FAMILLE DES CRÉPUSCULAIRES
est lo type d'un sous-genre auquel on a conserve le nom de Sphinx; sa langue est plus longue que son corps; les antennes sont Tories et en râpe; les ailes °nt un frein ; les supérieures sont lancéolées, les inférieures arrondies à 'angle interne; l'abdomen est cylindrico-conique; le vol est crépusculaire; les ;| iles supérieures sont veinées de gris-rougeâlre, de brun-noir el de blanc; les inférieures sont rousses, avec deux bandes noires ; l'abdomen est d'un rouge v <neux, cerclé d'anneaux noirs. La Chenille est une des plus belles du genre; ^est en même temps celle qui, par son altitude dans le repos, ressemble le Plus au Sphinx de la Fable. Elle est d'un vert-pomme ; elle a sur chaque côté du corps sept raies obliques, violettes en devant et blanches en arrière; ses pâlies ecailleuses sont d'un jaune pâle ; ses pattes membraneuses, vertes, avec l'extrémité noirâtre; ses stigmates sont d'un jaune orangé; la corne de l'avant-der- "ier anneau est jaunâtre en dessous, d'un noir luisant en dessus. Elle vil. sur 'c Troène, cl, en général, sur toutes les Jasminées, se métamorphose en août, ( 'l n'emploie que de la terre dans la confection de sa coque. On la trouve dans 'es jardins de Paris. La Chrysalide est d'un brun marron, avec la gaine de la 'l'ompe faiblement arquée, de médiocre longueur, comprimée latéralement ''ans son milieu, et arrondie à son extrémité. L'Insecte parfait n'éclôl qu'au ni ois de juin de l'année suivante, et quelquefois même il reste nymphe pendant ( 'eux ou trois ans.
Le Sphinx Elpénoii (Sphinx Elpenor, de Linné) (type du sous-genre Deilephila d'Ocbsenheimcr, qui ne diffère du sous-genre Sphinx que par les antennes simplement prismatiques, et les ailes inférieures un peu prolongées en lobe à leur angle interne) a les ailes supérieures d'un vert olive, avec des bandes longitudinales et transversales d'un rouge pourpre; les inférieures sont noires à. la base, et ponctuées au sommet. Celte belle espèce se rencontre à Paris assez fréquemment. Sa Chenille, comme celles des autres espèces du sous- Senre Deilephila, est remarquable par ses belles couleurs, par l'extrémité antérieure de son corps, qui est gros et rende, et par sa tête allongée en forme de groin de Porc (ce qui lui a valu le nom trivial de Cochonne); cette espèce de '"nseau est susceptible de se retirer dans le troisième anneau. Elle vit sur les ,; alium, les Épilobes et la Vigne; elle mange beaucoup, croît très-vite, el se feit une coque avec de la soie et des molécules de ferre; la nymphe devient '"secte parfait au mois de juin de l'année suivante.
Le Sphinx oe Daiil (Deilephila Dalilii) a les ailes supérieures d'un gris V| olâtreen dessus, traversées obliquement par une bande d'un vert olive foncé; ' e s ailes inférieures sont d'un beau rouge, avec deux bandes noires. Celle belle (is Pèce habite la Corse et la Sardaigne, et vole en juin et en septembre.
Le Sphinx Célékio (Sphinx Celerio, de Linné), nommé vulgairement le Phénix, appartient aux Deilephila. Le dessus est d'un brun clair ; les ailes supérieures ont un point et une bande oblique d'un blanc jaunâtre ; les inl'é- 'ïeures sont d'un blanc rosé au milieu, coupé par des nervures noires, et ont u "e bande noire près du bord postérieur; l'abdomen porte le long du dos une '' ni e blancbe bordée de noirâtre, et une rangée de traits blancs de chaque côté. '■''He espèce habite le midi de la France; elle paraît en mai et en septembre. '■ p Sphinx de i'O n w; it i; ( Sphinx wnulhcrœ, de Fabricius ) est le type du !.. "I
sous-genre Plerogon, île Boisdtival, qui ne diffère du précédent que par le bord postérieur des ailes, anguleux, et l'abdomen terminé par un bouquet de poils ; les ailes supérieures ont au milieu une bande transversale plus foncée et marquée d'un point obscur; les inférieures sont jaunâtres ou roussâtres avec une bande verte. La femelle n'a point de brosse à l'extrémité de l'abdomen. Celte espèce est rare aux environs de Paris. Sa Chenille vit sur l'Epilobe et sur l'Onagre ; elle s'enveloppe de feuilles attachées par quelques fils de soie ; sa métamorpbose a lieu en juillet; la Chrysalide devient Insecte parfait dans le mois de mai de l'année suivante.
Le Sphinx des Hubiacées {Sphinx Slellatarum, de Linné), nommé aussi Moro-Sphin.r, est le type du sous-genre Mûcroglosse d'Ochsenheimer, caractérisé par une trompe de la longueur du corps, des antennes terminées en massue, et presque cylindriques, des ailes courtes, l'abdomen épais, aplati, garni latéralement de faisceaux de poils, obtus et barbu à son extrémité. L'espèce en question a les antennes blanchâtres en dessous, les ailes d'un brun cendré avec des bandes transversales ondées et nébuleuses, plus brunes sur les ailes supérieures ; les ailes inférieures sont d'un jaune de rouille : l'abdomen porte latéralement des taches blanches. Cet Insecte paraîtdeux fois par an, au printemps et en automne. C'est le plus vif de nos Sphinx ; sa chenille est très-commune sur les Rubiacées et notamment sur le Caille-lait jaune. La Chrysalide est renfermée dans une coque grossière faite avec des fils de soie et quelques brins d'herbe.
Le Spliinx Bourdon.
