CHAPITRE XLII
Événements militaires de 1852. — Encore Bou-Baghia. — Mise en liberté d'Abdel-Kdder. — L'émir à Paris. — Son envoi à Brousse.
Les é-vénements accomplis en France en décembre 1851 ne produisirent aucun effet en Afrique. Leur seul résultat fut d'y cuvoyei de nouveaux colons temporaires sous le nom de transportés. Les indipt'ues ne parurent pas se douter du cbangemcnt de gouvernement. Cependant l'homme à la mule , entêté comme son nom , ne se tenait pas pour battu. Les Kabyles attendaient un chef des chefs, un vain- ; queur par excellence, un mouta-sad qui devait nous chasser de l'Afri- i que. Déjà beaucoup de tribus rei;ardaient Hou-IJaijhla comme étant ce chef promis. Il eut en effet de nouveaux succès aussitôt que les colonnes expéditionnaires furent rentrées. Mais nos alliés les Heni- Ourglis lui infligèrent une défaite sanglante le 27 janvier, et le forcèrent à se retirer derrière les Meni-Idjer. Un autre bien plus grand échec pour lui, ce fut la soumission du chef politique et religieux de la grande confédération des Zaouas, Sidi-el-î)joudi.
A la même époque, des troubles eurent lieu du côté des Larbaà et du côté de Tadijcmour et de Laghouat. 11 devint également nécessaire de mettre un terme aux entreprises des maraudeurs du Maroc, qui formaient une véritable petite armée composée des lieni-Drar, des Mzaoucr et des Ouled-Sgher. Ils furent taillés en pièces. On prit leurs troupeaux et l'on détruisit leurs douairs.
On jugeait aussi nécessaire de recommencer une expédition de Kabylie, dont le but devait être de mettre une garnison française à CoUo. Lit, un certain Bou-Seba avait remplacé liou-liaghla. Ses contingents furent battus le '21 avril. D'un autre côté, le shérif d'Ouargla, dans le cercle de Biskra, entrait en révolte ouverte et poussait jusqu'au Ziban. 11 fut également battu à Lalifia près de Mili. Mais la diversion produite par lui et par diverses insurrections dans la province de Constantine, notamment par celle des Ouled-Dlian, força la colonne expéditionnaire de Kabylie à rentrer vers le sud-est pour contenir le pays, où tout était en mouvement. Des attaques, dirigées contre les Beni-Salah, les llanenchas et les Ouled-Dhan, mirent seules un terme momentané .i l'insurrection. Elle recommença bientôt chez les Ouled-Mahlioub, qui, cernés par trois colonnes, perdirent en une seule journée douze mille têtes de bétail (17 octobre).
Vers cette époque avait lieu en France un grand éx'énement. Louis-Napoléon Bonaparte, président de la républic]ue, au retour d'un voyage dans le midi de la France, rendait tout ii coup la liberté à Abd-el-Kader. Nous allons laisser parler le Moniteur au sujet de cet événement considérable, dont nous abandonnons l'appréciation à l'avenir.
« Paris, 17 octobre.
» Le prince a marqué la fin de son voyage par un grand acte de justice et de générosité nationale; il a rendu la liberté à l'ex-émir Abd-el-Kader. Depuis longtemps cet acte était arrêté dans sa pensée; il a voulu l'accomplir aussitôt ([ue les circonstances lui ont permis de suivre sans aucun danger pour le pays les inspirations de son cœur. Aujourd'hui la France a dans sa force et ses droits une trop légitime confiance pour ne pas se montrer grande envers un ennemi vaincu.
i> Au retour de son voyage, le prince s'est arrêté au château d'Amboise. Il s'y est fait présenter Abd-el-Kader, et lui a appris en ces termes la fin de sa captivité ;
« Abd-el-Kader,
» Je viens vous annoncer votre mise en liberté. Tous serez conduit )> à Brousse, dans les Etats du sultan, dès que les préparatifs néces- » saires seront laits, et vous y recevrez du gouvernement français un i. traitement digne de votre ancien rang.
u Depuis longtemps, vous le savez, votre captivité me causait une Il peine véritable, car elle me rappelait sans cesse que le gouverneu ruent (pii m'a précédé n'avait pas tenu les en];.i|;ciuents pris envers Il un ennemi niallieureux, et rien à mes yeux de plus humiliant pour u le gouvcrneiuent d'une grande nalinii (pie de méconuaitre s,i force •I au point de manipier à sa promesse. La générosité est toujours la Il meilleure conseillère, el je suis convaincu (|ue votre séjour en » Turquie ne nuira pas à la trancpiillité de nos possessions d'Afrique.
