, je lui fis une longue visite; je venais de lire avec délices sa correspondance inédite, et nous passâmes deux heures en compagnie de Fabrieius et de Linné. Je lui parlai du Melolouihn fullo, dont il avait découvert une variété nouvelle; du premier Sphinx AO'opos qu'il avait recueilli sur des feuilles de pomme de terre; du Bombyx moyen-paon, trouvé par lui aux environs de Lyon, et qui était éclos sous ses yeux (ineffable volupté ! ); du Lam'ia curculionoïdes, dont il ramassa cent cinquante échantillons en un jour. Je lui rappelai ses angoisses, causées par le retard d'une boîte de Capricornes que lui envoyait son ami, et. l'allégresse bruyante qui accueillit ces précieux Coléoptères. Bref, en l'entourant de citations caressantes, je le ramenai dans ses montagnes, et lui fis oublier complètement l'Académie, la linguistique et l'alphabet. Il fut radieux pendant deux heures, mais eu le quittant je vis un nuage obscurcir son front : il devin 1 rêveur et silencieux, et je crus reconnaître dans cette trislesse subite un sombre pressentiment. Deux jours après, les journaux m'annoncèrent qu'il venait d'être élu à l'Académie française ; je compris alors ce que signifiait sa mélancolie de l'avaut-veille : c'était son dernier soupir de naturaliste, et notre longue conversation était un éternel adieu à l'entomologie. Dans mon désespoir, je lui adressai une épifre lamentable, dont voici un fragment :

Souviens-toi des beaux jours que ton enfance pure Vil, s'écouler au sein de l'agreste nature; Tu Irouvas dans Linné ton premier Apollon; L'étude n'eut pour toi que des formes riantes; Tu lisais l' Iliade en lettres flamboyantes Sur les ailes d'un Papillon.

Que de vaillants héros de la Grèce et de Troie, Polyphème affamé, sont devenus ta proie !

T< n agile réseau partout les poursuivait ; Le soir, rentrant chargé de dépouilles opimes, Pour pouvoir au réveil contempler tes victimes, Tu les clouais à ton chevet.

C'est loi qui, sous l'abri d'une humide ramée, Qu'empourprait du couchant la splendeur enflammée, Tressaillis, à l'aspect du Carabe aux points d'or, Comme un vieillard hébreu qui découvre un trésor.

Hélas ! quel dieu cruel, dans sa jalouse envie,

Troubla les voluptés d'une si douce vie,

T'exila de tes monts, et, captif dans Paris,

Te força d'abdiquer tes penchants favoris?

Chantre de Jean Sbogar, si ta muse brillante

N'eût voulu célébrer que l'Insecte et la Plante,

flore et Faune auraient mis leur sceptre dans ta main

De ce double royaume arbitre souverain,

Tu nous affranchirais de la iroamcLiTirai!,

Qui du grand livre au peuple interdit la lecture;

Privilège odieux du Mandarin lettré,

Qui veut comprendre seul l'idiome sacre.

Aux incultes esprits ta sonore logique

Traduirait de Linné la langue poétique,

Et sa phrase nerveuse, assouplie en tes mains,

De la science à tous ouvrirait les chemins.. ..

Tu peux encor, poëte, être naturaliste !

Ah ! pourquoi des Quarante as-tu grossi la liste?

Ce périlleux honneur, que tu ne cherchais pas,

Prépare à ton hiver de rudes embarras :

Effrayés des labeurs du grand Vocabulaire,

Ils vont mettre à profit ta vigueur littéraire;

Dans cet ardu sentier, de leurs plus lourds fardeaux,

Compagnons paresseux, ils vont charger ton dos.

Ils hâteront pour toi la vieillesse ennemie.

N'as-tu donc tant vécu que pour l'Académie?

Descends de ton fauteuil, et dans tes derniers jours, Crois-moi, Charles, reviens à tes premiers amours ; Cesse de mesurer d'une inquiète vue Du Lexique lointain la poudreuse étendue; Suis-moi loin de la ville, et pour tout horizon, Embrasse les confins d'un pré de vert gazon.

.Si?

Depuis la classification de Linné, on a découvert un si grand nombre d espèces exotiques, et même indigènes, qui ne pouvaient y entier, qu'il a fallu établir de nouvelles coupes secondaires dans son grand genre Papilin, comprenant, comme nous l'avons déjà dit, toute la famille des Diurnes. Les Diurnes d'Europe sont au nombre de trois cent dix espèces, distribuées dans treille et

MX

INSECTES LÉPIDOI'TÈKE-S.

mi genres pur M. Boisduval, dont le Catalogue l'ail autorité. Mais ces trente el un genres peuvent se réduire à quinze ; et quand vous connaîtrez leurs caraclères distinclifs, vous posséderez une notion complète de la famille.

Les Diurnes ont été divisés, comme nous l'avons déjà dit, selon la disposition de leurs chrysalides, en Succeinls, Suspendus et Enroulés. Parmi les Succcinls, nous définirons les genres Papillon, Thaïs, Durilis, Parnassien, Piéride elPolyommale. Dans les Suspendus, nous choisirons les genres Danaïde, Liménite, Nymphale, Argynne, Mélilée, Vanesse, Apature et Satyre. Les Enroulés peuvent tous être compris dans le genre Ilespérie.

