‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 32 sur 219 · Paris Typogrnphio l'Ioii · texte numérisé non relu

Paris Typogrnphio l'Ioii

d'un chemin , dans les bois , et reste immobile ; l'autre (piéte , lance le gihier, et le jjoursuit vivement en donnant huit ou dix coups de voix i)ar minute pour avertir son camarade, d'un ton aigu, gla|)issant, mais non en aboyant comme le chien. C'est ordinairement pendant la belle saison, entre dix heures du soir et minuit, que l'on enlend chasser ces animaux dans les pays boisés. Le lièvre fuit et ruse devant son enneuù connue devant les chiens de cliasse ; mais tout est inutile, et le renard, collé sur la piste, le déjoue sans cesse et se trouve toujours sur ses

talons. Il combine sa poursuite de manière à le faire passer sur le chemin .uqirès iluquel son camarade est à l'afïïit pour l'alten- <lre. Lorsque le lièvre est à portée, le renard embusqué s'élance, le saisit : l'autre chasseur arrive, et ils dévorent en commun une proie (|u'ils ont chass('e ensemble. Mais cette associai ion n'a pas toujours uu(^ (in aus^i heureuse. Il arrive parfois que celui qui attend , tralii [lar son imii.iticnce ou par son adresse, s'élance et manque sa proie. Au lieu de courir après, il reste un moment saisi de sa maladresse, puis, comme se ravisant et voulant se rendre com|)te de ce qui lui a fait manquer son coup , il retourne

frnrofl , nip Hc V'ftiijjiriiid . 30. Il

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

à son poste et s'e'lance de nouveau dans le chemin; il y retourne et s'e'lance encore, recommençant plusieurs fois ce mane'ge. Sur celte entrefaite, son associé parait et devine surlé-chainp ce qui est arrive. Dans sa mauvaise humeur, il se jette sur le maladroit, et un combat de cincf minutes est livre'; ils se séparent ensuite, l'association est rompue, et chacun se met en quête pour son propre compte.

« Le renard , dit BufTon , est f;lméux par ses rilses et me'rite sa réputation ; ce que le loup fait par la force , il le fait ])ar adresse , et re'ussit plus souvent. 11 emploie \i\i\s d'esprit (pie de mouvement, ses ressources semblent être en lui-même : ce sont, comme l'on sait, celles qui manquent le moins. Fin autant que circonspect, ingénieux et prudent, même jusqu'à la patience, il varie sa conduite, il a des moyens de réserve qu'il .sait n'em|>loyer qu'à propos. » Ce que dit Bufl'on est le portrait le ])kis exact ipi'on puisse f.iire de cet ainmal , et il ne cesse d'employer la ruse pour se sauver d'un danger qu'en rendant le dernier soupir. Je pourrais en citer plusieurs exemples dont j'ai moi-même été témoin, mais j'aime mieux en choisir un, absolument Identique à ce que j'ai vu, dans un ouvrage estimé sur la chasse : « J'ai vu un renard, vieux charbonnier, dit l'auteur, qui, après avoir mis plus d'une fois les chiens en défaut, s'élant fourvoyé dans un trou peu profond et fort large, où il fut pris par les chiens, se laissa fouler par eux, tourner et retourner par les chasseurs pendant plus d'un quart d'heure en faisant le mort, et qui, lorsque les chiens furent soûls de jouir, se releva tout d'un coup sur ses pieds, et décami)a lestement au moment où on y pensait le moins. »

Chassé par les chiens, le renard ruse une ou deux fois devant eux pour les mettre en défaut, puis gagne son terrier; mais, effrayé par les morceaux de pajiier (pie les chasseurs ont eu soin de pla(^er devant les trous, au|irès desquels ils se sont postés, il regagne l'épaisseur du bois s'il n'est atteint et tué par leurs coups de fusil. Apres avoir fait un grand tour il revient encore une seconde fois à son terrier, et s'il est encore manqué par les tireurs, il (Ile de long pour ne plus revenir. Devant les chiens il se fait toujours batlre dans les fourrés les plus épais et dans les lieux bas. S'il a un chemin à traverser, il s'arrête un moment au bord du bois, examine s'il throuvrira le chasseur, auquel cas il re- . brousse subitement; si rien ne l'Inquiète, il n'en franchit pas moins le chemin d'un seul bond , ce (pn le rend très-dillicile à tirer. Quand il est terré, on le prend dans son trou au moyen d'un basset qui rin(pnète pendant (|u'on creuse en dessus avec des pioches; si le terrier est dans les roches, on le fume.

