‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 42 sur 219 · l'ttris. 'l'yjKiyruijIiii' l'jcni fri · texte numérisé non relu

l'ttris. 'l'yjKiyruijIiii' l'jcni fri

ner tant bien i|ue mal, et elle le conduit a l'eau. De ipioi vit-elle peudaut cpi elle est à terre? Vdib'; une question (|ue n'ont pu résoudre les nalurali.sles, faute d'observations sullisantes. Peut-être que le mâle va pêcher pour elle et lui apporte sa nourriture. Ce qui me le ferait croire, c'est que beaucoup d'animaux moins intelligents agissent ainsi. Quant le petit est arrive' à la mer, la remclle lui apprend à nagci', après quoi elle le laisse se uuMer, pour jouer, au triuipeau des autres phoques, mais sans, i)our cela, cesser de le surveiller. Lorsqu'elle prend fantaisie de gagner la terre pour l'allaiter, elle pousse un cri ayant, dans le phoque ordinaire, un peu d'analogie avec l'aboiement d'un chien, et aussitôt le petit s'empresse d'accourir à sa voix qu'il reconnaît fort bien. KUe l'allaite pendant cinc] ou six mois, le soigne peiulaut fiu't longtemps, mais aussitôt (|u'il est assez fort poiu' subvenir luiMuême à ses besoins, le mftie le chasse et le force d'aller s'établir ailleurs.

C'est pendant la leuqiête, lorsque les ('i-lairs sillouiu'ut un ciel t('ii('breux, ipie le tonnerre gronde, etcpic la pluie ImnUv à Ilots,

rcs , iu(!(l(' l (iu;rii-ai(i . .'ÎG, 13

LIS CARJNlVOaES AMPHIBIES.

((ue les iiho(iues aiment ;i soilir de la mer iioui' aller premlrc leurs t'iiats. Au contraire, quand li^ ciel est beau et que les rayons du soleil ecliaufïeut la terre, ils semblent ne vivre que pour dormir, et d'un sommeil si profond, qu'il est fort aisé, quand on les surprend en cet état , de les approcher pour les assommer avec des perches ou les tuer à toups de lance. A chaque blessure qu'ils reçoivent, le sang jaillit avec une grande abondance, les mailles du tissu cellulaire graisseux étant très-fournies de veines; cependant ces blessures, qui paraissent si dangereuses, compromettcnl rarement la vie de l'animal , à moins qu'elles ne soient très-profondes; pour le tuer, il faut atteindre un viscère principal ou le frai)per sur la face avec un pesant bâton. Mais on ne l'approche pas toujours facilement, parce que, lorsque la famille dort, il y en a toujours un qui veille et ([ui fait sentinelle pour réveiller les autres s'il voit ou entend quelque chose d'inquiétant. On est obligé de lutter, pour ainsi dire, corps à corps avec eux, et de les assommer, car un coup de fusil, quelle que soit la partie où la balle les aurait frappés, ne les empêcherait pas de regagner la mer, tellement ils ont la vie dure. Quand ils se voient assaillis, ils se défendent avec courage; mais, malgré leur gueule terrible, cette lutte est sans danger, parce qu'ils ne i)euvent se mouvoir assez lestement pour ôter le temps au chasseur de se dérober à leur atteinte. Faute de pouvoir faire autrement, ils se jettent sur les armes dont on les frappe , et les brisent entre leurs redoutables dents. Entre les nuiscles et la peau les pho(pies ont une épaisse couche de graisse, dont ou tire une grande quantité d'Imile qui s'emploie aux mêmes usages (jue celle de baleine , et qui a sur elle l'avantage de n'avoir pas d'odeur. Quelques espèces de cette famille ont une fourrure plus ou moins grossière, dont néanmoins on fait des habits (liez les peuples du Nord. Les Américains emploient les peaux les plus grossières à un usage singulier ; ils en ferment herniétitpu'ment toutes les ouvertures et les gonflent d'air comme des vessies; ils en réunissent une demidouzaine, plus ou moins, les fixent au moyen de cordes, placent dessus des joncs ou de la |)aille, et forment ainsi de très-légères embarcations, sur lescpielles ils osent entreprendre de longs voyages sur leurs graiuls fleuves et leurs immenses lacs. Avec ces peaux, les Kamtscliadales font des baidars, sorte de pirogue; ils font aussi de la chandelle avec la graisse, qui en même temps est une friandise pour eux. La chair fraîche de ces animaux est leur nouiriture ordinaire, i|uoi(iu'elle soit très-coriace et qu'elle ait nue odeur foite et désagréable; ils en font sécher au soleil, ou ils la fiunent , pour leur provision d'hiver. Les Anglais et les Américains de l'Union sont les seuls peuples, je crois, qui fassent eu grand, et sous le rapport commercial, la chasse des phoques. Ils entretiennent chnipie année jdus de soixante navires dr deux cent cimpiante à trois ciuls tonneaux au moins, uniipieluent é(piii)és pour cet objet.

Pris jeune, le phoipie se prive parfaitement et s'attache à son maître, pour hMpiel il éprouve une airection aussi vive que celle du chien. De même que ce dernier, il reconnaît sa voix, lui ob('it, le caresse, et aicpdert facilenu'iit la même éducation, en tout ce que son organisation informe lui pernut. Ou en a vu auxipuds des matelots avaient appris à faire diflérenls tours, et qui les exécutaient au commandement avec assez d'adresse et beaucotqi de bonne volonté. A une grande douceur de caractère le plioipu' joint une intelligence égale à celle du chien. Aussi est-il Temaripialile que de tous les animaux il est celui (]ui a le cerveau le plus d('\eloppé, proporlinnuellement à la masse de son corps. Il est aU'ectucux, bon, patient; mais il ne faut pas que l'on abuse de ces ipialités en le maltraitant mal à propos, car alors il tombe dans le désespoir , et il devient dangereux. Pour le conserver louglemps et en bonn(; santé, il est indis|)ensable de le tenir, jx^ndaut la plus grande parlie du jour, et surtout lors de ses repas, dans une s(ute de cuvier ou de grand va.se à demi rempli deau; la nuit on le fait coucher sur la paille. Ainsi traité, cl

nourri avec du poisson, on peut le garder vivant pendant plusieurs années. iMais s'il a déjà quitté sa mère depuis quelque temps quand on le i»rend , le chagrin de l'esclavage s'empare de lui, il est triste, boudeur, refuse de manger, et ne tarde pas à mourir.

