‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 26 sur 219 · PLANTIGRADES · texte numérisé non relu

PLANTIGRADES

s.iient, ne trouvaient pour se nourrir, clans ces affreux déserts, (jiie quelques racines amères, des termes ou fourmis blanches, et du miel sauvage. Mais, n'osant sortir que la nuit des antres de rocher où ils se cachaient pendant le jour, il leur eût e'ie' difïicile (le de'couvrir les ruches d'aiteilles , s'ils n'eussent su niellre à profit la connaissance ipiils ont d'une haliilude du ratel. Celuici , chai|ue malin, se promène silencieusement dans les forêts en écoutant. lîientot le cri d'un oiseau vient frapper son oreille, et il le reconnaît pour celui de l'indicateur ou du guide au miel, comme disent les Ihdlandais du Cap. Le ratel suit l'oiseau, mais douc^ement pour ne pas l'eUrayer, et relui-ci, volant d'arhre en arbre, de roche en roche, toujours en faisant entendre son cii, conduit bientôt le mammifère au jiied d'un arbre dans le tronc diicjuel est une ruche d'abeilles sauvages. Ici se rencontre une diflii-ulte'. Le ratel ne sait ni ne jieut grimper; il lève le nez, il flaire le miel, il bondit contre l'ècoice, il niurmure, il se met en colère ; rien n'y fait, et l'indicatein- a beau redoubler ses cris, les abeilles sont parfaitement en sûreté' clans leur ruche. Le ratel, ein-age' de colère, se met alors à attaquel- le pied de l'arbre avec les dents, en enlève l'crorce, le mord avec fureur, probablement dans 1 esiièiauce de; le renverser; mais la fatigue ne larde pas à

l'avertir de l'impuissance de ses efforts, et il abandonne son entreprise pour aller à une autre découverte. Les Boschismans, qui pendant le crépuscule errent en trend)lant dans les bois , trouvent l'arbre, le reconnaissent aux morsures qui en ont enlevé l'écurce, moulent dessus et prennent le miel

Lorsque le mammifère est conduit par le guide au miel à des abeilles qui établissent leurs ruches dans la terre, les choses se passent différeannent. Aussitôt avec ses ongles robustes il se met à creuser. Les abeilles se jettent sur lui par légions ; il se contente de passer de temps à autre ses pattes sur son nez et de fermer les yeux, car ces deux parties seides sont accessibles à leur aiguillon. Un poil long et touffu et une |)eau excessivement dure, épaisse , impénétrable , lui défendent sullisamment le reste du corps. Lorscju'il a mis les gAteaux à découvert, il mange autant de miel cpi'il le peut sans crever, ]niis il s'en va tranc|uilliMnenl sans s'inipiiéter de son guide. L'imlicaleur descend de son arbi'e, et tire parti des bribes que l'autre lui a laissées, faute de pouvoir tout avaler. Les Ijoschismans ont plus de reconnaissance, car ils ne manr(uent jauuiis de laisser à l'oiseau, sur une pierre ou une large feuille, une cpianlilé de miel sullisaule pour lui l'aire faire un bon repas

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES,

riXQL'IKHE OHnRE DKS MAMMIFKRFS.

La Marte a gorge riorée.

Oet oidre iTufeiiiie tous les animaux carnivores ([iii inarciieni sur les doigts, c'est-à-dire qui ne s'appuient pas sur la plante entière des pieds comme les animaux précédents.

On peut le diviser en cinq familles, qui sont celles des martes, des chiens, des civettes, des hyènes et des chîils, tontes trèsintéressantes et nombreuses en espèces

LES MAKTKS.

Elles ont une seule dent lulieiruleuse en arrière de la dent carnassière de la mâchoire supérieure : on leur compte de trentedeux à trente-huit dents; leur corps très-allongé et leurs pieds très-courts leur permettent de passer dans les plus petits Irons. Elles nianipicnt de cœcum, et ne tombent pas l'hiver en It'tliargie.

l" Genre. Les MARTES {Mustcla,L\ji.) ont de chaque côté trois fausses molaires en haut, quatre en bas, et un petit tubercule intérieur à leur carnassière d'en bas : leur museau i st un peu allongé et leurs ongles pointus. Tous ces animaux exhalent une odeur désagréable plus ou moins forte et analogue au musc.

La Marte a gorge doréiî {Mustela ftavigula, Bodu. Mustela Hardwickii, Horsf.) est noire, avec la gorge , le ventre, le dos jaunes et les joues blanches; elle a environ vingt-deux pouces (0,r)95) de longueur, non compris la ((ueue, (pii est prfs(pic d (■gale dimension. Elle habile le Ne'paul.