Les Papillons proprement dits ont les ailes intérieures échaucrées à leur hord interne, la massue des antennes presque arquée, les palpes très-courts, à troisième article non visible. Ds représentent les Chevaliers de Linné. — Les Thaïs ont les ailes inférieures échancrées à leur hord interne, la massue des antennes presque arquée, les palpes plus longs que la tête, hérissés de poils et à trois articles très-distincts ; les ailes sont dentées, d'un jaune ferrugineux, tachetées de noir et de rouge. — Les Dorkis ont les ailes inférieures échancrées à leur hord interne, les antennes courtes, à massue presque arquée ; les palpes Iresvelus, à peine plus longs que la lête, à trois articles peu distincts; les ailes sont entières, presque dépourvues d'écaillés, comme membraneuses et un peu ridées. — Les Parnassiens ont les ailes inférieures échancrées à leur hord interne, les antennes courtes, à massue droite, presque ovoïde; les palpes plus longs que la tête, s'élevant au delà du front, à trois articles très-distincts, franges de longs poils; les ailes sont très-entières, arrondies, nues en dessous et a leur hord; la femelle porte à l'extrémité de l'abdomen une poche cornée et creusée en nacelle. Ils appartiennent aux Hélïcoviens de Linné.— Les Piérides ont les ailes inférieures non échancrées à leur bord interne, et s'avançaut sous l'abdomen pour lui former un canal. Elles représentent la plupart des Danaules de Linné. — Les Polyammates ont les palpes à trois articles distincts, les ailes inférieures canaliculées, à cellule centrale ouverte en arrière (cette cellule est close dans les genres précédents) ; leur taille est petite et leur corps grêle ; ils représentent les Plébéiens rustiques de Linné.

Les Danuïdes ont les palpes courts, à trois articles distincts; les ailes inférieures ont leur cellule centrale close. Les quatre pieds postérieurs servent seuls à la marche, les deux antérieurs sont repliés sous le corselet. Les Danaïdes représentent en partie la phalange de même nom dans Linné.- Les Liméniles ont quatre pieds marcheurs, les antennes de la longueur du corps, à massue grêle, peu prononcée ; les palpes velus, à peine plus longs que la lête ; les ailes denticulées, la cellule centrale des inférieures ouverte ; elles appartiennent aux Nympltales de Linné. — Les Nymphales ont quatre pieds marcheurs, les antennes des Liméniles, les palpes à poils plus courts, à dernier article très-petit, caché par des poils, elles ailes dentées ; la cellule centrale des ailes inférieures est ouverte. Elles font partie delà phalange de même nom dans Linné. — Les Argynites ont quatre pieds marcheurs, les antennes à tête courte, ovale, comprimée et creusée en cuiller, les palpes plus longs que la têle, hérissés d'ecailles, distants à leur sommet; l'article du milieu est grand, le dernier esl menu; les ailes sont presque dentelées; le dessus esl fauve, à lâches et à

FAMILLE DLS D1UKINES. 55!)

stries noires; les inférieures sont ornées en dessous de lâches ou de stries nacrées, et leur cellule centrale est ouverte. Les Argynncs appartiennent aux Nymphales de Linné. — Les Métitées ne diffèrent des Argynnes que par leurs ailes tachetées en manière de damier, où la couleur nacrée est remplacée par du jaune. Les Méritées appartiennent aux Nymphalesàe Linné.- Les Vwctse* ont quatre pieds marcheurs, les antennes roides, terminées brusquement par un bouton ovoïde, blanchâtre au sommet. Les palpes sont de moitié plus longs que la lêle, hérissés de poils et écailleux, finissant insensiblement en pointe, et contigus. L'article du milieu est deux fois plus long que le dernier, qui est conique. Les yeux sont velus, les pieds antérieurs très-velus ; les ailes sont anguenses, surtout les supérieures; les inférieures ont leur cellule centrale ouverte. Les Vanesses font partie des Nymphatcs de Linné. — Les Apalures ne diffèrent des Nymphales que par leurs chenilles, qui ne sont point épineuses sur le dos; ^s palpes sont plus longs que la tête. Leur vol est élevé. Elles appartiennent aux Nympliales de Linné. — Les Satyres ont quatre pieds marcheurs , les palpes assez allongés, velus, les ailes ornées d'yeux ; la cellule centrale des inférieures «st close ; le vol est sautillant et bas. Ils appartiennent aux Nymphales de Linné. Les Hespéries ont six pieds marcheurs; la cellule centrale des ailes posténeures ouverte,.Ia tête grosse et souvent plus large, avec les yeux, que le thorax. Elles représentent les Plébéiens citadim de Linné.

Nous allons maintenant vous décrire succinctement les plus belles espèces appartenant aux diverses sections que nous venons d'établir. Il vous sera facile e vérifier sur elles les caractères des genres que vous connaissez : c'est une étude attachante qui, une fois commencée, vous offrira le plus vif intérêt.