Les phoques manquent généralement d'oreille externe ; leur corps est entièrement couvert d'un poil doux, soyeux et lustré chez les uns, grossier, rude et hérissé dans d'autres. Leurs pieds, larges et membraneux, ont ( inq doigts; et les jialtes postérieures sont soudées lougitudinalement à la queue, ce qui leur donne absolument la forme échancrée d'une queue de poisson. En nageant, ils lèvent au-dessus de l'eau leur tète arrondie, portant de grands yeux vifs et pleins de douceur ; leurs épaules arrondies . paraissent aussi à la surface, de manière que, vus à une certaine distance, on a fort bien pu les prendre pour des figures humaines, et de là, sans aucun doute, les anciens ont tiré leur fable des sirènes. Ce qui donne de la vraisemblance à cette conjecture, c'est que, même dans des temps peu reculés, au seizième siècle, par exemple. Rondelet, le meilleur naturaliste de l'épocpie, voyait encore dans le Phoca crislata un moine ou un évêque marin , parce que, probablement, le christianisme ne i)ermettait plus d'y voir un triton ou une sirène. « De notre temps, dit-il , en Nortuége (Norvège) , on a pris un monstre de mer, après une grande tourmente, leipiel Icms ceux qui le virent incontinent lui donnèrent le nom de moine, car il avait la face d'homme, mais rustique et mi-gratieux, la teste rase et lize ; sur les espnules, comme un capuchon de moine, deux longs ailerons au lieu de bras; le bout du corps finissant en une queue large. Entre les bestes marines, Pline fait mention de l'homme marin et du triton comme choses non feintes. Pausanias aussi fait mention du triton. J'ai veu un pourlrail d'un autre monstre marin à Rome, où il avait esté envoyé avec lettres par lesquelles on assurait pour certain que, l'an 1351, on avait veu ce monstre en habit d'évesque, comnie il est pourtrait, pris en Pologne et porté au roi diidit pays, faisant certains signes pour monstrer (]u'il avait grand désir de retourner en la mer, où estant amené se jeta incontinent dedans. »

l»"- (".KM i:. Les CALOCfiPIlALES (Calocrphalus, Fit. f.iiv.) ont trente-(pialre dents, dont six incisives supc'rieures et quatre inférieures; (piatre canines et vingt molaires. Leurs mftchclières sont formées principalement d'une grande pointe placée au milieu , d'une plus petite située antérieurement, et de deux également l)lus petites, placées postérieurement. Leur crftue est bombé sur les côtés, a])lati au sommet; leurs crêtes occipitales consistent en de légères rugosités.

Le VcAi; marin iC'alocephalus vitulinus, Fr. Cuv. Phoca vitulina, Lin. Phoca littorra, Tiukn. Le Phoque comiitun. Hun-.) a environ trois pieds (0,975) de longueur; il est d'un gris jaunâtre, couvert de taches irrégulières noirâtres. Ses couleurs varient, selon qu'il est sec ou mouillé. Sortant de l'eau, tout le corps en dessus est d'un gris d'ardoise, et couvert, siu' les crtiés, di; nombreuses petites tailles rondes sur un fond un peu plus pâle ou jainiâire; les parties infc'rieures sont de celte dernière couleur. Sec, le gris ne parait ipie sur la ligne moyenne, et tout le reste parait jaunâtre. Il blanchit en vieillissant. H habile les cOles du Nord et de l'Europe, s'accouple en septembre, et met bas un seul jietit en juin. Il est Irès-timidc et lrès-d('liaul.

Le l\Assif;iA(:K (Caloccphalus niaculafim. — Phoca vitulina, Faiiii. Phoca riiaculata. Boun.) n'est probablement cpi'une variété du préc('(lent, dont le pelage est gris en de.s.sus, blanc en dessous chez les jeunes, puis d'un gris livide parsemé de taches, cl enfin, dans l'ndulle , tigré ou varié de noir et de blanc. Il habile les mêmes pays.

Le Cai.ocki'Hale marhriî {Calocephalus discuhir , En. Cuv. Le l'hoqite commun, du même) ne me parait également qu'une va-

l'HOQUEii.

riete du veau marin, ne diffërant guère de la précédente. Sa taille est la même ; son pelage est d'un gris l'once, veine de lignes blanchâtres irre'gulières, formant sur le dos et sur les flancs une sorte de marbrure. On le trouve sur les côtes de France. Il a des mœurs douces et une intelligence très-developpt'e, ainsi tnie les deux pre'cëdents.

L'Atak ou Calocépiiaie r,R0ENLAM)Ais (Caloccphalus groënlandieus, Fr. Cuv. Phoca groi'nlandica , Fabr. Phoca Mulleri , Liîss.) a les mâchelières petites et ecarte'es, n'ayant, à la mâchoire supe'rieure, qu'un seul tubercule en avant ou en arrière du tubercule moyen. Il a trenteluiit dents, six incisives en bas et (piatre en haut, selon M. Lesson. Sa taille moyenne est de six pieds (1 ,949); le pelage des mâles adidtes est blanchâtre , avec le front et une tache en croissant noire sur chaque flanc ; la tète du mâle est entièrement noire. Les jeunes sont tout blancs en naissant, puis ils prennent une teinte cendrée, avec de nombreuses taches sur les parties inférieures du corps. Il habite la Nouvelle-Zemble, les côtes du Groenland, et, mais seulement pendant 1 hiver, les bords de la mer Blanche. Il s'accouple en juin, et les petits, rarement au nombre de deux, naissent en mars et avril.