Qiiel(|ues naturalistes ont prétendu que le chien de Laconie, dont i)arle .Vrislote, n'était rien autre chose (pie le renard i)li(: à la domesticité, et ceci me parait plus ((ue douteux. J'ai essay.^ plusieurs fois de priver des renards pris fort jeunes, et je nui jamais pu y parvenir. Itud'on n'avait pas obtenu (dus de .succès ipic moi, et tous ceux (pii ont v('cii à la ménagerie se sont toujours montrés farouches et sauvages. Je ne crois pas non ])lus qu'il y ait un seul exemple de l'accouplement de ces animaux avec des chiens. De ces raisons et de beaucoup d'autres tirées des dillérences auatomlipies cpii existent enire eux, je conclus que non-seulement ils n'a|i|iartieiinent pas à l'esijèce du chien, mais pas même a son genre. Les renards entrent en chaleur ( n hiver, et la femelle, (jui ne fait qu'une portée par an, en avril et eiî mai, ne met jamais bas moins de trois i)elils et rniemeni ]dus de (piatre on ciiii]. Elle en a le plus grand .soin, et si elle s'apen/oit qu'on ait iridé auloiir de .sou leriicr, elle les .sort pendant la nuit et les transporte un à un dans m) autre. Le renard met dix-huit mois à croître et vit treize ou quatorze ans.

L'Isatis [Vulpes lagopus. — Canis laçjopus . SeiiEii. Le Itenard bleu, buFK. — G. Cuv. Le Pesez des Russes. Le Fiallracka des .Su(:dois. Le Itefl et le Tua des Islandais. Le Siriil d U- draa-raev des Danois. Li; Aaii^i des Kinnois. Le .I/c/ra/j des Norwéglens. Le Njal des Lapons). Son pelage est très-long, très-fourré, très-moel-

leux, presque semblable à de la laine, mais non crépu, tant(Jt d'un cendré foncé, tantôt blanc; le dessous de ses doigts est garni de poils, et le cinipiième doigt des pieds de devant est presiiue aussi fort que les autres, un peu plus court seulement, et son ongle plus recourbé. Le bout du museau est noir.

L'isatis se trouve sur tout le littoral de la mer Glaciale et des (leuves qui s'y jettent, et partout au nord du soixante-neuvième degré de latitude. Il se plait dans les jiays déboisés et di'couverts, sur les montagnes nues, et c'est sur le penchant de ces dernières, ou au moins sur les collines élevées , qu'il aime à creuser son terrier. Il entre en chaleur vers la fin de mars, et la femelle porte environ neuf semaines. En mai et juin elle met bas sept ou huit petits, et même beaucoup plus si on s'en rap|>orle à Ginelin. Les mères blanches font leurs petits d'un gris roux en naissant, et ceux d'une mère cendrée sont presque noirs. Pendant les cin(i à six premières semaines, la mère reste le plus longtemps possible dans son terrier, et n'en sort que pour aller chercher sa nourriture; elle y allaite ses enfants avec grand soin et les tient trèspropres sur le lit de mousse qu'elle leur a jiréparé à l'avance. Vers le milieu d'août, elle les fait sortir et les mène i>roniener avec elle pour leur a|)prendre à chasser. Leur poil alors a un peu plus d'un denupouce (0,014) de longueur, et ces jeunes isatis prennent alors le nom de norniki. Les individus blancs commencent déjà à avoir une raie d'un brun cendré sur le dos; les individus cendrés ont déjà leur couleur foncée et ne subissent plus aucune variation que dans la longueur et le reflet du pelage. Dès le milieu de septembre, les blancs sont d'un blanc pur, excepté la raie du dos et une barre sur les épaules qui noircissent, et les font alors nommer krestowiki ou croisés. Puis le noir des éjiaules disparaît entièrement, et bientôt après celui du dos, de manière qu'en novembre l'isatis blanc est dans sa perfection de couleur et se nonmie alors nedopesez. Néanmoins les poils des blancs et des cendrés n'ont ac(pns toute leur longueur qu'en décembre, et c'est depuis ce moment jusqu'en mars que leur fourrure est le plus estimée. Celle des blancs étant la plus commune est aussi celle (jui a le moins de valeur; celle des gris en a beaucoup |ihis, et celte valeur augmente d'autant plus que la couleur en est plus foncée et rellète le cendré bleuâtre, d'où est venu à ces animaux le nom de renards bleus. La mue commence en mai et finit en juillet. A cette éjioipie les adultes ont la même livrée que les nouveau-nés de leur couleur, et ils iiarcourent des phases de coloration ab.solument semblables.