De tous les animaux carnas.siers, les martes sont les |dus cruels et les plus sanguinaires. Elles ne se nourri.ssent cpie de ])roics vivantes, et il faut qu'elles soient poussées par une f^im extrême pour manger (pielques baies sucrées, telles que les raisins et les fruits de la ronce. Celles qui vivent dans les bois sont conslamment (iccu|)ées à la chasse des oiseaux, des souris, des rais. Les plus pelilrs esjièccs nK'mes , telles (pie l'hermine et la bclelle, atl.Kpieiit sans hésitation des animaux dix fois plus gros qu'elles, les lapins, les lièvres et les plus grands oiseaux. La ruse dans l'allaque, relTronlcrie dans le danger, un courage furieux dans le coud)al, une criiaulé inouïe dans la victuire, un grii'it désordoMui' pour le carnage et le sang, soiil des caractères ipii appartiennenl à loiiles les espèces de celle famille, .sans c\rei>lion.

Leur corps long, grêle, vermifoiine, comme disent les naliUMlistes, leurs jaudjes courtes, leur souplesse et leur agilité, permettent à ces animaux de se glisser partout et de passer par les plus petits trous , pourvu que leur tète puisse ,v entrer. Aussi parviennent-elles à pénétrer aisément dans les basses-cours, et leur ai)pariiion est toujours le signal de la mort pour tous les l)etits animaux domestiques qu'on y élève. Itien n'est épargné, et avant d'assouvir leur faim il faut qu'elles aient tué tout ce (pii les entoure, tout ce qu'elles peuvent atteindre. Elles ont un art merveilleux |ioui' sa|ii)rocher doucement de leur victinu' sans en être aperçues et sans la réveiller, pour s'élancer sur elle, la saisir cl lui couper la gorge avant qu'elle ait eu le temps de pousser un cri (|ui eût donné l'alarme aux autres.

Les maries sont tellement cr\)elles, qu'elles n'épargnent pas même les animaux de Icui' gcinc; les espèces les plus fortes font une guerre à mnrl .'i celles qui sont plus faibles. Et cependant les niùles ne mangent pas leurs petits, connue font la idM|)art des chats et même les lapins; ils en prennent, au contraire, le plus grand soin, et dès qu'ils peuvent marcher, ils i>ar(agent avec la femelle les .soins, de leur éducation. J'ai ])U m'assurer de ce f.iil ]iar mes propres yeux, dans l'espèce de la marte comnunie cl celle de la fouine.

Les animaux sont d'un caraclèrc sauvage et farouche ; ils se plaisent dans les bois les moins fri'cpienic's, et ne s'api)rochenl pas volontiers des habitations de l'homme, si l'on en cxc( pie la fouine et la belelte. On ne peut nier(|u'ils aient de riiilclligcnce, si on en juge par les ruses cpi'ils eiuploieiil |ioin' Mirprciidre leurs ennemis; mais c'esl purement une iulelligeiice de mciirlre et de cruauté, qui ne les empêche pas de donner dans Ions les

MARTES

pièges qu'on leur tend. Re'duits en captivitfî, ils s'apprivoisent assez bien; cependant jamais assez pour avoir une véritable affection pour leur maître , et ne pas s'effaroucher de la pre'sence d'un e'tranger. Sans cesse agite's par un mouvement de défiance et d'inquiétude, ils ne peuvent rester un moment en place, et s'ils cessent pai- intervalles de chercher à briser leurs chaînes c'est pour dormir.

La Marte comuvse [Mustela jnartes. Lin. La Marte, Biff.) a environ un pied et demi (0,487) de longueur, non compris la queue, qui a un peu moins de dix pouces (0,271). Elle est d'un brun lustré , avec une tache d'un jaune clair sous la gorge ; le

dans les bruyères, le lièvre dans son gîte, les écureuils dans leur nid ; et si ces espèces lui manquent, elle se jette sur les mulots , les loirs, les lérots, et même sur les lézards et les serpents. Elle cherche aussi les ruches des abeilles sauvages pour en manger le miel.

Comptant sur son agilité, elle s'effraye fort peu (piand elle est chassée par des chiens courants , et se plaît à se faire battre et rebattre, à les dépister, à les fatiguer, avant de monter sur un arbre pour échapper à leur poursuite. Encore, lorsqu'elle emploie ce dernier moyen, ne se donne-t-elle pas la peine de grimper jusqu'au sommet Assise à la bifurcation de la première bran-

Cabane et enclos des Hétniones, près de la (grande rotonde.

bout du mii'-eau , la dernière partie de la ([ueue et les membres sont d ini brun plus foncé, et la partie postérieure du ventre dun lirun plus roussCitre que le reste du corps.

Lorsque la France possédait encore de vastes forêts, la marte y était assez commune; mais aujourd'hui elle est devenue trèsrare. J'en ai cependant tué plusieurs dans les montagnes qui séparent la Saône de la Loire, et j'observerai ipie l'une d'elles l'iail suivie de si.x petits, quoicpie lUilï'on prétende (|ue cet animal n'en fait(iue deux ou trois ])ar ])ortée. La marte fuit les haliitalions et les lieux découverts, elle ne se plaît qu'au plus profond des forêts silencieuses; et là, grimpant sur les arbres avec beaucotqi d'agilité, CDUune tiuites les espèces de son genre, elle s'occupe uni(|uement il la chasse. Ce n'i'st pas un animal nocturne; mais, iiiii^i (|iie tous les animaux sauvages (pii habitent des contrées où riioinme peut les incpiiéter, elle se cache pcinl.iiit le jour, et ne .sort guère qu'aux crépuscules du soir et du malin pour commettre ses déprédations, Llle détriiil une grande (pi.intité de menu giliicr; elle clierclie les nids d'oiseau, dont elle brise et mange les irufs; elle t.V'lie de siirpreiidre la perdrix coiivaiil

che, elle les regarde effrontément passer sans s'en inquiéter davantage.

