LES OISEAUX
et se lient sur les bords des rivières <|iii j prennent leur source. Au-dessus du lilécumeux de ces eaux, qui descendent en grondant parmi les blocs de granit vers la plaine où leur cours sera silencieux et paisible, des bambous taquorussus inclinent leurs panaches ondoyants réunis par des guirlandes de lianes : c'est là que vous verriez les Pardalotes voltiger, toujours par couples, de branche en brandie, boire la rosée contenue dans les feuilles du tidlansia, et se repaître de fruits succulents et d'Insectes. Mais ces joyeux festins sont bien souvent interrompus par un événement tragique : dans les fissures du chaume desséché d'un bambou se tient en embuscade une monstrueuse Araignée : c'est la Mygale-Crabe, aux longues pattes, aux mandibules vigoureuses, à la morsure empoisonnée. Tandis que les Pardalotes, sans défiance, poursuivent gaiement les Insectes parmi les feuilles, la Mygale, tapie à l'entrée de son trou, arrête au passage l'un des imprudents convives, lui enfonce dans la gorge ses crochets venimeux, et suce avidement son sang, en présence de sa compagne saisie de terreur. Ainsi le Vertébré qui avait immolé à sa faim des centaines d'Insectes devient à son tour la proie d'un Articulé plus puissant que lui : la Providence, dans sa mystérieuse sagesse, a permis cette sanglante compensation.
Les Gobe-Mouches ont le bec aplati horizontalement, garni de poils à sa base et crochu à sa pointe; ces poils latéraux sont roides et évidemment destines a empêcher l'évasion de la proie saisie par l'animal. — Leurs mœurs sont analogues à celles des Pies-Grièches : ils ont les yeux grands et clairvoyants, se nourrissent principalement d'Insectes, mais les plus fortes espèces vivent de petits Oiseaux : c'est à ces dernières que Iluffon donnait le nom de Tyrans. — Nous n'en avons en Europe que quatre espèces, dont trois sont de passage dans le midi de la France.- — Le Gobe -Mouches grisâtre (Muscicapa grisola, de Linné) est d'un gris rembruni; le bord des rémiges et des ree- Irices est d'un blanc sale, le dessous est blanchâtre avec quelques mouchetures
grisâtres sur la poitrine; la longueur totale est de cinq | ;es et demi. Cette
espèce prend les Insectes au vol ; elle se tient silencieuse et solitaire, perche 6 au sommet des arbres dans les forêts et les vergers. On la conserve quelquefois dans les appartements pour y détruire les Mouches. — Le Gobe-Mouches <* collieu (Muscicapa albicollis, de Temminck) est une espèce qui peut donner lieu à des erreurs, à cause des changements que prend le plumage du mâle dans la saison des oeufs : pendant l'hiver, il est, comme la femelle, gris avec une bande blanche sur l'aile; mais en élé, le bec, les pieds, la fête, le dos, les ailes et la queue sont noirs, et de ci; noir se détache un blanc de neige, figurant un demi' collier sur le dessus du col, occupant en outre h 1 front, tout le dessous du corps, le bord extérieur de la queue, enfin formant une grande tache su' l'aile et une plus petite en avant. Cet Oiseau fait son nid, comme l'espèce |»' (; ' cédente, dans un trou d'arbre, el le compose de mousse et de poils d'animauxil fréquente l'intérieur des forêts touffues et vastes; se lient perché à la cm"
des arbres, el n'en descend que dans les temps pluvieux, 1 r chercher 8
proie, qui consiste en Moucherons.— Le mâle jette un cri plaintif ;dans
saison des œufs son ramage devient assez agréable el ressemble à celui 1 Rouge-Gorge. — Le Gobk-Mooches Bec-Figi e Muscicapa luiiuosa, ° Temminck esi sujet aux mê s variations citez le mâle, mais la nuque esl no'
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