LES CARNASSIERS DIGIÏICR A DES
pour le carnage et sa soif de sang , car, grâce à sa taille fluetle, il se glisse aisémeni dans les terriers et massacre tout ce (luil y trouve; aussi, suffit-il d'une seule famille de putois pour dépeupler dans une seule saison la plus riche garenne. S'il n'y a pas de lapins dans les environs, il bal la campagne toute la nuit, cherche les nids de perdris , d alouette , de caille , etc. , et manque rarement de surprendre la raèie sur ses œufs. Il en re'sulle que les chasseurs , dont il détruit les espérances, lui font inie guerre d'extermination. Quoique très-sauvage, le putojs ne manque pas d'intelligence ; ce qui ferait croire qu'on viendi'ait facileraenl à bout de l'apprivoiser et de s'en servir à la chasse du lapin, si l'on n'avait pas le furet.
Le Nuise nii Furet (Putorius furo. — Musiela furo, Us. Le Furet, Blff. Probablement VIcHs d'ÀKiSTOTE) n'est qu'une variété du putois , dont il ne did'èrc que par son pelage d'un blanc jaunùtre et ses yeux roses , et , dans ce cas , je le crois un albinos dont on aura perpétué la race et la maladie ])ar la domesticité. Ceci me paraît d'autant plus vrai , (|u'on en élève souvent dont le pelage est mêlé de blanc, de fauve et de noir, ainsi que celui du putois ; ceux-là n'ont pas les yeux noirs.
Quoi qu'il en soit, le furet, (jui n'existe chez nous qu'à l'état de domesticitii, nous a ('lé apporté d Espagne, et les Espagnols l'ont eux-mêmes tiré de la Barbarie, dès la plus haute anti(juilé, si l'on s'en rapporte à Strabon. Cet animal craint le froid de nus climats, et, lorsqu'il a reconquis sa liberté, ce (pn arrive assez souvent, il périt pendant l'hiver. 11 faut bien qu'il en soit ainsi , puisipi'oii n'a jamais revu dans l'étal sauvage aucun des nond)reux imlividus qui s'écha|)pent des mains des chasseurs. Il n'en est pas de même en Espagne, où il s'est parfaitement naturalisé, et où ses mœurs ne diffèrent en rien de celles du ])utois. 11 apporte en naissant une telle haine pour les lapins , « qu'aussitôt rpion en présente un , même mort, à un jeune furet (pii n'en a jamais vu, il se jelle dessus et le mord avec l'iu-eur, dit liuiron. S'il est vivant , il le prend par le cou, par le nez , et lui suce le sang. » Les chasseurs ont profité avec empressement de cette anlipalhie pour dresser le furet à la chasse, autant que le caractère sauvage et indiscij)linable de cet animal le permettait; ils sont parvenus à en faire non un domestiipie, mais un esclave toujours en révolte, et (pi'ou ne peut conduire cpi'à la chaîne. On élève les furets dans des tonneaux ou des cages, on leur donne de la filasse dans la(|iu'lle ils aiment à s'enfoncer pour dormir, et on les nourrit avec du lait, ibi pain , du son , etc.; mais on s'abstient de leur donner de la chair, alin de leiu' faire oublier, autant ipie i)()ssible, i;e goût ]i(Mir le sang qui les fait rester le i>lus souvent dans les terrieis. lis dorment rontinuellemeul , et ne se réveillent guère que jiuur manger; ce qu'ils font avec voracité. La femelle est sensiblement plus |ielite (pie le niàle , elle le recherche avec ardeur dans le temps des amours, et il serait dangereux de les séparer à celle époipie, jiarce ipie le plus ordinairement elle mourrait de chagiin. ICIle |)()rte six semaines, et fait des petils deux fois par an. Il arrive fréÉpieminent à cette bonne mère de manger ses enfants, non par gourmandise, mais simplement pour avoir le plaisir de faire de nouvelles avances à son niàle; dans (;e cas, elle fait trois porli'es au lieu de deux. Chaque porl('(' est ordinairement de cin(| ou six petits, raieineul de huit ou neuf. Ces animaux exilaient, surtout (piaiid ils sont en colèie , une odeur fétide, tout a fait analogue à celle du putois.
Lorsqu'un se sert du furet |iuur la chasse aux lapins, on a .-oiii de le museler avant de le pri'seulcr à l'eiitrée du terrier; car sans cela il les tuerait, leur mangerait la cervelle, se goigerail de sang, puis il s'(Midormirait sur ses victimes, et rien ne serait ca paille de le réveiller , ou au moins de le délermiiier à sortir du trou. Quand il est muselé, il les attaque seulement avec les ongles; les pauvres lapins é)iouvaiilés .se bâtent de sortir pour échapper à leur cruel enneiid , et, dans leur frayeur, ils vont donner lOte baissée dans la bourse de filet «pie le chasseur a ten-
due à l'entrée du terrier. Quelquefois, malgré sa muselière, le furet vient à bout de tuer les jeunes lapins avec ses ongles, de leur ouvrir les veines et de sucer leur sang, pour s'endormir ensuite ; dans ce cas , on parvient assez souvent à le réveiller et à le faire sortir en tirant un ou deux coups de fusil , à l'entn'e du trou, ou en le fumant comme un renard. Mais on risque de l'irriter, et alors il s'enfonce davantage dans les ditrércnts canaux du terrier, et II est perdu pour le chasseur. Ou voit ipie le furet n'est réellement jamais bien apprivoisé et que , dans sa prétendue éducation, tout se borne à tirer parti de rinslinct que lui a donné la nature. Il ne reconnaît pas son niailie, n obéit à la voix de personne, et ne mani(ue guère l'oecasion de mordre la main qui le nourrit.
Le Putois u'Eversman.x {Pulorius Everninannii. — Musicla Eversmannii , Lcss.) ne me paraît encore (pi'une varii'lé du ]iutois comnnin. Son pelage est d'un jaune clair, à ])ointe de poil brune seulement sur les lombes; la ]i(iitiiuc et les pieds sont bruns; la (pieue est partout d'une égale leinle. Il a été trouvé par M. Eversmann entre Orembourg et Bukkara.
Le CiiOROCK (Pulorius sibiricus. — Mustela sibirica , Pall.) est à peu près de la taille du furet, dont il a les formes générales; mais son pelage est à poils [dus longs, d'un fauve doré en dessus, et d'un jaiuie fauve pâle en dessous; le tour du mufle est blanc , et la partie du museau comprise entre les yeux et cette partie blanche est brune. Quelques individus ont le dessous de la mâchoire inférieure blanc, d'autres de la couleur du cor])S, mais \m |iiu ]ilus clair. Le chorock habite les forêts de la Sibérie, et, ainsi (jue le putois, dont il a les niiBurs, il se rai)|irociie des habitations pendant Ihiver et dévaste les basses-cours.
Le Putois df.s Alpes (Putorius alpinus. — Musiela alpina, GiiiLin) est plus petit, plus allongé (jue le putois commun, au- «piel il ressemble; il est jaunâtre ou brunâtre en dessus, d'un jaune pâle en dessous, avec le menton blanc, ainsi (pi'une partie de la bouche. Il se loge dans les trous de rocher, ou dans des terriers dont il s'empare, et se nourrit d'oiseaux et de petits mammifères.