Le Kenamt ou CALOci'pnAi.E océanique (Calocephalus oceanicus, Less. Phoca oceanica, DrsM. — Lepecii.) a six ou sept pieds (1,049 ou 2,271) de longueur; il n'a que ipiatre incisives à chaque mâchoire; le pelage du mâle est d un gris blanc, marqué d'une grande tache brune sur les épaules, d'où part une bande obliipie qui s'étend sur les flancs jusqu'à la région du pénis; sa tète est d'un brun marron tirant sur le noir; les ongles de ses pieds de devant sont robustes. 11 iiabite les mêmes côtes que le précédent, dont il parait être une variété.

Le Calocéphale queue blanche (Calocephalus albicauda , Less. Phoca albicauda, Desm.) ressemble, par ses formes, au phoque commun; il a environ trois pieds et demi (1,157) de longueur; son pelage est d'un gris de fer, plus clair sur les côtés, passant au blanchâtre sons le ventre. Il porte sur le dos et sur les flancs quelques petites taches noirâtres, irrégulières; son museau est blanc en dessus; sa queue mince, longue, d'un beau blanc; les ongles des mains sont robustes. Sa patrie est inconnue. Est-ce le Phoca lagurus de G. CuvierV

Le Calocéphale i>e La Pu.aïe [Calocephalus lagurus, Fr. Cuv. Phoca lagurus, G. Cuv. Phoca Pilayi , Less.) a trois pieds trois pouces (1,036) de longueur; il est d'un gris cendré et argenté en dessus, avec des taches éparses et d'un brun noirâtre; les flancs et le dessous sont d'un cendré [iresque blanc; les ongles sont noirs, robustes; les moustaches médiocres, en partie blanches et eu partie noirâtres, et gaufrées comme dans le j)lioque commun. 11 habite les côtes de Terre-Neuve.

Le Calocéphale lièvre (Calocephalus leporinus, Fr. Cuv. Phora leporina, Lepech.) a quatre incisives à chaipie mâchoire ; sa longueur e.st d'environ six pieds et demi (4,111); les poils de ses moustaches sont épais et forts, placés sur quinze rangs; les bras sont faillies, les mains petites, la queue courte et épaisse : son pelage est long, peu serré, hérissé, d'un jaune pâle, excepté sur le cou, qui porte tme bande transversale noire. Dans sa jeunesse il est d'un gris noirâtre , avec de petites taches plus foncées sur le dos. Il habite les mers borc'alcs , la lîalti((ue et les cotes d'Europe. Dans la servitude, il mange sous l'eau, souffle comme les ehats quand on linquiète, et ne cherche pas à mordre, mais à égratigner.

Le Neitsek (Calocephalus hispidus, Fr. Cuv. Phoca hispida, ScHR. Phoca fœiida, Mull. Le Phoque neitsuak, 1!ufe. Phoca Schreberi , Less.). Il <levrait aiiparteuir, je crois, au genre llalijcho'rus. Il a quatre on cin([ jiieds (t,29'.l à ],C)-îi) de longueur; sa têle est courte, arrondie; ses yeux sont très-petits, à pupille blanchâtre; son pelage est très-épais, mou', lrè.s-long, hérissé, fauve, à flanluiettes Idanrhes sur le corps; le dessous est blanc, parsemé de taches rares et fauves sur le ventre; les jeunes ont le

dos d'un cendré livide, et le ventre blanc et sans taches. Les vieux mâles exhalent une odeur insupportable. Il habite les mers du Groenland.

L'Ukksuk (Calocephalus barbatus, Fr. Cuv. Phoca barbala, Desji. — Fabr. Phoca major, Pars. Phoca ParsonsH, Less. Le Grand phoque, Buff. Le Gramselur, Olafs. VUrksuk takkamugak et le Terkigluk des Groënlandais) a communément dix pieds de longueur (5,248); sa tête est longue, son museau très-élargi, et ses lèvres lât hes ; la femelle a cpiatre mamelles ; ses yeux sont grands, à pupille noire; ses mains antérieures ont le doigt du milieu très-long. Son pelage varie beaucoup : il est assez épais et d'un gris enfumé chez les jeunes; clair-semé et brun dans les adultes , et d'un noir foncé dans l'Age avancé. Chez les vieux mâles la peau est presque entièrement nue. 11 habite la haute mer près du pôle boréal , et se rend à terre au printemps. La femelle ne fait (pi'un petit, (pielle met ordinairement bas sur les glaces flottantes, vers le mois de mars. Les Gi'oi'nlandais estiment beaucoup cette espèce pour sa chair, sa graisse et ses intestins, qu'ils regardent comme un excellent mets, et pour sa peau , dont ils s'habillent.

Le Calocépitale de Thienemann (Calocephalus scopulicohis et Phoca Thienemannii , Less. Phoca scopulicola , Thien.) a six pieds de longueur (1,949); son pelage est noir sur le dos, vert sous le ventre et sur les flancs, ces derniers marbrés de noir près du dos et de gris près du ventre. 11 se trouve sur les côtes d'Islande.

Le Calocéphale leucopla (Calocephalus leucopla, Less. Phoca ^fiico/j/n, Timen.) est entièrement verdâlre, avec une teinte grisâtre sur le dos. Il habite les côtes de l'Islandt".

Le Calocéphale des rivages (Calocephalus litloreus. — Phoca littorea, Thien.) a quatre pieds (1 ,299) de longueur; il a les formes du veau marin ; ses moustaches sont disposées sur six rangs; son pelage est Irès-épais, très-court, brun en <lessus, plus ou moins jaunâtre en dessous; il a sur le dos des lignes jaunes , flexueuses, qui s'efrarcnt sur les côtés; sa queue est bordée de chaque côté d'une ligne jaune; et deux larges taches d'un fauve roux occupent tout le dedans des membres antériem's.

