PLANTIGRADES
Le rossomak vit solitaire, ou, mais rarement, avec sa femelle, dans un terrier qu'il se creuse en terrain sec, sur le penchant tl'une colline ombrage'e par une forêt de sapins ou de bouleaux. Il n'en sort que le soir pour aller à la (juétc de sa proie, consistant en rennes, élans et autres animaux ])lus petits. S'il habite
par la fuite, car le glouton marche très-lentement et ne peut pas courir. Aussi, le plus ordinairement, sa proie lui e'chapperait s'il n'em[doyait mille ruses pour s'en emparer par surprise. Souvent il se cache dans un buisson épais, sous des feuilles sèches, dans un][tronc d'arbre creux, partout où il peut échapper à la vue, et
l.e Glouton
une contrée où les chasseurs d'hermines tendent des pièges pour prendre des animaus. à fourrure, il commence par visiter toutes leiMS trappes, qu'il connaît fort bien et dans les(pielles il ne se picnd jamais, et il s'empaie des anim^iux ipii y sont arrêh's, ce
il reste j)atiemnient en embuscade , sans faii'e le moindre mouvement, jusi[u'à ce que le hasard, ou plutôt ses prévisions, amènent une victime à sa portée. Il reconnaît fort bien les sentiers frayés par les rennes sauvages , lorsipi ils s(U'leut de la forél pour aller
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Le Ralel.
dont se i)laignent beaucoup les cliasseurs de renards bleus et blancs qiù se tiennent <laMs le voisinage de la mer Glaciale. Si cette ressource lui manque , il rherche la trace d'un renne , le suit avec constance , et (init par le surprendre endormi ; mais l'our peu (|ue celui-ii l'enleiule approcher, il se démbe ai^i'ment
paître dans la plaine. Dans ce cas , il grimpe sur un arbre , se poste sur une branche, et, dès (pie l'animal passe à sa portée, il s'élance, et d'un bond lui saule sur la croupe ou sur le cou ; il s'y cramponne avec tant de force avec ses griffes et ses dents , qu'il est impossible au mallit urcux renne de s'en débarrasser. Il court.
LES CARNIVORES PLA ^TIGRA DES
il bonilit, il se frotte contre les arlires , se roule sur la terre , et fait vainement tous les efforts imaginables pour se délivrer de son terrible ennemi ; celui-ci ne liVlie jamais jirise et ne continue pas moins à le dévorer vivant , jusqu'à ce que l'iiorrible blessure qu'il lui a faite sur le dos l'epuise et le fasse tomber mourant sur le gazon. Le rossomak, alors, le mange à son aise, et lorsqu'il est rassasie, si le cadavre n'est pas trop lourd, il l'emporte dans l'épaisseur de la forêt, et le cache dans un buisson toulTii pour le retrouver au besoin; ou bien, s'il ne peut le transporter, il le couvre de broiissailies et de feuilles. l'iusieurs carnassiers, jiar exemple le renard et le loup, ont également l'Iiabilude de cacher les restes de la proie qu'ils ne peuvent entièrement dévorer ; mais, soit par oubli^ou par défiance, ils ne reviennent jauiais les chercher. Il n'en est pas de même de celui-ci , (pii sait très-bien les retrouver lorsqu'il est pressé par la faim, et (pi'il n'a pu s'emparer d'une j)roie vivante.