La marte ne se creuse p'as de terrier et n'habite même pas ceux qu'elle trouve tout faits ; mais, quand elle veut mettre bas, elle cheri'he un nid d'écureuil, en mange ou en chasse le propriétaire , en élargit l'ouverture , l'arrange à sa fantaisie et y fait ses petits sur un lit de moii.sse. Tant qu'elle les allaite, le mâle rôde dans les environs, mais n'en approche pas. (Jiiand les petits sont a.ssez forts jioiir sortir, elle les mène chaque jour à la promenade, et leur apprend à grimper, à chasser et à reconnaître la proie dont ils doivent se nourrir. C'est alors que le mâle se réunit à la femelle, a|)porte à ses enfants des oiseaux, des mulots et des œufs. Dès lors ils ne rentrent l'Ius dans le nid. et couchent tous ensemiile sur les arbres, ou dans les feuilles sèches sous un buisson touffu. Dans les forêts très-solitaires, la famille se hasarde quelquefois à sortir de sa retreite pendant le jour, mais en se glissant liirtivement sous le feuillage, et se donnant bien de garde d'être aperçue par les oiseaux. Si un roitelet , un rouge -gorge, une mésange, ou toute antre espèce d oiseau

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

p;i'an{l ou petit, vient à apercevoir une marte, il pousse aussitôt un cri particulier qui donne une alarme générale à un (jiiart de lieue de rayon. Les pies, geais, merles, pinsons, fauvettes, en un mot presque toute la nation ailée se re'unit aussitôt o* criaillant, enloure l'animal , le poursuit, le harcèle, s'en approche en i-edoublant ses cris, et, à force de l'ctourdir par dos clameurs, le contraint a une prompte retraite. Du reste, tous les animaux carnassiers, chouettes, ducs, chats, renards, loups, ne sont pas reçus d'une manière plus amicale par le peuple chantant des forêts; tandis qu'il vit en très-bonne intelligence avec les animaux paisibles, comme daims, chevreuils, lièvres, etc. La fouriiire de la marie commune a ((uelqiie valeur; mais il s'en faut de beaucoup qu'elle soit coiuparablc a celle de la marie zibeline, dont nous aurons à nous occuiter plus loin. Elle est moins rare dans le nord de rEurojie (pieu France, et plus commune encore dans le Canaila.

La Fouine {Mustela foina, Li.s. La Fouine, Buif. — G. Cuv.) a beaucoup de ressemblance avec la marte, mais cependant elle s'en distingue au premier coup d'œil par le dessous du cou et la gorge , qui sont blancs et non pas jaunes. Sa taille est la même; son pelage est brun, avec les jambes et la queue noirâtres. Elle e.xhale une forte odeur de musc.

Cet animal habite toute l'Europe et l'Asie occidentale ; il est assez commun partout. « La fouine, dit Bufïon, a la physionomie très-fine, l'icil vif, le saut léger, les membres souples, le corps (lexible, tous les mouvements très-prestes; elle saute et bondit plulôl ipielle ne marche ; elle grimpe aisément contre les murailles ipii ne sont jias bien enduites , entre dans les colombiers, les poulaillers, etc., mange lesiRufs, les pigeons, les poules, etc., en tue quelquefois un grand nombre et les porte à ses petits; elle prend aussi les souris, les rats, les taupes, les oiseaux dans leur nid. Les fouines, dit-on, portent autant de lemiis (pie les chats. On trouve des jielits dejuiis le printemps jusqu'eii aiilomne, ce qui doit faire iirésumer qu'elles produisent plus d'une fois par an ; les jjIus jeunes ne font que trois ou ipiatrc petits, les plus âgi-es en font jusqu'à sept. Elles s'établissent, ]>oiir niellre bas, dans un magasin à foin, dans un trou de muraille, où elles poussent de la |iaille et des beibes; (luelquefois dans une fenle de rocher ou dans un trou d'arbri', ou elles jiortent de la mousse; et lorsipi'oii les inquiète, elles déménagent et transportent ailleurs leurs petits, (]ui grandissent assez vite; car celle ipie nous avons élevée avait, au bout d'un an, presque atteint sa grandeur iialiireilc, et de là ou peul inférer (pie ces animaux ne vivent ipie liiiil ou dix ans. lis ont une odeur de faux musc (pii n'est pas abs(duiuent désagrc'able. »

