‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 38 sur 219 · CHATS D'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHATS D'AMÉRIQUE

Le Jaguar [Felis onça, Lin. L'Onza des Portugais. Le Tlatlanqui- Oceloll (l'Hernanilès. La Grande Panthère des fourreurs. Tiyris americanus, Boi.iv.).

Après le tigre et le lion , cet animal est le plus grand de son genre. Azzara dit en avoir mesure un (pii avait six pieds (I OiOj de longueur non compris la queue, qui elle-même était longue de vingt-deux pouces (0,596). Son pelage est d'un fauve vif en dessus, senie' de taches plus ou moins noires, ocellées, c'est-àdire formant un anneau plus ou moins comjdet, avec un point noir au milieu; ces lâches sont au nomlire de ([uatre ou cin(], par lignes transversales, sur cha(|ue (lanc ; (pudipiefois ce sont de simples roses; elles n'ont jamais une rcgularit(' i)arfaite, mais elles sont constanuncnt jileines sur la tête , les jambes, les cuisses et le dos, où elles sont allongées, sur deux rangs en quehpie partie, sur un seul dans une autre. Tout le dessous du cor|)s est d'un beau blanc , semé de grandes taches noii'cs, pleines et irre'-

rement dans les eslères et les grandes forêts traverse'es par des fleuves , dont il ne s'éloigne pas plus (jue le tigre , parce qu'il s'y occupe sans cesse de la chasse des loutres et des paras. Comme lui, il nage avec beaucoup de facilité, et va dormir, pendant le jour, sur les îlots , au milieu deS toufTes de joncs et de roseaux. Souvent il fait sa proie d'ini bœuf ou d'un cheval, et il est d'une force si prodigieuse, ipi il le traîne aisément dans les bois pour le dévorer.

En plaine, le jaguar fuit presijue toujours et ne fait volte-face que lorsqu'il rencontre un buisson ou des herbes hautes dans lesquelles il puisse se cacher. Dans ces retraites, il attend sa proie, se lance sur son dos en poussant un grand cri, lui pose une patte sur la tête , de l'autre hii relève le menton , et lui brise le derrière du crâne. Pendant la nuit, sa hardiesse est extrême; de six hommes dévorés parles jaguai-s, à la connaissance d'Azzara , deux furent enlevés devant un granil feu de bivouac. Heureusement ipi'il ne lue que lorsqu'il a faim, et qu'une seule victime lui suflit à la fois. 11 vit cantonné avec sa femelle; et, dans les anses peu profondes des fleuves, il pêche le poisson, (pi'il enlève

Le Jaguar.

gulières. Le dernier tiers de la queue est noir en dessus, annelé de blanc et de noir en dessous; l'extrémité affleure la terre sans traîner.

Le jaguar est répandu depuis le Mexiipw exclusivement, juscpie d;His le sud des jiampas de BiU'nos-Ayres, et nulle part il n'est phis commun et plus dangereux (|ue dans ce pays, malgré le climat pi-es(iuc tcuqiéré, et la nourriture abondante ([ue lui fournit la grande quantité de bétail qui paît en liberté dans les plaines. 11 y attaque constamment l'homme, tandis que ceux du lirésil , de la Guyane et des parties les i)lus chaudes de l'Amérique fuient devant lui , à moins qu'ils ne soient pressés |)ar la faim ou (pi ils aient été attaipiés les premiers. Les buis marécageux du Parana, du Paraguay et des pays voisins , sont peut-être les endroits où cette esi)èce s'est le plus multipliée, et où les aecidiiits sont le plus frécjuents. Elle était encore si nombreuse au Paraguay, après rexi)ulsion des jésuites , qu'on y en tuait deux mille par an. selon d'Azzara; mais au commencement (h' ce siècle leur destruction annuelle n'allait pas à mille Cet animal est également très-commun dans la Guyane et le Brésil, et l'on entend ses cris presque régulièrement le malin au lever du soleil , et le soir à l'entrée de la nuit. Ces (M'is sont flùtés, avec une trè.s-forte aspiration i)ectorale, et se fout entendre à une Irès-grinde dislance Il en a un autre qu'il (loussc quarul il est irriti' ou ipi'il va fondre sur sa proie. Ce dernier ressendde à un rftlement profond ([ui se termine par \m l'elat de voix terrible et pro|)re à é|ii)uvaMler l'homme le plus intrépide. Cet animal se plait ii.ulicuiie-