Le Paillon Podalirc

N SEC TES LEPIDOPTERES

Le Papillon podalire (Papilio Podalirius, de Linné) a les ailes jaunes, les supérieures traversées de raies noires en forme de flammes (de là sou nom vulgaire de Flambé); les inférieures ont en dessous des raies semblables, dont deux, très-rapprochées , encadrent une ligne fauve; leur bord postérieur porte quelques croissants bleus; à la suite du dernier, l'aile s'allonge en une queue noire, bordée et terminée de jaune ; le bord interne porte vers son extrémité une tache rougeâtre, entourant un croissant bleu. On le trouve sur les Ronces et les Chardons en fleurs, près des lisières des bois, en avril, mai, juillet et août. Sa Chenille est rase, renflée antérieurement, verte avec trois lignes blanches longitudinales, et des traits obliques pointillés de rouge; elle vit sur le Prunellier, le Pêcher et autres arbustes de la famille des Rosacées. La chrysalide est incarnate et mouchetée de noirâtre avec des verrues ferrugineuses sur le dos.

Le Papillon Machaon.

(Larve, Chrysalide el lnscctç parfait.

Le Papillon Machaon (Papilio Machaon, de Linné) a les ailes jaune* avec des nervures noires; leur bord postérieur porte un rang de taches jaunes, en demi-disque sur les supérieures, en croissant sur les inférieures, les supérieures ont quatre taches noires sur leur côte ou bord antérieur; l eS inférieures sont terminées en queue étroite, et ont sur leurs bordures, e" dedans des taches jaunes, un rang de taches bleues, dont la plus interne en-

FAMILLE DES I) III II NE S. mi

'mire un œil rouge. Il fréquente les bois, les prairies, en mai, juin, juillet et août. Sa Chenille est rose, verte, avec îles anneaux noirs, larges, et marqués alternativement d'une série de points orangés; elle vit sur le Fenouil et autres Orabellifères. La chrysalide est chagrinée, verdâtre ou obscure, avec des vernies jaunâtres sur le dos.— Le Papillon Alexanor (PapiUo Alexanor, d'Esper) a les ailes jaunes, avec le limbe terminal, quatre bandes sur les supérieures, deux •sur les inférieures, noirs; les inférieures ont, un œil rouge à l'angle interne. Il habite le sud de l'Europe. —Le Pa p i l l on P botési l as ( Papïtio Protenkiùs, (| e Linné ) est, comme les précédents, un porte-queue ; ses quatre ailes sont pres- 'j«e semblables pour la couleur, blanches, à bandes brunes ; il y en a une, en ''essous, d'un rouge vif; l'angle interne des inférieures est fauve. Il habite l'Amé- '"ique méridionale. — Le Papillon Ascagne (Papilo A>cmiius, de Linné) <*st un porte-queue, dont les quatre ailes sont de la même couleur et noires, avec une bande blanche; la bande des inférieures n'atteint pas le bord de 'aile, et est entourée en arrière d'une auréole rouge; il y a aussi des croissants rouges vers le bord postérieur; le corps est noir, lâcheté de rouge. Ce Papillon habite le Brésil . —Le P a p i r. i. o n I do m é n é k ( Papilio Uonumcin, de Linné), que Fabricius a rangé dans son genre Morplio, est une espèce de l'Amér 'que méridionale, dont les ailes sont un peu crénelées, brunes, bleuâtres à la base, nébuleuses en dessous; les inférieures ont un œil grand et jaunâtre. — Le Thaïs Hvpsipvle (Thaïs Hypsipylr, de Fabricius) a les ailes jaunes, tachetées de noir, avec le limbe terminal des quatre, noir, et longé par une ''gne jaune en feston; le dessous des inférieures est veiné de rouge-fauve. Celle J elle espèce se rencontre dans les Alpes. Sa Chenille est d'un jaune citron, avec une série dorsale d'épines noires, ciliées, et une ligne latérale fauve, coul'ee par des points noirs; elle vit sur les Aristoloches.— Le Tuais Phoseiipine (Papilio Rumina, de Linné) a les ailes jaunes, avec des taches noires et \ e s points écarlates; les inférieures ont le limbe terminal noir, avec une ligue Jaune ondulée. Il paraît au mois de mai dans nos départements méridionaux. j e Thaïs médésicaste de Hubner n'est qu'une variété, dont les ailes inférieures °nt. le limbe terminal jaune, avec deux lignes noires ondulées.

Le Thaïs dëGékisy (Thaïs Cerisyi, de Godard ) a le dessus des ailes un jaune d'ocre pâle, avec la base noire ; les supérieures offrent sept bandes °U'es transversales, les inférieures sont fortement dentelées, le dessus des pre- 'eres ailes est plus pâle : le dessous des secondes est lavé de blanc nacré on ar genté, avec trois taches longitudinales jaunes et saupoudrées d'atomes noi- 'atres. Ce Papillon, dédié à M. Lefébure de Cérisy, habite les cimetières turcs, <JX environs de Constanlinople et de Smyrne. Il vole en janvier eten février. "^ Le DoiiiTis apolline ( Doritïs Apollina, d'Ochsenheim») a les ailes supérieures presque transparentes, saupoudrées de blancet.de noir; les inférieures 1 U| i jaune pâle, fouetté de légers traits noirâtres sur toute leur surface; le ' es sous des quatre ailes est presque entièrement dépourvu d'écaillés, luisant et c °mme vernissé; les inférieures ont leur bord postérieur presque transparent et séparé de la partie jaune par une rangée d'yeux bleus entourés de noir et Couronnés d'un croissant rouge. Il vole au commencement du printemps dans es environs de Smyrne et de Constantinople.

