‹ Le jardin des plantesChapitre 111 sur 143 · FAMILLE DES CRÉPUSCULAIRES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CRÉPUSCULAIRES

Le Sphinx du Tilleul.

Le Sphinx nu Tilleul [Sphinx Tiliœ, de Linné) est le type du sousgenre Smcniulic, d'Ocbsenheimer, caractérisé par une têlc pelile, ramassée; des palpes très-courts, obtus, ne s'élcvant pas an delà des yeux; nue langue très-courte, presque nulle ; des antennes presque linéaires, un peu flexueuses, dentées intérieurement dans le mâle, simples dans la femelle ; des ailes sans frein, anguleuses, dentées sur leur bord ; un vol pesant et nocturne. M. Bois- 'luval considère les Smérinthes comme établissant le passage des Sphinx aux Bombyx. L'espèce en question a les ailes découpées, les supérieures d'un gris verdâtre, avec des taches brunes sur le milieu, les inférieures d'un fauve verjJâtre, le corselet gris, avec trois raies verdâtres. Le Sphinx du Tilleul varie beaucoup et se rencontre très-communément sur les Ormes, les Marronniers *' [nde et surtout les Tilleuls, où vit sa Chenille, qui est chagrinée, d'un vert Pâle avec sept lignes latérales obliques, blanchâtres, bordées antérieurement de v ert foncé et quelquefois de rouge; la corne est bleue, à sommet verdâtre; '°utes les pattes sont vertes, mais les écailleuses sont entrecoupées de rose Pâle. La Chrysalide est chagrinée, d'un brun très-obscur, avec la pointe de ''abdomen large, conique et raboteuse jusqu'à son extrémité.— Le Sphinx d emi-Paon (Sphinx oeellata, de Linné), qui appartient aux Smérinlhes, c omme le Sphinx du Tilleul, a les ailes anguleuses ; les supérieures d'un brun diversement nuancé : les inférieures, d'un rouge foncé, ayant chacune une lâche

o(iG

INSECTES CÉPIDOPTÈUES.

noire et bleue en forme d'oeil; l'abdomen est brun avec des bandes rouges en dessous. Cctle espèce n'est pas rare aux environs de Paris. Sa Chenille est chagrinée, d'un vert tendre sur le dos, d'un vert bleuâtre sur les côtés et sur le venlre; ses côtés ont chacun sept lignes blanches obliques, dont la postérieure est plus prononcée et se termine à l'origine de la queue. Celle-ci est bleue, avec la sommité verte ; les stigmates sont blancs, avec le pourtour ferrugineux ; les pattes écailleuses sont rosées, les pattes membraneuses, vertes, La tête est bordée de jaune. On trouve cette Chenille sur le Saule, l'Osier et les arbres fruitiers. La Chrysalide est finement chagrinée, d'un brun marron fonce, avec l'anus bien arrondi et terminé par une pointe courte et presque obtuse.

La Sésie aimforme [Sphinx apiformis, de Linné) est la plus grande espèce de France; la tête est jaune, avec une tache blanche sur le côté interne des yeux, et un croissant jaune sur le côté externe ; les yeux sont bruns ; les palpe? sont jaunes, mais un peu obscurs en dessus ; les antennes sont, noires en dessus, ferrugineuses en dessous ; le corselet est d'un noir brun, avec quatre taches jaunes, dont les deux antérieures latérales et triangulaires, les deux postérieures moins grandes et moins vives ; la poitrine est d'un noir brun sans taches; l'abdomen est jaune avec le premier et le quatrième anneaux noirs, et garni d'un duvet brun ; tous les autres simplement bordés de noir, le cinquième et les deux derniers brunâtres sur le dos; les cuisses sont jaunes en dehors, brunes en dedans ; les jambes et les tarses sont fauves ; les quatre ailes sont transparentes avec la frange marginale, les nervures et un croissant sur les supérieures, d'un brun ferrugineux. Cette Sésie se trouve depuis la fin de mai jusqu'à la mi-juillet sur le tronc des Saules et des Peupliers; sa Chenille y vit solitairement dans la tige ou dans les racines, et se métamorphose en mars ou en avril ; elle est légèrement pubescenle, blanchâtre, avec une ligne plus obscure le long du dos ; sa tète est grosse et d'un brun obscur. La Chrysalide est allongée, brune, renfermée dans une coque d'un tissu serré, et recouverte de particules de bois; la Chenille qui l'a filée ne se change que quinze jours après avoir terminé son enveloppe.