très-adroitemcnl de l'eau avec- sa patte. Il mange aussi les jeunes caïmans, et atta(iue même les plus grands, tels que le ca'iman à lunettes {Allijalor sclerops, Cuv.), très-commun à la Guyane, au Brésil et à la colondiie. Mais il arrive (piehpiefois que le ciocodile le saisit par un memlire avec ses puissantes uulehoircs , et l'entraîne dans le fleuve pour le noyer. L'iiisliuct du jaguar lui révèle alors le seul moyen qu'il y ait pour faire lâcher prise à son ennemi; il lui enfonce les griffes dans les yeux, et la douleur fait aussitôt ouvrir la gueule au caïman, qui dégage ainsi le jaguar et devient sa proie.

Le jaguar ne rôde guère ipie la nuit; il dort peuilaut le juur, couchi' au pied d'im arbre ou dans le milieu d un ('pais taillis. Si le hasard fait qu'on le reiiRonlrc en cet état, il faut se gaiiler de prendre la fuite , de pousser des cris ou faire quelque mouvement extraordinaire, si l'on ne veut se vouer à une mort inévitable. Le parti le plus sur est de se retirer lentement , en rerulnot cl tenant les yeux fixés sur ceux de l'animal, et de s'arrêter s'il marche sur vous. Alors il s'arrête lui iuêm(t et ne reeouniu'nce à vous suivre que lorsque vous cherchez à vous éloigner. De halte en halte on parvient ainsi à gagner un lieu habité. Si l'on est armé et(iu'on veuille !(• tirer, il faut le tuer d'un seul coup, car il se précipite sur le chasseur au feu de l'amorce ou s'il n'est (|ue blessé. Malgi'i' tout ce que cet animal a de terrible, des gaiuiclios (Espagnols nc'S au Brésil) osent l'attaquer corps à corps et sans armes à feu l'n homme s'arme dune lance longue de cin(| pieds: sur s(ui br.w gauciic il iiorte une peau de mouton garnie

LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

de son épaisse toison , et il s'avance hardiment dans le buisson où il sait que le jaguar s'est retiré. A l'instant où le monstre se dresse sur ses pieds de derrière pour s'élancer, l'intrépide chasseur le perce de sa lance. S'il manque son coup, il abandonne à l'animal sa peau de mouton , et pendant que celui-ci s'acharne dessus, il reçoit un second coup de lance qui l'étend mort sur la place. Quand le jaguar est chassé par une meute de chiens appuyée d'un bon nombre de piqueurs, il fuit en fri'niissant de colère et en se retournant souvent jiour faire tète à ses ennemis. Dans ce cas on emploie souvent le lasso pour s'en emparer. Le lasso est une corde de cuir, tressée dans sa fraîcheur, d'iin ppuce et demi au moins (0,Oil) de circonférence, longue de vingt à trente pieds (0,197 à 9,715) très-flexible, avec un nœud (oulant à son extrémité. Un gahucho, monté sur un excellent cheval, poursuit le jaguar au triple galop; il tient d'une main son lasso, qu'il fait tourner sur sa tête, le lance autour du-cou de l'animal féroce avec une adresse (jui ne manque jamais son coup, et continue à galoper en le traînant après lui jusqu'cà ce que le jaguar expire étranglé.