Le Parnassien Apollon.

Le Parnassien Apollon [Papïlio Apollo, de Linné) a les ailes blanchâtres; les supérieures ont cinq taches noires, les inférieures portent deux yeux à iris écarlate, bordés de noir, et à prunelle blanche ; en dessous la base est ornée de quatre taches rouges bordées de noir. Ce beau Papillon habite les montagnes des Alpes; il vole en juin et en juillet; sa chenille est d'un noir velouté avec deux séries longitudinales de taches orangées sur chaque côté (ht corps; elle vit sur les Sedums et les Saxifrages. La chrysalide est ovoïde, unie noire et saupoudrée de bleuâtre.— Le Parnassien Phébus ( Parnn*sin* Phœbus, de Godart) est plus petit que l'Apollon, auquel il ressemble beaucoup; mais clans les taches noires de l'aile supérieure, la plus extérieure de celles qui bordent la côte est saupoudrée de rouge ; le dessous des ailes supérieures porte quatre taches rouges à la base. Ce Papillon habite les prairies marécageuses des hautes Alpes, la croupe du Mont-Blanc, etc. 11 vole en juin et eu juillet. —Le Parnasssien mnémosyne ( PamassiUs Mnémosyne, de Linné ) a les ailes blanchâtres, les supérieures avec deux taches noires près de la côle ; les inférieures ont le bord interne noirâtre. Il habite les montagnes du Dauphiné et vole en juin. — L'Héliconien Eucrate {Heliconius Eucrate) a les ailes oblongues, les supérieures très-entières, noires, avec la base et le bord interne fauves, une bande d'un jaune soufre sur le milieu, une tache blanche et arrondie devant le sommet; les inférieures, un peu dentées, offrent en dessous une rangée marginale de traits hlancs.

La Piéride nu chou (Papitio brassicœ, de Linné) a les ailes blanches; les supérieures ont deux grosses taches noires, visibles des deux côtés, et leur

a «gle extérieur noir en dessus seulement; les inférieures sont en dessous d'un Jaune d'ocre sale. Le Mâle a les ailes supérieures tachetées de noir seulement e n dessous; l'angle extérieur est noir en dessus, et jaunâtre en dessous. Ce Papillon se trouve partout, d'avril à octobre; sa Chenille est d'un cendré bleuâtre j' Vec lrois '"aies jaunes, longitudinales, séparées par des points noirs tubercu-

e "x, de chacun desquels s'élève un poil; elle cause de grands dégâts dans les jardins potagers, en rongeant les feuilles des plantes crucifères. La Chrysalide

M verdatre, entièrement tachetée de noir, avec les côtés et l'arête du dos jaunes. - La Piéride do Navet (Papilio Napi, de Linné) est blanche en

essus, avec un point noir vers l'extrémité du bord antérieur des secondes

"es, et un semblable entre le milieu et le bord terminal des premières; celles-

1 ont en outre le sommet noirâtre; le dessous des ailes supérieures est blanc, j lv ec i es nervures noirâtres, le sommet d'un jaune pâle, et deux points noirs;

e dessous des ailes inférieures est d'un jaune pâle, avec des veines d'un noir v erdâtre, assez larges. Cette Piéride se trouve au printemps et en été dans les Prairies. Sa Chenille est d'un vert obscur, mais plus clair sur les côtés, avec ^ e s stigmates fauves, de petites Verrues blanchâtres, des points noirs et un léger duvet. Elle vit sur le Navet et sur YArabis perfoliaia. La Chrysalide est fus épaisse que celle de la Piéride du Chou, et sa couleur est d'un vert Jaunâtre.— La Piéride du Cresson [Pïeris Curdamiiies, de Linné), nommée vulgairement Aurore, a les ailes blanches ; les supérieures ont vers leur milieu u » croissant noir; les inférieures sont marbrées de jaune et de vert. Dans le "laie, la moitié de l'aile supérieure vers le sommet est d'un beau jaune safran , wrdé extérieurement d'une marge vert foncé en dessus, vert clair en dessous! ' e joli Papillon habite les bois et les jardins, il vole en mai ; sa Chenille est Ve rte avec trois lignes blanches longitudinales, et se nourrit des feuilles de la

ardamme et autres Crucifères. La Chrysalide est verdâtre ou jaunâtre avec une agne blanche latérale. - La P iÉit 1 d e E u i> 11 É m 1 e ( Zegris Eupheme, d'Esper ) a 'es ailes blanches en dessus ; les supérieures offrent à leur sommet une tache a «rore très-étroite, et dans le centre un croissant noir; le dessus des premières ailes est lavé de jaune, ainsi que le sommet; le dessous des secondes est d'un Jaune clair saupoudré de noirâtre ; cette rare et brillante espèce se trouve en 'Haï sur les monts Tchapschalsh, dans la Russie méridionale, et au mois d'avril en Espagne, aux environs de Grenade et de Malaga. — La Piéride citroi\