La fouine se rencontre dans toutes les localités, dans les forêts, les bois, les vergers, les granges, les fermes, et même dans les magasins à fourrage des villes; il n'est i)as rare d'en trouver jiis- (pie dans les faubourgs de Paris. En cela seulement elle difl'ère de la mart(\ Dans les luiils d'été, aux apiirocbes de l'orage, on l'entend assez souvent crier encourant et jouant sur les toits et les vieux murs des iiabitations rurales. M. de lUifFon , (|ui en a élevé une, dit qu'elle faisait la guerre aux chats, qu'elle se jetait sur les |ioules, etc. " i'ille demandail à manger comme le chat et le chien , et mangeait de tout ce ipi'on lui donnait, à l'exception (le la salade et des herbes; elle aimait beaucouj» le miel, et préférait le chènevis à toutes les autres graines ; il a remanpiéqu'elii! buvait fré(piemment, qu'elle dormait (|Uel(]uefois deux jours de suite, et (pi'elle était aussi (pichpiifois deux ou trois jours sans d(u-iuir; (pi'avaiit le soimiieil elle se mettait eu rond, cachait sa tête et l'enveloppait de sa (|ueuc ; i|iie tant (pi'elle ne dormail pas, elle était dans un moiiveiuenl continuel si violent et si incommode , (pie (piand même elle ne se serait pas jetée sur les volailles, on aurait été (jbligéde l'attacher pour l'empêcher de loiil briser. «

J'ai été à même de vi'iilicr une partie de ce (|iie dit Buiroii.

Dans un village des bords delà Seine, à Saint-Albin, près de Màcon , un ancien garde-chasse un peu fripon était si bien parvenu à ajiprivoiser une fouine , qu'il appelait Robin , que jamais il ne l'a tenue à l'attache; elle courait librement dans toute la maison, sans rien briser et avec toute l'adresse d'un chat. Elle était turbulente, il est vrai, mais elle prenait ses précautions l)our ne rien renverser; elle répondait à la voix de son maître, aciourait ipiand il l'appelait, ne le caressait pas, mais semblait ]>rendre jilaisir à ses caresses. Elle vivait en très-bonne intelligence avec Bibi , petit chien noir anglais qui avait été élevé avec elle. Ceci est di'jà fort singulier; mais voici (jui l'est davantage: Robin et l'.ihi n'étaient pour leur maître que des instruments (le vol et des com[dices. Cha(pie malin le vieux garde sortait de chez lui portant à son bras un vaste panierà deux couvercles dans lequel était caché Robin; Bibi suivait par derrière, lui marchant presque sur les talons. Ce trio se rendait ainsi autour des fermes écartées, où on est dans l'usage de laisser la volaille errer asse* loin de l'habitation. Dès que le vieux garde apercevait une poule à proximité d'une haie, dans un lieu où on ne pouvait le voir, il prenait Robin , lui montrait la poule , le posait à terre, et continuait son chemin. Robin se glissait dans la haie, se faisait petit, rampait comme un serpent, et s'approchait ainsi de l'oiseau; puis tout à coup il se lançait sur lui et i'étrauglait sans lui donner le temps de pousser un cri. Alors le vieux fripon de garde revenait sur ses pas; Ribi courait chercher la ])Oule, et l'apportait suivi de Robin; l'oiseau était aussitôt mis dans le ]ianicr avec la fouine, qui avait sa petite loge séparée, et l'on se remettait en marche pour chercher une nouvelle occasion de recommencer cette manœuvre. A la fin les fermiers des environs s'aperçurent de la diminution du nombre de leurs poules et de leurs chapons ; on se mit à guetter, et l'on ne larda pas à saisir les voleurs sur le fait. Le juge de paix, (pii u'i'tait nullement soucieux des ju'ogrès de l'histoire naturelle, fit donner un coup de fusil à la fouine , cl crut faire gii'lce au vieux garde en ne le condamiiaiil qu'à payer les poules ipii, grâce à liibi et à Robin, avaient passé par son pot-au-feu.

La Zii)i;i,i?iE {lilmlcla zibeUina , Lix. — Pall. La Marie zibeline, lîiirr. — (i. Cuv. Le Sabbel des Sui'dois ; le Sobol des Polonais et des Rus.se.s) ressemble beaiieoup à la marie comiiiiiiie ; elle s'en distingue ce|iendant en ce (|u'elle a des poils jiis(iiie sous les doigts; sou pelage est d'uii brun lustré, noirâtre en hiver, plus |),'ile en été; elle a le dessous de la gorge grùsâtre, le devant de la tête et les oreilles iilanchàlres. Sa fourrure est l'objet d'un commerce considérable.