Malgré sa grande taille, cet animal grimpe sur les arbres avec autant d'agilité qu'un chat sauvage , et fait aux singes une guerre cruelle. A Buenos-Ayres , les grands animaux savent se défendre contre lui sans l'assistance de 1 homme. Les bœufs se mettent en cercle, croupe contre croupe, lui présentent leurs cornes, et parviennent assez souvent à le tuer s'il se précipite sur eux avec trop d'impétuosité. Les chevaux se défendent en lui lançanf i|es ruades, et ceux qui sont entiers, loin de fuir devant lui, le poursuivent quelquefois lorsqu'ils l'aperçoivent, et le mettent en fuite. Les chiens dressés à la chasse du jaguar sont de moyenne taille, mais pleins de force et de courage. Leurs aboiements le mettent hors de lui ; il s'arrête au pied d'un arbre et joue des pattes de devant, et tous ceux qui sont atteints sont ordinairement éventrés d'un seul coup. On profite de ce moment pour le t'i"er, en ayant soin de ne pas se montrer, car aussitôt (ju'il aperçoit le chasseur il laisse là les chiens et se lance sur lui. Le plus souvent il grimpe sur un arbre, et on l'abat à coups de fusil. Le Jafjuérété de Marcgrave, ou Jaguar noir [Felis nigra, Erxl.), n'est qu'une simple variété accidentelle de cet animal, de même que le Jaguar blanc ou albinos dont parle d'Azzara.

Le Goi;a7.ouai\\ ou Coucuar (Felis puma, ïraill. Ffiis conculur, Lin. Le Lion pwna des colonies espagnoles; le Miizli du Mexique ; le Pagi du Cliili; le Tigre rouge de Cayenne).

Le gouazouara atteint ordinairement quatre pieds (1 ,299) de longueur, et (pudquefois davantage, non compris la queue, qui a vingt-six pouces ((t,70l). Son jielage est d'un fauve agn'able et uniforme, sans aucune taciie; sa queue est noire à l'exlri'mité, et ses oreilles sont aussi de cette couleur. Il ressemble un peu au lion, mais il n'a ni crinière ni flocon de poils au bout de la queue; son corps est plus allongé, plus bas sur jambes, et sa tête, prol)ortionuellcniciit |)lus petite, est ronde comme dans les chats ordinaires. Dans sou ])remier Age , il porte une livrée comme le lioncisui. Il se trouve dans le Paraguay, le lin'sil , la (luyaue et les États-Unis. Le couguar de Pensylvanie, de Dufl'on, en est une très-légère variété.

De tous les chats, le gouazouara doit être le ])lus féroce, car il est le seul de cette famille ([ui tue les animaux pour le plaisir de tuer, sans ipi'il y soit |)0usséi>ar la néccssili'. S'il tiDUVc le moyen de |)énétrer dans un |)arc de ciriqu^iiile moutons, il les met tous à mort avant d'en manger ou d'en enq)orlci' un. Sous ce rajqiort il a quehpie ressendilance avec le loup, et, si on étudie son histoire , on lui trouve etuore (pielques analogies de mœurs avec cet animal, l'ar exemple , après avoir satisfait sa voracité, il cache le reste de sa proie et le rouvre de feuillage, d herbe ou de sable, pour le retrouver au besoin : et, soit (pi'il ait plus de nu'moire ou moins de méfiance que le loup , il revient, ce que ne fait jamais ce dernier. Il se lient plutôt dans les ])amiias ou plaines herbeu-

ses (|ue dans les forêts, et il n'affectionne pas les bords des rivières, conmie le tigre et le jaguar. Il a une vie solitaire et des habitudes vagabondes; la nuit il vient rôder autour des habitations , et il tâche de se glisser dans les basses-cours pour les dévaster. Il s'empare des chiens , des moutofis , des cocjions et autres animaux incapables de lui résister; mais jamais il n'ose attaquer le gros bétail, à moins qu'il n'y soit poussé par une faim excessive. Ce qu'il y a de singulier, c'est (pie, à Cayenne, on le regarde comme plus dangereux que le jaguar, tandis que l'opinion contraire règne à Buenos-Ayres, où il est très-commun. Quant à moi, je pense que s'il attaque l'homme, c'est par une exception extrêmement rare , et hors de ses habitudes ordinaires ; je su[ipose que, lors(]ue cela lui est arrivé, c'était pour sa défense et à la suite d'une agression. 11 monte aussi sur les arbres, mais en s'élançant d'un bond, soit pour monter, soit pour descendre; et non comme le jaguar, en grimpant à la manière des chats.

