‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 170 sur 219 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

La prière de Louis XI n'est pas de pure invention. On lit dans les Mémoires de Brantôme :

« Entre plusieurs des dissimulations, feintes et finesses que fit ce bon roy en son temps, ce fut celuy, lorscpie par gentille industrie , il fit mourir son frère le duc de Guyenne, quand il y pcnsoit le moins, et lui f.iisoit le plus beau semblant de l'aimer hiy vivant et de le regretter après sa mort, si bien que personne ne s'en apperceut

qu'il eust fait faire le coup, sinon par le moyen de son fol, qui avoit esté au dit duc son frère, et il l'avoit retiré avec luy après sa mort, car il estoit plaisant.

" Estant donc un jour en ses bonnes prières et oraisons à Cléry , devant Notre-Dame qu'il appeloit sa bonne patronne, et n'ayant personne près de lui, sinon ce fol qui eu estoit un peu esloigué, et duquel il ne se doutoit qu'il fust si sot qu'il ne pust rien rapporter, il l'entendit comme il disoit : « Ah ! ma bonne dame, ma petite maistresse, ma grande amie, en qui j'ay eu tousjours mon reconfort, je te prie de supplier Dieu pour moy et estre mon advocate envers luy, qu'il me pardonne la mort de mon frère, que j'ay empoisonné par ce méchant abbé de Saint-Jean. Je m'en confesse à toi comme à ma bonne patronne et maistresse ; mais aussi qu'eussé-je sceu faire ? il ne me faisoit que troubler mon royaume : fay-moi doncques pardonner , et je scay ce que je te donneray. »

Avec l'indin'iMence d'un chasseur qui perle une carnassière, Ludovic tenait à la main une t(île humaine dont les cheveux étaient maculés de sang.

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