(Ict animal vil dans les régions les jibis septentrionales de rKiii(i|ie et (!(■ l'Asie, et se trouve jusqu'au Kamtschatka; c'est aux chas.seurs(]iii le poursuivent dans ces régions glacées que l'on doit la découverte de la Sibi'rie orientale. Sa fourrure est extrêmement |>r('cieuse, et il s'en fait un coiiiiuerce immense en Russie. Les (iliis eslimées vicnneiil de Sihi'rie, surtout celles de Wilinski et de Niirskinsk. Les bords de la AVitima, rivière qui sort d'un lac situé à l'est du Raïkal et va se jeter dans la Lena , sont (•('lèbres par les zibelines qu'on y trouve ; elles altondenl également dans la partie glacée et inhabitable des monts Altaï, ainsi (pie dans les nuintagiies de Saïaii, au delà du Jcnisseï, dans les environs de l'Oby cl le long des ruisseaux (pii lombcul dans la Touba. La fourrure d'iiivi'i- est noire, et c'est la plus précieuse. Celle d'été, jilus ou moins brunâtre et mal fournie, a beaucoup moins de valeur; mais les marchands russes, par des préparalions particulières, savent la faire passer dans le commerce pour de la marte d'hiver, et les plus lins connaisseurs s'y laissent qiielipiefois jM'endre.

Carnassière comme tous les animaux de sa famille, la marie zibeline rôde sans cesse dans tes buissons pour s'emiiarer de.s nids d'oiseau. Elle se plait |iarliciilièrement dans les halliers Idiirn's . sur les Imids des l;ics . des rivières et des 'ruisseaux ,

MARTES

dans les bois et surtout dans Cfux (lui offî-cnt ((uebiues ail)res élevés, sur les(iuels elle grimpe avec beaucoup d'agilité. (Quelquefois elle s'établit dans un terrier qu'elle se creuse en terrain sec, sur une pente rapide, et dont l'enlrée se trouve toujours iiias(iuée par des ronces et d'épais buissons. Quelquefois aussi elle se loge dans les trous d'arbre, où elle s'empare du nid d'une elinuelle ou d'un petil-gris. Aussi cruelle, aussi rusée ipie la fouine, elle est beaucoup pins l'aioucbe, et jamais ne s'approebe, comme celle dernière, des lieux habités. Son courage n'est nullement comparable à son peu de force; quel que soit l'ennemi (jui l'attaque, elle se défend avec fureur juscpi'à son dernier moment, et })arvient quebpiel'ois à écli.ipper à la dent meurtrière (In chien le mieux dressé à la chasse. Son corsage di'lii' lui permet de se glisser dans les plus petits trous; sa force musculaire et ses ongles pointus lui donnent une extrême facilité à grimper, à s'élancer de branche en branche pour poursuivre , jusqu'au sommet des plus minces rameaux , les oiseaux, les écureuils et autres |)elils auiuiaux, auxcpiels elle fait une guerre d'extermination, yuehiuel'ois elle suit le bord des ruisseaux pour s'euq)arcr, faute de mieux, des reptiles aquatiques et même des poussons , si on en croit quelques voyageurs et BulFon ; mais ce fait me paraît trèscontcslable. Elle mange des insectes quand elle manque de gibier, et ((uelcpiefois elle se contente de (juclques baies sucrées , telles ipic celles de l'airelle , etc.

Sur quatre-vingt mille exilés, plus ou moins, ((ui |)euplent habituellement la Sibérie , environ quinze mille sont employés à la chasse de l'hermine et de la zibeline. Ils se réunissent en petites trou|)es de quinze ou vingt, rarement jdus ou moins, afin de pouvoir se prêter un mutuel secours, sans cependani se nuire en chassant. Sur deux ou trois traîneaux attelés de chiens, ils emportent leurs provisions de voyage, consistant en poudre, plomb, cau-<le-vie, fourrures pour se couvrir, quelques vivres d'assez mauvaisecpialité, et une bonne (|uan(ité de |iiéges. AussitiH (|ue les gelées ont suirisammenl durci la suil'ace de la neige, ces petites caravanes se metlent en route et s'i ufonceut dans le désert, chacune d'un coté diirérent. Quand le ciel de la nuit n'est pas voilé [>ar des brouillards, elles dirigent leur voyage au moyen de ((uelque constellalion ; pendant le jour elles consultent le soleil ou une petite boussole de poche. Quelques chassein's se servent, pour marciici', de palius eu bois à la manière de ceux des Samoïèdes; d'autres n'ont pour chaussure ([uc de gros souliers ferrés et des guêtres de cuir ou de feutre.

Chaque traîneau a ordinairement un atlclage de huit chiens; mais pendant (jue (jualre le tirent, les quatre autres se re|)osenl, soit en suivant leurs maîtres, soit en se couchant à une place ipii leur est n'Servée sur le traîneau même. Ils se relayent de deux heures en deux heures. Pendant les premiers jours on fait de grandes marches, afin de gagner le jihis lot possible l'endroit où l'on doit chasser, et cet endioit est (picl((uefois à deux ou trois cents lieues de dislance du point d'où l'on est |iarli. Mais jilus on avance dans le désert, plus les obstach^s se umlliplient. iauli'it c'est un torrent non encore glacé i|u'il faut traverser; alors on est obligé d'entrer dans l'eau jusipi'à l'estomac et de porter les traîneaux sur l'autre bord, en se frayant un passage à travers les glaçons charriés par les eaux, l'ne autre fois, c'est un bois a traverser en se faisant jour à coups de hache dans les broussailles; puis un pic de glace à monter, et alors les chassems, après s'être attaché des crampons aux pieds, s'alicllcnt avec leurs chiens j)our faire grimper les traîneaux à force de bras.

