‹ Le jardin des plantesChapitre 99 sur 143 · JI · texte numérisé non relu

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le travail, el lous travaillent. Il n'y a point parmi eux, comme parmi les Abeilles, îles Mouches qui aient la prérogative île ne rien faire, de passer leur vie dans l'oisiveté. » Du reste, la mousse qu'ils emploient à la construction de leur nid ne vient pas de loin, et ils ne la transportent jamais en volant, comme les Oiseaux le font dans les mêmes circonstances ; c'est toujours aux environs d'un lieu garni do mousse que les Bourdons s'établissent,, et leur moyen de transport est fort amusant à observer. Us commencent par couper une certaine quantité de mousse avec leurs mandibules; ils en forment de petits las; ensuite, tournant le dos à leur nid, ils prennent ce tas de mousse, et le foni passer par-dessous leur tète à la première paire de pattes, laquelle le conduit 'i la dernière paire, laquelle, à son tour, le pousse an delà du corps. Quand cette manœuvre a été répétée un grand nombre de fois, il s'est formé un petit tas de mousse assez considérable, que le Bourdon a poussé derrière lui autant que ses pattes postérieures pouvaient s'étendre ; puis l'Insecte recule et va se placer en arrière de son las de mousse, toujours en tournant le dos à son nid ; là il répète la manœuvre précédente, et le tas est conduit un peu plus loin ; c'est ainsi que le Bourdon fait parvenir à son habitation les matériaux qui doivent l'abriter. Quelquefois plusieurs Bourdons se placenta la lile les uns des autres, forment la chaîne et se passent de l'un à l'autre les petits tas de mousse. Quand ils ont achevé leur nid, ils enduisent toute la surface intérieure d'une légère couche de cire brute, impénétrable à l'eau, qui a environ le double de l'épaisseur d'une feuille de papier, et qui contribue à la solidité de l'édifice, en liant ensemble 'es brins de mousse dont le toit est composé.

Les autres espèces du grand genre Abeille sont solitaires ; on n'y observe plus (; es précieuses Ouvrières dont les travaux étaient le soutien de la société : la femelle pourvoit seule à la conservation de sa progéniture ; les pattes de la troisième paire n'ont ni le duvet soyeux, eu brosse, qui garnit la face interne du premier article du tarse, chez les Abeilles sociales, ni la corbeille que vous avez observée à la face externe de la jambe de ces dernières. Nous vous citerons les espèces dont les mœurs ont été le mieux observées par les naturalistes.

La Xylocoi'e v i oi.eite (Apis vialacea, de Linné), que l'on nomme aussi Abeille jieree-bois, ou Abeille menuisière, habite toute l'Europe, et vous l'avez plus d'une fois rencontrée dans vos promenades : elle est longue de près d'un P°uce, noire, avec les ailes d'un violet foncé ; le bout des antennes du mâle °'b'e un anneau roussâtre. Cette Xylocope commence à paraître dès les premiers J°urs du printemps. Elle vole en bourdonnant le long des murs exposés au soleil el garnis de treillage, autour des fenêtres qui ont de vieux contrevents , et des l'outres qui saillent en dehors des bâtiments, pour y établir son nid, car c'esl toujours dans le vieux bois qu'elle le fait : elle le préfère quand il est sec el pourri, parce qu'il est alors plus facile à percer. C'eslavcc ses mandibules qu'elle entame : elle y fait d'abord un trou qu'elle dirige obliquement vers l'axe, à quelques lignes de profondeur; ensuite elle change la direction de ce trou pour ' Ul en donner une à peu près parallèle à cet axe, de sorte que le bois est perce 6n llûle obliquement et quelquefois d'un bouta l'autre. La cavité est si spac, euse, que Bèaumur dit y avoir introduit sou index : cela ne doit pas étonner l" lls ou'il faul ipie l'Insecte puisse se retourner dedans. Il y a de ces trous qui

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ont douze à quinze pouces de longueur, et quand la grosseur du bois le permet, la Xylocope (ce mol signifié coupeme de bois) en fait trois ou quatre sur le même morceau. Dans chacune de ces cavités elle construit dix à douze cellules, qui sont séparées les unes des autres par une espèce de couvercle servant de plancher à la supérieure, et de plafond à celle qui est au-dessous. Outre ce canal vertical et le trou qu'elle a d'abord creusé obliquement, elle en pratique un autre répondant au milieu du canal, qui lui abrège bien du chemin pour le transport de la sciure qu'elle détache vers les parties inférieures. Enfin, au bas du canal, elle perce un troisième trou oblique dont vous allez connaître l'utilité. Quanti la cellule inférieure est finie, elle l'emplit presque entièrement d'une pâtée de pollen pétri de miel, dépose un œuf au milieu, la ferme et en dispose une autre. Elle remonte ainsi jusqu'au haut de la cavité, et sort par la première ouverture qu'elle avait pratiquée. La larve est d'abord à l'étroit dans son logement, mais il s'agrandit à mesure qu'elle consomme sa provision. Cette larve est très-blanche, sa tête est munie de deux dents, elle se change en nymphe de couleur blanche, qui brunit à mesure qu'elle approche de l'époque de sa métamorphose. La nymphe de la cellule la plus inférieure étant l'aînée, puisque l'œuf qui la contenait a été pondu avant les autres, brise le plancher au-dessous d'elle, et sort par le troisième trou que la mère avait pratiqué au bas du canal ; la nymphe, placée immédiatement au-dessus, trouve le passage libre, et sort à son tour ; chaque Abeille descend ainsi successivement après avoir brisé la cloison située au-dessous d'elle.

La Még acm il k cou ped se de feuii.i.es ( A pis eenlùncularis de Linné) est longue d'environ six lignes, noire, avec un duvet d'un gris fauve, de petites taches blanches transversales sur les côtés supérieurs de l'abdomen, et son dessous garni de poils fauves. L'abdomen est plat en dessus et susceptible de se relevé)' supérieurement, ce qui donne à la femelle le moyen de faire usage de son aiguillon par-dessus son corps. VApis lac/opoda, de Linné, est le mâle de celle espèce. Vous avez sans doute quelquefois remarqué dans les jardins des branches de Rosiers, dont les feuilles étaient échancrées dans une partie de leur limbe ; comme si, avec un emporte-pièce, on en avait enlevé une portion ; le conlour de ces échancrures est tantôt de figure ovale, tantôt de figure circulaire : si vous vous postez patiemment à quelque distance de l'un de ces Rosiers, vous ne tarderez pas à voir paraître l'artiste qui les a si adroitement entaillés ; c'est la petite Abeille dont nous venons de vous donner le signalement. La manière dont elle enlève ces fragments de folioles, la manière surtout dont elle les met en u'iivre, confondraient les tapissiers et. les ébénistes les plus habiles. Voyez-la arrive' près du Rosier, elle diffère de quelques instants à s'y poser, voltige en dessus, en faille tour plusieurs fois et en différents serts, comme si, avant de se fixer, (die voulait reconnaître la feuille qui lui convient le mieux. Son hésitation n'est pas longue, elle descend sur celle qui lui a paru mériter la préférenc . et au moment où elle s'y pose, elle commence à lui donner un coup de tien • que d'autres suivent sans intervalles; l'entaille s'approfondit, l'Insecte la passer entre ses jambes le bord de la partie qui a commencé à être détache les jambes d'un côté sont au-dessus de cette partie, et les jambes de l'auH côté, dessous. La direction de la coupe est toujours en ligne courbe; imagi^'

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