Les fourrures d'isatis ont un tel prix que, s'il arrive à un chasseur de s'emparer d'un ou de deux petits, il les apporte chez lui et les fait allaiter par sa femme, (|iii se donne beaucoup de peine pour les élever jus(|u'au moment de les tuer et de vendre leur |)eau. Les voyageurs prétendent ipi'il n'est (las rare de voir de pauvres femmes partager leur lait et leurs soins entre leur enfant et trois ou qiiatre renards bleus.

Ces animaux ont une singulière liabilnde , c'est d'émigrer en grand noiiibre du pays (|iii les a vus naître dès (pie le gibier dont ils se nourrissent ordinairement, par exemple les lemmings et I(;s lièvres tolaï, vient à diminuer en nombre. En g(fnéral, ces émigrations se font vers le solstice d'hiver, et les émigrants descendent quehpiefois au sud du soixante-neuvième degré, mais jamais ils n'y fixent leur demeure et n'y creusent de terriers. Après trois ou ipialre ans au plus, Ils retoUrncnl dans leur patrie, où le gibier a eu le temps de peupler [lendant leur longue absence.

Comme tous les renards, l'isatis est rempli de ruses, de hardiesse , et enclin à la rapine. Sans cesse il est occupé , pendant la nuit, à fureter dans la campagne, et (pielipicfois on l'entend chasser avec une voix (pii lient à la fois de l'aboiement du ( bien et du glapissement du renard. Il a sur ce dernier l'avantage de ne pas craindre l'eau et de rager avec la plus grande facilité. Aussi se hasarde-t-il souvent à travers des bras de rivière ou des

ClllEWS.

lacs, pour aller chercher, parmi les joncs des ilôts, les nids des oiseaux ai|ualiques , dont il dévore d'abord la mère, s'il peut la surprendre, puis les petits ou les œufs.

Le Renaud iie Lalanue (Vulpes Lalandii. — Canis megalo'is, Uesm. Canif Lalandii. Dksmoul. Olocyon megaloptis, Less. Megalolis Lalandii, S.Mirii) est plus haut sur jamiies ([uc notre leuard; sa tête est plus petite et sa queue plus fournie; ses oreilles trèsgrandes, e'galant presque la tète, sont remarquables par un double rebord à leur bord inférieur externe; son pelage est d'un gris brun en dessus, d'un fauve pAle et jdus laineux en dessous; il a une bande de i)oils ])lus grands que les autres et noirâtres le long du dos; le devant des quatre pieds est d'un brun noir:\tre; le dessus et le bout de sa queue sont noirs. Tout le pelage de cet animal est plus laineux que celui des autres renards. Il habite le cap de Bonne-Kspcrance, et principalement la Cafrerie.