Le Viso.N {Pulorius vison. — ,)[uslfla rusnn, Lin. Le lYso«, Buir. — G. Cuv.), (pie l'on a souvent placé mal à pioiios avec les martes, est d'un brun jdus ou moins foncé, tirant plus ou moins sur le fauve, avec une tache blanche à l'extrémité de la mâchoire inférieure; sa queue est noirâtre. Il n'a pas les pieds palmés, comme l'ont dit les naluralisles. Celle esiiècc vit dans des terriers qu'elle se creuse au bord des eaux dans le Canada et dans tout le nord de l'AuK'riipie. Sa fourrure brillante est fort estimée.
Le MiNk lits AjiÉiiicAiNS [l'ulorius lulrcucephalus. — MusUla lulreocephala, Haih.an. La Marie à tête de loutre de quebjues naturalistes) ne doit être confondu, ni avec le Vison, ni avec la Musiela lulreola de l'allas on luhcuri. Il est d'un blanc jaunâtre, plus clair en dessous, avec la ipieue d un brun lernigiiieux , ce ipii le distingue du vison; sa taille est double de celle du luluuri, et il ressemble à la loulre par la forme de sa tête el de ses oreilles ; ses doigts sont à demi i)alinés. Il habite le Maryland.
Le Putois maiihox- [Pulorius rufus. — Musiela rufa, Dksm.) est encore une esjièce douteuse (pii peut a|)parlenir au vison ou au tuhcuri. Il a un pied scjil iioiices ((l,.')l l) de longueur totale. Son j)elage est d'un roux rnarnui , plus f(uicé en dessous (pi'cn dessus, et composé de poils annelés de brun myrron et de jaiinAlre ; sa (pieiic est brune à sa pointe, ainsi que ses quatre extrémités. Il habile l'Amériipie Ce n'est peut-être (pi'une varii'lé du précédent.
Le TuiicuRi, ou M(h;\ck, ou Nihjus [Pulorius lutreolus. — .l/u.v/e/a lulreola, Pai.i,. Luira jttinor, Enxi.. Le M ink des naluralisles. Le Tuhcuri des Finlandais. Le Mintck des Russes , el le Nœrs ou A'(i/(/t des Prussiens) est un peu plus pelil (pie le vison ; son jielage est d'un brun noirâtre, a\ec le dernier tiers de la (pieue tout à fait noir; la lèvre siii)éricure, le inculou et le dessous du
MARTES
cou sont l)l;incs; il a les lùeds à demi |i.i!mi's. Cet animal luiljite le noi-il (le IKiirope, et surfont la l'iiilainle. Il se tient sur le bord des eaux, et se nourrit de grennuilks, d'e'crevisses et de poissons, qu'il poursuit dans les on<Ies. Ses habitudes titinient a la fois de celles des putois et de celles des loutres. Il n'exhale qu'une légère odeur de musc, peu desagre'able, d'où il re'sulte que sa fourrure, d'ailleurs fort belle, est plus recherehe'e que celle de la plupart des autres aniniau.x de son genre.
I.c FiiiEX Di: Java (Puiiirius ««(///jck. — Musicio nudipes, F». Ciiv.) est un peu plus petit que le putois commun ; son pelage est d'un beau roux doré très-brillant; la tèt(^ et l'extrc'mite de la queue sont blanches ou d'un blanc jaunftlre; le dessous de ses pieds est entièrement nu. Il a été trouvé à .lava, et l'on pense que ses mœurs sont les mêmes que celles de notre putois commun .
Le Pékoi'asca ou Putois ue Pologne (Pulorius sarmalicus. — Musiela sarinalica, Paul ) est un peu j)lus petit que notie furet , et a le poil très-court, d'un beau fauve clair, parsemé de nombreuses taches brunes en dessus; le dessous, les membres et le bout (le 1.1 (pieue sont d'un brun fiine(' ; l'di'eille, le bout du museau et le dessous de la m;\ehoir(' inférieure sont blancs; il a sur le front une bande blanche en fer à cheval, naissant sous les oreilles et passant sur les yeux. Du reste, son pelage varie. Le j)érouasca est un animal vorace, cruel, ayant toutes les habitudes de notre putois. Il fait une guerre aelinrnce et continuelle aux mulots, souris, loirs et autres petits mammifères rongeurs. Quand il est irrité, il exhale de même une odeur très-fétide.
La Bki.ette (Puiorius mustela. — Musiela vulijaris, Lix.) a six pouces (0,1C2) de longueur, non compris 1,1 (pieue, qui a environ deux pouces (O.O'ii). Son rorps e.st exlri'meuuut ellib', d'un brun roux en dessus, blanc en dessous; r('xlr('niil(; de sa queue n'est jamais noire, ce ((ui sert à la distinguer de l'hermine.
La belette et l'hermine se trouvent dans les mêmes parties de l'Europe, mais avec cette différence q\ie la première est trèseomuuMie dans les pays tempérés, tandis ((ue l'autre y est fort rare, et que Ihermine, Irès-conmiune dans leseonli-ées froides, est très-rare dans les pays tempérés. La belette ne s'écarte guère des habitations, si ce n'est pendant la belle saison ; alors elle jiart pour la campagne, suit le bord des ruisseaux et des petites rivières, se plaît dans les haies des prairies sèches et des petites vallées, se loge dans un trou de rocher ou dans un tas de pierres plus souvent dans un terrier creusé par les taupes ou les mulots, (|uel(pul'ois dans un tronc d'arbre, ou mt'ime dans la carcasse d'un animal mort et à demi putréfié, connue l'a observé lîulfon. Son œil vif et sa marche dégagée lui donnent un air d'effronterie reuiar(|uable (piand , se croyant hors de danger sur les branches d'un ailiriî, elle regarde le chasseur. Elle est d'une agilité surprenante, et ses nioiivemenls sont si aise's, si gracieux, (pi On croirait que les sauts les ]>lus prodigieux ne lui coûtent aucun effort. Sa vivacité ne lui permet pas de marcher, elle bondit; si elle grinqie à un arbre, d'un premier élan elle |)arvieul à niu\ («i six pieds de liaulciir, et elU^ s'élanc(^ ensuil(^ de bianclie en branche avec la même agilité (pi'un ('(iMeuil. Dans la canqiagne, elle fait la chasse aux taupes, aux nmlots, aux oiseaux, aux rats d'eau , aux lézards et aux serpents. On a raconté » ce sujet que lors(pi'en se battant contre une vipère elle en était mordue, elle allait aus.sit('it s(' roider sur une certaine herbe, en m:'*i'hait (juel- (pies feuilles , et revenait guéiie au condial. Aujourd'hui, ces erreius n'ont pas besoin de réfutation. Le coiuage de ce petit animal est extraordinaire; il combat le surmulot deux fois plus gros que lui, renla(^e de son corps llexible, l'élreint de ses grill'es et Unit par le tuer. Elle ose même attaipur un lièvre de sejit à huit livies, cl j'ai été témoin de ce fait. Dans une plaine découverte, je vis un jour un lièvre s (■lancer de son gite , courir de toute sa force, en décrivant de grands cercles ou plut('it des spirales se rétrécissant peu à peu. Cette manoeuvre, que je ne ])ouvais m'expliiiuer, car je n'en soupçonnais pas la cause, dura sept
à huit minutes, et enlin le lièvre iumba se roulant sur la terre et criant comme lors(pi'i! est pris par des chiens. ,Ie m'approchai à la hMe, et quand j'en fus h (piehpies pas, il était expirant. Une belette s'était crauqionnée sur son cou et lui faisait tran(|uillement un trou dans le crâne, pendant que le malheureux animal faisait des efforts inimaginables pour s'en délivrer. J'ai entendu dii'e qu'une belette, cranqionuée au cou d'un faisan, d'ini tétras ou autre oiseau vigoureux, se laisse plutôt emporter |iar lui dans les airs que de liicher prise, et je le crois depuis que j'ai vu ce (pie je viens de raconter.