Cet animal est lâche; aussi, à Buenos-Ayres, rarement se donne-t-on la peine de le chasser dans les règles. On le poursuit avec des chiens , et on le tue à coups de fusil , ou on le prend au lasso, sans courir le moindre danger. Cependant, malgré sa férocité, le gouazouara est facile à apprivoiser, et même il s'attache assez à son maître pour chercher ses care.sscs et les lui rendre. Azzara en a possédé un qui était fort doux, qui le suivait, cpji faisait entendre le ronron de nos chais (piand on le grattait, et qui se laissait même battre sans chercher à se défendre, absolunienf comme ferait un chien.

Le Chat unicoi.ore (Felis unicolor, ïraii.l.), comparé au couguar, est de moitié plus petit; son pelage est en entier d'un fauve brun rouge sans tache, et sa queue est longue; ses oreilles n'ont ])oint de noir, sa tête est beaucoup plus pointue, et ses petits ne ' portent point île livrée. On le trouve dans les profondes forêts de Demerary et de la (iuyane hollandaise.

Le ÇouGUAR Npm (Fdis discolor, Scureb.) serait noir, avec des poils longs, ainsi que les moustaches. Mais Buiron, qui lui donne pour synonymie le jaguérété de Pison, s'est probablement liouqx', et son couguar noir, qu'il dit se trouver à Cayenne, ne serait, selon Cuvier, qu'un couguar ordinaire à fond du pelage un peu plus brun. Du reste, je regarde cet animal comme une variété I du puma.

Le Yacouaroundi (Felis yagouaroundi, Df.sm. — Lacép.) est de la taille d'un chat dome.stiipie. En petit, il ressemble a.ssez au couguar par ses formes allongées; mais son pelage est d'un brun noirâtre, piqueté de blanc sale; les poils de la queue sont plus longs (|ue ceux du corps, et ceux de sa moustache sont à longs anneaux allernaliv<'meul noirs et gris. Cette espèce s'apprivoise assez ais{jiieiit. Klle vit solitaire, ou le mâle et la feuielle ensemble, dans les lieux lourr('S et les taillis ('pais, sans jamais s'exposer en plaine. Elle se nourrit d'oiseaux, auxipiels elle ne fait la chasse (pie ])en(lant la nuit, et elle habite le Paraguay, et probablement le (;hili.

Le CiiAï A VF.NTRE TAcnK (Fclis cclidogasler, Ti:m.m.) est de la grandeur de notre renard ; son i)elage est doux, lisse, court, d'un gris de souris, uiar(iu(; de taches pleines d'un brun fauve; les taches du dos sont oblongues et les autres rondes; il a cinq ou six bandes brunes demi-circulaires sur la poitrine; le ventre est blanc, manpié de taches brunes; il a deux bandes brunes sur la face interne des pieds de devant, et (piatre sur les pieds de derrière ; sa (picuc est un peu i>lus courte (|ue la moili(' totale de son corps, brune, tachée de biiin foncé ; .ses oreilles sont médiocres, noires à l'extérieur; ses moustaches sont noires, leiininées de blanc. Il habile le Chili ou le Pérou. Ses mn'urs sont les mêmes (juc celles de l'ocelot.

Le Miia(:aka(;a, ou MAr.ACAVA , ou Ocelot (Félix pardalis, Lin. Le Chihigouiizou, d'A/./.ARA, l.'Ocelut , Buir.).