( <pil<o rhaiinii, de Linné) est une belle espèce qui parait presque sans interjnption dans nos campagnes, depuis le premier printemps jusqu'à la fin de l'au- °inne ; les ailes sont d'un jaune citron dans le mâle, d'un blanc verdâtre dans a femelle; leur milieu offre un point orangé en dessus, ferrugineux en dessous.

a Chenille est comprimée en arrière, verte, avec une ligne plus pâle le long

1 e chaque côté, et de légères pointes noires sur le dos. Elle vitsur les Nerpruns

''t autres arbustes. La Chrysalide est verdâtre, avec une tache rougeâtre et une

'gne plus claire de chaque côté. — La Piéride Cléopatbe (Papiiio Cleopalra,

e Linné), que l'on regarde comme une variété de la précédente, a les ailes d'un

Jaune citron avec le disque orangé en dessus, chez le mâle; blanchâtre, avec la

'ase un peu [dus jaune, chez la femelle; les quatre ailes ont en dessous un point

"'ugineux sur leur milieu. Celle espèce habile le midi de l'Europe, au prin- ■'• 71)

cm

llll|llll llll|l!ll llll|llll 2 3

llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll |||||llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll|llll llll 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19

3,>î INSECTES LÉPIDOPTÈRES.

temps el en été. En Corse, elle est plus vivement colorée qu'en Provence. —La Piéride É l athée (Pieris Elatliea, de Linné) (Terias Elathea. des modernes) a les ailes arrondies, très-entières, avec le bord noir en dessus; les supérieures jaunes ; les inférieures blanches; le dessous de ces dernières avec [deux points noirs sur le milieu ; le dessus des supérieures avec le bord interne orangé. Cette espèce habite l'Amérique.

Le Pol yommate strié (Papilio bœlicus, de Linné) a les ailes entières; les inférieures ont près de leur angle interne un petit filet en forme de queue ; le dessus des ailes est d'un violet bleuâtre, avec le limbe d'un brun noirâtre ; le dessus est cendré avec des stries blanchâtres ondulées; les ailes inférieures offrent une bande blanche continue, et deux yeux à iris doré, près de l'angle interne. — Le Pol vommate Alexis (Polyommalus Alexis, de Hubner), vulgairement nommé l'Argus bleu, est une espèce aussi commune que jolie, dont la Chenille vit sur le Sainfoin, le Genêt, la Luzerne, et autres Légumineuses. Le dessus des ailes du mâle est d'un bleu d'azur, changeant en violet tendre, avec une petite raie noire, suivant le bord, et une frange très-blanche : le dessus des ailes de la femelle est brun, avec une rangée de taches fauves près du bord postérieur, et un trait noir sur le milieu des supérieures ; le dessous des quatre ailes est à peu près le même dans les deux sexes. Il est gris avec une rangée de taches fauves renfermées entre deux lignes de points et de traits noirs; ces points noirs, ainsi que ceux qui garnissent le reste de la face inférieure, sont bordés de blanc. — Le Polyommate Hippothoé (Papilio llippolkoe, de Linné ) a les ailes entières, à bord blanc, grises en dessous, à petits yeux nombreux. Il habite les prairies humides de la France, et vole au mois de juin. L'Angleterre en possède une variété ( Polyommatus dispai- ) qui a le dessous des quatre ailes d'un fauve doré très-vif, avec une petite bordure noire, dans le mâle, et lavées d'un noir brun dans la femelle ; le dessous des premières ailes est d'un fauve gai avec une bordure d'un gris bleuâtre; le dessous des secondes ailes est d'un bleuâtre pâle, avec une bande terminale d'un fauve vif, bordé des deux côtés par des points noirs. Cette variété rare se trouve en Angleterre, dans les prairies marécageuses des environs de Withelsea; on la trouve aussi en Picardie.

La Danaïde Chrysippe {Papilio Clirysippm, de Linné) a les ailes un peu sinuées, fauves, avec le disque noir et ponctué de blanc ; les supérieures ont le sommet d'un noir obscur, avec une bande très-blanche; les inférieures ont quelques points noirs sur le milieu. Cette espèce est africaine; on l'a rencontrée à Naples, mais elle n'y a pas reparu depuis 1809. — La Liméjnite Camille ( Papilio Camilla, de Linné ) a le dessus des ailes d'un bleu noir chatoyant, avec une bande de taches blanches sur le milieu; les inférieures sont en dessous, à leur hase, d'un bleu argentin et sans taches. Cette espèce rare fréquente le bord des ruisseaux dans le centre et le midi de la France ; elle vole à la " B de juillet et au commencement d'août. On la nomme aussi le Sylvain azuré-