» Votre reli(;iou, comme la nôtre, apprend à se soumettre aux dé- » erets de la Providence. Or, si la l''rance est maîtresse de l'Algérie, 11 c'est que Dieu l'a voulu, et la nation ne renoncera jamais à cette .1 conquête.
>i Nous avez été l'ennemi de la l'rance, mais je n'en rends pas )i moins justice à votre courage, à votre caractère, à votre résigna- 11 tion dans le mallicur; c'est pourcpioi je tiens à honneur de faire )) cesser votre captivité, ayant pleine foi dans votre parole. »
» Ces nobles paroles out vivement ému l'ex-émir. Après avoir exprimé à Son Altesse sa resi)cclueuse et éternelle reconnaissance, il a juré, sur le livre sacré du Koran, qu'il ne leuterait jamais de
troubler notre domination en Afrique, et qu'il se soumettait, sans arrière-pensée, aux volontés de la France. Abd-el-Kader a ajouté que ce serait bien mal connaître l'esprit et la lettre de la loi du prophète, que de penser qu'elle permet de violer les engagements pris envers les chrétiens, et il a montré au prince un verset du Koran qui condamne formellement, sans ejception ni réserve aucune, quiconque viole la foi jurée, même aux injkUles.
» Aux yeux de tous les Arabes intelligents, la conquête de l'Afrique est aujourd'hui un fait accompli; ils voient dans la constante supériorité de nos armes l'éclatante manifestation de la volonté de Dieu.
» La politique loyale et généreuse est la seule qui convienne à une grande nation; la France saura gré au prince de l'avoir suivie.
» Abd-el-Kader restera au château d'Amboise jusqu'à ce que toutes les mesures soient prises pour assurer sa translation et sa résidence à Brousse. »
Maintenant, quelle était la véritable pensée de Louis-Napoléon Bonaparte eu mettant Abd-el-Kader en liberté? Etait-elle seulement le résultat d'une conviction relative aux engagements du gouvernement de Louis-Philippe? Etait-elle une représaille à l'adresse des généraux d'Afrique qui avaient été opposés à la politii|ue du président de la république? Etait-elle le résultat du souvenir de la conduite des Anglais à la suite de la confiance mise en eux par Napoléon vaincu à Waterloo? S'il nous est permis de dire notre opinion, la voici. Déjà les symptômes des troubles qui agitent aujourd'hui l'Orient surgissaient. Il pouvait être un jour avantageux à la France d'avoir dans l'Asie-Mineure un allié aussi entreprenant et aussi célèbre qu'Abdel Kader, lequel pouvait, de quelque côté qu'il se déclarât, mettre un grand poids dans la balance. Nous croyons que ce fut là une des prévisions du président de la république, habitué, comme on le sait, à garder secrètes ses pensées d'avenir.
Quoiqu'il en soit, la promesse faite à Abd-el-Kader fut promptement tenue. (Quelques jours après l'entrevue d'Amboise, il obtenait l'autorisation de se rendre à Paris, oii la légèreté de notre caractère national l'accueillit en héros. Laissons parler encore ici le journal du gouvernement.
« Paris , 30 octobre.
I M. le ministre de la guerre a présenté aujourd'hui à S. A. le prince président, au château de Saint-Cloud, Abd el-Kader. !\L le général Saint-Arnaud était accompagné de M. le général Daumas, directeur des affaires de l'Algérie, et l'émir de M. le chef d'escadron d'artillerie Boissonnet, commandant du château d'Amboise; de M. iiellemare, attaché au ministère de la guerre; et enfin de Sy- AUah et de Kara-!Mohammed : le premier, cousin du fameux kalifa Ben-Allah ; le second, ancien agha de la cavalerie régulière de l'émir, aujourd'hui son intendant.
u Pour la première fois peut-être aujourd'hui le palais de Saint- Cloud a entendu la prière d'un musulman. En attendant l'arrivée du prince, Abd-el-Kader a voulu accomplir ses devoirs religieux, et sans doute en s'adressant à Dieu il n'a pas oublié le généreux bienfaiteur qui lui a rendu la liberté.