21^ Genre. Les STÉNORHYNQUES (Sienorhynchus , Fr. Cuv.) ont trente-deux dents, savoir : quatre incisives à cha(pie mâchoire; quatre canines et vingt molaires; les dents sont com|)osées à leur partie moyenne d'un long tubercule cylindrique, recourbé en arrière, et séparé de deux autres tubercules un peu plus petits, l'un antérieur, l'autre postérieur, par une profonde échancrure; leur museau est très-proéuiiuent et ils ont de très-petits ongles aux pieds.

Le Sténorhvnque de Home (Stenorhiinchus leptonyx, Fr, Cuv. Phoca Ilomci , Less, Phoca leptonijx, Rlai.nv,) a sept pieds (2,74) de longueur, rarement neuf (2 921); son pelage est d'un gris noirâtre en dessus, passant au jaunâtre sur les côtés, à cause des petites taches qui s'y trouvent; les flancs, le dessous du corps, les pieds et le dessus des yeux sont d'ini jaiuie gris pâle ; ses moustaches sont simples et coLU-tes. 11 habile, dit-on, les côtes de la Nouvelle-Géorgie et des îles Malouines.

Le Sténorhynque de 'Weddet,!.. (Sienorhijnchus Wcddellii. Less. Sea leapord, Wedd. Phoca longicollis, Shaw.) a beaucoup de resseudilauce avec le précédent. Son cou est allongi'; sa tête Irès- (letile; son pelage court, lustré, ras, il'uu gris pâle ou ardoisé, parsemé en dessus d'un grand nombre de taches arrondies et blancliâires, en dessous de taches seudilables, mais jaunâtres. Il vit sur les glaces et n'habite que les hautes latitudes des Orcades australes,

5" Genre. Les STEMM.^TOPES (Siemmalopus , Fr. Cuv.) ont trente dents, savoir; quatre incisives suiu'rieures et deux inférieures, (pialre canines et vingt uKdaires. Leur ttMe est s\jrinontée d'un organe bizarre , en fornie de sac dilatable , dont on

LES CARNIVORES AMPHIBIES

ignore l'usage; leurs màchelières sont à racines simples, courtes et larges, striées seulement à leur couronne; leur museau est e'trolt et obtus; leur crâne développé.

La NiisAURSALiK ou Capucin [Stemmatopus cristatus, Fn. Ccv. Phoca cristata, Ghl. Phoca leonina, Fabr. Le Phoca mitrata, Dekai. Le Plioc à capuchon, de G. Cuv. Le Nésaursalik et le h'akortak des Groënlaiidais) a environ sept à huit pieds (2,!27i- à 2,8!l9;i; il a sur la tèle, lors(|u'il est adulte, une sorte de sac caréné' en dessus, mobile, et dont il peut se couvrir les yeux et le museau tjuand il le veut; ses narines sont dilatables au point (pi'elles ressemblent à des vessies quand elles sont gonflées ; les femelles n'ont pas ces singuliers organes. Son pelage est long, laineux jirès de In peau, entièrement blanc dans le jeune âge , d'un gris l)run en dessus et d'un blanc d'argent en dessous; à l'âge adulte, il est (|ueli|uefois parsemé de taches grises. 11 habite les cotes sei)tenti-ioMales de l'Ami'rique et le Groenland. En mars, la femelle met bas un seul petit, sur les glaçons, et d'avril en juin ils se rendent à terre.

4« Genre. Les PELAGES (Petagius, Fn. Cijv.) ont Irenle-deux dénis, dont huit incisives, (piatrc canines et vinj^t molaires; les incisives supérieures sont échancrées Iransversalcmeul à leur extrémité, les inférieures sont simples. Les màchelières sont épais ses et coniques, n'ayant en avant et en arrière que des p::lilu.s pointes rudimeiilaires. Ils ont le nmseau élargi et allongé à son extrémité, et le chanfrein très-arqué.

Le Moi.NE {Pelayius monadius , Fr. Cuv. Phuca monachafi. Dr.sM. Phoca biçoiur, Siiaw. Phoca albivenlcr, Bouu. Phuc^i leucoija>,tir, Péron) a de sept à dix pieds (2,274 à 5,2 iS) de longueur ; son |)e lage est ras, court et très-serré, entièrement noir en de-sus, avec le ventre blanc; ses moustaches sont lisses. Cet animal est fort intelligent, et s'apprivoise très-bien; il est mèiue docile cl obéit au commandement de son maître , qu'il allèctionne beaucoup ; il est commun dans la mer Adriatique, et se trouve aussi , dit-on , sur les côtes de Sardaigne.

5'= Genre. Les MACRORHINS [Macrorhinus, F. Cuv ) ont trente dents, savoir : quatre incisives supérieures et deux inférieures, crochues comme les canines, mais plus petites; (piatre canines fortes ; vingt molaires , dont les racines sont simples, plus larges que les couronnes qui imitent un mamelon pédicule.

Le MiouiiouNc, ou Piiooue a trompe [Macrorhinus. probusciih'us, F. Cuv. Phoca proboscidea et Phoca Ansonii, Desm. Phoca leoninii, Lin. Phoca elephantina , Moi.ina. Le Loup marin, Pernettv. Le Phoque à museau riJé, Forsï. Le Lion marin, Da.mp. — Anson. L'EIrphant marin, Péron, et les voyageurs anglais. Le Lame, Molina). Cet animal atteint de viiigl-cin(| à trente ])ieds (8 à 10 mètres) de longueur, sur quinze à dix-huit (i,872 à 5,«i7j de circonférence ; son pelage est ras, grisâtre ou d'un gris bleuâtre, ipichpiefois d'un brun noirâtre, ru<le et grossier; ses yeux sont très-grands, pro('iiiinents; les poils de ses moustaches sont rudes et contournés en S|)irale; .ses canines iiift'rieiires, fortes et ar- (piées, sont saillantes hors des lèvres; les ongles des in.iins soni très-petits, et sa queue courte est peu apiiarenle.