Le Ziciiuo ou Fen.nec (Vulpes fennecus. — Canis fennccus, Less. Canis zerdo , Gml. Fennecus lirucii , Desm. Canis zerda, Pijgmœus ou Saharensis de Leuckakt. Probablement le Canis fumelicus de KiiETsciiMAiî) est de très-petite taille; ses jambes sont grêles, son museau eflilé, ses oreilles très-grandes; son pelage est d'un joli roux isabcile en dessus; blanc en dessous; il a >uie tache fauve place'e devant chaipie (til ; la base et le bout de sa (pieue sont noirs; à l'inte'rieur ses oreilles sont bordées de longs poils blancs. Cet animal est fort peu connu , et tout ce qu'on sait de certain sur son compte, c'est qu'il se trouve à Dongolah en Afri([ue, qu'il habile un terrier, et qu'il se nourrit de petits mammilères, d'oiseaux et d'insectes. On a dit, à tort, ([u'il grimpe sur les arbres et mange des dattes.

Le FeniNec de Denuam (Vulpes Denhamii] diffère du précédent pat son pelage d'un roux blanchâtre uniforme , seulement plus pAle en dessous; son dos, brun , est rayé de lignes noires trèsd('liées; son menton, sa gorge, son ventre et les parties internes de ses cuisses et de ses jambes sont blancs; son museau est noir. Du reste, il ressemble au précédent. Il habile l'intérieur de l'Afrique.

Le Re.vahd de Bengale (Vulpes hengalensis. — Canis bengalensis, SiiAw) est brun en dessus, avec une bande longitudinale noire; il a le tour des yeux blanc, et sa queue est noire au bout. Il habite

I Inde, et diffère peu de notre renard quant aux mœurs.

Le Renakd d'Egypte [Vulpes niloticus. — Canis nilolicus, Geoff.) ressemble beaucoup au renard ordinaire quant aux mœurs, à la grandeur et aux formes; sou pelage est roussàtre en dessus, d'un gris cendre' en dessous ; ses oreilles sont noires et ses pieds fauves.

II se trouve en Égy|)te.

Le Renaud argenté [Vulpes argentalus. — Canis argenlatus, Vk. Cuv. Le Renard argenté ou Renard noir, G. Clv., confondu par Gmelin avec le loup noir, Canis lycaon, Canis argentalus et Decussatus, Geoff. ^

Sa longueur, non compris la (pieue , est de vingt-trois pouces (0,025); il est d'un noir de suie, ])iquelé ou glacé de blanc partout, excepté aux oreilles, aux éf)aules et à la queue, où il est d'un unir plus pur; il a le bout de la (pu'ue , le dedans de l'oreille et le dessus du .sourcil idaurs; son museau et le tour de scm œil sont gris; son iris est jaune.

Cet animal habite principalement le nord de l'Anu'riipu' ; mais, selon Lesseps et Krakenninilvof, on le trouve aussi au Kamlschalka, (pu)i(pie assez rarement. Il a les mêmes habitudes que notre renard oïdinairi'; et comme il est plus grand et plus fort, il est aussi jdus courageux et ne craint pas d'alla(pu'r des animaux d'une certaine grosseur. On dit que lorsipi'il peut ajiprocher d'un troupeau, il a la hardiesse d'enlever, malgré les cris des l)ergers, les agneaux ou (-hevreaux qui sont à sa convenance, et c'est pndiablemcnt pour avoir culcndu raconter de pareilles choses ipie (Inielin l'a confondu avec le loup noir. Sa foinrnre a du prix, (pioi(pi'cilc soit moins csliniée ((ue celle du renard ideu. La ménagerie du Jardin des Plantes en a possédé un ((ui y a vécu

assez longtemps, et l'on a pu reconnaître en lui toutes les allures de notre renard; ainsi que lui, il marchait la tète et la queue basses, et, quoique très-bien apprivoisé et fort doux, il gardait un amour de la liberté (jui a fini par le faire mourir dans la tristesse et le marasme. Lorsqu'on le contrariait, il grognait comme un chien en montrant ses dents, et il eut été dangereux de le toucher dans ces moments de mauvaise humeur. Il exhalait une odeur désagréable, mais qui n'avait pas beaucoup d'analogie avec celle du renard commim , et, pendant l'été, il paraissait beaucoup souffrir de la chaleur.