» Abd-el-Kader a été accueilli par Son Altesse avec une bienveillance marquée. Le prince, qui était entouré de tous les membres du cabinet et de la plupart de ses aides de camp, a relevé Abd-el-Kader qui s'inclinait pour lui baiser la main, et l'a serré dans ses bras avec effusion.
II Après ces salutations , Son Altesse a offert à Abd-el-Kader de lui faire visiter le palais; mais l'émir a voulu auparaxant renouveler solennellement le serment (|u'il avait fait à Amboise, et il a demandé au prince la permission de lui adresser quelques paroles dont voici le résumé :
a Monseigneur,
» Vous avez été bon, généreux pour moi; je vous dois la liberté 11 que d'autres m'avaient promiiie, que vous ne m'aviez pas promise, u et que cependant vous m'avez accordée. .le vous jure de ne jamais » violer le sermenl ipie je vous ai fait.
» Je sais qu'on vous dit i|ii<' je manquer.ii à mes promesses, mais • ne le croyez pas; je suis lié par la reconnaissance et i)ar ma parole; «'soyez assun- (pie je n'oublierai pas ce que l'une et l'autre imposent 11 à un desenid.int du prophète et à un homme de ma race. »
Puis l'émir a ajouté :
« Je ne x'eux ]ias vous le dire seulement de vive x'oix, je veux en- » core laisser entre vos mains un écrit cjui soit pour tous un témoi- » enaee du serment que je viens de renouveler. Je vous remets donc » cette lettre; elle est la reproduction fidi'le de ma pensée. i>
» Le prince a répondu à Abd-el kader qu'il était d'autant plus touché de cette démarelie qu'il n'avait exigé de lui aucune promesse, qu'il avait eu confiance en lui et qu'il avait trouvé une suflisante parantie dans la connaissance de son caractère.
w 11 a ajouté que cette démarche spontanée de l'émir était une preuve qu'il avait eu raison de croire en lui.
Il Voici la traduction de l'acte remis par Abd-cI-Kader à son Altesse :
Cl Louange au Dieu unique !
11 (Jue Dieu continue à donner la victoire à Napoléon, à notre
ABD-EL-KADER
seigneur, le seigneur des rois! Que Dieu lui vienne en aide cl dirige ses actions!
» Celui qui est actuellement devant vous est l'aucien prisonnier que votre jjéncrosité a délivré, et qui vient vous remercier de vos bienfaits, Abd-el-Kader, lils de Mablil-cd-Din.
» Il s'est rendu près de Votre Altesse pour lui rendre grâce du bien qu'elle lui a fait et pour se réjouir de sa vue ; car, j'en jure par J)ieu, le raaitre du monde, vous êtes, monseigneur, plus clier à mon cœur qu'aucun de ceux que j'aime. Vous avez fait pour moi une chose dont je suis impuissant à vous remercier, mais qui n'était pas au-dessus de votre grand cœur et de la noblesse de votre origine. Vous n'êtes point de ceu\ qu'on loue par le mensonge et que l'on trompe par l'imposture.
» Vous avez cru en moi , vous n'avez pas ajouté foi aux paroles de ceux (jui doutaient de moi; vous m'avez mis en liberté, et moi je vous ai juré solennellement, par le pacte de Dieu, par ses prophètes et ses envoyés ■, que je ne ferai rien de contraire à la confiance que vous avez mise en moi, que je ne manquerai jamais à mes promesses, que je n'oublierai jamais vos bienfaits, que jamais je ne remettrai le pied en Algérie. Lorsque Dieu a voulu que je lisse la guerre aux Français, je l'ai faite ; j'ai fait parler la poudre autant que je l'ai pu; et quand il a voulu que je cessasse de combattre, je me suis soumis à ses décisions et je me suis retiré. Ma religion et ma noble origine me font une loi de tenir mes serments et de repousser toute fraude. Je suis f/u'c//' (descendant du prophète), et je ne veux pas que l'on puisse m'accuser d'imposture. Comment cela serait-il possible quand votre bonté s'est exercée sur moi d'une manière si éclatante :' Les bienfaits sont un lien passé au cou des gens de cœur.