La nature a paré beaucoup d'animaux, pour le tem|)s des amours seulement, d'une sorte de robe de noce plus ou moins brillanle, plus ou moins singulière : dans les oiseaux, ce sont des couleurs vives et traucliaiil('s, des crêtes, des aigrettes, dans les salamandres, ce sont des membranes dorsales agréablement découpées et nuancées de mille couleurs variées, etc.; elle n'a pas ouldié le phoque dont nous parlons ici , mais la parure (pi'elle lui a dévolue est au moins fort bi/arre. Elle (-onsiste en un |iro longeinent du nez, en forme de trompe membraneuse et érrclih', molle, (M.isliipie, ridée, longue (piclqucfois d'un pied ((I,ri2."i), el ayant beaucoup d'analogie avec cette longue crête qui pend sur le bec d un coq d'Inde. Celte tromijc manque à la femelle et aux

jeunes avant l'âge adulte, et il paraît qu'elle s'efface peu à peu dans le mâle lorsque le temps du rut est passé.

Le miouroting habite les plages de toutes les îles désertes de l'hémisphère austral, et vit en troupes de cent cimpiante à deux cents individus; comme il craint également la chaleur et l'excès du froid, il émigré régulièrement pour aller passer l'été dans le nord de la zone qu'il habile, et l'hiver dans le sud. Pendant les quatre premiers mois de l'année il (juitte peu la mer, où il se nourrit de poissons, de mollus<pies et de crustacés; alors il devient tellement gras qu'il n'est pas rare de lui trouver entre la peau et les muscles une couche de graisse huileuse ayant jiis(|u'à neuf pouces (0,24i) d'épaisseur; les Américains retirent .souvent une énorme quantité d'huile d'un seul individu, dont le poids de la chair seulement est communément de mille kilogrammes. Cet animal est d'un caractère doux, paisible , et surtout d'une grande indolence. Lorsqu'il dort sur la terre, mollement étendu sur un lit de varech, il est extrêmement facile de l'approcher, car, même lorsqu'il se réveille et voit le chasseur armé de sa longue lance, sa paresse ne lui permet ni de fuir ni de se mettre en défense, ce ijui rend facile de le tuer d'un seul coup en lui perçant le irerir. Mais dans le temps des amours il n'en est pas de même; il déploii^ une activité extraordinaire , et il serait dangereux de l'approcher. Le rut a lien dans le mois d'octobre, et les mâles .'■e livrent alors des combats furieux pour s'approprier chacun le plus de femelles ([u'ils peuvent. I.e plus fort fait son choix, compose à son gré S(ni harem, el se retire; le combat recommence, el enlin les mâles les plus fail)les restent sans femelles. Mais bientôt les vainqueurs se lassent de leurs conquêtes el les abandonnent au.\ vaincus. Chaque femelle fait un ou deux petits qu'elle allaite deux ou trois mois.

Le ])hoi|ue d'Anson [l'hoca Ansonii, Desm.) en serait une variété moins grande, à pelage d'un fauve clair, el à ongles des mains plus robustes, si ce n'est une espèce. Il habiterait plus particulièrement l'Ile Juan-Fernandez et les îles antarctiques.

Le Mackorhin de l'île Saint-Paul (Macrorhinus Coxii. — Phoca Coxii, Des.m. Le Lion marin de Coxe) est de la taille du miouroung, mais il manque de trompe; .son pelage est de la couleur de celui {\\i buffle, ou brun, ou (pM'l(piefois blanc. Il est (rès-commun aux îles d'Amsterdam el de Saiiit-l'aul. Serait-ce le miouroung hors du temps des amours, c'est-à-dire lorsque sa trompe est ell'acée? j<: le crois.

Le Machoumin uricne (yi/acro/7//;iu,s lapinus. — Phoca lupitw , .Moi iNA ; le Limp marin des matelots français et espagnols) me |)araît aussi n'être (piune varic'ti' du miouroung, mais plus petite, si r('clleiMCnl sa longueur ne ih'passe pas huit pieds (2, .M)!)). Sa lèvre supérieure est un peu cannelée; son pelage est d'un gris idun et quehpiefois blanchâtre ; ses pieds de devant n'auraient

PHOQUES

que quatre doigts, selon Molina. Ou le trouve sur les côtes du Chili.

Le Macrorhin de Bvron {Macrorhitius flijrDiiii, l^r:ss. Phoca Bijronii, Blainv.). Cette espèce ne repose que sur le squelette d'une tête observée par M. de Blainville , dans le cal>inet d'Hunter, à Londres. Elle a six incisives supérieures, dont la seconde extérieure est plus forte que les autres et resseudde à une canine ; les crêtes occipitales et sagittales sont trcs-saillantcs, ainsi que raj)ophyse niastoïde. L'animal avait e'te' trouvé sur les côtes des lies Marianes.

G» Genre. Les (ARCTOCÉPII.\LE.S Arctocephalus, Fr. Cuv.) ont trente-six dénis, savoir : six incisives supi'rieujes dont les ((iialre moyennes sont profonde'ment échancrces dans leur milieu, et

T-'GEMiE. Les l'LATYmiViNUUES (Platyrhynchun, Fr. Cuv.) ont le même système dentaire (pie dans le genre précèdent, mais les incisives sont iiointues, et les niflchelicres n'ont de pointe secondaire qu'à leur partie antérieure; leur crâne est très- élevé, et leur museau élargi.

Le Lion marin (Platyrhijnchus leoninus, Fr. Cuv. Olaria jubata, Desm. non Linné. Otaria Pernctiyi, Less. Olaria leonina, Pkron) est long de douze pieds (ri, 898), et, si l'on en croyait Pernetty, il en atteindrait jusqu'à vingt-i inq (8,121); son pelage est fauve; ses moustaches noires; le mâle porte sur le cou une crinière épaisse qui lui descend jusque sur les épaules; sa tête est assez petite, semblable à celle d'un dogue, avec le nez un peu relevé et comme Irompié à son exlréniité. Celte espèce habite les îles

mt^ ^/d

Le .Morse.