liuffon dit (|ue la belette ne chasse (jne la nuit, et en ceci il se tronqie : il n'est pas de chasseurs (|ui n'en aient rencontré fréqueumient le joui-, et moi-même j'ai |iu observer maintes l'ois, et en ]dein soleil, son adresse à surprendre les petits oiseaux (pii se posent sur la haie où elle se met en embuscade. Si un moineau l'aperçoit, il a]ipelle aussit(H ses compagnons qui l'entourent et la harcèlent de leurs cris; mais, loin de s'en laisser étourdir et de fuir comme la marte ou la fouine, elle profite de la circonstance j)our saisir et emporter le plus hardi ou le [ilus imi>rudenl. C'est au printemps qu'elle met bas, dans un nid qu'elle s'est pr('paré à l'avance avec de la paille, du foin, des feuilles sèches et de la mousse , dans un trou de saule ou un terrier. Elle fait ordinairement de trois à cinij petits (pji grandissent fort vite, et qui ne tardent guère à suivre leur mère à la chasse. Lorsijue vient la mauvaise saison, toute la fandllc gagne la plus prochaine habitation et va se loger dans un grenier à fourrage ou une grange. C'est alors qu'elle est dangereuse pour les cultivateurs, car sa taille lui iiermet de se glisseï- dans les plus petits trous, et si elle ])eut pe'nétrer dans un colombier ou un poulailler, elle y fait les mêmes dégMs (pu' la fouine et le jiutois. Cependant, elle attaque rarement les coijs et les vieilles poules, non yias, comme l'ont dit quelques naturalistes, qu'elle puisse être repoussée par eux à coiqis de bec, mais bien parce (pi'elle donne la iiréférenee auxjeunes volailles et partiiiilièrement aux ]ioussins. Si le hasard la fait tomber sur une couvée de ces derniers, elle les tue tous et les emporte les uns après les autres. Conmie tous les animaux de son genre, c'est toujours par la tête qu'elle attaque ses victimes; elle leur perce le crâne un peu au-dessus du cou, et leur suce la cervelle jiar cette ouverture fort ))etitc. Le plus souvent elle abandonne le cadavre sans y toucher autrement.
.M. de Bullon dit (pie la belette ne s'apiu-ivoise jamais, et qii il faut constamment la tenir en cage si on veut la garder en captivité. Pourtant, il est certain ([u'elle s'apprivoise mieux (pi'am un autre animal de sa fmiille, pourvu ((u'elle soit prise fort jeune et traitée avec beaucoup de douceur. J'en ai vu une ipii venait à la voix de son maître chercher sa nourriture dans la main. On la tenait dans une boite d'eau de Cologne où l'on avait [ilacé des étmipes. Elle aimait beaucoup à s'y enfoncer pour dormir une grande jiartic de son teuqis. Elle s'occupait le reste du jour à fureter dans tous les coins de ra]i|)arlemeiit, à courir après les moiiclies et les ai'aigru'es , faute de rats et de souris; mais elle ue tentait pas de s'éehajqier, (pioique la porte fut souvent ouverte. L'approche des étrangers l'effrayait, et aussitôt elle se sauvait dans sa boîte et se cachait dans ses éloupes. On la nourrissait de pain trempé dans du lait, et de viande. L'odeur (pi'elle exhalait n'était pas assez forte pour se faire sentir dans l'apparteuienl.
On trouve en France une vari('l(' de belette entièrement jaunâtre, et une autre, plus rare, parfaitement blanche, surtout en hiver. On les distingue de l'hermine et de l'hermineltc en ce (pi'elles n'ont jamais de noir ,m bout de la (pieue.
L lli iiMiM-TTi; ou l!i.ii;i ri', m s NEK.rs (l'ulorius nivalif. — ,)/iisli'lci niralis , Lix. Musiela rulyaris, var. Cviel. MusIcIh Iteriiiiiica , var. Domi.) a été regardée par les uns comme variété de l'hermine, par les autres comme variété de la belette. Quant a moi, je penche vers la première o))inion , par la raison qu'elle a constamment du noir à l'extrémité de la queue. Du reste, elle est en-
LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.
tièrement blanche su» toutes les autres parties. Elle habite le nord rlc l'Europe, et se trouve quelquefois en France.
L'Hermine (Putorïus hermellanus. — Mustela herminea. Lin. Musiela alba , Gesn. V Hermine ou le Roselet , Buif.), en pelage d'ete', porte le nom de roselet : alors elle est généralement d'un brun marron plus ou moins pâle en dessus, et d'un blanc quelquefois un peu jaunâtre en dessous, avec la mâchoire inférieure blanche; sa queue est brune, avec l'e-xtrémité noire en tous temps. En hiver, on la nomme /lerm/ne ; et elle est entièrement blanche , si ce n'est le bout de la queue <]ui reste noir.
L'hermine atteint ordinairement une taille un peu plus grande que la belette, à laquelle, du reste, elle ressemble beaucoup. Elle a jusqu'à neuf pouces six ligues (0,2.j8) du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a un peu plus de trois pouces cl demi (O.OÎJ.'i). Cet animal ne se trouve pas dans les i)ays chauds, et il est d'autant plus rare dans ceu\ i|ui .sont tempères que leur zone se rapproche plus du midi. Cependant il est assez commun en France, dans les grandes forêts, surtout en Normandie et en
cieuses, surtout quand elle a ce blanc éclatant qu'elle perd toujours plus ou moins, en vieillissant, pour prendre une teinte un peu jaunâtre. Les hermines/{ue l'on trouve en France ont de la valeur, mais moins que celles du Nord ; parce qu'elles ne sont jamais aussi blanches, et que, même pendant les plus grands fruids, elles ont toujours cette légère teinte jaunâtre qui les déprécie.
La Belette alpine {Putorius allaïcus. — Musiela alla'ica. Pâli, ) doit peut-être se placer à côté de l'hermine; mais il est fort dillicile d'avoir là-dessus qiiebpic certitude, car on ne la connaît, je crois, que par cette phrase de Pallas : « Queue deux fois plus longue que la tête et d'une seule couleur. » Elle est du nord de l'Asie et de l'Europe. Est-ce une variété de notre belette commune?
La IJLLETTE ii'.4iFniyiiE (^Puturius africanus. — J/us(p/tt africana, Besm.) a dix p()uc<'S (0,:271) de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, et celle-ci a environ six pouces (0,1 02). Elle est d'un brun roussàtre en dessus, d'un jaune blanchâtre en dessous, avec une bande brune longitudinale et étroite sur le
L<i Moufette.
