‹ Le jardin des plantesChapitre 8 sur 143 · TRI BU DES VAUTOURS · texte numérisé non relu

TRI BU DES VAUTOURS

Condor.

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0/f LES OISEAUX.

coue la tète s'incline au bord du roc, agite ses ailes et prend l'essor. Son premier élan n'a d'abord rien de vigoureux ; il décrit une courbe descendante, comme si les lois de la gravitation triomphaient de ses efforts ; mais bientôt il se relève ; ses ailes arrondies, ses rémiges écartées le soutiennent dans les airs, presque sans opérer de battements : des oscillations à peine sensibles lui suffisent pour se transporter dans toutes les directions : tantôt son vol est horizontal et on le voit dessiner avec grâce les mille sinuosités des falaises et des promontoires ; tantôt il rase le sol, et la mince couche d'air qui le supporte suffit à sa navigation, aussi hien que s'il s'appuyait sur une masse profonde de cet élément. Tantôt, enfin, il se perd dans la nue, d'où il domine les deux Océans; là, dès que sa vue perçante a découvert une proie, il tombe sur elle comme une flèche, en produisant avec ses ailes, ordinairement peu bruyantes, un fracas

épouvantable. . .

Vous aurez peine a croire qu'un Oiseau si puissamment organise soit auss. lâche que les autres espèces de la tribu des Vautours, et vous aimerez mieux admettre l'authenticité des récits qui le représentent comme étant la terreur •les montagnes du Pérou ; vous ressemblerez sur ce point aux voyageurs, dont .'imagination s'est laissé emporter bien au delà de la réalité. Non content d'exagérer l'envergure des ailes du Condor, ils ont dit qu .1 attaquait les Moutons et les Lamas, et qu'il les enlevait dans ses serres ; ils ont même prétendu qu'il se jetait sur l'homme, et que plusieurs Condors se réunissaient pour tuer un Bœuf M. de Humboldt, et surtout M. d'Orbigny, qui public en ce moment la relation de son voyage dans l'Amérique méridionale, ont réduit a leur juste valeur ces hyperboles effrayantes : le Condor ne se repa.t que de cadavres ou d'animaux mourants, et un berger de huit ans, armé d'un bâton, le met en fuite. S'il voit une Brebis ou une Vache s'écarter du troupeau pour mettre bas, un affreux instinct l'avertit qu'une proie sans défense va bientôt lui être livrée ; et il va se perchersur un rocher voisin, d'où il surveille avec attention la pauvre mère que pressent déjà les douleurs de l'enfantement. Lorsqu'il juge que l'instant' fatal approche, il prend son vol et tournoie au-dessus du lieu où se prépare son' horrible festin; puis, dès que la victime paraît au jour, il tombe sur elle et lui déchire les entrailles, malgré les cris de détresse que pousse la mère, à laquelle, du reste, il ne cherche à faire aucun mal.

I '■ Condor ne construit pas de nid : il dépose ses deux œufs dans un creux de rocher ou dans l'excavation d'une falaise. Ses petits sont, au bout de six semaines, eu étal de voler. Les parents consacrent quelques mois a l'éducation ,1e leur'l'amillc, puis les jeunes quittent leurs parents, et pourvoient seuls à leurs

besoins.

C'est aussi au genre Sarcoramphe qu'appartient ce Vautour, grand comme une Oie dont vous remarquez la crête dentelée comme celle d'uûCoq, et ornée. ainsi que les appendices charnus du cou, des couleurs les plus vives : cet Oiseau estl'lRDBi (Vullnrpapa de Linné). Il habile l'Amérique méridionale, mais il se tient dans les plaines, sur les collines boisées et voisines des marécages : lise nourrit de cadavres, et recueille les restes de la proie que le Jaguar a délaissée. Il épie, comme le Condor, le moment OÙ les Mammifères herbivores vonl mrftn bas et il se jette sur le nouveau-né. On a vu une pauvre Vache tenir entre ses