(piatre inférieures échancrées d'avant en arrière, quatre canines; douze molaires supérieures et dix inférieures. Les màehelières n'ont (|u'une racine, moins épaisse (pie la couronne, consistant en un tubercule moyen garni à sa base, en avant el en arrière, (l'un tubercule beaucoup plus petit. Les mains de ces animaux sont placées très en arrière, ce qui leur fait paraître le cou fort allong('; les pieds ont leur membrane à cin(( lobes d('passant les doigts; leur tête est surbaiss('e et leur museau r('lréti.

L'Ours .marin {Arctncephalus ursinus, Fr. Cuv. Pliuca uraina, Lin. Olaria ursina, Desm. Otaria Forsteri, Less Ursustnarinus. Forst. UOars marin, de Buff.) est long de quatre à six pieds (1,299 à i,9i9), mince, à tête ronde et gueule peu fendue, avec des yeux prot'minents, et de longues moustaches; ses oreilles sont pointues el e()iii(pies; son pelage est composé de deux sortes de poils ; celui de dessous, court, ras, doux et satiné, d'un brun roux; celui de dessus plus long, brunâtre, tacheté de gris foncé. Il habile les côtes du Kamschalka et des îles Aléoutiennes. On le recherche beaucoup à cause de sa fourrure très-cstiuK'c en Chine, mais ses miturs sauvages, la finesse de son odorat (|ui lui fait reconiiaitic de fort loin l'apiiroche du chasseur, lendent sa chasse fort dinicile. Il n'haliite (pi'au milieu des rochers el des récifs, sur les côtes les plus balliie^ |iar la tcmiK'te.

antarctiques; son caractère est doux et timide. Elle vit de i)oissons, d'oiseaux d'eau qu'elle surprend avec adresse, et (|uclipiefois d'herbe. La femelle i)our faire ses petits se cache dans les roseaux où elle les allaite. Cha(pie jour elle va à la mer, et gagne sa retraite le soir. La chair de ces animaux est mangeable; son huile est utile et sa peau est excellente pour les ouvrages de sellerie.

Le Pi.ATviiiivNyur. Moi.ossi; {Plaliirhynclius mulo^sitius , Lrss. Olaria mnlossiiia. Lr.ss. et Garnot. L(; Phoque, à crin des baleiniers anglais. Le Pelil lion marin, de Pkunkïtv). Celte espèce a de (piatre à huit pieds (1,299 à 2,599) de longueur; son pelage est d'un roux uniforme , ras sur toutes les jiarties du ('orps; les poils de ses moustaches sont aplatis, d'un brun rouge, à extrémité noire; les mains ui.iiKpienl d'ongles, et les pieds en ont trois assez gros. La ti'le est petite, arrondie; les oreilles sont petites, pointues, rouU'es sur elles-mêmes. Elle habite les îles .Maloiiines.

Le Pi.ATVKiivN(jUE DE GiÉLiN (Platyrliynclius Guerinii. — Plalyrhijnchus Uraniœ, Less. VOtarie Guérin , Quoï et Gaimard) a la plus gr.iuile analogie avec le ))réct'dent ; mais les deux naturalistes du voyage de l'Uranic lui donnent six incisives en haut et (piatre en bas, (pialorze molaires su|>('riciires et douze inférieures. Son pelage est brun , ras; son museau aplati , portant cin([ rangs de inoustaches; sa taille est de (piatre pieds dix pouces (1,S70).

LES CARNIVORES AMPHIBIES

Il habite les iles Malouines comme le pre'ce'dent , aunuel il faudrait stîns doute le rapporter, s'il se trouvait que ses dents eussent e'te' mal observées.

8^ Genre. Les IIALYCHORES {Hahjchœrus. ITornsch.) ont trentequatre dents , toutes coniques , recourbées : les inférieures égales, courtes, séparées également par un intervalle vide; les deux incisives externes d'en haut simulant des canines et marquées d'un canal étroit à leur partie postérieure, les quatre intermédiaires plus longues et égales entre elles; les canines inférieures ra|i]irochécs, sillonnées en arrière et en dedans, s'engageant dans un intervalle des canines supérieures qui sont semblables; molaires triangulaires , les supérieures convexes sur leur face externe , recourbées, les troisième et quatrième les plus grandes, les inférieures pyramidales, les deuxième et troisième plus grandes. Du reste, les ongles sont plus longs et plus recourbés que dans les autres phoques. Ce genre fait le passage des phoques aux morses.

L'Halvciiore gris {Halycharus griseus , IIorns. Phoca annellala , NiLss. Phoca cucullata, Bon».) a le pelage composé de deux sortes de poils: celui de dessous est blanc, laineux et court; celui de dessus est long de deux pouces (0,05i), soyeux, d'un gris plombé sur le dos , blanc sur le reste du corps. On le trouve sur les côtes de la Poméranie et des mers du nord de l'Europe.

Espèces non encore classées.

9= Genre proinsoire. Les PHOQUES (Phoca, Lm.) n'ont pas d'oreilles extérieures.

Le Phoque a tiVpe iie tortue {Phoca tesludinea, Siiaw.) ressemble par ses pieds au phoque commun , mais son cou est allongé, et sa tête ressemble à celle d'une tortue. Espèce douteuse, qui habiterait les mers d'Europe.

Le Lakiitak [Phoca lakhiak, Desm.) n'est connu que par une description do Krasclicnninikow; il serait de la grosseur d'un bœUf, et habiterait le Kanischatka.

Le PuoguE ticué (Phoca tiyrina, Kraschenn. Phoca Chorisii , Less. Le Chien de nier du détroit de Behring, Choris. Var. Phoca punctala , maculata , elnigra, de l'Encycl. ang. ) est de la taille d'un veau; son corps est couvert de taches rondes et égales; son ventre est blancliiltre. Les jeunes sont entièrement blancs. Du Kamschalka. La variété punctala a la tète, le dos et les membres tachetés. Elle habile les Kourilles. — La variété maculata est mouchetée de brun et habile les mornes côtes. — La variété nigra est noire , (pielquefois tachée de blanc , et se trouve sur les mêmes rivages.