Ce joli animal a environ trois pieds ( 0,075 ) de longueur, non coui])ris la ([ueue, qui a quinze pouces (0,40GJ; sa liau-

CHATS

teiir ne dépasse pas un pied trois pouces (0,406); on pj-e'tend qu'il y en a d'un peu plus grands, mais ils sont rare?. Le fond de son pelage est d'un gris fauve; il a sur les (lancs et la croupe (•ini( haniles olili(iiies d'un fauve |)lus fonce ijue celui du fcind , bordées de noir ou de brun ; une ligne noire s'étend du sourcil au vericx ; deux autres vont obliiiueuient de l'œil sous l'oreille , d'où part une bande transverse noire, interrompue sous le milieu du cou, el suivie de deux autres parallèles; on lui voit (piatre lignes noires sin- la nuipie, deux sur le coté du cou , trois jdus ou moins interrompues, le long de l'épine du dos; le dessous de son corps et l'intérieur de ses cuisses sont blancliAires, semi's de taches noires isolées. Sous le nom d'ocelot, Hufl'on a fait l'histoire du jaguar.

Le mbararaga est un animal absolument noctiirne, (Iil| ne sort (pie la nuit des fourrés impént'trables (piil habile. Tant ipi'il fait jour il dort, et il conserve même cette habitude dans la captivité. Cette espèce offre cela de particulier que d'une Ijmidité excessive pendant lejour, elle devient dans les ténèbres 4'uiie audace donf rien n'approche. Sa taille ne lui permettant pas (j'attaquer de grands animaux , l'ocelot se glisse furtivement autour des habitations, p('nètre dans les basses-cours, enjève |e premier animal domesli(iue <pii lui tombe sous la grille, et l'emporte dans les buissons voisins jiour le dévorer. Les murs d'enceinte les plus hauts, les palissades les plus serrées ne peuvent l'empêcher d'entrer dans les habitations, s'il se trouve un arbre de dessus le(iuel il puisse s'élancer. Pour faire ces hardies invasions avec plus de sûreté, il a soin de choisir une nuit sondire, orageuse, de se glisser au bruit des vents et à la clarté des éclairs, et d'égorger sa victime quand ses derniers gémissements se perdent dans les bruits de la foudre. Rarement, pendant les nuits calmes, il ose s'approcher des lieux habités ; il erre alors dans la campagne, et chasse aux oiseaux et aux ])etils mammifères, dont il fail sa nourriture ordinaire ; il grimpe sur les arbres pour y snr]irendie les singes endormis, et il s'embusque dans les buissons et les hautes herbes pour attendre sa proie et la. saisir au passage, ainsi que font les autres chats. Ses habitudes ne sont pas vagabondes conuue celles du puma; il vit cantonné avec sa femelle, et ne quitte guère la foret qui l'a vu naître (pie lors(iu'il en est chassé par l'homme. Il habite l'Ann'riipie méridionale, et particulièrement le Paraguay, où il est assez commun.

Le Ti.ATco-OcELOT (Felis pseudopardulis. — Ocelot ^n Mexique, figuré par Koffon, t. 9, pi. IS, et par Schrejicr, pi. C, 2, sous le nom de Jai/uar) est un i)eu plus jietit (]ue le ])récé(lenf. H en didère par ses taches (|ui , bien (joe bordées, ne foruu'nt pas dé même des bandes continues, mais sont isolées )es unes des autres; par sa queue plus courte et ses jambes p|iis hautes. Il miaule comme un chat, préfère le poisson ;i la vian(|e, et c'est à peu l)iès là tout ce (pi'on sait de son histoire. I| habile Je llexi(pie et la baie de Cam])éche?

I,(^ Chat ocei.oïde {Felis inacroura, WJicii. — fr.siM. Felis U'iedii, Si.iu>/.. Le Cliat pécari, Sciiomb.) ressemble également au maracaya , à ces différences près: son pelage est i)lus clair; sa (piciie notablement plus longue et moins mince vers l'extnîtiijti!; sa taille est i)lus petite, son corps [dus allongé, ses jambes plus basses, et les taches de ses lianes moins étendues. Il h.dpile le liirsii.

