I.KS OISEÀl V
iUanf «ne bande noire encore ta tête. Le Gypaète habite tontes les hautes haines de'moatagnes; il n'atteint pas tout à fait les dimensions du Condor, niais ',! es t plus redoutable que lui ; il attaque les animaux vivants, et sa tactique réussit oresque toujours. Voici en quoi elle consiste : lorsque les Agneaux, les Chèvres. L Chamois, les Veaux, se sont avancés en broutant sur le bord d'un rocher escarpé le Gypaète s'élance sur eux, et les force à se précipiter; puis, quand ils se sont brisés dans leur chute, il va les achever sur place, et les dévore sans les emporter On le connaît en Allemagne sous le nom de Vavtour des Agneaux Lemmer geyer). On prétend qu'il se jette sur les hommes endormis, et qu il enlève des animaux de grande taille, pour les porter dans son nid ; on dit même qu'il lui est arrivé d'emporter des enfants. Regardez les serres, vous verre/. ! u'elles sont peu crochues et peu propres à saisir; c'est ce qui doit vous inspirer , uekiue défiance sur l'authenticité de ces faits. Au reste, si le Gypaète dédaigne ordinairement la chair morte, il s'en repaît sans difficulté quand .1 ne trouve
pas de proie vivante
T|1IIU , 1KS fumoxs. - Passons a la tribu des Faucons, qui est la plus nombreuse en espèces, et présente des animaux de dimensions très-variées, depuis I iiale pisqu'a VÊmeriltm. Vous verrez dans tous les Oiseaux de celte tribu un bec fort crochu cl presque toujours courbé des son origine ; desgriffes arquées, tres-aiguès et justifiant complètement leur nom de serres; mais le trait le plus frappant de la physionomie des Faucons est le sourcil saillant qui surmonte leurs yeux, et les fait paraître enfoncés dans leur orbite. Ce sont surtout les Faucons dont la vue est perçante, les mouvements vifs et le vol rapide. Presque tous sont chasseurs, et joignent le courage à la force; il leur faut mie proie vivante, et ce n'est que pressés par la faim qu'ils consentent à dévorer des cadavres. Us saisissent leur proie avec leurs serres, et quelques-uns l'emportent jusque dans leur aire. Vous allez voir que la même espèce présente des livrées tout à fait différentes, selon l'âge des individus ; cette variation, qui provient de la' mue annuelle des Oiseaux, et qui ne s'arrête qu'après la troisième ou quatrième année, a fait multiplier les espèces par les naturalistes, et donne lieu à beaucoup d'erreurs. Ce n'est pas seulement par le plumage, c'est aussi par la taille que varient les individus d'une même espèce ; ainsi dans les Faucons,' la femelle est presque toujours d'un tiers plus grande que le mâle : c'est ce qui a fait désigner ce dernier sous le nom vulgaire de liereelei
Cette tribu se divise en deux sections fort naturelles, dont le litre, tout absurde qu'il est, a été conservé par les naturalistes : la première section est celle des Uapaces nobles, la seconde, celle des Hapaccs ignobles. Ces Itapaces nobles étaient ceux que la noblesse d'autrefois dressai) pour la chasse, et qui, vaincus
parles privations, dont le but était de les réduire â la domesticité, niellai au
service d'un maître leur force, leur adresse et leur courage : c'étaient le Faucon, le Hobereau, VÊmenUon, le Gerfaut, brigands comparables à ces soldats mercenaires qu'a flétris le poêle :
Barbares, dont la pierre est I unique métier, 11 qui vendent leur •i-.ma '' '!"' w ' nl ''' P 8 ï ei
TKIBU DES FAUCONS. 27
La seconde section comprend les Oiseaux de proie que m les privations, m
a Znt n f Ce ; p m ^-TT" ne P ° UVaient C0 ™Plétement dompter et qui, pour
Ïe e ; P , l ' aie r *** *»"* de faim P lutôt ^ ^ L'Aigl st à la tête de cette race fîerp mii w,„»- . b
facultés belliqueuses que'la natntf * f"^' l J0Ur SOn P ro P re com P le les section m, P L, ,. , FC lui a de P artie s. et c'est aux oiseaux de cette
Coïéon -u \ v^ ^ n ° m A '^ mbLes - Ceci vous ra PPe»e la réponse de -a " i, l S ;r ■ 7 ° Pini ° n inJ " rieUSe P° Ur leS G ™' £ I" e «■ «*■* bons à rïï T p"" ,Sl0Hen lali " : les Corses ' sel °» cul «*■'. «'«taien. b en d 1 em L S 77 *<* ^^ ^ même P 0Ur esclaves ' « J « le «*
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passent toutes les autres, d'où résulte un vol oblique, mais puissant Non, aurons que deux genres à étudier dans cette section ; mais avant dvouf en
"z:ztz i,s se conw - - d — ~r>;
coîïÎT l ' animal SaUVage à abdiqUer reXercice de sa volonté, et a perdre toute or me f f "" T reSS ° Ut ' CeS; Iui faire voir dans l'homme Variât e Z 7 reP ° S et ^ S ° n bien - être ; en un mot > assujettir par la S ,
vot a^ v h - Cfr e '/? GSt ^ bUt<IUe " Pr ° P0Se lG faii ~ er ' * «°™ r st 1 asTsuHes aPPm0,Ser l6S Mammifère * susceptibles de domesti-
fa coLenti V r^ ^^^ faUt d ' abwd * P° Ur dre »« le C e taire consentir a demeurer .mmobile à la même place, et privé de la lu
u z: s ; r f :; ipplice de «*»*■*»■■ •« u vo j jf a . i::,l
d'entravl? 1 aUCOnnier P orte continuellement sur le poing l'Oiseau, arme
qui servent a lier ses jambes. Dans cette position, on l'empêche soigneusement de dormir, et, s'il se révolte, on lui plonge la tête dans l'eau. Au tourment de l'insomnie on ajoute celui «le la faim • et bientôt l'animal vaincu par l'inanition et la lassitude se laisse coiffer d'un chaperon Lorsque étant décoiffé, il saisit la viande Çiu on a soin de lui présenter de temps en temps, et qu'ensuite il se laisse docilement remettre le chaperon, on juge qu'il a renonce a sa liberté, et qu'il accepte pour maître celui de qui il tient la nourriture et le sommeil. C'est alors que, pour augmenter' sa dépendance, on augmente ses besoins'
Chaperon
LKS OISEAUX.