La Liménite Sibylle (Papilio Sibylla, de Linné), nommée aussi le Deuil, °u le petit Sylvain, habite les bois, et vole pendant la canicule; le dessus des ailes est d'un brun noirâtre, avec une bande de taches blanches sur le milieu ; le dessous des inférieures a la base d'un bleu cendré, avec des taches noires.— La Nymphale du Peuplier (Papilio Populi, de Linné ) est une belle et grande espèce qui se rencontre, du 10 au 20 juin seulement, dans les forêts du nord de la France; on la nomme aussi le grand Sylvain. Le dessus des ailes est d'un brun noirâtre, avec une bande de taches blanches sur le milieu, une •"angee de croissants fauves vers le bord postérieur, deux rangées de taches bleuâtres, près de ce bord, sur les inférieures; le dessous des quatre ailes est d un fauve gai, avec des taches d'un blanc bleuâtre, disposées, sur les supérieures, en bande interrompue ; des taches bleuâtres, coupées par des lignes noires, régnent le long du bord postérieur des quatre ailes. — L'Apatuke J asius (Papilio Jasius, de Linné) est une des plus grandes Nymphales de l'Europe; le dessus des ailes est d'un brun noirâtre chatoyant, avec une bande de •aches et le bord postérieur d'un jaune fauve ; le dessous est varié de ferrugineux et d'olivâtre, avec une bande et des hiéroglyphes blancs. — L'Apatijrk Il ia ( Papilio Ilia, de Linné), nommée aussi le petit Mars, a les ailes dentées d'un brun noirâtre; elles ont un reflet violet changeant chez le mâle, avec des

:i;,,i INSECTES LÉPIDOPTÈRES.

taches sur les supérieures et une bande sinuée sur les inférieures, de couleur ldanche ou orangée; les supérieures portent, vers leur milieu, un œil noir, horde d'un cercle orangé ; le dessous des inférieures offre deux à quatre petits poinls noirs vers leur hase. Celte espèce vole dans les bois humides, du 20 juin a la mi-juillet. La Chenille est chagrinée, d'un vert cendré, avec les deux angles supérieurs de la tête prolongés en manière de cornes bifides et légèrement tronquées. Elle vit sur la cime des Peupliers et des Saules. La Chrysalide est carénée, d'un vert jaunâtre pâle. - L'Apature Iris, ou grand Mars ( Pupilio Iris, de Linné ) est beaucoup plus grande que l'espèce précédente ; le? ailes sont dentées, d'un brun noirâtre, à reflet violet changeant dans le mâle, avec des taches aux ailes supérieures, et une bande unidentée aux inférieures, blanches ; il n'y a pas de petits points blancs au-dessous des inférieures, vers leur base. Cette espèce habite les mêmes localités, et paraît aux mêmes époque? (jue le petit Mars. Sa Chenille vit sur la cime des Chênes.

La Nvmphale Dircé (PapUio Dirce, de Linné) est une espèce des Indes, dont les ailes sont anguleuses, brunes; les supérieures ont une bande jaunâtre, oblique, visible sur les deux côtés ; le dessous des quatre ailes est ondulé de noir. — La Nvmphale Postverta (Catagramma Postverta) a les ailes presque dentées; le dessus des ailes du mâle est d'un vert bronzé luisant; le dessus des ailes de la femelle est d'un brun noirâtre, avec des bandes blanches; le dessous des ailes inférieures, clans les deux sexes, est d'un blanc violâtre. avec six raies transversales ferrugineuses, et deux yeux. — La NymphaH Maoris (Cybdelis Maoris) a les ailes presque dentées, brunes en dessus, avec un reflet violet changeant dans le mâle; le dessous des supérieures offre trois yeux peu prononcés; le dessous des inférieures en offre sept.

La Vanesse Antiepe.