La Zygène delaFilipendule [Sphinx Filipcndulœ, de Linné) est le tyP e du sous-genre Zygenc, caractérisé par des antennes qui se terminent brusquement en massue flexueuse. L'espèce en question a les ailes supérieures d'un vert luisant et un peu doré, avec six taches d'un rouge carmin, disposées pa r couples en dessus, presque confondues en dessous ; les deux taches de la base sont ovales, les quatre autres arrondies et plus petites ; les ailes inférieures ont les deux surfaces d'un rouge carmin, avec une bordure bleue, étroite et garnie d'une frange brune, frange que l'on voit aussi aux premières ailes; I e corps est d'un vert bronzé, avec les antennes bleu foncé en dessus, noires en dessous; les pattes sont de la couleur du corps, avec le côté interne des cuisses et des jambes jaunâtre ; la trompe est d'un noir brun luisant. La Chenille es jaune, avec neuf taches sur chaque segment du dos; les stigmates et les mandibules noirs; les calottes de sa tête sont d'un brun luisant, avec le bord extern plus foncé. Elle vit sur la Filipendule, la Véronique, les Épcrvières et le Pissenlit ; elle se file une coque allongée en forme de bateau et plissée longit» 1 ' 1 ' nalement. La Chrysalide est jaunâtre, avec l'enveloppe des ailes brune; elle»*"

lieilephila felerin.

Timia Margarita.

Erinpus pteridis.

Cnelonia lleliothis

Malmnula . Frivaldsjkui.

Wacruglossa

Croatira

Deilephila

Dahlii.

Saturnin Cfprigena .

TrichfHOnitl

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vl «nt Insecle parfait vers la mi-juin, c'est la plus commune de nos Zygènes.

La Z y gène Pu eue a (Sphinx Phcgea, de Linné) est le type du sous-genre

S'jntonds, caractérisé par des antennes grêles et minces, presque linéaires et

wmant à peine le fuseau. L'espèce en question a les ailes d'un bleu ou d'un

fi rt noirâtre de part et d'autre, avec six taches blanches un peu transparentes

<ix supérieures, et deux semblables aux inférieures ; le corps est de la couleur

® s ailes, avec le dessus du premier et du cinquième anneau de l'abdomen,

P "s deux taches sur chaque côté de la poitrine, d'un jaune d'ocre ; les antennes

; n t noires depuis leur base jusqu'au delà de leur milieu, ensuite blanchâtres

Jusqu au bout. La Chenille est garnie de faisceaux de poils bruns ; elle a les

pattes et la tête rougeâtres. Elle vit sur la Parelle, le Plantain et la Scabieusc.

Jt| Chrysalide est d'un brun clair, avec les cellules de l'enveloppe des ailes ainsi

J°e le second anneau du ventre jaunâtres. L'Insecte parfait paraît eu juin et

Mllet dans le midi de l'Europe.

La Zvgèke diî la Statice (Sphinx Siulkes, de Linné) est le type du sousjienre Procris, caractérisé par des antennes presque linéaires, bipectinées dans es mâles, à peine dentées dans les femelles. L'espèce en question, nommée c °mmunément la Turquoise, a tout le corps, le dessus des antennes et des ailes supérieures d'un vert doré ; le dessous des mêmes ailes et les deux surfaces des nlerieures d'un brun cendré; la trompe est noire. La Chenille vit sur la Patience, oseille et la Globulaire. L'Insecte parfait paraît entre la mi-juin et la mi-juilct > dans les bois et sur le penchant des coteaux; il se repose de préférence sur '' Malice, de là son nom spécifique.

Camille des Nocturnes. — Les Lépidoptères qui composent cette fa- 'He ont, pour la plupart, comme les Crépusculaires, les ailes bridées dans repos, au moyen d'un crin corné cm d'un faisceau de soie, partant du bord x 'erieur des secondes ailes et passant dans un anneau ou une coulisse du dessus des premières ; les ailes sont horizontales ou penchées, quelquefois roulées autour du corps ; les antennes vont en diminuant de grosseur de la base à la Pointe, ou sont sélacées. Ces Insectes ne volent que la nuit ou le soir après le c °Ucher du soleil ; plusieurs sont dépourvus de trompe. Les Chenilles se filent P° l| r la plupart une coque ; le nombre de leurs pieds est de dix à seize. Les CUr )'salidessont toujours arrondies ou sans proéminences angulaires, ni pointes. pLinné avait réuni tous les Nocturnes dans son grand genre Phalœna, mais il 'avait lui-même subdivisé en \n\\l sections qui, malgré les nombreuses espèces découvertes après lui, sont encore les coupes les plus naturelles que l'on puisse j^blir dans la tourbe des Phalènes. Les dix tribus que Lalreille a établies dans les Nocturnes reproduisent presque complètement les sections linnéenncs ; ncu 's allons vous indiquer leurs caractères : i° Les Hépiates ont la trompe trôs- ^ 0Ur 'e et peu distincte, les antennes ordinairement courtes, les ailes en toit et allées ; l'abdomen de la femelle est prolongé en queue. Les Chenilles se tiennent Reliées dans l'intérieur des plantes dont elles se nourrissent, et leur coque est ® n grande partie composée de débris de ces végétaux. Cette tribu comprend les

