FAMILLE DES PORTE-SCIE
l.Toifciv géant.
L'Urocèhe géant [Sirex gigas et Sirex mariscus, de Linné) a les antennes de treize à vingt-cinq articles, insérées près du front; les mandibules dentelées au côté interne ; l'extrémité du dernier anneau de l'abdomen prolongée en queue ou en corne, et une tarière saillante, composée de trois filets. — La l'effiêlle {Sirex gigas) est longue de plus d'un pouce, noire, avec une tache derrière es yeux, jaune ainsi quel'abdomen. Les troisième, quatrième, cinquième, sixième ûneaux de l'abdomen sont mous, les jambes et les tarses sont jaunâtres. — Le ma le [Sirex mariscus) n'a point de tarière, son abdomen est d'un jaunâtre un Peu rouge, avec une tache à l'extrémité de l'abdomen et la corne de cette exrémité noires. Ce bel Insecte est rare aux environs de Paris; il habite de préerence les pays froids et montagneux où croissent les pins et autres arbres conifères, tels que les Alpes, les Pyrénées et le nord de l'Europe. Réaumur, a yant reçu de Maupcrtuis, qui l'avait trouvé en Laponie, l'a nommé lehneumon
Laponie. Il fait entendre en volant un bourdonnement semblable à celui des Abeilles. La femelle pond dans les bois des œufs qui sont très-allongés et poinl, s aux deux extrémités; la larve est allongée, cylindrique, de couleur jaunâtre h. s H
m INSECTES HYMÉNOPTÈRES.
e t rayée ; sa lète est écailleuse ; elle a six pattes très-courtes, et l'extrémité postérieure (le son corps est renflée.
On trouve, dans les Éphémérides des curieux de la nature, une observation relative aux Urocères, qui ferait croire que l'ovklucle de ces animaux estime arme dangereuse pour l'homme : il y est dit qu'en 1679 on vit, dans la ville de Czierck et ses environs, quelques Insectes ailés, inconnus, qui, avec leurs aiguillons, blessèrent mortellement les hommes et les animaux. lisse jetaient brusquement sur les hommes sans être agacés, et s'attachaient au visage, à la poitrine ou aux bras; la piqûre était aussitôt suivie d'une tumeur dure; si l'on n'avait pas soin de la blessure dans les trois premières heures, et si l'on ne se pressait d'en faire sortir le venin, on mourait peu de jours après. Ces Insectes firent périr trente-cinq hommes dans le diocèse, et un grand nombre de Bœufs et de Chevaux, lis n'en voulaient qu'aux hommes. Vers la fin de septembre, les vents en apportèrent quelques-uns dans une petite ville, sur les confins de la Silésie et de la Pologne; mais ils étaient si faibles, à cause du froid, qu'ils y firent peu de dommages; huit jours après ils disparurent tous. Ces animaux, dit la relation, ont quatre ailes, et portent sous le ventre un long aiguillon, muni d'un fourreau, qui s'ouvre et se sépare en deux : ils font entendre un bruit trèsaigu, en se jetant sur les hommes. L'auteur a joint à cette observation une description très-étendue, accompagnée de figures grossières, qui ne permettent pas cependant de méconnaître VUrocèrc géant. Latreille refuse d'ajouter foi à cette observation : il ne lui paraît pas possible que la tarière des Urocères, destinée à déposer des œufs dans les fentes des arbres, puisse devenir une arme offensive; et en supposant que ces Insectes aient piqué quelques personnes, il ne pense pas que la piqûre soit venimeuse. Nous ne partageons pas son incrédulité : d'abord le fait est peu ancien, attesté par une population tout entière, et la description de l'animal est exacte; ensuite est-il absurde de croire que des Insectes qui habitaient exclusivement les montagnes boisées d'arbres verts, el que les vents avaient expatriés au moment de leur ponte, aient cherché dans les chairs de l'homme et des animaux des parties molles propres à recevoir leurs œufs, qu'ils ne pouvaient loger ailleurs? Cela posé, ne peut-on pas admettre que l'introduction d'un œuf volumineux, et probablement enduit d'une liqueur acre, ait produit une inflammation mortelle? Ceci est bien plus vraisemblable encore que l'histoire très-vraie des ravages causés par la Pustule maligne, phénomènes dont personne ne cloute, et qui se reproduisent trop souvent dans nos campagnes. Lorsque l'année a été chaude et humide, que les pâturages sont de mauvaise qualité, les bestiaux sont frappés d'une maladie éminemment contagieuse et mortelle : il se développe dans le tissu cellulaire situé sous leur peau, et dans la peau même, des tumeurs inflammatoires, nommées charbon, qui frappent de tfan°rcne tous les tissus environnants, et l'animal meurt au bout de deux à trois jours; il faut alors séquestrer les animaux atteints de cette maladie, sans quoi tout le troupeau serait atteint. La contagion n'épargne pas les bergers qui soignent les bestiaux, et les paysans de la Bourgogne, de la Lorraine, delà Franche-Comté ne le savent que trop. Mais ce qu'il y a de plus terrible, c'est que le principe de cette maladie, nommée pustule maligne, peut être transporté à travers l'espace par des Insectes qui auraient été en contact avec les animaux nia-
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lades. Une Mouche a posé ses tarses spongieux sur les tumeurs charbonneuses d'un bœuf ou d'un mouton ; elle vient ensuite se fixer sur voire main ou votre visage : quelques heures après, une vive démangeaison appelle votre attention sur une petite tache semblable à une piqûre de Puce, qui s'étend rapidement en largeur et en profondeur, et que surmonte ensuite une vésicule pleine de sérosité; au bout de vingt-quatre heures la tumeur s'est durcie, et vous cause une sensation de chaleur, que vous comparez à celle produite par le contact d'un charbon incandescent. A celte cuisson douloureuse succède un profond engourdissement de la partie malade : la tumeur devient un bourrelet élastique, qui se désorganise bientôt, et la mort arrive en vingt-quatre ou trente-six heures. Ajoutez à ces symptômes le cortège de ceux qui caractérisent la fièvre putride fit maligne, tels que les nausées, les vomissements, la petitesse du pouls, les défaillances, l'anxiété et la décomposition des traits de la face, l'insomnie, le délire, etc. ; et vous conviendrez que la pustule maligne est bien autrement surprenante dans ses effets que la piqûre de l'Urocère géant. N'allez pas pour cela prendre l'alarme et faire voire testament dès qu'une Mouche se sera posée sur votre visage; ces accidents n'arrivent que dans le voisinage des troupeaux infectés, et lorsque l'épizoolie sévit avec une malignité extraordinaire. On peul d'ailleurs y porter remède :1a maladie, toute locale dans son principe, peut être arrêtée par un traitement tout local, analogue à celui qu'on met en usage contre la morsure des Serpents venimeux, et qui consiste à ouvrir largement la partie blessée, pour la cautériser ensuite par les agents chimiques les plus puissants, ou même par le feu, lorsqu'on n'a pas ces agents sous la main. Rassurez-vous donc, et revenons à nos Hyménoptères. .