Là, un hiver de neuf mois couvre la terre d'i'pais frimas; jamais le sol ne (h^gèle :\ jilus de. Uv.is nu quatre pieds de jirofondenr, et la nature, éternellement morte, jelle dans l'Ame r('p(mvante et la (b'solation ; à peine si une vc'gf'taliou languissante couvre les plaines de quelque verdure pendant le court intervalle de l'été; et des bruyères stériles, de maigres bouleaux, rpndques arbi-es r('siiu'u\ rachitiipies, font rornemcul le plus pillorcsque

de ces climals glacés. Là, tous les êtres vivants ont subi la triste influence du désert : les rares habitants qui traînent dans les neiges leur existence cngounlie sont presque des sauvages difformes et abrutis; les animaux y sont farouches et féroces, et tous, si j'en excepte le renne, ne sont utiles à l'homme que par leur fourrure : tels sont les ours blancs, les loups gris, les renards bleus, les blanciies hermines et la marte zibeline. 'Venons à nos ciiasseurs.

L'hiver augmente d'inlensité ; les longues nuits deviennent pins sombres parce que l'air est surchargé d'une fine poussière de glace qui l'obscurcit; vers le nord, le ciel se colore d'une lumière rouge et ensanglantée, annonçant les aurores boréales. Les gloutons, les ours, les louiis et autres animaux féroces, ne trouvant plus sur la terre couverte de neige leur nourriture accoutumée, errent dans les ténèbres, s'approchent audacieusement de la petite caravane, et font retentir les roches de glace de leurs sinistres hurlements. Chaque soir, lorsqu'on arrive au l)icd d'une montagne (pu peut servir d'abri contre le veut du nord, il faut camiier. On se fait une sorte de remiiarl avec les (raineaux; on tend au-dessus une toile soutenue par ([m'hiues perches de sa|)in coupées dans un bois voisin. On place au milien de cette fa(;on de tente un fagot de broussailles auquel on met le feu. Chacun étend lUie peau d'oiu's sur la gl.ice, se couche dessus, et se couvre île son manteau fourré, et attend le lendemain pour se remettre en route.

Pendant (pie les chasseurs dormrni , l'un d Ciix fiii senliueile, et souvent son coup de fusil annonce l'approche d'mi ours féroce on d'une troupe de loups all'amés. Il faut se lever à la liAle, et (piel((uefoiss(Uilenir une alï'rense lulte avec ces terribles animaux. Mais il arrive aussi (pie la nuit n'est Iroublée par aucun bruit , si ce n'est le sinit'Uient du vent du nord ipii glisse sur la neige, et par une sorte de petit bruissement particulier sur la loilc de la tente. Les chasseurs ont dormi profunib'ment, et il est grand jour ((uand ils se réveillent; ils a|ipelleut la sentinelle, mais personne ne répond; leur Crtuir se serre; ils se bi'Uent de sortir, car ils savent ce (pie signifie ce silence. Leur camarade est là, assis sur nu tronc de sapin renversé; il a bien fait son devoir de surveillant , car son fusil csl sur ses genoux , son doigt sur la g;1cbelle, et SCS yeux sont toiiriii's vers la montagne où, la nuit, les hiirlemenls des loups se sont fail eiilcndre ; mais ce n'est plus un homme (pii est en sentimilc, c'est un bloc de glace. Ses compagnons, après avoir versé une larme sur sa dcsiinée, le laissent là , assis dans le désert, et se réservent de lui donner la sépulture six mois plus tard, en repassant, lors(prun froid moins intense permetlra d'ouvrir un trou dans la glace. Ils le retrouveront à la même place , dans la même attiliule et dans le même état, si un ours n'a pas essayé d'entamer avec ses dents des chairs blanches et roses comme de la cire colorée, mais dures comme le granit.

Knfin , après mille f.iligiies et mille dangers épouvanlables , la [letite caravaiKî arrive dans une coutri'C coii|iée de collines et de uiisseanx. Les chasseurs les plus expéiiineiit('s tracent le plan d'une misérable cabane construite avec des iierches et de vieux troncs de bouleau à moiti(= pourris. Us la couvrent d'herbe sèche et de mousse, et laissent au haut du toi! un Iroii pour donner jiassage à la.biiiK'e. l'n autre trou, par leipiel (ui ne peut .se glisser ipi'en rainpanl , .sert de porte, et il n'y a pas d'aulrc ouverture (lour introduire l'air et la lumière. C'est là (pie (piinze malheureux passent les cimi ou six mois les plus rudes de l'hiver ; c'esl là (pi'ils braveront rincléiuencc d'une tempe'raturc descendant prcsipie chaipie jour à \iiigl-denx ou vingt cini| degrés du Ihermomèlre de tléaumiir. l.m'squc les travaux de la cabane sont Icrmini's, lorsipie le cliaudron est jdacé au milieu de l'habilalion sur le l'iiycr jiour faire fondre la glace qui doit leur fournir de l'eau, busipic la mousse et les lichens sont disposés ])0Ur faire les lils, alors les chasseurs partent ensemble pour aller visiter leur