Co.ss

:nt dits, etc. 2° Les Bombyx ont la trompe courte,

ies tal

M 't*. les Hépiales propremen antennes entièrement peclinées chez le mâle, les ailes étendues et horizon

0s °u inclinées

en toit, mais (

lont les inférieures débordent latéralement les

S{i8 I N S K C T E S 1. É P ID P ï EUES.

supérieures. Les Chenilles vivent aussi sur les végétaux dont elles rongent les parties tendres, et se font pour la plupart une coque de soie. Cette tribu comprend les Satnrnies, les Bombyx, les La.nocampes,clc. 5° Les Faux-Bombyx diffèrent des Bombyx par leurs ailes bridées, dont les inférieures sont recouvertes par les supérieures dans le repos, et leur trompe très- dis tincte. Ils comprennent les Écailles, les Callimor plies, les Liilwsi.es, clc. i° Les Aposures ne différent des tribus précédentes que par un caractère unique qui les sépare aussi de tous les autres Nocturnes ; il consiste en ce que la Chenille n'a point de pattes vers l'extrémité de l'abdomen. Celle tribu se compose des genres Dieranare et PMyptéryx. 5° Les NoelueUes sont caractérisées par une trompe cornée, roulée en spirale, et le plus souvent longue, des palpes terminés brusquement par un article très-petit, ou beaucoup plus petit que le précédent, qui est large et comprimé ; les antennes sont simples, le vol est rapide, diurne dans quelques espèces. Les Chenilles ont généralement seize pattes, quelquefois quatorze, ou douze; mais celles qui avoisinent l'extrémité de l'abdomen ne manquent jamais :'la plupart se renferment dans une coque. C" Les Tordemes ne diffèrent des Noctuelles que par leurs ailes supérieures, dont le bord externe est arque a sa base et se rétrécit ensuite, ce qui leur donne une physionomie particulière, et leur a valu le nom de P b al èms-C happas. Les Chenilles ont seize pattes, elles tordent et roulent des feuilles au moyen de (ils de soie, et se font ainsi un tuyau où elles sont à couvert; elles composent le genre des Pyrales. 7 U Les Arpenleuscs ont le corps grêle, la trompe peu allongée, membraneuse ou presque nulle, les palpes petits, les ailes amples, en toit aplati. Les Chenilles ont dix pattes, quelquefois douze, mais celles de l'extrémité abdominale existent toujours. La manière dont elles marchent leur a valu le nom A'Arpenleuses ou de Géomètres. Lorsqu'elles veulent avancer, elles se fixent d'abord par les pattes antérieures ou les écailleuscs; elles élèvent ensuite leur corps en manière de boucle ou d'anneau, de façon à en rapprocher les deux extrémités; elles se cramponnent ensuite au moyen des dernières pattes, dégagent les antérieures. se redressent, portent en avant leur tèle, et vont prendre un nouveau point d'appui avec leurs pattes de devant, pour recommencer le même manège. LeUi altitude dans le repos est très-extraordinaire. Fixées aux branches des végétaux par les seules pattes de derrière, leur corps est suspendu en l'air, dans une ligne droite et parfaitement immobile ; leur couleur et les inégalités de leur peau les font ressembler complètement à ces rameaux mêmes ; elles forment avec eux un angle de quarante-cinq degrés. L'animal se tient pendant plusieurs heures et même des journées entières dans cette singulière position. Les Chrysalides sont presque nues, ou leur coque est, très-mince cl peu fournie de soie. Cette tribu comprend les Phalènes proprement dites. 8" Les Deltoïdes diffèren des Géomètres par leurs Chenilles, pourvues de quatorze pattes et rouleuseson plieuses de feuilles. Les ailes de l'Insecte parfait forment avec le corps une sorte, de delta; les antennes sont pectinérsou garnies decils. Elles constituent le genre llerminie. 9° Les Teignes sont les plus petits Nocturnes de la famille. Leurs Chenilles sont rases, à seize pattes au moins, et marchent droit. Au lieu «« vivre sur les parties extérieures des végétaux, comme dans les groupes précédents, elles si; tiennent cachées dans îles habitations en forme de fourreau.