Les Orysses, qui appartiennent aussi au genre Sirex, se distinguent des Urocères, en ce que les antennes sont insérées près de la bouche, et composées de dix à onze articles seulement ; les mandibules sont sans dents ; l'extrémité de l'abdomen est presque arrondie, faiblement prolongée et renferme dans son intérieur une tarière menue et roulée en spirale : tel est I'Orysse couronné ' Onjasus coronalus, de Fabricius), qui est noir et dont la tête est couronnée de '«hercules; il a une bande blanche aux antennes, une ligne blanche au bord interne de chaque œil, les genoux et le bas des jambes blancs, l'abdomen rouge, "oir à sa base ; les ailes supérieures ont près de leur extrémité une grande tache noirâtre renfermant un trait blanc. Cet Insecte habite le midi de la France; il * >s t vif, inquiet, agile, et fréquente de préférence les vieux arbres exposés au soleil.
Famille des Pupivoues. — Les Hyménoptères porte - tarière de cette famille ont l'abdomen attaché au corselet par une simple portion de leur diamètre transversal, et ordinairement par un pédicule qui permet une grande mobilité à l'abdomen : le premier anneau de celui-ci semble faire partie du «'orselet parce qu'il précède l'étranglement, ce qui pourrait faire croire que le •'orselet se compose de quatre anneaux. Les larves n'ont pas de pieds ; c'est ce H»' explique pourquoi, ne pouvant se transporter d'un lieu à un autre pour •hercher leur nourriture, elles sont parasites, et vivent dans le corps des Cheui 'les et des nymphes de Papillons et autres Insectes, où leur mère a dû introduire l'œuf qui les contenait : de là le nom de Pu pivoxes (mangeurs de Che-
nilles) , qu'on a donné aux Insectes de cotte famille : elle comprend près de cent genres que l'on peut réduire à six principaux : les Fœnes, les klmeumons, les Cynips, les Chalcis, les Bétlnjles et les Chrysis.
Les Fœnes ont des ailes veinées, dont les supérieures offrent toujours dans leur disque des aréoles ou cellules complètes et fermées; les antennes sont filiformes ou sétacées (en fil ou en soie), composées de treize à quatorze articles ; les mandibules sont dentées au côté interne ; les palpes maxillaires sont de six articles et les labiaux de quatre ; l'abdomen est implanté sur le thorax ; la tarière est de trois filets. — Ces animaux vivent sur l'es fleurs; dans l'état de repos, ils relèvent souvent leur abdomen. Pendant la nuit, ou lorsque le mauvais temps les empêche de voler, ils s'attachent aux tiges des plantes avec leurs mandibules, et sont alors dans une position presque perpendiculaire. On les rencontre souvent dans les endroits secs et sablonneux, voltigeant autour des Abeilles solitaires, et des Sphex, afin de découvrir leurs nids, soit pour s'en emparer, soit pour y déposer leurs œufs à côté des œufs ou des larves du propriétaire. — Le Fœke appejvdigastre (Evania appendigaster, de Fabricius ) est noir, ponctué; les pattes postérieures sont beaucoup plus grandes que les autres; les antennes sont brisées, de couleur brune, avec le premier article plus foncé; l'abdomen est uni, comprimé sur les côtés, et triangulaire ; son pédicule, dont la surface est ridée, le sépare brusquement du corsclel. Celte espèce habite le midi de l'Europe. — Le Fœne jaculateur (Ichneumon jaculator, deLinnéi a six lignes de longueur; ses antennes sont droites ; l'abdomen est allongé et rétréci insensiblement à sa base, de couleur fauve vers sa partie moyenne ; les jambes postérieures sont blanchâtres à leur base et à leur extrémité ; la tarière de la femelle est plus longue que le corps ; les deux filets latéraux sont noirs et un peu blanchâtres vers le bout ; celui du milieu est un peu fauve ; les ailes sont diaphanes et incolores.
