‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 122 sur 219 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

Les enfants reviennent de la chasse. — Nouvelle manière d'écorcher les animaux. — Le moulin à fouler. — Moisson à l'italienne. — Essai du kaïak. — Le walruss. — La tempête. — Le pont-levis. — Le pommier. — Le pigeon courrier. — L'hyène.

Je rentrai ii la maison assez longtemps avant mes enfants, quoique troj»Iard pour le dîner. Aussi, mon aiqu'tit étant bien aiguisé, je recommandai à mafeinmc de nous faire rôtir avec soin un des cochons de lait pour noire souper. Les deux autres furent coupés par quartiers et salés pour augmenter nos provisions. 'Vers le soir, et comme déjà nous commencions à éprouver (|ueh|nes inquiétudes de la longue absence de nos enfants , nous les vîmes arriver. Jack précédait de beaucoup les autres, moulé i|ii'il était sur sa rapide autruche, (juaud ils furent tous réunis, ils vidèrent devant nous deuv grands sacs (|ui avaient été chargés sur le dos de l'honnête Bruiwner. Le butin de la journée était considérable : il y avait (|uatre bêles à bec, une vinglaine d'ondatras, un kanguroo, un singe, deux animaux du genre dîi lièvre et une deini-doiizaine de rais senlanl le musc, et que je jugeai être de l'espèce dn ijesmun ou castor inuscliatus. Les deux autres étrangers me parureni des lièvres à longue queue et à po'itriue noire, ipic Biiffon appelle /o/oi/.

Frit/, apporlail en outre une poignée de Iri's-gros chardons; mais on les oublia pendant (|iielque temps à cause des animaux. Bientôt les exclamations, les récils, les marques d'éloniieinent se suivirent «ans relâche, et Jack fut comme de couliiine le premier à se livrer au besoin de parler. « Il faul convenir, papa, s'écria-t-il, que mon autniche est une noble monture. Quelle rapidité! Je ne savais |iliis où j'en étais; il faut que vous me fassiez, un masque avec des yeux de verre, afin (|ue quand je voyage sur le dos de cet oiseau je puisse du moins voir de (|ucl côté il m'eiilraine.

LE rîiii:. Je conçois l'utililé de ce masque, m.iis (7 ne faut pus que je l'en fasse un.

\u:\\. Et poiinpioi lias,'

i.K rÎKE. Pour deux raisons : d'abord, parce que lu l'es servi d'une formule impéralive i|ni ne convient point quand on s'adresse à son pi'ic; cl secondeinenl, parce (|uc j'ai pour maùmc qu'il faut que l'on fasse soi-même les objcis que l'on désire a\(iir toiilcs les fois (ine la chose n'i-st pas absoliiiuent impossible.

FKiTZ. Nous nous sommes bien amusés dans noire chasse, cl nous avons vécu comme les Iraiiiieurs des forêls de l'Amérique, \ussi avons-nous apporté avec nous une bonne provision de pelleteries iiue nous pourrions éclianijcr conire de l'eaii-dc-vic; mais, ipiant à moi, je préfère du vin muscat de l-'elsheim, et je vdiiscii achi'Ierai viihiiiliers si vous ne le niellez pas à trop haut ]irix.

i.K rKTiT iiiAxçois. l'our moi, j'ai besoin de manger pliilol (|iie de boire, et je voudrais bien Iroiiver qucli|iie chose de solide pour mou

souper. . .

i.i; rî;iu;. Vous aurez de l'un cl de l'aulie. mes enlanls ; niais il

faut commencer par soigner vos inonlures, un bon cavalier s'occupe

ni

louioiirs de son cheval avant de souper lui-mêiuc. >

Je laisse il penser la joie de mes enlanls a la vue de l'excellc souper qu'ils ilurenl à ma chasse cl aux lalciils de leur nuMc pour la cuisine. Le souper Icriniué, Frilz raconta l'hisloirc de leur expédi- I (Ui, cl commcnl ils s'y élaienl pris pour s'emparer des divers ani- ' maux et piaules qu'ils nous apporlaienl. linmidialemenl après le souper, j'examinai tous ces objets, cl je reconnus, dans les chardons