Le Phoqve fascié (Phoca fasciata , Siiaw.) est noirâtre; une bande jaune lui dessine une selle sur le dos. Patrie inconnue.

10'^ Genre provisoire. Les OTARIES ( Otorm , Péron) ont des oreilles externes apparentes.

L'Otaiue [ie Deealande (Otaria Dclalandii, G. Cuv.) a trois pieds el demi de longueur (1,137); son jielage , doux, fourré, laineux à la base, a la pointe de ses poils aunelé de gris et de noirâtre, ce qui lui donne une teinte d'un gris brun roussâlre; le ventre esl d'une couleur plus pâle. Il a été apporté du cap de Bonne- Espérance par M. Delalande.

L'Otarie de Péron {Otaria Peronii et nigra, Desm. Phoca pusilla, Lin. Phura parva, Bodd. L'Otarie de Vue de Rotlnest, Péron. L'Otarie de Delalande, Fr. Cuv. Le Loup marin. Pages. Le Pclil phoque, BuFF.) a de deux à quatre pieds de longueur (0,0.^0 à 1,299). Ses oreilles sont pointues; ses pieds de derrière n'ont d'ongles apparents qu'aux trois doigts du milieu, et sont terminés par une membrane à cimj festons; sa couleur est généralement noirâtre ; son pelage doux, et ses moustaches rondos et lisses. Il habite la Nouvelle-Hollande.

L'Otarie cendré (Otaria cinerea, Péron) a neuf à dix pieds (2,923 à 3,248) de longueur : son pelage est dur, grossier, d'un gris cendré. Il habite la Noiivello-IIoliande, sur les côtes de l'Ile Deirès.

L'Ot\rie ai,I!I(:(u.i,e [Otaria albicollis, Péron) a huit à neuf pituls (2,li7i à 2,9i3) de longueur; ses membres antérieurs sont siliiés fort en arrière , et il a une grande tache blanche sur la partie moyenne et supérieure du cou. Il habite la Nouvelle-Hollande.

L'OtariE couronné (Otaria coronata, Blainv.) a le pelage noir, taché de jaune, avec une bande de celte couleur sur la tête et une tache sur le museau. 11 a cinq ongles aux pieds de derrière. Sa patrie est inconnue.

L'Otarie jaunâtre (Otaria flavescens , &n\\\ .) est long d'un à deux pieds (0,32,') à 0,r),')0). Son pelage est d'un jaune pâle uniforme ; ses oreilles sont longues; ses mains man(pient d'ongles, et il en a trois seulement aux doigts moyens des pieds. Sa patrie est inconnue.

Le Cochon de mer (Otaria porcina , Molina) ressemble par la forme et le pelage au macrorhin urigne, mais son museau est ]>lus allongé; ses oreilles sont relevées, et il a cinq doigts aux pioils de devant. Il habite les côtes <lu Chili.

L'Otaiue d'IIauvili.e (Otaria llaurillii, G. Cuv.) a quatre pieds deux pouces (l,5b3) de longueur; il est d'un gris foncé et cendré en dessus, blanchâtre sur les flancs et la poitrine; il a sur le ventre une bande longitudinale d'un brun roux, avec une autre transversale et noirâtre allant d'une nageoire à l'autre. On le trouve aux iles Malouines

LES MOllSES

ont la forme générale des phoques; mais leur mâchoire inférieure man(iuc de canines et d'incisives, et les canines supérieures forment d énormes défenses dirigées inférieurement.

11<- Genre. Les MORSES (Trichechus, Lin.) ont vingt-deux dents à l'état adulte, savoir ; quatre incisives ;i la mâchoire supérieure, et point à l'inférieure ; deux canines ou défenses à la mâchoire supérieure el i>oinl à riiifériciiro; huit molaires en haut et hiiil en bas; leurs molaires sont cylindriipies, courtes, tron(pjées obliquement, et semblent, par leur slriicture et leurs rapports, agules unes sur les autres comme le pilon agit sur son mortier.

Le MoiisE ou CiiKVAL MtRiN {Trichrchus rusttuirus, Lin. Le Morse, liuFF. La Vache marine et la Bêle à la grande dent des voyageurs) atteint onze à douze pieds (3,575 à 5,898) de longueur, el même beau(OU|i |ilus, si on s'en rap|iorlait à certains voyageurs; son pelage est très-court. Irèspeu fourni, et d'une couleur roussâlro :

son muffle est très-gros, sa lèvre supérieure renflée; ses narines se trouvent prosipie regarder le ciel et non Icrininer le museau; ses défenses ont quch|uofois deux pieds de longueur (O.OjO) et davantage; leur grosseur esl proportionnée à leur longueur. Pour les membnîs el le reste du corps, il ressemble beaucoup aux l)ho(pies.

Si le morse a beaucoup d'analogie dans les formes avec les aiiiin;iux de la famille |>réc('(loiile , il n'en a pas moins dans les ma;urs el dans toutes les habilud<'s de la vie. Cependant il a moins d'intolligence , et, par suite, moins de douceur dans le caraclère. Kward Worst dit avoir vu en Angleterre un de ces animaux âg(' de trois mois, que l'on ne pouvait toucher sans le mettre on lolèro, ot mémo le rendre furieux. La seule chose que l'éducation ait pu oblenir de lui était de le faire suivre son maître en grondant, (piand il lui présentait à manger. Cet animal habite toiilos les parties de la mer Glaciale, mais il esl bien moins coin-