Le genre Ichneumon ressemble au genre Fœne par les ailes et la tarière ; il en diffère par ses antennes, composées de seize articles au moins, par ses mandibules non déniées et terminées en pointe bifide, par ses palpes maxillaires, ordinairement de cinq articles. Les Ichneumons tirent leur nom de celui d'une espèce de Mangouste qui vit en Egypte, et que les Européens du Caire appellent Rat de Pharaon ; c'est le Viverra Ichneumon de Linné. Ce petit Mammifère vit de Souris, de Reptiles, et recherche surtout les œufs de Crocodile, dont il détruit une immense quantité. Les anciens ont donné le même nom aux Insectes dont il s'agit, parce qu'ils ont trouvé qu'ils rendaient autant de services aux agriculteurs en faisant périr les Chenilles, que Tlehneumon quadrupède eu rend aux habitants du Nil en détruisant la postérité du Crocodile. Les Égyptiens croyaient que non-seulement ['Ichneumon cassait les œufs de ce Reptile, mais qu'il le faisait, périr lui-même en «'introduisant dans son corps pour lui dévorer les entrailles. Les femelles de lTchneumou insecte ne tuent point les Chenilles, mais elles font du corps de ces larves le berceau de leurs petits. On appelle encore lés Ichneumons Mouches vibrantes, à cause des mouvements vibratiles qui agitent leurs antennes, et Mouches iripiles, parce que leur tarière se compose de trois pièces. Ces pièces sont minces, en forme de filet ou de soie : celle du milieu est la seule qui serve à introduire les œufs dans les corps où les
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femelles les placent; elle est plus écailleusc et d'une couleur plus claire que les deux autres pièces qui lui servent de fourreau. Quoique cette tarière ressemble à un aiguillon, et que l'Insecte pris en vos doigts essaye d'en faire usage pour vous piquer, vous n'avez point à en appréhender l'effet, car les Ichneumons dont la tarière est longue ne font pas de mal ; mais ceux qui l'ont plus courte parviennent quelquefois apercer la peau, et vous occasionneraient une douleur assez vive. Les deux filets latéraux sont creusés en gouttière intérieurement, et convexes à la partie extérieure. Le filet du milieu, qui estïov'tilucte, est lisse et arrondi dans la plus grande partie de sa longueur; mais près de l'extrémité il est aplati, et se termine par une pointe faite quelquefois en liée de plume : c'est donc un instrument propre à percer.
La femelle, pressée de pondre, marche ou vole continuellement pour tâcher de découvrir les larves, les nymphes, les œufs des Insectes, et même ceux des Araignées et des Pucerons, destinés à loger les siens ou à les nourrir lorsqu'ils seront éclos. Elle montre dans ses recherches un instinct admirable qui lui dévoile les retraites les mieux cachées; elle sait trouver les larves sous l'écorce épaisse des arbres, et jusque dans l'intérieur du bois même; pour y Placer le germe de sa race, elle introduit adroitement dans les fentes ou dans les crevasses de l'écorce sonoviducte, auquel elle donne une direction perpendiculaire; il est entièrement dégagé des demi-fourreaux, qui sont parallèles entre eux, et soutenus en l'air dans la ligne du corps.
L' Abeille maçonne, dont nous parlerons bientôt, cache ses œufs dans un enduit qu'elle a maçonné elle-même. Dès qu'un Ichneumon a découvert un de ces nids, il se pose sur la paroi qui abrite les larves écloses; sa tarière ne semble d'abord être que d'une seule pièce, mais bientôt il la développe, la hausse, 'a baisse, la contourne dans différentes parties de sa longueur, et la fait passer s ous son ventre en dirigeant sa pointe en avant. Après cette première opéralion, elle applique là pointe de la tarière sur l'enduit du nid, fait alternativement des mouvements de gauche à droite et de droite à gauche, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à faire un trou. Ce travail dure un quart d'heure.
Les Ichneumons dont la tarière est très-courte, peu ou point apparente, Placent leurs œufs dans le corps ou sur la peau des larves des Chenilles, et dans les nymphes qui sont à découvert, ou très-accessibles; ils se posent sur une larve ou sur une nymphe dont le corps, quelquefois beaucoup plus grand que le leur, est un terrain sur lequel ils peuvent se promener; ils marchent dessus, le parcourent, l'examinent, et reconnaissent bientôt l'endroit où il convient de le percer. Bientôt ils y l'ont entrer leur tarière, et laissent ensuite 1111 œuf au fond de la petite plaie. Ils font ainsi quelquefois vingt ou trente P'qûres à la même Chenille, ou, ce qui revient au même, ils logent vingt ou trente œufs dans son corps. Dans tous les cas, le nombre des œufs pondus es t réglé à la fois sur la grandeur de la Chenille et sur la grandeur du Ver qui sortira de l'œuf. Les Crucifères nourrissent plusieurs espèces de Chenilles, entre autres celle du Grand Papillon do chou (Pkris brastkte). s a chenille, qui est fort belle, est très-souvent dévorée par les larves d'une es pèce d'Ichneumon. Ces larves vivent en famille dans le corps de l'animal destiné à les nourrir de sa propre substance jusqu'à leur parfait développe-
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ment; bientôt elles percent des deux côtés la peau de leur victime, et sans s'en éloigner, elles s'occupent de filer une coque. Toutes se rapprochent et continuent à filer des brins de soie, qu'elles tirent de leur filière, placée à leur lèvre inférieure, comme chez les Chenilles. Ces fils, qu'elles croisent en différents sens, forment bientôt une petite masse cotonneuse, qui sert de loge à chaque coque. Ces coques diffèrent peu de celles du Ver à soie pour le tissu et la couleur.