LE ROBIINSOIN SUISSE..

supposés de Fritz, une espèce de cardes qui étaient précisément telles que je désirais eu avoir pour ma manulacture de cluipeaux. Les autres plantes ni'oflVirent deux plants de la pomme de cannelle , que nous connaissions déjà, et même quelques véritables cannellicrs. Ma femme les reçut des mains de ses enfants avec une vive reconnaissance, et dès le lendemain matin elle les planta avec soin dans notre potager.

Sur ces entrefaites, je confectionnai une macliinc de ma propre invention pour faciliter le dépouillement des divers animaux que mes lils avaient a]iportés avec eux. Je pris dans la caisse du cliirurgien du vaisseau une seringue à clystère, et je l'arrangeai de façon qu'en perçant le piston et en y ajoutant deux soupapes j'en fis une macliine pour comprimer l'air. Elle était à la vérité bien imparfaite,

Le condor.

mais elle pouvait néanmoins servir à l'usage i\\if je me proposais d'en faire; car, ([uand je lirais le pistou vers n\oi, l'air entrait dans la seringue par les soupapes, et quand je le repoussais, l'air comprimé sortait avec force par la soupape du bout.

Les enfants venaient d'aelicver avec un peu d'humeur les préparatifs nécessaires au dépmiillement des animaux, quand je me présentai au milieu d'eux ma seringue au bras comme un fusil. Ils éclatèrent de rire et demandiu-ent ce qu'un instrument si ignoble venait faire dans leur laboratoire. .Je répondis : « (;'esl la bonne seringue qui a eu pillé des couteaux de chasse, et (|iii vient respeclueuseiiicnl leur offrir ses secours ])our faciliter leur |)éiiible travail.

— là commenl celle bonne ]iàle de <:réalure eompte-t-elle s'y prendre pour cela ' » s'écrièrenl-ils Ions en m'enloiiraul avec curiosité.

Je ])riB sans rien dire le kanguroo, aii(|nel on n'avait pas encore touché, et je le suspendis parles pieds de derricM-e, de façon (|iie sa poitrine se trouvait immédialemenl i la bailleur de la mieime. Je hs après cela une ouverture dans la jieaii de l'animal entre les deux cuisses de devant, et j'y introduisis avec précaution la canule de ma nouvelle pompe entre (tuirel chair; puis je commençai à souiller de toutes mes forces. Le kanguroo ne tarda pas a entier et à devenir nue masse informe; mais je continuai toujours à souiller, jusipi'ii ce (|iie je reconnusse ipi'.i l'exception de (jiielques endroits iieu iinporlanls, toute la iieaii s'était séparée de la chair, ce (|iii ne laissa plus à mes eul'anls (|u'un travail très-facile à faire pour achever le dépouillement. !Mali;ié mon peu d'expérience, cette opération s'acheva dans la moitié du temps qu'elle aurait exigé sans cela, lis me demandereirt eommeiit l'idée m'en était venue; je leur répondis par une courte description anatciiiiiqiie de ce que l'on appelle le tissu cellulaire, eu leur faisant observer ipie je ne pourrais leur en diuiiier une evplii-ation compli'le (|iie ipiaud ils seraient ]iliis àgi-s. ,1e continuai apri's cela mes opéraliinis piieiimati(|ues , et j'eus bientôt vidi' tontes les bêles; toutefois, ce travail nous occupa peiidani la journée eulii're.