Cet animal se trouve dans les mêmes forêts que le renard bleu ou isatis , et a la finesse de se servir de ce dernier comme de pourvoyeur. Lorsqu'il l'entend chasser , il le suit à la voix , et se donne bien de garde de se montrer pour ne pas l'effrayer. Cej)endanl il se lient toujours à porte'e d'arriver à lui au moment où le renard prend le lièvre. Alors le glouton se montre, et l'isatis, pour ne pas être dévoré lui-même, est obligé de détaler au l)lus vite, et de lui abandonner sa capture. Aussi courageux que vorare, le glouton se défend avec intr('pidité contie les chiens et même les chasseurs; mais connue ses jandies courtes l'emiiêclient de fuir, il est fort aisé de s'en emparer et même de l'assommer à coups de bâl(m. 11 faut au moins trois ou (piatre chiens trè.svigoureux pour en venir à bout, et encore est-il rare qu'il n'y en ait jias un ou deux d'estropii's; car il se di'fend des griffes et des dents , et les blessures qu'il fait sont profondes et cruelles. In vayvode, qui, pour son jibiisir, gardait chez lui un glouton, le fit un jour jeter dans l'eau, et lâcha sur lui un couple de chiens; l'animal se lança aussitôt sur l'un des chiens, lui saisit la tête et la tint enfoncc'e sous l'eau jusqu'à ce (jii'il l'eut sulToipu'. Schœfï'er jiréli'iid ipie le rossomak , pressé par la faim , se jette dans les rivières, nage, jilonge, prend le poisson et le mange, comme fait la loutre. Sans nier positivement ce fait, il me i)arait si peu en harmonie avec l'organisation de cet animal , que je le crois fort douteux. Mais ce dont on ne ])eiit douter, c'est que, dans les moments de disette, il clierrlie les cadavres humains, les déterre, les dépèce et les (h'voie juscpi'aux os, s'il peut pém'Irer dans un cimetière. Qnchpiefois il rôde autour des lacs et des rivières peuplés de castors, et il en surprend un bon nombre, surtout des jeunes. L'hiver il va sur la glace jusipi'à leurs cabanes, (pi'il démolit pour en dévorer les liabilanis. Cet animal ne s'engourdit jias en iiiver. Huflon , ipii en a eu un très-appiivoisé, dit i]u'en buvani il lape à la manière des chiens, (pi'il ne fait jamais entendre aucun cri, (pi'il est très-remuant, et (pi'aiircs Bvolr satisfait sa faim, il met m r('scrv(; en le cacliani le resie de sa noui'riture.
La Voivriii.wK me Pr.NXANT [Ursus luscus, Cm,. — Lin.) est une variété (pii ne dillère de son type que par un ])elage un peu [tins l).'ile. Du reste, elle a les mœurs absolument semlihibles, et n'est ni moins féroce ni moins vorace.
Le CiiiisoN {Gulo viltatus, I)es.m. Viverra villala, Lin. Le pelil Furet, AzzAii. La Fimine de la (hiyanc et le (irisun, lîiirr. \jOurs du Brésil, Tiiu.NU. ) n'a de longueur totale que vingtileux pouces (0,596), et la (|ueue fait environ un quart de cette dimension ; le corps est mince, fort allongé ; le pelage noir, pi(|uet(' de trèspetits points blancs, ce qui lui donne un ton grisâtre; le dessous du cou et de la lêle est gris : une bande blanche s'i'lend depuis les côtés du front iusi|u'aux é|)aules ; les oreilles sont i\v la même couleur et tiès-p( tites. Du reste, il varie assez dans son pelage, sans consi<lérati()n d'Age ou de sexe.
Le grisou se trouve répandu dans [irc>q!ie tonte l'Ami'ricpic
méridionale ; cependant il est plus commun à la C.uyane, surtout au Paraguay, que partout ailleurs. Il est aussi carnassier et plus fi'roce que le précédent; mais sa petite taille ne lui permet pas d'atlai|uer de gros animaux. Il s'en venge sur les volailles, les oiseaux, les lièvres, lapins, ou espèces analogues, elc , auxipiels il fait journellement une guerre d'extermination; aussi est-il un v('ritable fléau pour les basses cours. 11 se retire le jour dans un ])rofond terrier, d'où il ne sort que la nuit pour commettre ses brigandages. S'il est surpris dans ses méfaits par des chiens ou des chasseurs, sa colère lui fail aussitôt exhaler une odeur de musc tellement désagréable, qu'elle réussit quelquefois à écarter ses ennemis. Quand ce moyen ne réussit pas , il combat avec fureur, et ne i|iiille la lutte (juavec la vie. Il est cruel par plaisir plus peut-être ipie ])ar besoin , et même , lorsqu'il est apprivoisé, il n'a pas de plus grande jouissance i\w celle d'égoruer sans nécessité tous les petits animaux domesti(iues qui se trouvent à sa portée.