Bretagne. Les pays où il abonde sont la Russie, la Norvège, la Laponie et la Sibérie; ou le retrouve aussi dans r.\mérique septentrionale. Nous avons dit, à propos de la zilieline, comment on lui faisait la eha.sse, et nous renvoyons à cet article les lecteurs qui veulent savoir combien le luxe le plus futile des riches coûte de larmes et de misères aux pauvres. L'hermine a les mêmes mœurs que la belette, à cela près qu'elle est d'un caractère |)lus farouche, (pi'elle ne se plaît (pie dans les forêts les plus sauvages, et (jue jamais elle ne s'approche de lliabitation des hommes. Elle se nourrit d'écureuils, de petits-gris, de rats et autres petits mammifères; elle se hasarde qiiehpiefois dans les prairies et les roseaux pour chercher les œufs de caille, de perdrix, de canard et d'autres oiseaux, dont elle est très-l'riande. (loinine la belette, elle s'élève très-bien en cai)tivité et elle s'apprivoise même beaucoup mieux; mais au lieu de blanchir l'hiver comme en liberté , son pelage reste d'un brun sale et terne. Sa fourrure, en pos.scssion de|)uis longlemps d'orner la robe de nos docirur.s, et, ce i|ui est beaucoup moins ridicule, les robes de nos dames, est, comme tout le monde le s.iil, l'objet d'un commerce considérable. Elle est extrêinciMeiil estimée panni les plus pié-
ventre. On la croit d'Afriipie, et l'on ne sait rien de ses mœurs La BuETTK liAYLE (Puiorius striatus. — Musiela siriala, (iKorr.) est à peu près de la taille d'une belette; le dessous du corps est d'un blanc grisâtre; la queue est blanche ; le dos et tout le dessus du corps sont d'un brun foncé, avec cinq raies longitudinales blanches. Elle habile Madagascar et doit avoir les mêmes mœurs que notre beictie, si les analogies de foruK; entraînent, comme on le croit, les analogies de mœ-urs. Cette espèce est devenue le type du genre (Jalidictis d'Is. Geoffroy.
7)'- Genhe, Les MOUFETTES {Mephilis, Civ.) ont trento-deux dents : six incisives et deux canines à chaque mâ(dioire; six molaires à celle d'en haut et dix à celle d'en bas. Leur cori>s est allongé, ari|U('; elles ont des glandes anales qui sécrètent, surtout (piand l'animal est irrité, une ll(iucur extrêmement fétide, ce (|ui leur a valu leurs noms de hèles puantes , moufettes, enfants du diable , etc. O'ttc llipieur est versée par les glandes dans l'anus. Les doigts des pieds sont séparés et armés d'ongles forts, surtout ceux des ]iieds antérieurs, (pii sont très-propres à fouir la terre, Ellis ont iMie (jueue longue et loudiie.
MARTES
La MoiFETTE d'Amérique [Mephilis americana, Desm.) est de la taille d'un chat ordinaire; son pelage est doux, lustré, ordinairement d'un brun noirâtre, avec des raies et des bandes blanches longitudinales ; sa queue est couverte de poils longs et très-toulïus. Elle habite 1 Aniériiiue.
Les moufettes sont généralement plus grandes, plus trapues que les putois; ce sont des animaux nocturnes (pii habitent des terriers (juils savent se creuser sur la lisière des bois ou des trous
dégftis parmi la volaille, qu'elle altai|ue par la tête pour lui manger la cervelle, instinct (pie l'on trouve, d'ailleurs, dans tous les petits carnassiers. Moins sauvage que la marte , plus clTrontée que les putois, elle ose [lénétrer dans les habitations et jusque dans les caves et les celliers. Llle doit celte audace non à sa force ni à son courage, mais à une arme singulière cpii lu: uuuKiue jamais de mettre en fuite ses ennemis même les plus arharnés; et cette arme n'est rien autre chose que l'odeur infecte, iusuppor-
f.ibare et enrlos des Gazelles de l'Algérie.
d'arbre et des fentes de rocher; ils n'en sortent qu'après le soleil couché i)our aller faire la chasse aux mulots et auK autres petits mammifères, aux oiseaux, dont ils aiment beaucoup les œufs, el à une foule d'autres petits habitants des bois, dont ils font un grand carnage. Faute de mieux, ils se nourrissent d'iii-
J^l- , fx*»»'
sectes, et l'on dit même de fruits. La moufette est privée de la faculté de grimper sur les arbres, si l'on en croit nos naturalistes, (pioiipie beaucoup de voyageurs disent le contraire, aussi est-elle moins ilangeniise (|ue les marli's et les ]iiit(iis jninr les basses-cours, où elle ne peut pénétrer cpie dilliciliiiicut ; mais quand par bonne fortune elle peut s'y glisser, elle f.ùt les mêmes
table, qu'elle exhale à vohinté. La li(pieur qui la produit est épaisse, jaunâtre ou venh'ilre, seudilable à du pus, renfermée dans deux grosses glandes enloun'es de muscles puissants, de manière que, lorsque l'animal est irrilt', il comprime violemmenl,ses
glandes, et la liqueur emiioisonnéejpeut être lancée assez loin par l'anus. Comme la moufette porte constamment la queue retroussée .sur son dos, cette partie est, ainsi (juc le reste du pelage, à l'abri de son allcinle, d'où il résulte tpu- l'animal luimême n'a i)as d'odeur, ou du moins eu a une supporlalile. C'est ce (pion a pu voir à la ménagerie, où l'on a conservé vivant.
•aris. Typogiftpliio IMim Irôrcs , rue do Vflugirard , 3(3.
LES CARNASSIERS DIGITIGRADES
peiiiLinl quelinie temps, un de ces animaux « Dans les terres voisines du drdoit de Magellan, dit le cai)ilainc \Vood , nous vîmes un animal auiiuel nous donnâmes le nom de groi}di'ur ou de souffleur, parce qu'il ne voit pas idutot (pielipi'un , qu'il gronde, souffle et gratte la terre avec ses pieds de devant, cpioi- ([u'il n'ait pour toute défense que son derrière (|u'll tourne d'abord vers celui qui l'approche, et d'où il fait sortir des excréinenls d'une odeur la plus détestable qu'il y ait au monde. >: On lit dans Garcillasso de la Vega : « Il y a au Pérou beaucoup de petits renards parmi lesquels il faut remarquer ceux qui rendent une odeur insup|>ortablc; ils entrent la nuit dans les villes, et quelque fermées que soient les fenêtres, on les sent de plus de cent pas; heureusement (jue le nombre en est petit , car sans cela ils empuantiraient le monde entier. » D'autres voyageurs disent (pie cette insupportable odeur est si forte ipi'elle se fait sentir à un quart de fiéue à la ronde, et qu'elle sufl'ocpie tellérnent les chiens par lesquels on fait attaquer une moufette, qii'ils en sont lilalades pendant si.x heures. Si une goutte de là liqiieur odorante tombe sur les habits de (pielqu'un , ils en sont empeslts pour plus de six mois, malgré toutes les précautions que l'on peut prendre pour les désinfecter. « Quand ect animal, dit Kaliri en parlant du pskatte ou polecat, est chassé soit pal- Ifes chiens, soît par l'homme, il court tant ipi'il peut , et lorsqu'il ^è trbute tiafi pressé, il lani e son urine contre ceux (jui le poursuivent. L'odeur en est si forte qu'elle suffoque; s'il tombait une goutte de celte liqueur empestée dans les yeux, on courrait risque de ptrdre la vue... La plupart des chiens se rebutent et s'enfuient (les qu'ils en sont frapi)és... En 1719, il vint un de ces animaiix pies de 1.1 ferme où Je logeais; c'était en hiver et pendant la nuit; le.s chiens (■laieiit éveillés et le poursuivaient. Dans le ttiottiétii il se répandit une odeur si fétide qu'étant dans mon lit, je pcn.sai être suffoqué; les vaches beuglaient de toute leur t'brce... .