pour cela, on stimule arti licitement son appétit, en lui nettoyant l'estomac avec des pelotes de lîlasse, retenues par un fil, qu'on lui fait avaler, et qu'on retire ensuite. Cette opération, nommée cure, produit une faim dévorante, que l'on satisfait après l'avoir excitée ; et le bien-être qui en résulte attache l'animal à celui même qui l'a tourmenté.
Lorsque cette première leçon (qu'il faut quelquefois réitérer) a réussi, on porte l'Oiseau sur le gazon dans un jardin : là, on lui enlève son chaperon, et le fauconnier lui présente un morceau de viande : s'il saute de lui-même sur le poing pour s'en repaître, son éducation est déjà fort avancée, et l'on s'occupe de lui faire connaître le leurre. Le leurre est un morceau de cuir garni d'ailes el de pieds d'Oiseau ; c'est une effigie de proie, sur laquelle est attaché un morceau de viande; il est destiné à réclamer l'Oiseau, c'esl-à-dire à le faire revenir, lorsqu'il se sera élevé dans les airs. Il est important que le Faucon soit, non-seulement accoutumé, mais affriandé à ce leurre, qui doit toujours être la récompense de sa docilité : ainsi, après l'avoir dompté par la faim, on consolide sa servitude par la gourmandise ; mais le leurre ne suffirait pas sans la voix du fauconnier. — Lorsque l'Oiseau obéit au réclame dans un jardin, on le porte en pleine campagne, on l'attache à une filière, ou ficelle, de soixante pieds de longueur; on le découvre, et, en l'appelant à quelques pas de distance, on lui montre le leurre ; s'il fond dessus, on lui donne de la viande; le lendemain, on la lui montre d'un peu plus loin, et quand il fond sur son leurre de toute la longueur de la filière, il est complètement assuré.
Alors, pour achever l'éducation du Faucon, il faut lui faire connaître el manier le gibier spécial auquel il est destiné; on en conserve de privés pour cel usage : cela s'appelle donner l'escap. On attache d'abord la victime à un piquet, et on lâche dessus le Faucon, retenu par sa filière. Quand il connaît le vif, on le met hors de filière et on le lance sur une proie libre, à laquelle on a préalablement cousu les paupières pour l'empêcher de se défendre. Enfin, quand on esi bien assuré de son obéissance, on le fait voler pour bon.
La chasse à l'Oiseau, dont la noblesse d'autrefois faisait ses délices, avait inoins souvent pour but de procurer au chasseur une proie comestible, que de lui offrir un spectacle récréatif: le vol du Faisan, de la Perdrix, du Canard sauvage, était, disait-on, plaisir de gentilhomme ; mais ce qu'on nommait plaisir de prince, c'était le vol du Milan, du Héron, de la Corneille et de la Pie, véritable gibier de luxe, sans aucune valeur culinaire. Le vol du Milan était le plus rare; de tous. La première difficulté à vaincre était de le faire descendre des hautes légions de l'atmosphère, où le Faucon lui-même n'aurait pu l'atteindre : pour cela, on prenait un Duc (espèce de Rapace nocturne dont nous parlerons bienini ; on affublait ce Duc d'une queue de Renard, pour le rendre plus remarquable, et on le laissait ainsi dans une prairie; voltiger à Heur de terre Bientôt le Milan, planant dans la nue pour guetter une proie, distinguai) de sa vue perçante un objet bizarre, s'agita nt sur le sol; il descendait pour l'examiner de plus près; aussitôt on lançait sur lui un Faucon qui, des l'abord, s'élevait au-dessus du Milan, pour fondre sur lui verticalement; alors commençait un combat, ou plutôt des évolutions de l'intérêt le p' lls wrié : le Milan, fin voilier, fuyait devanl le Faucon, en s'élevant, «'abaissant, croisant brusque-