Vous allez sans doute demander, en voyant un si grand nombre de larves sortir du corps d'une seule Chenille, comment elles ont pu y vivre si longtemps sans la faire mourir. Non-seulement elle ne meurt point, mais elle croît, pen- . dant que des ennemis terribles la rongent intérieurement; cela vient de ce que les larves n'attaquent pas les organes essentiels de la vie; elles ne dévorent que la partie graisseuse, dont le volume est considérable, et dont la Chenille n'a fait provision que pour les besoins de l'avenir, quand elle sera devenue nymphe. Il arrive quelquefois que la Chenille périt assez promptement; c'est qu'alors les Ichneumons ont pris leur accroissement beaucoup plus tôt que la Chenille ne prend le sien; mais dans tous les cas, la sortie de ces Ichneumons qui percent la peau de leur hôte est le signal de sa mort.
Quelques naturalistes, trompés par l'apparence, avaient cru que ces larves étaient les petits des Chenilles, et que les mères filaient la soie qui les couvre, pour les défendre et les garantir; mais Swammerdam, Leeuwcnoeck et Vallisniéri ont démontré que les larves qui sortent du corps des Chenilles doivent leur naissance à des Insectes semblables à eux.
Quelques espèces d'Iclmeumons sont très-petites, et peuvent loger un de leurs œufs dans l'œuf même d'un Insecle. La larve qui sortira de l'œuf d'Ichneumon trouve sous la coque de l'autre œuf ce qu'il lui faut d'aliments pour parvenir à un accroissement parfait et opérer toutes ses métamorphoses. C'est dans ce petit œuf qu'elle se change en nymphe, puis en Mouche, et perce avec ses dents la coque de l'œuf pour se tirer d'une prison qui avait été auparavant pour elle un logement commode et spacieux. — Vallisniéri avait pensé, en voyant sortir une petile Mouche de l'œuf d'un Papillon, que la jeune larve de cette Mouche s'était introduite dans cet œuf; mais des observateurs patients (et vous pouvez être du nombre) se sont assurés que l'œuf même d'où cette Mouche est sortie avait été logé par la Mouche mère. Pour vérifier le fait, il vous suffira d'observer avec suite plusieurs groupes d'oeufs de Papillon récemment pondus. Votre patience pourra d'abord être mise à l'épreuve, mais il est probable qu'il viendra un moment où vous verrez une petite Mouche se poser et se fixer sur un des œufs; en prenant un peu de précaution, vous pourrez l'examiner à la loupe, et vous remarquerezqu'elle courbe son ventre avec effort, pour faire pénétrer un aiguillon dans l'œuf; la petite Mouche, après ce premier succès, passera sur un autre œuf, e 1 ainsi successivement sur plusieurs, a chacun desquels elle confiera un des siens. Renfermez ensuite sous un verre Ions les œufs sur lesquels la Mouche s'est arrêtée; vous remarquerez qu'ils brunissent de jour en jour; enfin, au bout de deux ou trois semaines, vous verrez sortir de chacun une petite Mouche exactement semblable à celle qui les avait percés.
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Les tiges des Graminées portent quelquefois des coques d'Ichneumons semblables à celles qui se font sur les Chenilles du chou. Ou trouve aussi, mais assez rarement, clans les ruches des Abeilles une espèce de petit gâteau fait par un Ichneumon, qui probablement a vécu dans l'intérieur des Chenilles qui vont butiner la cire. Enfin Réaumur a observé des coques de certaines espèces d'Ichneumons suspendues à une feuille ou à une petite branche au moyen d'un .fil assez long ; ces coques, détachées du corps où elles sont fixées, font des sauts dont la hauteur peut aller jusqu'à quatre pouces. Cela vient de ce que la nymphe •approche les deux extrémités de son corps, et les débande ensuite avec rapi- •lité, à la manière de quelques petites larves sauteuses que l'on trouve sur le vieux fromage.
L'Ichneumon manifestatenr.