Le Renard agile ( l'u//jes velo.v. — Canis velox, Sav) habite l'Amériiiue , ainsi (|ue les espèces (pu vont suivre. Son pelage est doux, fin, soyeux, fauve et d'un brun ferrugineux; le dessous de sa tête est d'un blanc pur , et les poils de son cou , étant plus longs (pie les autres, lui forment une sorte de fraise. 11 a la taille svelte , le corps nnnce , ce qui , dit-on , le rend très-h'ger à la course. Il se plaît dans les pays découverts, sur les bords du Missouri, se loge dans un terrier , et parait avoir les mêmes habitudes que nos renards.

Le Renaud gris (Vulpes virginianus. — Canis virginianas, Euxl. Le Rrmird gris de Caticscy) se distingue de ses congénères à son pelage entièrement d'un gris aigenlé; du reste, il a les mêmes mœurs et les mêmes habitudes. On le trouve en Virginie.

Le Renard croisé ( Vulpes decussatus , Geoff. Canis cruciger^ Scun.) est de la taille de notre renard ; tout son corps, et surtout le dos, la queue, les pattes et les ('paules sont d'un gris noirâtre, plus foncé vers les épaules, à poils annelés de gris et de blanc; il a une grande plaque fauve de l'épaule jusqu'à la tête, et une autre de même couleur sur le côté de la poitrine. Son museau , les parties inférieures de son corps et ses pattes sont noirs; sa queue est terminée de blanc. On le trouve dans l'AiiK'rique septentrionale et probablement jusepi'au Kamtschatka.

L'Agolauachay ou Renaud trk'.oloue ( Vulpes cinereo-argenteus. — Canis cinereo-argenteus, Scmueb. — Fu. Cuv.) est noir, glacé de gris eu dessus ; la tête est d'un gris fauve ; le museau blanc et noir; les oreilles et les côtés du cou sont d'un roux vif; l'intérieur de l'oreille est blanc, ainsi que la gorge et les joues; le menton est noir; la face interne des membres est d'un fauve plus vif vers les Hancs, plus pâle sous le ventre et la poitrine; la queue est fauve, nuancée de brun, et terminée par du noir foncé. Il habite les États-Unis et le Paraguay. Un jeune, apporté de New-York, a vécu ([uelque temps à la ménagerie. Sans être méchant, il était assez farouche, et il exhalait une odeur ilésagn'ahle.

Les autres espèces , nouvellement comiues , sont : Vulpes americanus, ou Canis vulpes, IIaulan, de la Nouvelle-Calédonie. Vulpes mayellanicus , Guaï. Vulpes fuloipes, Martin, des lies Chiloë. Canis griseus, King, delà .Magellanie. Canis brasiliensis, Scuinz. Ce dernier est V Agouarachay d'AzARA. Puis les renards llinialaicus, xanlhura, kukri, riparius, dorsalis, caama, qui n'ont pas été sullisamment comparés.

Tj^tHuNUE. Les HYKNOIDES (//ycrto/fies) ont le même système dentaire que les deux genres précédents, seulement le petit lobe en avant moins |)ronoii(('; elles n'oTit que (piatre doigis à tous les pieds. Ces caractères les placent entre les chiens et les hyènes, avec lesquels elles ont de nombreuses allinités.

La llïÉNOïDE l'MNTE (Ilgcnoides picta. — Ilijana picta , Te-mm. llynma venatica, BuoocKS. Canis tricidor, Griff. — Canis pictus , Desm). Sa taille est celle du grand uKMiu, et, de Ions les animaux, c'est celle (pii a le iielage le plus agréablement varié. Sur un fond gris.ltre se dessinent d'une manière |dus on moins tranchée des taches blanches, noires, d'un jaune d'ocre foncé très-irr('gulièrement parsemées et mélangées, (pielipiefois assez larges, d'autres fois irès-petiles , loujours placi'cs sans ordre et sans nulle symétrie. Non-senl( ment ces taches varient beaucoup sur les parties cori-cspondanics du même animal, mais encore d individu à individu , car je n'en ai pas trouve deux tachetées identiquement

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

dans les collections que j'ai visitées, quoiqu'elles y soient en assez grand nombre.