La Van esse Antiope ( Papilio Ântiopa, de Linné), nommée, communément le Morio, a les ailes anguleuses, d'un noir pourpre foncé; avec une large bande jaunâtre au bord postérieur, en dedans de laquelle règne une série de points bleus; les premières ailes porlent, deux laclies jaunes vers l'extrémité de leur côte. Celle espèce habite les bois et les prairies pendant toute la belle saison. La Chenille est épineuse, noire, avec des lâches sur le dos, et les huil pattes membraneuses antérieures d'un rouge brun; elle vit sur le Bouleau, I Orme, le Saule. La Chrysalide est noirâtre, saupoudrée de bleuâtre, avec deux rangs d'épines coniques, et un rang intermédiaire de boutons noirs, à sommet ferrugineux. — La Vanesse a c blanc (Papilio c album, de Linné), nommée aussi Robert le Diable, a des ailes très-anguleuses, dont le dessous esl 'avive, tacheté de noir, avec le bord postérieur ferrugineux, et ponctué de jaune; le dessous est brunâtre et nuancé de verdâtre ; les inférieures portent chacune sur leur milieu un demi-cercle blanc, figurant la moitié d'un ,r. Cet Insecle est commun pendant l'été. Sa Chenille vit sur le Noisetier, l'Orme, etc. — La V anesse Io (Papilio Io, de Linné), ou Paon de jour, a les ailes anguleuses et dentées; le dessus est d'un fauve rougeâtre, avec une grande tache en forme d'œil sur chacune; l'œil des supérieures est rougeâtre au milieu, entoure •l'un cercle mi-partie de jaune et de bleu ; l'œil des inférieures est bleu, avec un cercle noir; la côte des ailes supérieures porte deux bandes noires, courtes el obliques, séparées par une petite tache jaune; leurs yeux sont coupés transversalement par une ligne de points blancs. Celte espèce habite les bois, les prairies et les jardins, de mai à octobre. Sa Chenille est d'un noir luisant, chargée •'épines simples, avec des points d'un blanc bleuâtre, et les pattes postérieures ferrugineuses; elle vit en so'ciélé sur les Orties et sur le Houblon. La Chrysalide est brune, avec des taches dorées, un double rang d'épines coniques, penchées en arrière et ayant la base rougeâtre. — La V anesse polychlore (Papilio polychloros, de Linné), nommée vulgairement la grande Tortue, a les ailes anguleuses, fauves en dessus, avec une bordure noire interrompue par de petites lignes jaunes et une rangée de taches blanchâtres; les supérieures ont près de 'a côte trois taches noires, et quatre plus petites en dessous. La chenille est bleuâtre ou brunâtre, avec une ligne fauve sur les côtés du corps; ses épines sont jaunâtres et un peu branchues. Dans le premier âge, elle vit en société sous une toile soyeuse ; mais après la première mue, les Chenilles se dispersent : elles se trouvent sur le Chêne, l'Orme, le Saule, et sur plusieurs arbres fruitiers. La Chrysalide est d'un gris incarnat, avec des taches dorées à sa partie antérieure. Elle a le long du dos deux rangs d'épines coniques, courtes, noires, avec le sommet obtus et jaunâtre. Entre ces épines, il y a une suite de mamelons colorés comme elles.

L'Argynne Aglaé (Papilio Acjlaia, de Linné) a les ailes peu dentées, fauves, tachées de noir en dessus, et vingt et une taches argentées en dessous des ailes inférieures, qui offrent une teinte verdâtre. Cette espèce habite les bois, et vole en juin et juillet. Sa Chenille est épineuse, noirâtre, avec une bande blanche dorsale, et une rangée longitudinale de taches rousses sur chaque côté; elle vit sur les Violettes. La Chrysalide est roussàtre, ondée de brun, avec

des

éminences peu prononcées. — L'Argynne Ei.ysa (Argynnh iïlusa,

Godart) a le dessus des quatre ailes d'un fauve plus ou moins vif, selon les sexes, avec les nervures finement marquées en noir. Le dessous des secondes ailes est jaune, avec un grand nombre de taches d'argent, rangées en cinq bandes inégales. Cette espèce habite la Corse et la Sardaigne, et paraît en juillet. M. Pierret père en a rapporté un très-grand nombre qu'il a recueillies aux environs de Corté.

Le Demi-Deuil.

Le Satyre Gai-athée (Papdio Galalhea, de Linné), nommé communément le demi-Deuil, a les ailes un peu dentées, d'un brun jaunâtre, avec la base et l'extrémité noires et tachetées de blanc en dessus. La tache de la base de chaque aile est ovale; les inférieures ont deux et trois yeux noirs. Cette espèce est très-commune clans les bois en juillet et en août. La Chenille est verte, avec trois lignes longitudinales obscures, la tête brune et deux petites épines rouges à la fourche de l'anus. Elle vit sur la Floave des prés. La Chrysalide est ovoïde, jaunâtre, avec deux taches noires, en œil, sur chaque côté de la tête. — Le Satyre Phryné (Salyrus Phryne, de Hubner) a le dessus (les quatre ailes d'un bistre foncé dans le mâle, d'un blanc de lait dans la femelle ; le dessous des ailes inférieures est strié de traits bruns longitudinaux, avec l'extrémité ornée d'une bande argentée très-étroite. Il se trouve dans les steppes de la Russie, où il paraît en juin.

La Mélitke Athalie (Mcl'ttœa Âthalia, de Borkhausen) a les ailes un peu dentées, fauves en dessus et réticulées de noir ; le dessous des inférieures est

cm

jl un jaune pâle, avec deux bandes fauves et huit lignes noires ondées. Elle habite les parties ombragées des bois, paraît en mai et vers la fin de juillet. La Chenille est épineuse et se nourrit de plantain. La Chrysalide est grisâtre avec des points noirs et des points rougeâtres sur le dos.

Le Papillon Riphée ( PapUio Riphœm, de Linné ) a été rangé parles modernes dans la section des Enroulés, sous le nom à'Urania Riphœus. Le: '"'es sonta^six dents prolongées en queue, noires à bandes vertes ; les infé- "eures, vertes en dessous, ont à l'angle interne une grande tache ferruriueuse Ponctuée de noir. Il habite Madagascar.

L'Hkspéiue Ahacyntiik (Hesperia Aracymhus, de Fabricius), vulgairement nommée le Miroir, a les ailes d'un brun noirâtre chatoyant; le sommet des supérieures est tacheté de jaune de part et d'autre; le dessous des inférieures est d'un jaune roussâtre, avec douze taches blanches, arrondies et cerclées de noir ; les six dernières taches du dessous des ailes inférieures sont réunies en une bande courbe; le dessus des ailes offre chez la femelle quatre taches jaunes, dont une centrale. Cette espèce habite les bois marécageux, et paraît à la lin de juin et au commencement de juillet.