Le Sphinx Bourdon {Spliinx fueïfornm, de Linné), qui appartient au même sous-genre, a les quatre ailes transparentes avec les nervures, une bande
[ A.UIU.K DI£S CRÉPUSCULAIRES.
marginale, cl une lâche près du milieu de la côte des supérieures, d'un ferrugineux pourpré; leur base est olivâtre en dessus cl jaunâtre en dessous ; le dessus du corps est d'un vert olive avec les derniers anneaux un peu plus clairs, et bordés latéralement par des poils d'un jaune pâle ; le milieu de l'abdomen est traversé par une large bande du même ferrugineux que la bordure des ailes, °t la brosse, dont le dessous est également ferrugineux, a les côtés noirs; la poitrine, la partie inférieure des palpes, les cuisses, les jambes sont couvertes de poils d'un jaune pâle, et les tarses sont bruns avec des cils grisâtres ; les antennes sont d'un noir bleu. Ce Sphinx paraît deux fois par an, au milieu de mai et au milieu de juillet, Il butine principalement sur les fleurs bleues de la S'iuc/e des prés; on le trouve fréquemment à Vinccnnes et à Meudon. Sa Chenille vit sur les Chèvrefeuilles; elle est chagrinée, d'un vert pâle avec toutes les Pattes, le dessous du corps, le. pourtour des stigmates, la corne, d'un rouge brun ; les stigmates sont noirs avec le milieu blanc; la corne est granuleuse et "n peu arquée. Cette Chenille est facile à élever ; lorsqu'elle ne se métamorphose qu'en automne, elle passe l'hiver en Chrysalide.
Le Sphinx de Ciioatie (Macroglossa Croaliea) a les ailes supérieures d un vert olive, avec une bande marginale brune ; les ailes inférieures d'un roux ferrugineux ; le corps de la couleur des ailes supérieures, avec une large bande brune, deux bandes jaunes, et le pinceau d'écaillés qui termine l'abdomen, noir.
Le Sphinx Alropos.
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l,i' Sphinx Atropos (Sphinx Alropos, de Linné) est le type du sousgenre Achrrontiti , d'Ochscnheimer, qui a pour caractères une langue épaissi 1 , plus courte que la poitrine, des palpes courts très-obtus, la tête grosse, les antennes courtes et roides, les ailes supérieures lancéolées, les postérieures arrondies à leur angle interne, l'abdomen très-gros, moins conique que dans les vrais Sphinx, les tarses à crochets vigoureux, le vol lourd et crépusculaire. L'Atropos a les ailes supérieures mélangées de brun foncé, de brun jaunâtre et de jaune clair ; les inférieures sont" jaunes, avec deux bandes brunes ; le corselet porte une tache jaunâtre dans laquelle le noir dessine grossièrement des yeux, des joues et une bombe figurant une tête de mort ; l'abdomen est cerclé d'anneaux noirs. La Chenille est d'un beau jaune, et a de chaque côté du corps, à partir du quatrième anneau, sept bandes obliques vertes, mais plus foncées antérieurement. Son dos offre en outre une série longitudinale de sept chevrons bleus, piqués de noir et séparés des bandes susdites par des points verts. La tète est latéralement bordée de noir; la corne est raboteuse, longue et courbe. Elle vil sur les Pommes de terre et diverses autres espèces du genre Solanum. C'est à la fin de juillet qu'elle travaille à sa transformation : elle se compose une coque avec des grains de terre, bien aplanis en dedans, et réunis au moyen d'une liqueur gluante, qu'elle dégorge par la bouche. La Chrysalide est d'un brun clair, et la trompe est cachée sous le masque. L'Insecte parfait éclôt en septembre; il fait entendre en volant, et lorsqu'on le saisit, un bruit semblable à un cri plaintif. Or, notez que l'équinoxe d'automne, époque de son apparition, est aussi une époque de dyssenteries et d'autres maladies épidémiques, souvent mortelles, et vous comprendrez pourquoi, dans certaines années où il abonde et où il règne des épidémies, son vol nocturne, son cri lugubre, et surtout sa tête de mort, ont répandu la terreur parmi les habitants des campagnes, qui regardaient cet Insecte comme l'avant-coureur d'unemortalilé prochaine : en 1 729, il en parut une grande quantité dans la basse Uretagne, et comme leur présence coïncida avec des fièvres graves qui firent périr beaucoup de malades, le peuple leur attribua ce désastre. Un curé envoya au Mercure de France une description effrayante de l'Atropos ; il le décrivait comme l'emblème vivant d'une pompe funèbre: le ministre de la marine lit remettre à Réaumur des dessins de ce Sphinx, qu'on lui avait envoyés de Bretagne, en lui apprenant l'effroi qu'ils y causaient, et en le priant de savoir si l'Académie des sciences jugeait que les alarmes du peuple fussent fondées. — Vous savez que l'Atropos est friand de miel, et qu'il dévaste les ruches où il peut pénétrer : nous vous avons raconté ce qui arriva au rucher d'IIuber, et les précautions merveilleuses que prirent les Abeilles contre l'envahissement de ce parasite, précautions qui se rencontrèrent avec celles d'IIuber lui-même. Réaumur attribue le cri plaintif de l'Atropos au frottement de la trompe contre les palpes entre lesquels elle s'engage. M. Lorcy l'explique tout autrement : il dit s'être assuré par des expériences positives q" 1 ' ce n'est pas à un frottement de corps solides, mais bien aux vibrations de l'air qu'il faut attribuer ce bruit. Cet air s'échappe par un stigmate qui s'ouvre aux deux côtés de la base de l'abdomen, et qui, dans l'état de repos, est fermé par un faisceau de poils très-fins, formant un petit soleil : il a coupé successivement les palpes, la trompe, la tête, et le bruit s'est reproduit comme auparavant.