La suivante devait être consacrée à couper du bois; en eoiisé(|ueiice, nous partîmes de grand matin, munis de cordes, de haches cl de

l';iri«, Ty|iO(;rii|iliic I'Idij Ii ère» , iiiipriiiici

notre claie à roues. Je montrai en passant aux enfants le dégât qu'avaient fait nos cochons, et je leur indiquai l'endroit oii j'avais tué les trois jeunes porcs. Quand nous fûmes arrivés près de l'arbre que j'avais destiné à être abattu, je dis à Fritz et à Jack de grini]ier jusqu'au sommet pour en tirer les principales branches, afin que, quand le tronc tomberait, il ne s'accrochât pas aux arbres du voisinage. Ils devaient aussi attacher deuv longues cordes au-dessous de la couronne; elles nous serviraient à diriger l'arbre de manière qu'il pût se placer dans l'endroit qui serait le plus commode pour nous. Nous nous mimes après cela à scier le tronc; quand nous y eûmes fait deux profondes entailles, nous commençâmes à tirer les cordes, le tronc prit un mouvement ondulatoire, puis il craqua et vint enfin tomber par terre sans avoir occasionné le moindre accident. INous le taillâmes en morceaux de quatre pieds de long. iNous fîmes aussi avec les branches des morceaux de différentes grandeurs et même des bûches tortues; tout le reste fut mis sécher au soleil pour en faire des fagots.

Cet ouvrage nous occupa encore toute une journée, et ce ne fut que le lendemain (|ue je pus commencer à travailler les six jdus gros blocs de bois. Voici comment je m'y pris. Au milieu de chacun d'eux j'enfonçai un bois torlu qui s'élexait assez haut au-dessus delà surface du bloc, et à son sommet je fis une entaille dans laquelle je plaçai hori/.ontalement une traverse qui, de même que le fléau d'une balance, se mouvait facilement dans une mortaise, et dont une moitié était placée immédiatement au-dessus de la poutre primitive. A cette moitié j'attachai un marteau de bois de forme coni([ue et dont la tête arrondie touchait le centre de la poutre, ([lie je creusai légèrement. A l'autre extrémité du fléau, j'attachai une espèce de pelle creuse, ou de sasse, et je rabotai le marteau jusipi'â ce qu'il devînt un peu plus léger que la pelle quand elle était iileine d'eau. 11 s'ensuivit que, (juand la iielle se remplissait, elle entraînait le fléau et faisait remonter le marteau; mais celte pelle était l'aile de manière

Jack sur son autruihe.

qu'elle devait se vider en arrivant près de terre, aussitôt le marteau icloniliait et venait frapper avec fori'c contre la poutre. Cependant la pelle se rempliss.iit <le nouveau peu à peu, et le même jeu recommeiiçail. l'.nfiu , à chaque poutre, j'attachai précisément ii l'eudroil oii le marteau frap])ail, un os de baleine, (|ui, avec son ouverliirc naturelle, faisait relVcl-d'iiu mortier, de sorte que le marteau devait ui'cessairemeiit écraser tout ce ipi'il y trouverait sans que rien en put échapper.

I.i' Irop-piciii de la source dont nous nous servions piuir l'usage de iioirc maisini fut conduit , au moyen d'un tuyau de bambou , jiisc|ii'a la paroi de rochers, et nos piuitri'S lureiil placées de l'açiui que les pelles se Irouvèrent à la liaiileiir du conduit d'eau. Ce que je viens de dire suffit sans doute ]>our (|iie, sans eiilier dans de plus grands détails, on comprenne le jeu de mou iiniiiliM. le me félicitai d'avoir is lie rKiripei c'nr, rite ilc Vanjjirar*!, 3li

LE ROBINSON SUISSE

pu en construire un sans roue; car un moulfn ordinaire, à courant d'eau, eût été une entreprise beaucoup au-dessus de nos forces et de nos talents.

Aussitôt ([ue celle machine fut en état de travailler, ma femme s'empressa de mettre du riz dans les six mortiers. I^'opération s'exécuta, comme d(^ raison, avec plus de lenteur que si nous avions eu un moulin véritiilde; mais pourtant, dans l'espace d'une journée , le riz se trouva coinplétcmciit dépouillé de son enveloppe et en état de servir pour la cuisine. La lenteur de la machine n'était pas un ohjet important pour nous, car nous n'attendions pas après nos tjrainspour les porter au marché.