Famille des Crépusculaires.

— Ces Lépidoptères, dont le nom de famille n'est pas rigoureusement exact, puisque dans beaucoup d'espèces le vol est diurne, ont près de l'origine du bord externe de leurs ailes inférieures une soie roide, écailleuse, en forme d'épine ou de crin, qui passe dans un crochet du dessous des ai les supérieures, les empêche de se relever pendant le repos, et les maintient dans une situation horizontale ou inclinée. Nous retrouverons ce caractère dans la famille des Nocturnes, mais les Crépusculaires se distinguent des Nocturnes par leurs a "lennes en massue allongée, en prisme ou en fuseau. Leurs Chenilles ont toujours seize pattes, et leurs Chrysalides, ordinairement renfermées dans ""e coque ou cachées dans la terre, ne présentent que rarement les formes ;lll guleuses qu'on remarque dans la famille précédente. Quelques auteurs ont •tonné à ces insectes le nom de Papillons- Bourdons, à cause du bourdonnement ( l u ''ls font entendre en volant. Ils sont tous compris dans le grand genre Sphinx de Linné. Le nom de Sphinx leur vient de l'attitude de quelques-unes

L'Hespéric Aracyjitlie.

cm

10 11 12 13 14 15 16 17 lï

de leurs Chenilles, qui tiennent la partie antérieure de leur corps relevée comme le Sphinx de la Faille.

Les entomologistes modernes partagent les Sphinx de Linné en une quinzaine de genres. Les quatre sections établies par Fabricius nous suffiront pour bien connaître la l'y mille : ce sont les genres Caslnie, Sphinx proprement dit, Sésie et Zijtjcnc.

Les Caslnies, qu'on nomme aussi Hespéri- Sphinx, parce qu'ils lient évidemment les Hespéries avec les autres Crépusculaires, ont les antennes toujours simples, épaisses vers leur milieu, ou à leur extrémité qui forme le crochet, et se rétrécit en pointe. La trompe est bien distincte, les palpes inférieurs ont trois articles bien apparents.

Les Sphinx proprement dits ont les antennes presque linéaires, prismatiques, à sommet aminci, garni d'une houppe d'écaillés; celles du mâle sont en râpe, à la face inférieure; celles de la femelle sont plus simples; les palpes sont larges, obtus, écailleux, appliqués étroitement contre le chaperon, qui est velu ; les ailes sont étroites, inclinées; l'abdomen est grand, conique. Les Chenilles sont nues, amincies en avant, armées généralement d'une corne sur l'avantdernier anneau de l'abdomen, qui est rayé obliquemeul ou longitudinalemenl. -Ces larves se nourrissent de feuilles et entrent dans la terre pour se métamorphoser; elles ne filent pas une coque proprement dite, mais se font une enveloppe en liant avec quelques fils de soie des parcelles de terre ou des débris de végétaux. L'Insecte parfait vole le soir. Quelques espèces volent en plein jour, et comme elles planent au-dessus des Heurs dont elles vont pomper le nectar, on les nomme communément Sphinx-Epcrvicrs.

Les Sésies ont les antennes simples, en fuseau allongé, terminé, comme dans les Sphinx, par une petite houppe d'écaillés; les palpes sont grêles et à trois articles distincts, dont le dernier finit en pointe; les ailes sont [dus ou moins transparentes ; l'abdomen est conique, cylindrique ; les jambes de la troisième paire ont à leur extrémité des ergots très-forts; le vol est diurne. Les Chenilles sont nues, sans corne postérieure; elles rongent l'intérieur des tiges et des racines des végétaux, et s'y construisent, avec les débris des matières dont elles se sont nourries, la coque où elles doivent subir leur dernière transformation- Les Zijghiea ont les antennes généralement simples, formant une massue llexueuse, dont le sommet n'est jamais terminé par une houppe d'écaillés (dans un petit nombre, elles sont filiformes ou garnies de deux rangées de dents); les palpes sont cylindriques, un peu velus, à troisième article distinct; les ailes supérieures sont plus étroites, et les inférieures arrondies; l'abdomen est cylindrique, presque linéaire; le vol est diurne. Les Chenilles sont cylindriques, un peu velues, sans corne postérieure; elles sont lentes dans leurs mouvements, et vivent sur les Légumineuses; elles se forment une coque de soie, ovoïde, qu'elles attachent aux tiges des [liantes.

La Castnik Cyvaiwsse {Cuslnia Cyparissias, de Latreille) a les ailes supérieures très-entières, noires, offrant un reflet verdâtre et luisant, quand on les regarde dans un certain sens; elles ont deux taches blanches ; les ailes supérieures sont obliques, les inférieures sont ponctuées. Cette espèce habile I A' inérique méridionale.— Le Sphinx du Tkoëne (Sphinx 'Liguslri, de Lin"".

Page 1