^ill' 1;( lîll de la même année, il s'en glissa un aidre dans iiotrC cave; nirils il ne répandit [las la plus légère odeur, inircr qu'il ne la réjiniid que quand il est chassé ou press('. Une femme, qui ra[>errul la nuit à ses yeux étincelants, le tua , et dans le (liomètit il remplit la cave d'une telle odeur que non-seulement cette feiiiiiie fut malade i)endaut cpielqucs jours, mais que le jiain, la viande et les iuilres provisions ([u'on conservait dans cette cave furent tellement infectés qu'on ne put rien en garder, et tpi'il fallut tout jeter dehors. » J'ajouterai (pie, au Jardin des l'ianles, les peaux seules des moufettes infectent pour plusieurs mois les armoires du cabinet où on les place; les glandes qui contiennent cette liipieur empestée, bien (pie plongées dans l'espril-de-vin dans un bocal bien liité, et que le corps d'où on les a tirées soit venu luimême d Amérique dans l'esprit-de-vin , se font sentir pendant plus d'un an dans le cabinet d'anatomie compare'e. Cette odeur ressemble à celle du putois renforcée ]iar un m('langc d'odeur d'ail très-exaltée. On ne peut rien imaginer de plus (lt'sagr('able. El ce|icnd;uit, hoii-setilemetit les Ami'ricains inaugcnt la chair de cel animal après Ilu avoir enlevé ses glandes fi'liih's aussil()l après sa mort, mais fncore ils en élèvent dans leur maison ou lem- jardin pour en tirer les mfines services qiic des chats, c'està-dire leur faire détruire les .souris et les insectes. Ils i)arviennent nuMue à les apprivoiser au |ioinl de s'en faire suivre couune des chiens. Avec la précaution de ne jamais les coniraiier ni h s battre, on n'est jamais incommodé |iar la mauvaise odeur (pie cet animal n'exhale qu'à sa volonté, ainsi (|ue nous l'avons observé. " On m'a envoyé de Surinam cet animal vivant, dit Scba , je l'ai (Conservé en vie lout nu ('t(' dans mon jardin , où je le lenais allaclié avec une jiclile chaîne. Il ne mordait personne, et lorsi|u on lui donnait à manger, on pouvait le manier comme un pclil chien ; il creusait la terre avec son museau en s'aidanl des deux pattes de devant, dont les doigts sont armés d'ongles longs et recourbés; il se cachait pendant le jour dans une espèce de tanière qu'il avait faite lui-même; il eu sortait le soir, et, après
s'être nettoyé, il commençait à courir, et courait ainsi toute la nuit à droite et à gauche, aussi loin que sa chaîne lui permellait d'aller; il furetait partout, portant le nez en terre. On lui donnait cha(pie soir à manger, et il ne prenait de nourriture que ce qu il lui eu fallait, sans toucher au reste; il n'aimait ni la chair, ni le pain, ni quantité d'autre nourriture, ses délices étaient les panais jaunes, les chevrettes crues, les chenilles et les araignées. »
Sous ce nom de moufette d'Amérique, on comprend un gran(l nombre d'animaux fort difFi-rents par leur pelage, et qui ont été si mal décrits par les voyageurs qu'il est impossible de décider si ce sont des espèces distinctes ou de simples variétés. Nous allons donner ici un extrait des recherches faites à ce sujet par Desmarest et G. Cuvier, afin d'engager les voyageurs à les com])létcr ou à les réciilier quand ils en trouveront l'occasion.
i" L' tsijûieimll d'Ilernandès est marquée de plufieurs raies blanches, ëi se trouve au Mexi([ue.
i" Le Poikai ou Putois de Catesby est marqué de neuf raies blanches; il est digitigrade.
.""= Lfe toiiepnte (le HillFon a six raies blanches. La figure le représente plantigrade.
4° Le Conepdtt bit VUlpèciila puerilis d'Ilernandès n'a que deux raies blahcllès, se pi-blohgeant sur la queue.
S" Le Èiapurito de Mutis n'a qu'une raie et le bout de la (jueue blancs.
(V Le Chinchc de DufTon est blanc en dessus, avec une ligne nciire sur la croupe, et une queue toufTue et longue.
7" La Moufette, prétendue de Bemjale, de Cation, a des taches blanches à la tête , (piatre raies blanches sur le dos, et une queue très-tôuf!'ue, blanche et nuageuse.
8' Le Chinche de Feuillée a deux raies blanches qui s'écartent et finissent sur Ifcs côtés; sa queue est comme celle d'un renard.
D" Le Chhiga de Molin;! est noir, avec une bande de taches blanches et rondes le long du dos, et la queue comme un écureuil.
iO" Lé Yagouare de d'Azzara est marqué de deux raies blanches fjii! vont jus(prà la (pieue.
1 1° Le Polecat , ou Skunk , ou Fibkattc de Kalra a cin(i l'aies blanches.
12" Le Zorille de Gmelli Carreri est noir et blanc.
13' Le Maimriln ou Mofutitiqui de Gumilla est tout tacheté de noir cl de blanc, avec une belle (pieue.
1 i" La Héte puante de Lcpage Duprals, dont le niAle est noir, et la femelle bardele'c de blanc. La (igurc la représente rayée en travers de blanc et de noir.
I.'i" \,'Ort(ihula de Eernandès est noir et blanc, avec quelques parties fauves.
lO" Le Tamaxtla du même n'a pas de fauve, et il a qiiobpies anneaux noirs et blancs à la (pieuc. Tous sont de r.\méri(|ue.
(lu conçoit (pi'avec des renseignements aussi vagues il était iuijiossible aux naluralîsiès de reconnailre des espèces et de les déicrmiiier. (Cependant on est parvenu à eri décrire assez com- ])l('lem('iit ciiK] es|ièces, <pii sont :
Le CiiiNCiiE [Mepliitis ehinelia, Li.ss. l'ù'frro mepliitis, (i.Mi.. Le Cliiiiehe, Rukf.) est d'un Ittun plus ou moins foncé, avec deux petites taches blanches sur les «'paules et si(r lètcnire; .son front est mai(|Mé (I une bande longiludiiiale blanche; il a deux raies idaiiclic> txcessivcmcut larges sur le corps, et sa t]iicue est fournie de très-longs poils blancs mêlés d'un peu de noir. Il habile le Chili.
L'AroK ou ZomiA iii; Qrno IMephilia quitetiaiH, Lf.ss.) est noir, manpu' de deux bandes blanches longitudinales ; ses oreilles sont peliles, noires cl Irès-iioinlnes ; sa (piene , d'un tiers moins longue (pie son corps, est blanc et noir, très-ton fine. U se lrouv(' dans la province de Quito.
La Moui-KTTF, 1)1) Ciiir.i {Mephilif chiliensif, Gf.otf.) est d'un brun marron, avec deux raies blanches sur les c()tés du corps, qui se
MARTES
léurllssenl ileii-ièrc la ti^lo pour l'oimpr iiii ri'oissdlll; sa quoiip est três-toufTiie, niélangt'e de lilanc et de lu-un. Elle est du Cliili.
La MolfETïE iMERRoMPi'fe (Mephitis interriipta , RAtmtSQ.) est brune, avec tiens raies courtes, blanches, Occupafit parallèlement la tt'le ; huit raies de la même conleur se dessinent sur son dus, les (juatre antt'rieures ('gaiement et paraliéhuient, les quaire postérieures dans un sens inverse. Elle hai)ile la Louisiane.