La joie de mes enfants fut extrême de se voir délivrés de l'ennui de piler dans des mortiers toutes les ijraines dont leur mère avait besoin pour la cuisine.

Nous étions ciuore occupés à notre moulin, (|ui, placé dans le voisinage de nos champs de hié, nous permettait de voir tout ce qui s'y passait, (piandje remarquai ([ue nos jeunes autruches et nos autres volatiles y restaient une grande partie de la journée et en revenaient tout il fait rassasiés.

Curieux de savoir d'oii cela pouvait provenir, j'y allai, et je reconnus, à ma grande surprise, (jue nos grains étaient déjà mûrs, quoiiju'il n'y eût guère plus de eiu([ mois que nous les avions semés. J'en conclus, avec une satisfaction extraordinaire, que je pouvais désormais compter sur deux récoltes par an. Eu attendant, il faut convenir que le travail que celte circonstance allait nous occasionner arrivait fort mal à propos; car c'était précisément I époi|ue où nous attendions nos harengs et les cliicus de mer qui ne niaiu|uaient jamais de les accom|iagner. Le surcroît d'embarras que nous allions avoir ne laissait pas que d'effrayer ma lemme, malgré son activité naturelle. Je la consolai en lui faisant observer (|ne nous pouvions recueillir et battre notre grain à la manière italienne, laiiuelle, si elle n'est pas la plus économi- ((ue, est du moins la plus facile , (|uaut aux précautions à prendre et au temps; et si nous n'en relirions pas autant (jne nous devions, notre douille récolte nous dédommagerait de cette perte.

Je disposai d'après cela, devant notre habitation , un

espace de terrain assez considérable pour en faire une esiièce d'esplanade, et je recouvris le sol, qui était Maturcllemeiit argileux, d'eau de fumier. J'y lançai aussitôt nos liètes pour ([u'ellcs le foulassent aux pieds, et j'achevai de l'égaliser eu le faisant battre de toutes nos forces avec des rames, des pelles, des planches et autres objets siuiiblaliles. La chaleur du soleil ne tardait pas à faire évaporer l'eau; mais nous en remettions sans cesse de nouvelle , jusqu'à ce (|uc le terrain se trouvât si ferme et si uni, qu'après l'évaporation il n'olfrit plus la moiiulre fente.

Nous nous rendîmes après cela aux champs avec des faux, accompagnés de nos porteurs de palamiuiiis, Slurm et /irummer. iiui portaient suspendu entre eux, pour recevoir le ijrain, ce même graiid panier dans lequel Ernest avait été un jour si fortement secoué. Arrivés sur le lieu, ma femme me demanda avec in(|iiiétude si j'avais apporté des bouts d'osier pour nouer les gerbes, et mes enfants cherchèrent en vain autour d'eux des râteaux pour rassembler les épis. . iNoiis n'avons pas besoin de tout cela, leur dis-je; je vous ai déj;i aniioiicé que nous ferions notre moisson à l'italienne, et Italie on n'aime ni les peines ni la ilépense. — Et comment foi (loue pour faire leurs gerbes et pour porter le blé chez eux ?

— l'.icii n'est plus facile, répoudis-je ; ils ne font point de i;.>rbes tout; ils réunissent dans la maiii g.uiche un certain ii'cMubre •20(1.