Le genre des Ichneumons renferme un grand nombre d'espèces; nous ne v °us en citerons que quelques-unes.— L'Ichneumon mas ifesïateur {Iclin eumon manifeslalor, de Linné), ainsi nommé à cause des signaux qu'il semble f aire avec ses antennes et les trois filets de sa tarière, est l'une des espèces les plus grandes et les plus communes. Sa longueur est de près d'un pouce. Il est tout noir, à l'exception de ses pattes, qui sont d'un roux fauve; ses antennes °»it les trois quarts de la longueur de son corps, et les filets de sa tarière en ont *U moins le double; les deux filets latéraux qui servent de gaine sont noirs, § r os et velus; le filet du milieu, qui est l'oviducle, est brun, lisse, plus mince et plus roide; vous pourrez voir qu'il part du dessous du ventre, au lieu que les
deux autres naissent de sa pointe; l'abdomen est cylindrique, et tient au corselet par presque toute la largeur de sa base. Les ailes sont grandes, et leur bord porte un point brun. Cet Ichneumon est un de ceux qui enfoncent leur tarière dans le tronc des arbres. Il faut de grandes précautions pour l'observer, carie moindre mouvement l'effarouche; et lors même que son opération est commencée, il l'interrompt pour prendre la fuite. — L'Ichneumoin persuasif (lckneumon persuasorlus, de Linné) est voisin du Manifestateur pour la taille et la forme ; son corps est noir, avec des taches blanches sur le corselet, dont l'écusson est blanc; chaque anneau de l'abdomen porte deux points de cette couleur ; les pattes sont fauves ; la tarière est de la longueur du corps. — L'IoHiNEDJioN jaune (lclineumon luteus) estime grande et belle espèce dont l'abdomen est comprimé et recourbé en faucille; sa taille est de dix lignes; tout son corps est d'un jaune roux, à l'exception des yeux, qui sont verts. Le? antennes sont un peu moins longues que le corps, l'abdomen tient au corselet par un pédicule long très-mince ; les filets de la tarière sont très-courts et débordent à peine le ventre. Les ailes ont un point jaunâtre sur leur bord. La femelle de cet animal dépose ses œufs sur la peau de quelque Chenille, particulièrement de celle qu'on appelle la Queue fourchue [Bombyx limita). Ils y sont fixés au moyen d'un pédoncule long et délié; les larves éclosent, mais ne sortent qu'à moitié des pellicules de l'œuf qui les contenait ; elles croissent, en se nourrissant de la substance intérieure de la Chenille, sans l'empêcher toutefois de faire sa coque ; mais elles finissent par la faire périr d'épuisement, se filent ensuite des coques les unes près des autres, et en sortent sous la ligure d'Ichneumons. —Enfin il y a un Icbneumon qui à son tour dévore une espèce du même genre, c'est I'Ichneumon modérateur [Ichneiimon nwdeialûr, de Linné) ; il est noir; son abdomen est pédicule et comprimé ; les pieds sont pâles ; la tarière est presque aussi longue que le corps. Sa larve vit dans celle de Ylcltneumon slrobilelln; et après l'avoir dévorée, elle construit sa coque dans le crâne de sa victime. Celle-ci, de son côté, quand elle n'a pas été visitée par un hôte si dangereux, s'établit dans la Chenille d'un petit Lépidoptère nocturne, nommé Teigne du Supin; elle est noire. La tarière est deux fois plus longue que le corps; les pieds roussâtres : la troisième paire a les jambes et le tarse noirs, annelés de blanc.
Le genre Cyni/is renferme des Pupivores dont les ailes inférieures n'offrent plus qu'une seule nervure; les supérieures sont peu veinées et offrent quelques aréoles. Les antennes sont en fil ou en soie, jamais en massue; elles se composent de treize à quinze articles ; les palpes sont fort longs. Les Cynips, ayant la tête petite et le corselet gros et élevé, paraissent comme bossus; l'abdomen des femelles renferme une tarière qui ne paraît composée que d'une seule pièce longue et trèsdéliée, dont la base est roulée en spirale, et dont l'extrémité se loge sous le ventre entre deux valvules allongées, lui formant chacune un demi-fourreau : celte extrémité est creusée en gouttière avec des dents latérales imitant celles d'un 1er de flèche, au moyen desquelles l'Insecte élargit les entailles qu'il fait au* différentes parties des végétaux pour y placer ses œufs. Les sucs s'épanchent a l'endroit qui a été piqué, et y forment une excroissance ou tumeur qu'on nomme (/'die. La forme et la solidité de ces protubérances varient selon la nature des
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parties des végétaux qui ont été offensées, comme les feuilles, les pétioles, les boutons, l'écorce, l'aubier, les racines, etc. ; la plupart sont sphériques, quelques-unes imitent des fruits ; il y a des galles en pomme, en groseille, en pépin, eu nèfle; d'autres sont en touffe, comme celle qu'on nomme bédéguar ou mousse chevelue, et qui vient sur le Rosier sauvage; il y en a de semblables à des pommes d'Artichaut, à des Champignons, à de petits boutons. Le Chêne est de tous les arbres celui sur lequel on trouve le plus grand nombre de galles. — C'est au milieu de ces excroissances singulières qu'habitent pendant cinq à six mois les larves parasites des diverses espèces de Cynips; elles en rongent l'intérieur sans nuire à leur développement ; les unes y subissent leurs métamorphoses; les autres en sortent pour s'enfoncer dans la terre, où elles demeurent jusqu'à leur dernière transformation : des trous ronds, que l'on voit à la surface de la Malle, annoncent que l'animal l'a quittée.
Le plus utile des Cynips est le Cïnips de la galle a teinture (Dipiolepis gallœ l'mcioriœ, d'Olivier). Cet Insecte est d'un fauve très-pâle, couveri «l'un duvet soyeux et blanchâtre, avec une tache sur l'abdomen, d'un brun noirâtre et luisant. Il vit clans l'excroissance ronde, dure et hérissée de tubercules qui vient sur une espèce de Chêne du Levant (Quercus infectoria), etqu'on emploie, sous le nom de Noix de galle, pour faire une teinture noire avec la couperose verte ou sulfate de fer.
Le Cynips des feuilles du Cliène.
NSECTES HYMENOPTERES.