La Moufette MARiinito [Mephitis màpurito, Less. Viverra mapurito, G.Mi..) a le pelage loullu, d'iin noir forice', H'àyirht sur le dos qu'une bailde blanciie ; ses oreilles sont peu apparentes, el sa queue est terminée [.ar du blanc. Elle se creuse des terriers, vit de larves et d'insectes, el habite la Nouvelle-Grenade.
Peut-être jiourrait-on ertcore regarder les cinq stiivantes comme des espèces distinctes :
Le Chi.nca [Mephitis chinga) est noir, avec une bande de taches rondes et blanches le long du dos; sa queue est longue, louirue et plate , comme celle d'un écureuil. Il habite les Étals-Unis.
La .MoLFETTE DE GiiMu.iA [Mcjihitis Gumillœi) est enlièremeut lachete'e de noir et de blanc, avec une queue longue et loullue. Elle habite les États-Unis.
La Moufette trés-puamte [Mephitis fetidissîma) est il demi plantigrade, comme les deux suivantes; le fond de son pelage est noir; elle a une ligne blanche sur le museau; tout le dessus du cou et du garrot est couvert d'une plaque blanche au milieu de laquelle est un point noir; cette bande se bifurque et forme de chaque côte' une bande blanche (pii va en s'écarlant Se Iferiiiilièr sur la cuisse; derrière chatpie cuisse est une touH'e blatichc ; la queue est tiès-toulï'uc , noire, avec un pinceau blarib a l'exIR'niilè. Elle habite les États-Unis.
La Moufette des États-Ums [Éejâhitis olidà) a, colhriife la thbiifetle du Chili, une sim|ile bande blanche sur l'occiput, d'où partent dcLix bandes longiludiiiales restant ideines Jusipi'à l't'pnide; depuis l'i'jiaule, une ligne blanche élroile et interrompue iègiie jusqu'au milieu du flanc, et se prolonge même un peu sur la croupe. Le fond de son pelage est noir, ainsi qiie sa titièùé; tjHI est longue, et se termine par un pinceau blanc. Elle se trouve aux États-Unis.
La Moufette he New-.Iersev [Mephilift pnilida) difl'ère de la |irccédenle en ce que la bande de l'occiput et ses prolongements longitudinaux atteignent à peine l'épaule. Les lignes des côtés manquent entièrement. Elle est des États-Unis.
G. Cuvier penche à croire qu'il n'existe réellement que deux espèces de moufettes : l'une, à queue blanche, qui ju.squ'à présent paraîtrait \)\ns commune dans l'Amérique méridionale; l'autre, à (pieue noire, qui ne viendrait guère que de l'Amérique du Nord. Néanmoins, pour ])ouvoir décider (|uelipie chose de positif sur ce sujet, il faudrait savoir : 1" si tous les individus de la luéiue Timille ont les couleurs onlonnées de la même manière, c'est-àdire .si les individus Iransmetlent identiijuement à leurs enfants la même robe ; -2" si toutes les moufettes habitat)! urle même contrée portent la même livrée, etc.
4« Genre. Les ZORILLES [Zorilla, Ism. (h-.oif.) ont à peu près le nu^me système dentaire (jue les putois; leur molaire tuberculeuse d'en haut est assez large; ils ont, comme eux, deux fausses molaires supérieures, trois inférieures. Leur museau est court; les ongles de leurs pieds de devant sont longs, épais, mais non poinlus; ils ne peuvent leur servir à grimper, mais seulement à fouir la tcire.
Le '/.onu.FE [/orilla muftrJa, — .]ruxleta zorilld, Dfsm. ]'iren-a zoritla, Gmi.. Le niaireaa du Cap , Kor.ii. Le Zurillc, Ruff.) a plus d'un pied (0,"l"i) du bout du mu.seau à l'extrémité de la ([ucue, qui a huit pouces {0,217) h peu |)rès de longueur ; il est noir avec plusieurs taches blanches sur la tête et des lignes blanches longitudinales sur le corps en dessus, ou blanc avec des lâches el des lignes noires. La première variété se trouve au cap de bonne Espé-
rance, la seconde aii Sém'gnl et slii- les bords do la Gambie Du reste, cet animal a le même genre de vie (|uc les martes, à cela près que, ne pouvant grim[)er stii- les arl)t-es, il se ci-busfc ilH ttriiei' (pi'il habile pendant le jour, et dans lequel il se retire à la lilbiiidre apparence de danger.
.')= GF^RE. Les MVDAS {Myiiaii^, \'i\. Cuv.) ont le même système denlaire que les nioufelles , mais ils en diffèrent par leur ([ucue ]>resque nulle ou à l'élal rudiuHuilaire; par leur oreille exlerne, qui est nulle; par leur lêle conii|U(^ et allongée, terminée par un uuisea\i en forme de groin de cochon ; leurs pieds anléiieurs sont armés d'ongles très-grands, propres à fouir la terre.
Le Stinxkard ou Tf.i.aron [Mydaiis meliceps, Fr. CUv. Èfepliilis javiinensis, Lescuen. Le Slmckard des habitants de Sumalra. Le Télagon des Javanais. La Moufette de Java) répand, dans les mêmes circonstances (]ue les moufelles, une odeur toul aussi fétide. Son pelage, assez peu fourni, est brun, avec une t.u-he blanche longitudinale sur l'occipul, se iirolongeaut sur le milieu du dos jusqu'à la queue, ou quehjuefois moins loin, d'aulres fois en ligne interrompue, etc. Sa queue a au i)lus deux pouces (0,034) de longueur; elle fest blanche à son extréniilé. Cet animal habite Java et Sumalra. On île connail pas ses habiludes; mais, à en juger par son organisation, elles doivent êlre les mêmes que celles des moufettes.
6" Genre. Les LoWtiÈâ [Lutra, Storr.) ont trcnle-six dents : six îhtlsives , deux eàriines et dix molaires à chaque mâchoire ; leur tête est comprimée; leur corps est très-long; lems jambes St)ht bdtirtès; leurs pieds palmés, et leur (pieue aplatie horizontalement ; leur t)redle externe est très-courte ; elles ont les yeux grands et de grandes rtiôustaches. Ce sont des animaux qui tous titèrit silr le bttt-tl des eailx.
La Loutre u'EuhciPfc [Lutra vulgaris, Erxl. Mitslrli luira, LiN. La Loutre , ]iwv . L'Enijdris des anciens auteurs grecs) a deux pieds (O.t^yO) de longueur ; elle est d'un brun fonce' en dessus, d'iln gris bruhjilre en dessous, avec la gorge et l'extrémité du museau d'un gris clair. On en trouve des variétés accidentelles tachetées de blanc; mais ces individus sont fort rares.