» Je suis le témoin de la grandeur de votre empire, de la force de vos troupes, de l'immensité des richesses de la France, de l'équité de ses chefs et de la droiture de leurs actions. Il n'est pas possible de croire que personne puisse vous vaincre et s'opposer à votre volonté, si ce n'est le Dieu tout-puissant.
» J'espère de votre bienveillance et de votre bonté que vous me conserverez une place dans votre cœur, car j'étais loin, et vous m'avez placé dans le cercle de vos intimes ; si je ne les égale pas par mes services, je les égale du moins par l'amitié que je vous porte.
• Que Dieu augmente l'amour dans le cœur de vos amis et la terreur dans le cœur de vos ennemis !
» Je n'ai plus rien à ajouter, sinon que je me confie à votre amitié. Je vous adresse mes vœux et vous renouvelle mon serment.
» (Ecrit par Abd-el-Kader-ben-Mahhi-ed-Din. 30 octobre 1852.) »
» Après le discours de l'émir, le prince lui a fait visiter le palais. Dans la conversation , quelques paroles heureuses ont été prononcées par Abd el-Kadcr.
» On le présentait à M. le ministre de la justice, qui lui faisait remarquer combien peu de rapports il y avait entre ses attributions et celles du ministre de la guerre :
« Un bon empire, a dit l'émir, s'appuie sur la justice et sur l'armée. »
)) A plusieurs reprises, Abd-el-Kader a insisté sur l'erreur généralement accréditée qu'un musulman n'était pas tenu par le serment fait à un chrétien ; il a protesté énergiquement contre celte croyance.
• L'émir, en parlant au prince de sa reconnaissance, lui a dit :
n Mes os sont vieux ; (|uant au reste de mon corps, il a été renouvelé par vos bieiifiiits. «
Il Son Altesse a bien voulu conduire lui-même \bd el-Kader dans sa visite aux écuries. 11 lui a montré ses chevaux de prédilection, que l'ëmir a beaucoup admirés. Il a été étonné de la beauté des écuries : « C'est un petit palais, » a-t-il dit.
» Son Altesse a annoncé ii Abd-el-Kader qu'il le ferait assister prochainement à une grande revue de cavalerie et que pour cette revue il lui prêterait un cheval arabe. Le prince a ajouté i|ue, comme de- I)ui3 longtemps l'émir n'avait pas monté à cheval , il l'invitait à venir essayer lundi celui qu'il lui destine.
» Cette bienveillance, ces attentions de la part de Son Altesse ont profondément ému Abd-el-kader. L'émir a (|uilté Saint-Cloud à deux heures. Sa visite, qui a duré près d'une heure et demie, a vivement impressionné tous les assistants : ils ont tous été frappés de la noblesse et de la dignité de ses manières, u
Le lendemain, le ton était donné. Abd-el-Kader, jusqu'il son départ, fut l'objet de l'empressement de tout le monde ofliciel et d'une partie du public. Des directeurs de théâtre annoncèrent mèuie sa venue sur leurs atliches. Son audience d'adieu eut lieu le 8 novembre. Voici encore comment le Moniteur la raconta :
« Paris, 8 novembre.
» M. le ministre de la guerre a présenté aujourd'hui à S. A. le prince Louis-Napoléon Abd-el-Kader, qui doit quitter demain Paris pour retourner à Amboise.
» Le prince a accueilli l'émir avec sa bonté accoutumée, et lui a annoncé ([u'il allait lui envoyer h Amboise un sabre arabe : • Ce sa- » bre, a dit Son Altesse, je vous le <lonnc parce que je suis sûr que » voa:3 ne le tiferez jamais contre la France, u
' C'est le plus grand serment que puisse faire un musulman.