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TRIBU DES FAUCONS. 2, f .

pattes son petit, et repousser par ses mugissements plusieurs [rubis qui cter cnaient a le dévorer. Au reste, cette lâcheté du Condor et de l'Irubi, qui n'ataquent que des animaux morts, ou mourants, ou nouveau-nés. s'explique par le peu de puissance offensive de leurs griffes, qui son! usées et incapables de déchirer On donne à l'Irubi le surnom de Roi des Vautours, à cause de l'espèce de diadème qui couronne sa tête, et de la tyrannie qu'il exerce sur d'autres Vautours plus faibles que lui, lesquels lui cèdent la place quand il se jette sur un cadavre qu'ils ont commencé à dévorer.

Le genre Percnopière renferme des Vautours dont la tête seule est nue, cl «ont le cou est garni de plumes ; leur bec est grêle, les narines sont ovales et longitudinales : ce sont des Oiseaux de taille médiocre, qui n'approchent point, pour la force, des Vautours proprements dits : aussi ne se nourrissent-ils que de chairs corrompues et d'immondices. En voici deux espèces remarquables : la première est le Perckoptère des anciens. Remarquez dans le mâle la couleur noire des premières rémiges, qui tranche sur le blanc du reste de son plumage : '•est de là que vient le nom de Percnopière, qui signifie ailes tachetées de noir. ^et Oiseau abonde dans la Grèce, l'Egypte et l'Arabie ; les Égyptiens l'appelaient ouïe de Pharaon, et le respectaient à cause des services qu'il leur rendait, en es débarrassant des matières animales dont la putréfaction infecte l'air; cette v 'eneration s'est continuée jusqu'à nos jours, où l'on voit les Percnoptères parcourir impunément les rues des villes de l'Orient, et chercher leur nourriture Parmi les débris et les ordures que les mahométans y entassent avec tant d'insouciance. Ces Oiseaux suivent en grandes troupes les caravanes dans le désert, Pour dévorer tout ce qui meurt; et, comme ils accompagnent les dévots musulmans qui font le pèlerinage de la Mecque, il y a des pèlerins qui lèguent de quoi en entretenir un certain nombre.

La seconde espèce de Percnoptère que vous avez sous les yeux est I'Urubu > ullurjota, de Ch. Bonaparte). 11 a, comme le Percnoptère des anciens, la aille d'un Corbeau ; son corps entier est d'un noir brillant, sa tête est complément nue : il est très-répandu au Pérou, à la Guyane, au Brésil, et dans toutes s parties chaudes et tempérées de l'Amérique, où il rend à l'homme les mêmes • ei vices que le Percnoptère des anciens, en consommant toutes les immondes; c'est son empressement respectueux à se retirer quand YIrubi vienl s emparer de son festin, qui a fait donner à ce dernier le surnom de Moi des ''autours.

Voici un Rapace qui constitue à lui seul la seconde tribu des Oiseaux de proie ', ,ul ' n es:c'estleGRiFFONoiir,YPAÈrE(l'?t/<H)'/(ar//aats, de Linné), le plus grand ■es Rapaces de l'ancien continent; il ne diffère guère des Vautours que par sa 1 '" l e et son cou cmplumés, et. son bec très-fort, droit, crochu au bout, renflé sur le crochet. Les narines sont recouvertes par des soies roides, dirigées en avant, et il porte sous le bec un pinceau de soies pareilles Vous avez vu que es Vautours ont le tarse écailleux ; le Gypaète, nu contraire, a ses tarses emplumes jusqu'aux doigts ; les ailes sont trop allongées pour être promptemenl re- P oyées dans le repos, et vous pouvez remarquer (pie la troisième rémige est la Plus longue de toutes. Le manteau est noirâtre avec une ligne blanche sur le milieu de chaque plume; le roi el tout le dessous du corps sont d'un fauve clair

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