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

nouveau domaine , et pour diviser le pays en autant de cantons (le chasse qu'il y a d'horames. Quand les limites en sont définitivement trace'es, on tire ces cantons au sort, et chacun a le sien en toute proprie'te' pendant la saison de la chasse, et aucun d'eux ne se permettrait d'empiéter sur celui de ses voisins. Ils jiassent toute la journée à tendre des pièges partout où ils voient sur la neige des impressions de pieds annonçant le passage ordinaire des martes , hermines et renards bleus; ils poursuivent aussi ces animaux dans les bois, à coups de fusil : ce qui exige une grande adresse; car, pour ne pas gâter la peau, ils sont obligés de tirer à balle franche. Le soir tous se rendent à la cabane . et la pre-

qu'il se laisse aller aux pleurs , puis au sommeil , il est certain qu'il ne se réveillera plus.

Le Wiij.iCK ou Maute pêcheuse {Mustela piscatoria , Less. Mustela melanorhyncha, Bodd. Mustela Pennanti, Eux.) n'est peut-être qu'une variété de la précédente, mais appartenant à l'Amérique septentrionale. Elle est noire, avec la face et les côtés du cou d'un cendré mêlé de noir; ses oreilles sont arrondies, larges, bordées de noir; elle a des moustaches longues et soyeuses; sa ipieue est très-touffue , et ses larges pieds sont velus. Elle a les mêmes mœurs que la zibeline. Elle habite la Pensylvanie et les bords du grand lac des Esclaves.

Cabane et enclos des Cerfs d'Europe

mlère chose ipi'ils foni est de se regarder mutuellement le bout du nez: si l'un d'eu\ l'a blanc comme de la cire vierge et un peu transparent, c'est (pi'il l'a gelé, ce dont il ne s'aperroit pas luimême. Alors on ne laùsse pas le chasseur s'ajiprocher du feu , et on lui applic|ue sur le nez une comjiresse de neige (pie l'on rc ncjuvcllc à mesure (pi'elle se fond, jus(prà ce (pie la partie malade ait repris sa couleur naturelle. Ils traitent de même les mains et les pieds gcb's ; mais, malgré ces soins , il est rare (pic la petite caravane se remette en roule au printemps sans ramener avec elle quelques estropi(;s. Dans les hivers extrêmement rigoureux , il est arrivé maintes fois (pie des caravanes enti('res de chasseurs sont rest(Ts gelc'es dans leurs huttes, ou ont été englouties dans les neiges. Les douleurs morales des exih's, venant ajouter aux rigueurs de cet affreux climat, ont aussi poussé trc-ssouvenl bw chasseurs au (h^'ouragement ; et, dans ces .solitudes épouvantables, il n'y a (pi'un pas du découragement à la uiorl Qu'un exilé haras.sé s'asseye mu i|uarl d'heure au pied d un arbre,

!.<■ I'i,ii\N [Mustela ainadensis. Lis. Le l'clcan, lii i r.) est un peu plus grand que les espt;ces précédentes. Ses pattes, sa (pieue, le dessous de son corps et son museau sont d'un brun marron trèsfiincé; ses oreilles sont l)lanrliAtres ; le reste du corps est d'un brun gris varie' de noir^'llre, tr('s-(liangeaiil, et pass.inl ipiebpielois au noir ; quelquefois une taciu' se dessine sur sa gorge. Celle espèce vit sur le bord des lacs et des rivières , dans des terriers (pTclle sait se creuser. Elle habite le Canada et le nord des F.lals- Inis.

La Maute nus IltiiioNS [Mustela huro, Vr Ciiv.) est ordiiiaireiiienl d'un blond clair , avec les pattes et l'exlrémiti' de la (pieiie plus foncées et quelquefois brunes. Celle espèce varie beaucoup pour les couleurs, car on en voit au Mus('um dont les parties inférieures du corps sont|)lus fonc('cs que les suin'rienres, et d'autres où les cDuleurs sont dans uiu' diNposilion inverse; la tête e-t ipieliiuefois blanili;\lre on même enlièreniciiliiianclie. Elle habit(^ rAinériipie ■-e|i|eiMrionale.

MARTES

La Maute grise ( Mustela poUoci'phala , Less. Viverra poliocephala , TiiAiLL.). Celle espèce est plus haule sur jambes que les autres; elle est noire sur le corps, grise sur la tête et sur le cou , et porte sur la gorge une tache jaune entoure'e d'un liord noir (le jais ; ses poils sont fort longs sur la nuque, et lui forment une sorte de collerette. On la trouve dans les forêts de Demerary à lu (Guyane.