Cet animal nage et plonge avec une extrême facilité, el développe dans les eaux une agilité surprenante (pi'il est bien loin d'avoir sur la terre, où il ne marche pour ainsi dire ipi'en rampant, à cause de la brièveté de ses pâlies. Le jour, il se lient à proximité (lésa retraite ou caclu' dans quelque buisson épais peu éloigné de l'eau, dont jamais il ne (piilte les bords. Il a l'ouïe, l'odorat el l'œil excellents et au moindre bruit il s'('lance dans les ondes, plonge à une profondeur sudisanie pour dérober sa trace, nage entre deux eaux, et regagne ainsi sa retraite, quelipiefois à une assez grande distance, sans i-eparaîlre à la surface. Si par hasard on l'a surprise loin du Irou ipi'elle habile ordinairement, la loutre se cache sous des racines ou des herbes épaisses, reste le corps entièrement plongé dans l'eau , el n'élève à la surface pour respirer que le bout de son nez, qu'elle a soin de cacher sous une large feuille de nynqihéa ou d'aiilre plante. Elle demeure iuuuobile dans celle allilude , jusiju'à ce ((u'elle soit assiu('c de réhtignemeni de l'individu qui rin(piii'lail Elle se plait de préférence dans les pays solitaires et un peu montagneux, le long des petites rivières qui nourrissent des éci-evi.s.Ses, des truites el d'autres poissons, mais toujours à i)roximil(f des étangs, où elle va de Icuqis à autre faire des cxciu'sions di'sastreuscs. Elle s'y rend la nuit, cherche d'abord lin trou ou fourré dans lequel elle pourra se cacher pendant le jour; puis, si elle trouve une retraite qui lui convienne, elle y établit soii domicib; pour plus ou moins longtemps, selon qu'elle y esl plus ou moins inquiétée. Ch.iquc nuil elle |iêrhe, et l'on peut calculer ([u'un seul de ces animaux peut déiruire de cent à cent cimpuuile carpes par an dans un grand étang. Si elle reiiconlre un simple vivier, auprès
LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.
duquel elle ne peut e'tablir son domicile à cause de la proximité d'un village ou d'une ferme, elle agit alors comme le putois; c'est-à-dire qu'elle commence d'abord par tuer tout le poisson qu'elle y trouve, puis ensuite elle en emporte autant qu'elle peut. Lorsqu'elle s'est établie sur le bord d'une grande rivière, ce qui arrive souvent, elle devient redoutable pour les pêclieurs, non-seulement parce qu'elle ruine leur pèche en détruisant le poisson, mais encore parce qu'elle mancjue rarement de couper leurs lignes et de trouer leurs nasses et leurs fdets quand ils sont obligés de les laisser tendus pendant la nuit. Elle reste fort longtemps sous l'eau sans avoir besoin de venir respirer, mais cela n'empêche pas qu'elle ne se noie quehiuefois lorsqu'elle a pénétré dans une nasse d'osier, et que le temps lui manque pour en couper les barreaux avec ses dents.
habitude, vont s'embusquer à vingt pas de cette pierre, l'attendent au clair de la lune, et manquent rarement de l'y voir venir et de la tirer. S'ils ne la tuent pas roide, elle est perdue pour eux, car elle se jette dans la rivière et se sauve entre deux eaux. Si elle se sent mortellement blessée , elle plonge , s'accroche au fond à quelque racine, se laisse noyer et ne revient plus sur l'eau. La loutre donne rarement dans les pièges qu'on lui tend; aussi le meilleur moyen de la détruire est de lui faire une chasse aclive au fusil. Lorsque, dans les prés qui bordent les rivières, le foin est assez haut pour cacher ces animaux , ils aiment à s'y promener le matin pour poursuivre les rats, les mulots, les grenouilles, etc. Si le ciel est serein et que le soleil soit chaud, ils s'y couchent volontiers, et s'y endorment pendant quelques heures de la matinée. Le chasseur arrive en silence dans le pré où il les
La Loutre.
Comme on le voit, la loutre se nourrit le plus ordinairement d'écrevisses et de poissons; mais elle attaque aussi les rats d'eau, les mulots, les petits oiseaux, etc. Elle cherche dans les roseaux les nids de canard, de sarcelle, de bécassine, et en mange les œufs; elle se .jette sur les grenouilles, les couleuvres et autres reptiles; mais pour tout cela elle ne s'en contente pas moins d'herbe tendre, décorée et de jeunes bourgeons, quand les proies vivantes viennent à lui manquer. Elle devient en chaleur eu hiver, et met bas, en avril, trois on quatre [iclits, qu'elle allaite pendant deux mois, et qu'elle abandonne ensuite. Elle ne se creuse pas lie terrier, conmie on l'a dit; mais si elle en trouve un tout fait, elle s'en empare volontiers, et y loge ses i)clits sur un nid de bûchettes et de foin. Le plus ordinairement clic se loge dans une vieille souche d'aune, de saidc ou de peu|di(r-, (luclquclois dans un trou de nn-hcr , une pile de fagots ou le premier trou venu. C'est la (pi'elle jiorte sa pèche ou sa cha.sse pour la manger avec tranquillité et à l'abri de tout danger; mais elle ne tient pas tant à son domicile qu'elle ne le quitte i)our toujours et aille eu chercher un autre à une grande distame , pour peu qu'on l'v ail inquii'tée.
La loutre a une singulière habitude, celle daller chaque nuit sur la grève, au même endroit, faire ses ordures auprès dune pierre blanche que le hasard aura placée sur le .sable On r.'counalt ses fumées aux débris darèle de jioi.sson et dv test décrrvisse quelles coulicunent. Les chasseurs, <pii connaissent celt.'
soupçonne, et suit le long de la rivière pendant que son chien bat le pré à côté de lui, à trente pas de distance. La loutre, «pii l'entend, part aussitôt pour regagner l'eau, et passe nécessairement à portée de fusil.
BufTon a dit que la loutre ne s'apprivoise jamais , et en cela il se trompe complètement. J'en ai vu une qui a vécu pendant deux ou Irois ans au chAtcau de l'ramenoux; elle suivait et caressait la domestique qui lui donnait liabiluellenient sa nourriture; elle sortait et se promenait seule, rentrait de même, allait tous les jours se laver dans le bassin d'une fontaine qui jaillissait au fond (l'une grande cour, dormait au coin du feu delà cuisine jjendanl tout riiiver, et s'en était tellement enqiarc'e, (pi'elle en chassait les chiens et les chats. Quelquefois idle s'échappait la nuit pour aller i)èiher dans un petit ('laug très-voisin du château; elle rentrait par les chatières, trous qu'on est dans l'usage, dans ce pays, de faire aux portes pour livrer passage aux chats; le lendemain matin des débris de poisson trouv('s dans la cuisine di'nonçaieut son vol et jirouvaicnt qu'elle venait di'vorer sa proie à la place où on lui donnait ordinalreuienl sa nourritiuc. Elle s'était fort bien accoutumée à manger les restes de table, le pain treuqié dans du lait, et même la soupe des chiens. M. Isidoie Ceod'roy cite également l'exemple d'une loutre ((ui avait été apprivoisée par un paysan, et qui le suivait comme un chien.
I.a loutre n'est très-conuuiiue tiiillt- part, au moins à |irésent ; mais on la trouve dans |irc-i|iie Imite I l'air(q)e. Sa fourrure, sur-
MARTES
tout celle d'hiver, sans être d'un Irès-grand prix , a cependant de la valeur , surtout depuis queUiues anne'es (pi'on l'emploie beaucoup dans la chapellerie. Sa chair, (pie l'on mange les jours maigres, est assez bonne, mais elle a une forte odeur de poisson (pii ne plaît pas à beaucoup de personnes.