Le Taïha [Gulo harbalus, Desm. Mustcla harbata, Liin. Vwerra vitlpecula, (iwL. Le J'aïra ou Galera, Buff. Le Carigueibeiii , MMUuiii. Le jirand Furet, Azzar.) a de vingt-deux à vingt-quatre pouces (0,.^i)j à 0,050) de longueur, non compris la (lueue , qui en a quinze (0}406); son corps est mince, allongé; son pelage d'un brun noir ou entièrement noir, avec la tête et (]uelquefois le cou; une large tache blancli.'ilre ou jaunâtre, triangulaire, lui couvre le devant du cou et de la gorge; les jjieds de derrière ont les doigis réunis par une membrarie. Cel animal a les mêmes habitudes que le précédent, comme lui exhale une forte odeur de musc, et se trouve dans les mêmes contrées.
Le NiEMTiîCk (Gulo orientalis, IIoksf.) a la tête un ])cu jilus allongée que dans les espèces précédentes; il a deux pieds un pouce (0,077) de longueur totale : sa ([iieue est médiocre; son pelage brun avec la gorge, la poitrine et les joues jaunâtres; une tache de la même couleur j)art du vertex, s'étend sur le dos, et se termine en pointe; ses pieds de devant sont armés d'ongles très-crochus. Il se trouve à .lava , et doit avoir des mœurs analogues à celles des espèces précédentes, du moins si Ion en juge ])ar l'analogie. On ne sait rien de son histoiie.
10'' Gkmik. Le HATEL (Mellivora, Stoiiii.) a Irentcdeux dents : six incisives, deux canines et huit molaii'cs à chaque mâelioire. Quant aux autres caractères, il ne didcrc [las du genre Ciulo.
Le Ratel (Mellivora capcnsis , Lf.ss. Viverra capeiisisvl \'iverra mellivora. Lin. Gulo capensis, Di:sm. Le Ralel, Spaum. Le Blaireau puant, Lacaii.i..).
Il a le corps ('(lais et trapu, long de trois pieds quatre ixiuees (I,OHr)), compris la (pieiie; il est gris en dessus, noir en dessous, avec une ligne buigitudinale blanche de cluupie côté, dei)uis les oreilles jusfiu'à l'origine de la (pieue.
(!ct animal exhale une oilcur di'sagrc'able , mais moins forte (pic celle des moufettes. Il habile l'yVI'riipu' depuis le Si-iu'gal jus- (pi'au c;qi de Ronne-lispérance, et la facilité avec la(pu'lle il creuse la terre l'ait croire qu'il se retire dans un terrier. Il vit de proie comme le glouton ; mais il est tellement friand de miel qu'il déploie toute sou industrie ]>our s'en i)rocurer. Trois espèces d'êtres s'occupent jouriiclJciuenl à di'couvrir des ruches d'abeilles, et se prêtent muliiellement secours i>our s'en em|)arer; ce sont : le llotunlol s.Mivage on Itoscliisman , le ratcl , et le coucou indicateur [Indicalor major, Lf.vaii.i,.).
On sait que les lioschismans, ipie la nature et les siècles avaient faits propriétaires de leurs brûlantes montagnes, en furent chassés par les colons hollandais, ipii allaient les chercher et les tuer dans les bois à cou|iS de fusil, p.ir partie de plaisir; des femmes même étaient Irès-adroiles à les jjoiu'suivre à (dieval, et à les exterminer. Ces misérables, forcés de se retirer dans les plus éiiaissej liiHls, iiaqiiés comme des loups, fusillés aussitôt qu'ils parais-