Le Cynips des feuilles du Chêne (Cynips Qiiercûs fotii, de Linné) est ong d'une ligne et demie, d'un brun foncé et soyeux, avec quelques espaces ougeâtres autour des yeux, sur le corselet et aux pattes ; l'abdomen est plus bncé, très-luisant, avec une petite touffe de poils à sa partie inférieure; les antennes et les pattes sont poilues. Cette espèce naît dans les galles rondes et lisses, de la grosseur d'une Noiselle, qui viennent sur le revers des feuilles du Chêne. — Le Cynips inférieur du Chêne (Cynips Qœr cas inferior, de Linné) est noir, avec les antennes et les pattes d'un jaune pâle; il vil dans les galles rouges, opaques, globuleuses comme des Croseilles, qui naissent à la face inférieure des feuilles du Chêne. — Le Cynips du pétiole du Chêne (Cynips Qucrcûs pel'wli, de Linné) est noir, avec les pâlies blanches et les cuisses brunes ; il vit dans les petites galles rondes, dures et disposées en grappes sur l'extrémité des pétioles de la feuille du Chêne. — Le Cynips des pédoncules du Chêne (Cynips Qaercùs petluneuli, de Linné) est gris avec une croix linéaire sur les ailes; il vit dans les galles formées sur les pédoncules des fleurs mâles du Chêne, ce qui fait ressembler le chaton à une grappe de fruits. — Le Cynips du Rosier (Cynips Rosœ, de Linné) est noir, l'abdomen est ferrugineux, avec l'extrémité noire; les ailes sont transparentes ; cette espèce habite la galle mousseuse du Rosier sauvage. Il ne faut pas la confondre avec le Cynips du Bédéguar (hhncuuwn Bedeg-uaris, de Linné ), qui est long d'une ligne et demie ; sa tète cl son corselet sont d'un vert doré ; l'abdomen est d'un pourpre doré ; les anlennes noires et les pattes jaunes; il vit sous la forme de larve dans la galle mousseuse du Rosier sauvage ; sa mère a piqué cette galle jusqu'au centre avec sa longue tarière, et placé l'œuf dont il doit sortir près de la larve du Cynips Bosœ, pour qui la galle avait été produite. — Le Cynips du Figuier ( Cynips Psenes, de Linné) est noir luisant; les antennes sont longues, noires, de onze articles, les ailes transparentes. sans lâches, les pattes d'un brun noir, la tête jaunâtre. La femelle dépose ses œufs dans la semence du Figuier sauvage le plus précoce; la larve se nourrit de
intérieur de la graine, subit toutes ses métamorphoses sous la pellicule, et l'Insecte parfait en sort par une ouverture qui suit la direction des pistils. Cette espèce est très-remarquable en ce qu'elle servait aux anciens, et sert encore aujourd'hui dans quelques parties du Levant, pour la cap ri fi cri lion, opération dont nous avons parlé en étudiant les familles végétales, et qui a po" r but de hâter ou de faciliter la maturité des Figues cultivées, parce qu'on a remarqué (pie les Figues sauvages, dans lesquelles vivent ces Insectes, mûrissent beaucoup plus tôt. Pour cet effet, on place dans les jardins, sur les Figuiers tardifs, quelques-unes de ces Figues sauvages enfilées en chapelet; les Cynips en sortent chargés de pollen, l'introduisent dans l'œil des Figues de l'arbre cultivé, en fécondent les graines et provoquent la maturité du fruit. Les première* Figues paraissent un mois avant les autres, les secondes mûrissent successivement depuis le mois d'août jusqu'en octobre et même plus tard.
Le Cynips des larves (Iclinenmon larvarnm, de Linné) a la tête elle corselet verts, les pattes jaunes, l'abdomen noir, avec une tache d'un brun clair. La femelle, comme celle des Ichiicnmons, dépose ses œufs dans le corps des Chenilles. Réaumur a observé cet Insecte dans le moment où, sous la forme
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de larve, il guettait le corps de la Chenille du Marronnier d'Inde [Noclua accru). H en sortit seize qui percèrent la peau de la Chenille mourante, et se placèrent auprès d'elles les unes à côté des autres. Quelques heures après, elles se changèrent en nymphes, et, pour cela, elles se placèrent sur le dos, et se trouvèrent collées contre le plan de position, au moyen de la liqueur gluante dont leur corps était imprégné. — Le Cynips des chrysalides [Ichneitmon paparum, (le Linné) est d'un bleu doré, avec l'abdomen d'un vert luisant, et les pieds d'un jaune pâle. La femelle de cet Insecte ne dépose jamais ses œufs sur les Chenilles on dans leur corps, mais toujours dans les chrysalides (c'est ainsi qu'on nomme la nymphe des Papillons) ; elle saisit pour cela .le moment où la larve vient de passer à cet état, pendant qtie la peau est encore molle.
Enfin (et ceci complique encore la singularité des mœurs du genre Cynips), Geoffroy en a observé une espèce, dont la femelle place ses œufs dans le corps d'une larve d'Ichneumon, laquelle vit dans l'intérieur d'un Puceron. La larve du Cynips ne tarde pas à éclore, attaque et fait périr celle de l'Ichnenmon, et se métamorphose sous la peau du Puceron, d'où elle sort bientôt à l'état d'Insecte parfait.
Le genre Chalcis ne diffère essentiellement du genre Cynips que par les antennes, qui sont coudées, et forment, à partir du coude, une massue allongée ou en fuseau. Les Chalcis sont des Insectes fort petits, ornés de couleurs métalliques très-brillantes, et ayant, pour la plupart, la faculté de sauter. Leur tarière est ordinairement composée de trois filets saillants, et leurs larves sont Parasites comme celles des Ichneumons. Quelques espèces, à raison de leur petitesse extrême, se nourrissent de l'intérieur d'œufs d'Insectes presque imperceptibles. Plusieurs autres vivent dans les galles et dans les nymphes de Lépidoptères. —Le Chalcis nain ( Vcspa mhniii, de Linné) est très-commun sur 'es fleurs des Ombellifères : il a deux lignes et demie de longueur; le corps est "«ir, et les pieds jaunes; les cuisses postérieures, grosses, formées en globe un peu allongé, et garnies de dents en dessous; les jambes sont arquées, jaunes, ;ivi 'c l'extrémité noire. —Le Chalcis a jarretières {Chalcis cmmilata, de fabricins) est noir, avec la pointe de l'abdomen allongée, un point blanc a 'extrémité des cuisses postérieures, et les jambes entrecoupées de noir. Cette es pèee se trouve dans les nids des Guêpes cartonnières de l'Amérique méridionale. — Le Chalcis porsigère [Leitcopsis doraigera, de Fabricius) est "ne espèce du midi de l'Europe, dont l'abdomen est sans pédicule, arrondi au h°ut, et comprimé sur les côtés; la tarière se recourbe sur le dos. Il est noir; 'abdomen est presque une fois plus long que le thorax, avec trois bandes el deux petites taches jaunes, une ligne transversale sur l'écusson et deux autres à la partie antérieure du corselet, également jaunes. La femelle place ses œufs dans les nids de quelques Abeilles maçonnes.