l'A MIL LE DES NOCTURNES.

qu'elles se construisent avec la substance dont elles se nourrissent, et qu'elles traînent avec elles ou qu'elles fixent d'une manière immobile. On nomme Fausses- Teignes celles dont la gaine est fixe, et Teignes, celles qui transportent leur fourreau avec elles. Ces dernières, connues vulgairement sous le nom de Vers, atlaquent les étoiles de laine, les crins, les fourrures, qu'elles coupent avec leurs mâchoires, pour s'en faire des fourreaux, et elles occasionnent de grands dégâts dans les collections zoologiques dont la conservation est négligée. Cette tribu comprend les BoUjs, les Agîmes, les Galléries, les Alitâtes, les Teignes, les Adeles, etc.; 10° les F'mipennes, qui ressemblent d'ailleurs aux Teignes, s en distinguent, ainsi que de toutes les autres tribus, par la structure singulière de leurs ailes : les quatre ailes, ou au moins deux d'entre elles, sont fendues dans toute leur longueur en branches, qui sont barbues sur les bords, et ressemblent à des plumes disposées en éventails. Leurs Chenilles ont seize pattes, et vivent de feuilles ou de fleurs sans se construire de fourreau. Cette tribu se compose du genre Pléropliore.

Le Cosses Gate-bois (Cossus Ligniperda, de Fabricius ) est un gros Nocturne long de plus d'un pouce; il est d'un gris cendré, avec de petites lignes noires, très-nombreuses, sur les ailes supérieures, y formant de petites veines entremêlées de blanc. L'extrémité postérieure du thorax est jaunâtre avec une ligne noire. Sa Chenille est très-grosse ; elle est rougeâtre avec des bandes transversales d'un rouge de sang ; ses stigmates sont ferrugineux, avec le pourtour un peu plus clair. Elle vit dans l'intérieur du bois de Saule, du Chêne, mais plus particulièrement de l'Orme; elle dégorge une liqueur grasse et fétide contenue dans des réservoirs spéciaux, qui lui sert, selon toute apparence, à ramollir le bois dont elle se nourrit. Le contact de l'air produit sur elle un effet désagréable, car si on la fait sortir de sa retraite, elle file sur-lechamp une toile pour s'abriter, jusqu'à ce qu'elle soit rentrée dans l'arbre. L est cette larve qui est l'objet du magnifique travail que Pierre Lyonnet publia en 1702, sous le titre de Traité analomique de la Chenille du Saule. Ce naturaliste a compté sur cette Chenille deux cent vingt-huit muscles dans la tête, mille six cent quarante-sept dans le corps, et deux mille cent soixante-six dans ' appareil digestif; en tout quatre mille quarante et un muscles. Tout le reste de I anatomie de l'animal est détaillé avec la môme exactitude. Jugez du temps, •le la patience, de l'énergie de volonté qu'il a fallu à cet homme pour achever s °n œuvre. Nous n'avons de nos jours qu'un seul ouvrage qu'on puisse comparer à celui-là : c'est l'Analomie descriptive du Hanneton. Si vous avez la superstition des noms, vous serez tout édifié d'apprendre, après avoir admiré Je 'exte et les planches de ce beau livre, que l'auteur se nomme Hercule Stisaus. Le Bombyx Grand-Paon (Saturnin Pyri, de BorcUausen ) est le plus grand Lépidoptère de l'Europe; son envergure est de cinq pouces; le corps est brun, avec une bande blanchâtre à l'extrémité antérieure du corselet ; les ailes sont rondes, d'un brun comme saupoudré de gris, ayant chacune au milieu une taclu; oculaire noire, coupée par un trait transparent, entourée d'un cercle f auve obscur, d'un demi-cercle blanc, d'un autre rougeâtre, et enfin d'un cercle n °ir. Le mâle diffère de la femelle en ce qu'il a le corps moins gros, les antennes plus pectinées, dont les articles se divisent en deux branches. La Cheii. 72

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