Le CuATi (Felis mitis, Fii. Cuv.) a vingt-deux pouces el demi (a,(ilOj de longueur, non compris la ipieue , qui en a dix (0,i>7l). .Son |ielage est fauve, ou d'un gris bruuMre iii^li.ssaiil sur les Il nus : blanc aux joues et sur le coi [.v ; mouilielé à la tt>te comme l'ocelol, avec trois séries de taches noires le long du dos; celles des lianes , des ('paules et de la croupe sont d'un fauve foncé , bordées de noir tout autour, excepté en avant, et elles forment cinq rangs; il a dix ou onze anneaux noirs à la (pieue. Son museau esl couleur de chair. Celte jolie espèce se trouve au lirésil et au Paraguay, où elle est fort commune. C'est un animal très-

doux, extrêmement aisé à apprivoiser, et s'attachant aux personnes qui en prennent soin. Son miaulement est plus grave, moins étendu que celui de notre chat, avec lequel, du reste, il a de grandes analogies d'habitude.

Le Clic.na [Felis (jui(j7ia , Moii>a) pourrait bien n'être qu'une variété du margay. Il est de la grandeur de nos chats sauvages, dont il a les formes gi'nérales ; son pelage est fauve, marqué de taches noires, rondes, larges d'environ cinq lignes (0,011) et s'étendant sur le dos jusqu'.i la ((ueue. Il habite l'Amérique méridionale, et particiilièremenl le Chili.

Le Coi.ocoLio on Cai.o-Caia [Felis colocoUo, Fi\. Ci;v.) est de la grandeur de l'ocelot ; son pelage est blanc, avec des bandes transversales, fjexneuses, noires et fauves. Sa queue est anneh'e jusqu'à sa pointe de cercles noirs. Il se trouve au Chili.

Le &|Anr.Aï [Felis tigrina, Li.n. Le Margaij de Berr. Le Chat de la Caroline de Coi.i inson) a un ]>eu jilus de vingt et un pouces (0,869) de longueur, non compris la ipieue, qui en a onze (0,298); son ])elage est d'un fauve grisAtre en dessus, blanc en dessous; Il a quatre lignes noirâtres entre levertex et les ('paules , se prolongeant sur le dos en série de taches; les taches des flancs sont longues, obliipies, plus pâles à leur centre qu'à leur bord; il y en a une verticale sur r('|)aule, et d'autres ovales sur la croupe, les |)ras et les jambes; les pieds sont gris, sans taches, et la queue porte dotjze ou quinze anneaux irréguliers. Cet animal a les mœurs de notre chai sauvage, et vil de petit gibier, de volaille, etc.; mais il est trèsdiiricile à apprivoiser, et ne i)erd jamais son caractère farouche. Il habite le lin'sil et la Guyane.

Le CiiAT i)K .MONTAGNK [Felis morilana , Desm.) est une espèce peu connue, douteuse; son pelage est grisâtre et sans taches en dessus, blanchâtre avec des taches brunes en dessous ; ses oreilles sont dépourvues de pinceaux, garnies de poils noirs en dehors, avec des taches blanchâtres et fauves en dedans; sa (]uetie esl courte, giisAlre. 11 habite les monts AUeghanys, les montagnes du P('rou et les Etals de New-York.