Du reste , la liyënoïde a quelque analogie de forme avec la hyène tachetée {llyœna crocata) , à laquelle elle ressemble par le manque de crinière , et par son train de derrière , qui est même plus relevé , quoiqu'il le soit moins que dans les chiens. Comme celte dernière, elle a la tète grosse , le museau court et les yeux gros et saillants; ses oreilles sont larges et velues; sa queue est toulTue, blanche au bout, et descend jusqu'aux talons.

La hyénoïde habite le midi de l'Afrique ; elle a toute la voracité des hyènes, mais moins de lâcheté, et elle est beaucoup plus dangereuse pour le bétail. Elle se réunit en troupe plus ou moins nombreuse, et ose alors se défendre contre la panthère et même contre le lion. Elle aime à se nourrir de cadavres corrompus et de voiries, et, pour satisfaire ce goût, elle a la hardiesse d'entrer pendant la nuit dans les cours des fermes , et même dans les villages, où elle vient ramasser les immondices jusqu'aux portes des mai.sons Malgré cela elle ne s'en livre pas moins avec ardeur à la chasse des gazelles et des antilopes. Dans ce cas, les hyénoïdes se réunissent en meutes, et poursuivent le gibier avec autant d'ordre et de persévérance que nos meilleurs chiens courants; seulement elles se divisent quelquefois en deux ou trois bandes, et pendant que l'une suit la piste de l'antilope, les autres cherchent à preiulre les devants , à la couper et à la saisir au passage; lorsque l'animal est pris ou forcé, elles le dévorent toutes ensemble sans se quereller; mais elles ne soullVeut ])as qu'un animal carnassier d'une autre espèce vienne leur disputer leur proie , et c'est alors ((ue , comptant sur leur nombre et leur courage, elles osent résister à la panthère et au lion.

Si les voiries man(inent et (pie la chasse n'ait pas donné de produits, les hyénoïdes se répandent autour des habitations et poussent la hardiesse jusqu'à at(a(pier les troupeaux, les mou-

tons principalement, et même les bœufs et les chevaux lorsqu'elles les trouvent isolés. Mais aucun fait ne constate (pi'elles se soient jamais jetées sur les hommes. Ce que nous venons de dire de cet animal est tout ce qu'il y a de positif sur son histoire, et si l'on n'en sait pas davantage, c'est parce qu'il a toujours été confondu avec les hyènes par tous les voyageurs.

•i" Genre. Les GYMNURES (Gj/mnura , Less.) devraient peutêtre se rapprocher des paradoxures, qui sont plantigrades, car ils n'ont pas une analogie parfaite avec les civettes et moins encore avec les chiens. A la mâchoire supérieure leurs deux incisives moyennes sont les plus larges, et écartées l'une de l'autre; les deux latérales sont fort petites et les canines médiocres; la première molaire a deux i)ointes, la seconde une seule, la quatrième et la cinquième quatre tubercules et la sixième trois ; les canines de la mâchoire inférieure sont longues. Ils ont en tout quarante dents, dont douze incisives, quati'e canines, et douze molaires à chaque mâchoire. Du reste , leur museau est pointu , leur langue douce ; leurs oreilles arrondies, droites et nues; leurs ongles comprimés , arqués et aigus ; leur (jueue nue. On n'en connaît qu'une espèce ;

Le GvjiNunE ue Raitles [Gymnura Rafflesii, Less. Viverra gymnura, H,\\'f.) a un i)ied de longiieui- (0,ô:i.')) non compris la queue, qui est nue et a dix pouces (0,^71). Son pelage, long et assez dur en ilehors, laineux, doux et très-épais en dedans, est noir et blanc-; le corps, les jambes et la première moitié de la queue sont noirs, et une bande de la même couleur passe sur les yeux; la tête, les épaules et le cou sont blancs; le museau est pointu, déliassant d'un pouce (0,027) la mâchoire inférieure ; les moustaches sont longues , et les yeux petits. Cet animal habite les Indes orientales, et l'on ne sait rien de ses habitudes.

Puils et Manège, derrière la grande serre lempérco .

CIVKTTES.

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