La ZoRRA [Musteta sinuensis, III mu ) a le corps moins vermiforme que les autres martes; elle est d'un gris noirâtre uniforme, avec l'intérieur des oreilles et le ventre blancs. Elle habite la Nouvelle- Grenade, et chasse aux petits oiseaux.

Le CujA {Musiela cuja, Moi.i>a) est de l.i laiiic du furet; son pelage est trèsiloux, e'pais, cnlièremcnt noir, sa ipieue est aussi longue (|ue son corps, toull'ue ; son museau se termine en sorte de groin. 11 habite le Chili, et se nourrit d'oiseaux, et de petits mammifères.

très. En Lorraine, on en trouve quelquefois une varie'te' blanchâtre ou jaunâtre.

Le putois ou puani habile les climats tempe're's de l'Europe, et il est assez commun partout. Son nom vient de l'odeur infecte qu'il exhale, surtout lorsqu'on i'irrite ; cette odeur devient alors tellement forte , (}u'elle de'goùte et e'carle les chiens. Ses mœurs ont beaucoup d'analogie avec celles de la fouine ; aussi nos cultivateurs les confondent-ils souvent, au moins dans leurs méfaits. 11 habile la campagne dans la belle saison ; mais aussitôt que les premiers froids se fout sentir, et que les bois commencent à se dépouiller de leurs feuilles, il se rapproche des habitations et se loge dans les vieux bâtiments, les granges et les greniers à foin. 11 dort pendant le jour, et ne sort de sa retraite i)ue la nuit pour aller à la chasse des souris, des mulots, des insectes et de tous les petits animaux qu'il o.se attaquer impunément. 11 a toute la cruauté , toute l'audace des maries ; mais il est plus rusé , plus

iLQAUr.oui.l.uu.a

Le Furet.

Le yuiuui (Mustela quiqui , Molina) se rapproche de la belette ; sa couleur est brune, sa tête aplatie; son museau en forme de groin, avec une tache blanche au milieu du nez ; ses oreilles sont courtes et rondes. Elle se trouve au Chili , habile des terriers, et se nourrit de petits animaux. Du reste, il me parait fort douteux que cette espèce et la précédente appartiennent au genre des martes. Quand on les connaîtra mieux, il faudra cerlaiiieuienl les reporter aillcLu-s, ou, probablement, leur cr('er un genre nouveau.

2" GE^RE. Les PI TdIS {Putorius, Cuv.) ressendilcnt bcauioui> aux martes, mais ils n ont ((ue (pialre fausses molaires à la iiiâchoire supérieure, six à l'inférieure, et jioinl de tul)(r(ule ultérieur à la carnassière inférieure. Leur tète est un peu moins allongée (pie dans le genre précédent, et tous exhalent une odeur désagréable.

Le Putois commun {l'utorius vulgaris. — Mustdâ pulorius. Lin. Le Pulois , Buri-. Le Putois commun, G. Civ.). Il a un peu plus d'un pied (0,5"25) de longueur, non compris la (picuc, qui a environ six pouces (0,1(!'il. Il est d'un brun noirâlrc, assez foncé sur les membres, mais i>his clair et prenant une teinte plus fauve sur les lianes , il a le bout du museau , les oreilles et une tache derrière l'œil blancs; ses poils iiih'rieurs laineux sont blanchâ-

déliant , et donne moins souvent dans les pièges qui lui sont tendus. « Il se glisse dans les basses-cours, dit BufTon, monte aux volières, aux colombiers, où, sans faire autant de bruit que la fouine, il fait plus de dégâts. Il couiie ou écrase la tète à loiilcs les volailles , et ensuite il les emi>orle une à une et en fait un magasin. Si, comme il arrive souvent , il ne peut les emporter entières, parce (piele trou paroîi il est entré se trouve trop étroit, il leur mange la cervelle et emporte les tètes. 11 est aussi fort avide de miel; il atlaipie les ruches en hiver, et force les abeilles à les abandonner. Il ne s'éloigne guère des lieux habités. Il ciilre en amour au printemps. Les mâles se battent sur les toits, et se disputent la femelle; ensuite ils l'abandonnent et vont jinsscr l'été à la campagne ou dans les bois. La femelle , au coiilraiic , reste dans son grenier jus(pi'à ce ([u'elle ait mis bas, el n'emmène ses petits que vers le milieu ou la lin de l'été. Elle en fail trois ou quatre et quelquefois cinq, ne les allaite pas longtemps, et les accoutume de bonne heure à sucer du sang et des œufs. «

l'ciKlaiit (pi'il lialMl<' la campagne , le i)ulois fixe son domicile dans MU creux de rocher <iii un tronc d'arbre, s'il n'y a ])as de Irou de l.q)in dans les environs .Mais s'il rencontre une garenne, il choisit un terrier qui lui convient, en chasse ou en tue les habitants, et s'y établit commodément. Dans ces heureuses circonstances , il trouve chaque jour la facilité de satisfaire son goi'it

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