L'EvRA [Fe.iis eyra, Dusm. L'Eijra d'AzzAiu) a vingt pouces (0,542) de longueur, non compris la queue, qui en a onze (0,298); son pelage est d'un roux clair; il a une tache blanche de chacpie côté du nez, eluiie autre de la même couleur à la mâchoire inférieiire ; ses moustaches sont ('gaiement blanches ; sa (pieue est |i)S touffue riue celle du chat domesti(|ue. Le prince de Neuwied a retrouvé en Améri(pie. Il habite le Paraguay.

fJe Pajehos ou Chat i>es Pampas [Felis pageros, Desm. Le Chat pampa d'AzzARA) est long de vingt-neuf pouces (0,783), non compris la (pieue, (pii en a dix (0,271); son pelage est long, (l()ux, d'un brun clair en dessus, montrant, sous une certaine incidence (|e Ifimière , une raie sur l'échiné et d'autres parallèles sur les flancs ; la gorge et tout le dessous du corps sont blancliA|res, avec (le larges bandes fauves en travers; les membres sont fauves à l'exlérieur, annelés de zones obscures; les moustaches sont annelées de noirci de blanc, et se terminent ]>ar celte dernière couleur. Ce chat habite les pampas des environs dp Buenos-Ayres.

Le Chat de i.a Fi.ohide [Felis floridana, Desm.) est une espèce douteuse (pii aurait, selon l'.:irines(pie , le port d'un lynx, et la taille un peu moindre (pie celle du eliat-cervier. Son p(dage est grisâtre; il n'a pas de pinceaux aux oreilles; .ses flancs sont vari('s de taches d'un brun jaunâlre el de raies onduleuses noires. Il habile non-seulement la Floride, mais encore la Géorgie et la Louisiane.

Le Chat he i a Nolvei.i.f.-Espagne [Felis mexitana, Besm. Le Chat sauvage de la iXuiivelle- Espagne , lien-.) esl une espèce donleuse admise par Desmarets. Son pelage est d'un gris bleuâtre uniforme , nu)uclielé de noir. 11 habile les forêts de la Nouvelle- Espagne.

Le Chat ^i.(;llE [Felis niger) sérail, selon Azzara, un peu plus grand (pie notre chat ordinaire. Il a vingt-trois pouces (0,023) de

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LES CARNASSIERS DIGITIGRADES.

longueur, non compris la queue, qui en a treize (0,352); son pelage est enlièi-ement noir. Il habite le Brésil , et n'est peut-être (ju'une varit'te nègre d'une des espèces pre'oe'dentes.

Le CiiAï Doiu: 'Felis aurea , Desm.) est encore une espèce douteuse dont Rafinesi|iie a fait un lynx , quoi(pie ses oreilles soient dépourvues de pinceaux. Il est de moiti(' plus grand que notre chat sauvage ; sa queue est très-couite ; son pelage est d'un jaune

Teraminck, il ne serait qu'une varie'té. Lesson pense que c'est une varie'té' de la panthère des Indes. Ayant vu l'animal vivant, je ne puis parlager ni l'une ni l'autre de ces opinions.

Le Kt;vi;c {Felis minuta, Tomm. Felis javanensis et Felis undaia, Desm. Felia fouinai raim e( Felis javanensis, WoR^r. Le Chat Je Java, Ci!v. Le Chat onde, le Servalin et le Chat de Sumatra, des auteui-s). Il a la taille et un i)eu les formes de notre chat domes-

^^Hf^'^li

Le Cousuar ou Puma

clair hrillant, parsemé' de taches noires et blanches; son ventre est d'un jaune pâle sans taches. On ne l'a trouvé en Ami'rique que sur les bonis de la rivière Yellow-Slone , vers le quarantequatrième parallèle. On peut ajouter à la suite de ces espèces, les /'i7(.s hrasiiiinsis , Fit. Cnv. Arnillatus, Fii. Cuv. Elegans, Lesson Tous les trois du Brésil.

tique, mais sa queue est plus courte et plus grêle, et ses oreilles sont plus petites; son pelage est d'un fauve brun clair en dessus, moins foncé sur les flancs; le dessous est blanc; des bandes et des taches noires s'étendent parallèlement du froni aux épaules, et d'autres occiq)ent les parties supérieures du corps. Sous cette robe c'est le Servalin ou Felis minuta de Temminc k.

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