Les Béilnjlcs, qui constituent le cinquième genre des Pupivores, ressemblent a "x précédents par l'absence de nervures aux ailes inférieures; mais l'abdomen <lu la femelle est terminé par une tarière tubuleuse; 1rs antennes sont de dix à quinze articles, soit en fil, soit en massue ; les palpes maxillaires sont longs et Pendants. Les habitudes des Bélhyles sont probablement analogues à celles des ,; !in!cis; mais comme la plupart se trouvent dans le sable ou sur les plantes peu
Wi INSECTES HYMÉNOPTÈRES.
élevées, il est probable que leurs larves vivent cachées dans la terre. — Le BÉthv le ponctué {Bétliylus punctatci, de Latreille), qui se trouve aux environs de Paris, est noir luisant, ponctué sur la têle etsur le corselet; quelques articles des antennes, après le premier, le bout des jambes et des tarses sont bruns; les ailes supérieures sont obscures, avec une nervure fine, blanche, trifide à son extrémité.
Le sixième et dernier genre de la Famille des Pupivores est celui des Chrysts (ce mot signifie doré). 11 n'est pas d'Insectes qui méritent mieux cette épilhète que les Chrysis; on leur donne vulgairement le nom de Guêpes dorées, il vaudrait mieux les appeler des Guêpes-Colibris, leurs allures même aideraient a justifier la comparaison. Ils se promènent, mais avec une agitation continuelle et une extrême vivacité de mouvements, sur les murs et sur les vieux bois exposés aux ardeurs du soleil; vous en rencontrerez aussi sur les fleurs. Leur corps est allongé et couvert d'un derme solide; leurs ailes inférieures, de même que dans les trois genres précédents [Cynips, Clialcis, Béthyle), ne sont pas veinées; mais ils se distinguent par leur tarière, qui est formée des trois derniers anneaux de l'abdomen, s'emboîtant les uns dans les autres, à la manière des tubes d'une lunette d'approche, et terminés par un petit aiguillon. Les antennes sont allongées en fil, coudées, vibratiles et composées de treize articles; les mandibules sont arquées, étroites et pointues; les palpes maxillaires sont ordinairement plus longs que les labiaux, et composés de cinq articles inégaux; les labiaux en ont trois. Le corselet est demi -cylindrique ; l'abdomen est demi-ovale, tronqué à sa base, et semble sessile au premier coup d'œil; son extrémité est ordinairement terminée par des dentelures. Les Chrysis déposent leurs œufs dans les nids des Abeilles solitaires, maçonnes et autres. Leurs larves dévorent celles de ces Insectes. Quand on les prend entre les doigts, ils se roulent en boule, en courbant leur ventre en dessous, et portant son extrémité jusqu'à leur tête; ils appliquent en même temps leurs pattes et leurs antennes contre leur corselet, et renferment toutes ces parties dans la cavité de leur ventre. L'aiguillon des femelles est tout à fait inoffensif.
Le Ctîi'vKis enflammé.
FAMILLE DES MELLIFÈRES. «S
Le Chrysis enflammé (Ckrysis ïgnila, de Linné) a quatre lignes île long sui- une de large. Le devant de la tête est d'un vert doré, et la partie postérieure 'l'un bel azur; le corselet est également azuré, avec quelque mélange de vert; le bout de ce corselet se termine de chaque côté par des pointes épineuses ; l'ahdo- "ien, à sa partie antérieure, est d'un beau vert doré, et la partie postérieure est d'un rouge cuivreux très-poli; l' avant-dernier anneau est couronné de petites Pointes fines et serrées, et le quatrième, ou dernier, par quatre dentelures plus grosses et bien marquées; le dessous du ventre est vert, plat et concave. Tout l'Insecte estpoinlillé par-dessus, ce qui rend sa couleur très-brillante. Ses antennes sont noires, et ses pattes vertes et dorées. Cet Insecte est commun le long 'les vieux murs, dans les trous desquels il se loge.— Le Chrysis bleu [Chrysis e yanea, de Linné) n'a qu'une ligne et demie de longueur. Tout son corps est bleu; la tète et le corselet sont pointillés; l'abdomen est lisse, et a trois dente- '"res; le corselet porte deux épines latérales vers sa base; les antennes sont noir es .
La seconde section de l'ordre des Hyménoptères est celle des Porte-aiguillon. Ici la tarière est remplacée par un aiguillon caché et rétraclile, c'est-à-dire Pouvant entrer et sortir à volonté. Chez la femelle, il existe toujours un petit a Ppareil, situé vers l'extrémité de l'abdomen, et sécrétant un liquide vénéneux lie l'animal emploie pour sa défense; quelquefois, à défaut d'aiguillon, l'In- Se ctese borne à lancer ce venin; mais, en général, la petite poche dans laquelle s ' a ma.sse ce liquide communique avec un aiguillon destiné à le verser au fond lle la plaie faite par cet instrument. Le mâle est toujours privé d'aiguillon, mais ,a femelle en est pourvue, et sa piqûre détermine uneinflammation très-don - 'oureuse.
