‹ Le jardin des plantesChapitre 40 sur 143 · I.so LES OISEAUX · texte numérisé non relu

I.so LES OISEAUX

et de Gonferves poussés par la vague sur le rivage, se disposentà happer les Poissons chassés hors de l'eau. Quand la pêche sociale est terminée, lesconvives vont s'accroupir sur les rochers, et y digérer en repos. Les Pélicans perchent souvent sur les arbres pour y passer la nuit; mais ils n'y établissent jamais leur nid ; ils le font à terre dans un enfoncement qu'ils garnissent d'herbes. La femelle pond de deux à quatre œufs, et nourrit ses petits en dégorgeant devant eux des Poissons qu'elle a laissé longtemps macérer dans sa poche; elle leur apporte aussi de l'eau de la même manière; et comme elle presse son bec contre sa poitrine en cherchant à vider sa poche, d'où sortent des matières souvent sanglantes, on conçoit l'origine de la croyance populaire qui attribue a cet Oiseau l'habitude de se percer la poitrine avec son bec pour alimenter ses petits. « Le Pélican, dit un voyageur, le P. Raimond, peut devenir non-seulement familier, mais docile : j'en ai vu un chez les sauvages, si bien dressé, que le matin, après qu'on lui avait fait sa toilette à la caraïbe, c'est-à-dire en le peignant en rouge avec du roucou, il s'en allait à la pêche, et revenait le soir, apportant dans son sac une quantité de Poissons, dont ses maîtres lui faisaient rendre une partie pour leur usage. »

Les Cormorans ont le bec allongé, comprimé ; la mandibule supérieure esl crochue, et l'inférieure obi use : la peau de la gorge est peu dilatable ; l'ongle du doigt du milieu est denté en scie; la queue est ronde et a quatorze pennes. — Le Cormoran commun {Peleeanus earbo, de Linné) est une espèce de la

taille de notre Oie; son plumage est d'un brun noir, le sur le dos de noir

foncé, et mêlé de blanc vers le bout du bec et le devant, du col ; le tour de la gorge et les joues sont de couleur blanche chez le mâle, qui porte aussi une huppe sur la nuque. Cet Oiseau plonge parfaitement, et poursuit entre deux eaux, avec une vitesse étonnante, les Anguilles dont il se nourrit. Son vol est rapide et soutenu, mais à terre il marche mal ; on le trouve dans les <\cux continents, et il n'est pas rare en France ; il niche dans les trous des rochers, sur les arbres ou parmi les joncs. On l'instruit en Chine à pêcher, comme le Pélican, au profit de son maître ; mais comme la tentation d'avaler le butin pourrait être plus forte que le devoir, on lui met au bas du col un anneau étroit qui ne laisse passer dans son gosier que h; menu fretin.

Les Frégates se distinguent des autres Pélicans par une queue fourchue, des ailes d'une longueur excessive, un bec dont le* deux mandibules sont courbées au bout, et des pieds a palmures échanerees. — La FRÉGATE COMMUNE (/V/ceanus aquitinus, de Linné a le plumage noir, varie de blanc sous la gorge et I.. col, et le bec rouge. Sou envergure est de dix a douze pieds; elle n'habllc que les régions tropicales, et son vol esl si puissant, qu'on la rencontre en mer à plus de quatre cents lieues de toute terre; elle se nourrit surtout de Poissons volants, et donne la chasse aux F<m, qu'elle force à dégorger leur pêche, donl elle se saisit lestement avant qu'elle suit retombée dans l'eau.

Les Fojmou Boubiet diffèrent des Frégates et des Cormorans par leur bec droit, pointu el dentelé en scie sur les bords. —Le Pou DE Hassan Peleeanus bassaniu, de Linné est espèce commune sur les cotes septentrionales

del'Europe; sa taille est celle de l'Oie ; soa plumage est blanc, les premières

rémiges et les pieds sont noirs, le bec est verdàlre. — Le nom de /'""" ;l e '

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