» Abd-el-Kader a renouvelé au prince l'assurance de sa reconnaissance et de son absolu dévouement.
» En quittant Son Altesse, l'émir a déposé entre ses mains la lettre dont voici la traduction :
« Louange au Dieu unique !
" Que Dieu prolonge les jours de monseigneur Louis-Napoléon ! )) qu'il lui donne la victoire et le bonheur le plus complet!
u Vous m'avez fait l'accueil le plus bienveillant ; vous m'avez ac- » cordé des honneurs que pas un autre que vous n'eût accordés à un u homme comme moi. Personne ne s'étonne de vos actes généreux, » car c'est vous chez qui ils ont établi leur demeure ; c'est vous qui » enseignez ces actes au monde.
» Que votre règne se prolonge autant que la durée du soleil, au-
> tant que le niveau des mers, et puissiez-vous accomplir tous vos » désirs !
1) Je retourne à Amboise, car je sais que vous êtes occupé d'affai- » res considérables (que Dieu vous soit en aide!) ; mais je suis cer- » tain que vous ne m'oublierez pas plus si j'habite Amboise que si u j'habitais Paris.
)> Je sais que la France demande que vous soyez nommé empe- » reur; vous méritez ce titre à cause de tout ce que j'ai vu, de tout u ce que j'ai appris.
» J'espère que vous me donnerez la permission de venir à celle ocu casion me réjouir à Paris avec tous ceux qui vous aiment, et, je n VOUS le jure, à moi seul je prendrai la moitié de la joie ; je n'en
> laisserai que l'autre moitié à partager entre tous vos autres amis.
') Le salut de la part de celui qui vous remercie de vos bienfaits !
» ABD-EL-KADER-IiBN-MAIllll-ED-DlN.
» (Ecrit cinq jours avant la tin de Moharren 12G9 de l'hégire.)»
Voici enfin comment l'émir récompensa l'auteur de sa mise en liberté, toujours selon le Moniteur.
« Paris , 22 novembre.
» L'émir Abd-el-Kader a voulu donner une nouvelle preuve de sa reconnaissance et de son dévouement pour le prince.
» Il a demandé à prendre part au scrutin pour le rétablissement de l'empire, et a adressé au maire d'Amboise la lettre suivante :
«Louanges infimes a Dieu roua ses grâces infinies!
» A monsieur le premier magistrat de la ville, Trouvé, maire » d'Amboise, salut !
» (L'émir) Sid-el-Hadj Abd-el-Kader a l'honneur de vous deman- » der à exercer le droit des citoyens de France pour la nomination » du sultan, car nous devons aujourd'hui nous regarder comme Fran- » çais par l'amilié et l'affection qu'on nous témoigne et par les bons 1. procédés qu'on a pour nous.
)' Nos enfants ont vu le jour en France, vos filles les ont allaités ; )i nos compagnons morts dans votre pays reposent parmi vous, et » S. A. I. le sultan , juste entre les justes, généreux entre les géné- » reux, nous a rangés au nombre de ses enfants, de ses soldats en « daignant me remettre un sabre de ses mains impériales. Dieu soit )> propice au prince ! Qu'il perpétue sa puissance, sa grandeur et sa » gloire ! Amen! «
«(Ecrit par El-Aadj-Mustaplia-ben-Ahmed-ben-El , le 9 de Sa- 11 far 1269. Thami (khalifa), par ordre de Sid-el Hadj Abd-el-Kader )) (20 novembre 1852). Dieu soit en aide à tous, et nous dirige dans » la voie du bien (pour traduction) par sa grâce et sa protection! » Amen ! »
» Le maire de la ville d'Amboise a cru devoir obtempérer au vœu exprimé par l'émir, et a reçu son vote et celui de ses oflicieris dans une urne spéciale. >■
Après cet acte , Abd-el-Kader revint encore une fois à Paris, où il fut présenté au chef de l'Etat le 3 décembre. A un mois de là , le journal officiel annonçait successivement son arrivée à Messine sur la frégate le Labrador, sa visite a l'Etna, sa présentation au sultan de Constanlinople, et enfin son arrivée à Brousse le 17 janvier 1863.