Les Hyménoptères porte-aiguillon ont des antennes simples et composées (le treize articles dans les mâles, et de douze dans les femelles. Les quatre ailes so "t toujours veinées; l'abdomen, toujours uni au corselet par un pédicule, est c °mposé de sept articles dans les mâles, et de six dans les femelles.
Cette section a été divisée en quatre familles : les lléiérogyncs, les Fouisseurs, les Diplopthres et les Mellijères.
Pa M i LLE des Mellifères. - Voulez-vous assister au spectacle dune nation sortie toute civilisée des mains du Créateur ; d'une nation qui, depuis des milliers d'années, sans publicistes, sans journaux, sans parlement, réalise une ! le ces utopies politiques que l'homme se contente de rêver, et dont, jusqu'à ce j° ur . il n'a connu que le programme? Ce n'est pas en Chine, aux Etats-Unis, en Angleterre, en France qu'il vous faut aller pour cela. Quelle que soit la région qu vous habitez, allez parcourir les bois ; vous trouverez votre cite-modele dans le creux d'un vieux tronc d'arbre. Si vous craignez la fatigue de cette ex Ploration, entrez dans la première ferme que vous rencontrerez, et demandez a " métayer à voir une de ses ruches à miel. Là, réside le peuple industrieux
dont
je vous propose d'observer les mœurs: la, vous
5 allez rencontrer des iner-
ties qui provoqueront dans votre esprit plus d'une comparaison humiliante l l0 '«r l'espèce humaine.
Amour de l'ordre et du travail; organisation de la spécialité; économie sa- Vi »ile dans les voies et moyens; surveillance sévère de l'emploi du trésor pu-
ÂW
I N SE C T Ë S H Y MÉ N 1» T È il E S.
blic; lia ine vigoureuse des travailleurs pour les oisifs, et extermination du ceux-ci; légitimité fondée sur le principe de la souveraineté nationale; affection dévouée, sans être aveugle, pour le chef de l'État; abnégation des individus au profit de la chose publique; application constante, et souvent rigoureuse, de la maxime qui établit que le salut du peuple est la suprême loi; attachement inaltérable au lieu natal; horreur de l'invasion étrangère, et vigilance infatigable aux portes de la cité; admirables précautions contre l'anarchie qui résulterait de la vacance du trône : voilà quelques-unes des conditions du contrat social que les Abeilles exécutent ponctuellement depuis la création du inonde. Ces Insectes étaient, chez les Egyptiens, l'emblème hiéroglyphique de la royauté; mais vous pourrez vous convaincre, en les étudiant, que si leur étal est une monarchie, c'est celle-là surtout qui mérite d'être appelée la màllnive des républiques.
Jetez un premier coup d'œil sur la ruche, vous verrez, si le temps est beau, une foule laborieuse se presser sans désordre devant la porte qui lui sert d'entrée ; ne vous alarmez pas du bourdonnement qui vous entoure, approchez sans crainte, surtout si le fermier vous accompagne; ces animaux, habitant un endroit fréquenté par l'homme, se sont familiarisés avec lui; il suffira que vos mouvements soient doux et modérés, et que vous gardiez le silence : si une ou plusieurs Abeilles viennent se poser sur vous, et que cela vous contrarie, contentez-vous de souffler sur elles; elles n'aiment point l'air qui sort de nos poumons, et elles s'éloigneront aussitôt. Une secousse brusque peut les irriter; si la peur vous faisait faire des soubresauts, lesAbeilles les prendraient pour des hostilités. Voulez-vous avoir une carte d'admission qui vous fasse reconnaître pour un ami delà république; prenez en main une cuillerée de miel, et approeîiêZvous hardiment de la ruche, le visage découvert et les mains nues; des milliers d'Abeilles accourront, et pas une ne vous piquera ; vous pourrez, en récompense île la gratification que vous leur accordez, observer de près l'entrée de leur domicile : les unes arrivent de la campagne chargées de matériaux et de provisions, au point qu'elles peuvent à peine voler ; les autres sortent avec ardeur de la ruche et prennent l'essor pour aller faire des récoltes semblables à celles que rapportent leurs compagnes; celles-ci ne prennent même pas toujours la peine de rentrer dans la ruche pour y déposer leur fardeau ; il y a, devant l'entrée, des porteurs officieux qui les en débarrassent lestement, et leur permettent de retourner aux champs. Que vont-elles y faire? c'est ce que vous pourrez vérifier vous-même à l'instant : allez aux fleurs les plus voisines, vous y trouverez des Abeilles ; les végétaux à corolles creuses, qui sont, comme vous le savez, les plus riches en nectar, les bruyères, les rosacées, le sarrasin, sont les magasins où l'Abeille va picorer; vous pourrez la voir avec sa petite trompe, lécher et pomper avidement le sirop qu'elle y trouve; vous la verrez aussi recueillir le pollen des étamines, il en adhérera des grains aux poils de son corps ; ses pattes surtout en seront toutes gonflées, et quand elle en aura sa charge, elle s'en retournera diligemment vers la ruche. Vous aurez peut-être occasion de remarquer que dans certains moments aucune Abeille ne sort, et que celles qui étaient aux champs arrivent en foule et se hâtent de rentrer : levez la tête, et vous verrez la cause de cette retraite précipitée : un nuage pluvieux s'ap-