An bruitjque je fis, l'étrangère se leva, m'aperçut, joignit les mains, et attendit cn^silence que je m'approchasse d'elle.

en t-ils

du

d'épis, les coupent de la main droite, les lient aussitôt avec un brin de paille, et les jettent sur-le-champ dans un panier; cette ifianiere a encore l'avantage de ne pas les obliger à se baisser, position qui rend les travaux des champs si fatigants. »

Cette méthode plut beaucoup à mes garçons, ils se mirent au travail avec zèle, et en fort peu de temps noire panier .avait été deux fois rempli et vidé, et le champ n'olïril pas (|ue du chaume. Ma femme seule se montra moins contente que les autres. Accoutumée à la manière suisse de couper le grain, le cceur lui saignait de voir abandonner ainsi non-seulement tant de paille, mais encore tous les épis placés trop bas pour pouvoir être fauchés à la main. Elle reprocha aux Italiens leur prodigalité. Je me rais à rire. « Les Italiens, lui dis-je, ne sont pas aussi mauvais calculateurs que tu le penses; ils ne perdent pas tout ce qu'ils laissent ainsi sur la terre, mais ils aiment mieux le boire (|ue le manger. » .le n'ai pas besoin de dire que tout le monde se récria en entendant cela. On me reprocha d'aimer

les paradoxes, mais j expliquai ce que je voulais dire.

Je leur appris ipie le sol, en Italie, étant jteu favorable aux pâturages, les habitants, après avoir coupé leur blé de la manière dont nous l'avions fait , laissaient pendant quelque temps l'herbe croître entre le chaume ; a]irès (|uoi ils y conduisaient leurs bestiaux, qui y trouvaient une nourriture d'autant ]dus saine ([ue ce qui pouvait manquer à la paille se trouvait compensé par les épis (|ui étaient restés sur pied. Les vaches ainsi nourries doniiaiint un lait abondant et d'excellente qualité , de sorte ([ue j'avais eu bien raison de dire que les Italiens aimaient mieux boire que manger le blé qui restait après la moisson.

Il fallut, après cela, songer à battre le blé, opération que je comptais faire aussi il la manière italienne ; à cet effet, nous accompagnâmes nous-mêmes le dernier panier d'épis. Arrivés sur l'esplanade, Ernest et le jietit François, sous la direi limi de leur mère, étalèrent le grain en cercle, après eu avoir séparé les diverses espèces en petits las. Alors commença une nouvelle et joyeuse opération, (|ui fut bien plutôt un plaisir ipiun travail. (Chacun des enfants se mit sur une de leurs moutures, et il n'y eut pas jusqu'à l'autruche qui ne dût jouer un rôle dans ce spectacle, et tous se mirent à fouler aux pieds le blé en riant et en chautaut, ]icndant que des nuages de poussière nous enveloppaient. Ma femme et moi, armés de grandes fourches, nous ne cessions de rassembler les épis battus pour les rejeter sous les pieds des animaux. A la vérité, nous eûmes à dépbircr (|iielqiies ,-iccidcnts aiiX(piels je n'avais pas ]ieiisé dans le prciuicr iiioiiieiit. D'abord , les animaux, (|ui ne crurent pas devoir se gêner, hiisserent tomber bien des ordures dans les grains; ensuite il leur :irriva plus d'une fois d'en iiiaiii;er de bonnes bouchées. Mais mes eul;iiils me demandaient :ilois d'un air railleur si cela faisait partie de la méthode italienne, et ma femme reuniniua (|ue si cette méthode n'était pas écoiiiuuii|ue, elle avait du moins l'avantage de raecoiireir le temps pendant le(|uel on devait avoir l'u'il sur l.i grange. Je répondis (|ue, d.iiis 1111 climat aussi eluiud que celui (|ue nous habitions, la fieute des animaux se desséchait promptciuent ; et quant aux grains (|u'ils mangeaient, l'Écriture elle-même nous disait de ne point museler le biinif ipii foule nos épis; notre récolte iivait été d'ailleurs si al laiite, que nous aurions eu tort de n'en pas faire part aux serviteurs (|ui nous avaient aidés dans nos travaux.

Quand le grain fut suffisamment battu, nous nous mimes à le nettoyer, opération ipii ne fut pas des plus agré.ibles ; aussi je voulus (|ue mes enfants se relayassent, et celui ipii était chargé de jeter le

Page 1