La Loutre du Kamtschatka {Luira lutris, Geoff. Musiela lutris, Lix. Luira marina, Erxl. Musiela hudionica? Lacép. Lutra canadensh? Fii. Civ. ) a presque trois pieds et demi (l.dôT) de longueur-; elle est d'un lirun marron lustré, changeant de nuance selon la position des poils; sa tiHe , sa gorge, le dessous de son cor])S et le bas des membres antérieurs sont d'un gris brunâtre argenté ; elle a la queue courte et grosse, et ses pieds de derrière sont très courts. On en trouve une variété à tête blanche.
Cette espèce est aussi (luehpicfois appelée saricuvienne, quoique ce nom ne convienne qu'à la loutre d'Amérique [Lutra brasilimsis). On la trouve non-seulement au Kamtschatka, mais encore dans tout le nord de l'Asie et de l'Amérique , surtout à la côte Sud-ouest, et sur les bords des petites îles qui bordent les côtes. Elle n'habite pas les eaux douces, comme notre loutre d'Europe, mais seulement les rivages de l'Océan, et ceux des grands lacs salés qui communiquent avec la mer. Sa fourrure est une des plus précieuses que l'on connaisse, et elle est tellement estimée par les Chinois, qu'ils la payent un prix considérable , surtout dans lie certaines années. Cette niagniCique fourrure est garnie de Irès-peu de poils soyeux ; elle est principalement composée de |ioils épais, laineux, particulièrement à la partie su[)érieure du corps, où ils sont veloutés. Par son éclat, sa douceur, son moelleux , cette pelleterie l'emporte sur toutes les autres. Chaque année, les Américains, les Russes et les Anglais se rendent sur les côtes où cette Umlre abonde; ils achètent aux naturels du l)ays toutes les peaux qu'ils peuvent en tirer, et les portent ensuite vendre, avec d'énormes bénéfices, en Chine ou au Japon. Ces voyageurs racontent que cette loutre vit par couple , et que la femelle, après une gestation de huit à neuf mois , ne met bas qu'un seul petit. Ce [leu que l'on sait de l'hisloire de cet animal a besoin d'être confirmé par de nouvelles observations.
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La LournE de i.a Gi;vane (Lutra cnmhif:, Fii. Ciiv.) a trois jéieds et demi (1,157) de longueur, la (pieue comprise, et reile-ei forme à peu près le tiers de la longueur totale; elle est d un brun clair en dessus , plus pâle en dessous , avec la gorge et les côtés de la face jusqu'aux oreilles pres(|ue blancs. On la trouve sur les bords (les grands fleuves de la Guyane.
La Ldhiu: de ia Cahomne (Lutra lalaxina , Fit. Ccv.) est un peu idus grande que la loutre île la Guyane; son pelage est d'un brun noirâtre en dessus, moins foncé en dessous; la gorge, l'extrémité du museau et les côtés de la tèle sont grisSIres. f)an-^
cette espèce, des poils longs et soyeux recouvrent les laineux. On la trouve dans la Caroline du Sud.
La Loutre de la Trixiti; [Lutra insularis, Ffi. Cuv.) a deux pieds trois pouces de longueur (0,751), et sa queue a dix-huit pouces (0,187) ; son pelage est court et très-lisse , d'un brun clair en dessus; d'un blanc jaunAtre en dessous, sur la gorge, la poitrine et les côtés de la tête. Elle habite l'île de la Trinité.
La Saricovienne ou Caricuebevi; [Lutra hrasiliensis , Geoff. Mustela lutris brasiliensis , Lix. La Saricoi'ienne de la Guyane, BuFF. ) est plus grande que la loutre d'Europe ; son pelage est d'un brun fauve, un peu clair sur la tête et le cou , plus foncé à l'extrémité des membres et de la queue, avec la gorge et l'extrémité de la (pieue d'un blanc jaunAtre; ses narines sont nues sur leur contour, mais elle manque de mufle. Elle habite la rivière de la Plata, elThevet dit que sa chair est très-délicate, fort bonne à manger.
Le Barami-Raranc (Liiira harang ,Vr. Cuv.) a un pied huit pouces (0,512) de longueur, et sa queue a huit pouces (0,217;. Son pelage est rude, d'un brun sale en dessus, un peu plus pâle en dessous ; sa gorge est d'un gris brunfttre ; ses poils laineux sont d'un gris brun sale. Il habite Java et Sumatra.
LeSiMUNc [Lutra simung , Raff. Luira perspicillata, Is. Geoff.) est un peu plus grand que le barang-barang; son pelage est moins long, plus lisse et plus doux : il est d'un brun foncé , plus clair et un peu roussfttre en dessous; il a la gorge, les côtés de la tête et le tour des yeux blanchâtres, avec le menton blanc. II habite Sumatra.
Le iNir-Navié (Lutra nair, En. Cuv.) a deux pieds quatre pouces (0,758) de longueur, non comjiris la queue, ipii a dix-sept pouces (0,460). Son pelage est assez court, d'un châtain foncé en dessus, plus clair sur les côtés du corps ; d'un blanc roussâtre en dessous, ainsi que sur la gorge, les côtés de la tête et du cou, et le tour des lèvres; le bout de son museau est roussâtre, et il a deux taches (le la même couleur, l'une en dessus, l'autre en dessous de l'ail. Il habite les Indes, dans les rivières autour de l'ondichéry.
7' Genre. Les LATAXES (Latax, Aristote?) ont une formule dentaire qui m'est inconnue. Ils ont les formes générales des loutres ; mais leurs pieds de devant, non aplatis ni élargis, ont les doigis velus, épais, armi's d'ongfes aigus, avec la |)aunie nue, tandis (pie ceux de derrièri' sont eu forme d<^ rames plates, absoliiiuent .semblables à ceux des plioqucs , si ce n'est qu'ils sont libres.
Le Lataxe de Stem.er (Latax t^tclleri. — Luira Stcllcri, Less. Lutra marina , Stei.l.) est de la taille d'un chien médiocre; son pelage est épais, d'un noir brunâtre ou marron; sa queue est courte , large , jiointue. Il habite les terres voisines du pôle
LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.
boréal , et vit sur les bords de la nier ; il se nourrit de crustace's et de poissons, et passe la plus grande ]iartie de son temps dans J'eau. 11 parait (pie ses habitudes sont mixtes entre celles des loutres et des phoques. Il faudra probablement , quand on connaîtra mieux ce genre , le reporter à la lête de la famille de ces derniers.
8" GïNnE. Les AONYX (Aonyx, Less.) ont les mêmes caractères génériques que les loutres, mais ils en dilfèrent parla forme des pieds et par les doigts à peine réunis par une membrane; le second doigt parait soudé au troisième sur toute la première articulation; ils sont tous les deux plus allongés que les suivants, et tous les doigts sont privés d'ongjes, oii un vestige d'ongle rudi-
mentaire est seulement observé aux second et troisième doigts des pieds postérieurs.
L'AoNYX Delal.\nde {Aomjx Delalandi , Less. Luira inunguis , G. Guy. La Luutrc ilu Cap) a deux i)ieds dix pouces (0,9âl) de longueur, non compris la queue, (jui a vingt i)ouces (0,5iâ); son pelage est épais , doux , d'un brun ch;"itain , plus foncé sur la croupe , les membres et la queue , plus clair sur les flancs ; le dessus de la tête est d'un gris brunâtre, et le dessous du corps d'un blanc assez pur. Il iiabite le pays des llottentots, au cap de lionne-Espérance , et vit de poissons et de crustacés qu'il péciie dans les étangs salés du bord de la mer. Du reste, ses habitudes sont semblables à celles de notre loutre.