PHOQUES

miin (lu'aulrt'fois. «J'ai vu à .lakiilzk, ditCmclin, quelques dents (le morse qui avaient cinq quarts d'aune de Russie, et d'autres une aune et demie de longueur; communément elles ont Jusqu'à (juatre pouces de largeur à la hase. .Te n'ai pas entendu dire qu'auprès d'Anadir>k()i l'on ait jamais chassé ou |)éche' de morse pour en avoir les dénis, qui néanmoins en viennent en si grande quantit(' ; on ma assure' , au contraire, que les hahilauls trouvent ces dents, de'tache'es de l'animal, sur la basse côte de la mer, et que, par conse'quent, on n'a pas besoin de tuer auparavant les morses. Plusieurs personnes m'ont demandé si les morses d'Anadirskoi étaient une espèce différente de ceux ipii se trouvent dans la mer (lu Nord et à l'entrée occidentale de la mer Chu iale, parce (pie les dents qui viennent de ce côté oriental sont beaucoup plus grosses (pie celles qui viennent de l'Occident , >' etc. Gnielin ne rnout pas cette (jucstion, et liuU'on en donne une solution qui me parait ètie une erreur. «On n'apporte d'Anadirskoi, dit-il, que des dents de ces animaux morts de mort naliirelle; ainsi, il n'est pas surprenant que ces dents, qui ont pris tout leur accroissement, soient plus grandes que celles du morse de Groenland, que l'on tue en bas âge. »

Pour admettre cette hypothèse, il faudrait admetti-e aitssi (plé jamais dans le Groenland les morses n'atteignent toute leur grandeur, et que tous ceux que l'on lue, sans exce])lion , sont Jeunes, puisque leurs dents sont, aussi sans exception, beaucoup plus petites que celles apportées d'Anadirskoi. Cette proposition n'est pas soutenable. Voici une autre ditliculté : il est certain qu'on ne trouve jiresipie plus de morses aux environs d'Anadirskoi, et que ceux (pii s'y montrent de loin en loin ne dépassejit pas douze pieds de longueur; or, un morse qui aurait des dents longues d'une aune et dvm'w russe devrait avoir le corps au moins de trente-cinq jiieds de longueur, ce qui ne s'est Jamais vu, puisque les plus grands ipie l'on ait observés ne dépassent pas douze à ipiatorze pieds. Je pense que l'ivoire trouvé sur les bords de la mer, aux environs d'Anadirskoi, n'est rien autre cho.se que les dents fossiles d'un grand morse dont l'espèce ne se trouve plus vivante. Ce qui me fait ajouter foi à cette hypothèse, c'est que dans le même pays on rencontre des collines entières composées pres(pie en totalité d'ossements de mammouths, de rliinocéros et autres animaux perdus, et que l'on possède au cabinet de SainlPétersbourg des défenses de mammouths dont l'ivoire est aussi [jarfaitement conservé fjue s'il avait été pris sur des animaux vivants.

Les morses ne ])eiivent pas toujours se tr<niver près des cotes, à cause des glaces (jui en défeiideut l'approclu'. Aussi ils élisent leur domicile sur des gla(;ons, et il arrive i)ai'fois ((ue c'est sur

cette habitation flottante ipie la femelle fait un ou deux petits en hiver. Le petit, en naissant, est, dit-on, de la grosseur d'ini cochon d'un an. Elle l'allaite et le soigne avec tendresse, et le di'fend avec fureur. Lors([ue ces animaux vont à terre ou montent sur un glaçon , ils se servent de leurs défenses pour s'accrocher et de leurs mains pour faire avancer la lourde masse de leur C(ups. Il parait qu'ils se noiwrissent dt' varechs et autres herbes marines aussi bien que de suiislances animales.

Malgré les dangers d'une navigation dans des mers couvertes de glaces, les vaisseaux baleiniers de plusieurs peuples du .Nord vont y pêcheries morses, non-seulement ])oiir avoir les dents, (|ui fournissent un ivoire plus dur, plus couqiacte et plus blanc (pie celui de Téh-phant , mais encore pour extraire de leur graisse une huile abondante, meilleure que celle de baleine, et pour s'emparer de leur peau, dont on fait un cuir très-fort et d'excellentes soupentes de carrosse. Autrefois on trouvait sur certains rivages dimmenses troupeaux de morses, et il n'était pas rare d'eu tuer jusqu'à douze ou quinze cents dans une seule chasse ; mais aujourd'hui on ne les rencontre guère qu'en petites troupes ou en familles. Dans la mer on les harponne de la même manières (pie les baleines; si on les trouve sur le rivage, on les liie'à coups de lancé. Quand un morse se sent blessé, il entre dans une fureur effrayante; dans liuipuissance de pouvoir poursuivre et atteindre son ennemi , il fraïqie la terre de côté et d'autre avec ses défenses; il brise les armes du chasseur imprudent, et les lui arrache des mains; enfin, enragé de colère, il met sa tête entre ses pattes ou nageoires, et, profitant de la pente du rivage, il se laisse ainsi rouler dans la mer. Si on les atlaipie dans l'eau, et (pi'ils soient en grand nombre, la |)rotectioii (pi'ils s'accordent mutuellement les rend très-audacieux. Dans ce cas ils ne fuient pas: ils entourent les chaloupes, et cherchent à les submerger en les perçant avec leurs dents, ou à les renverser en frappant contre les bordages, dont ils enlèvent de grandes portions. Dans ces occasions, et dans les combats (juils liMcnt (pielquefois aux ours blancs, et dont ils sortent toujours vainipieurs, il leur arrive quehpiefois de perdre une de leurs armes, et celle ipii leur reste n'en est pas moins terrible. Si on est parvenu à en harponner un , presque toujours on en prend ]ilusieurs, car ils font tous leurs efforts pour défendre leur camarade et le (h'Iivrer. .Si , effrayé par le nombre de ces animaux , par leurs efl'orts et surtout par les mugissements furieux dont ils frappent les airs dans ces occasions, les pécheurs croient prudent de prendre la fuite, les morses poursuivent fort loin la chaloupe (pii les emporte, et n'alinndonncnt leur projet de vengeance (pie lorsipi'ils ont jierdu rcuib.u'calion de vue.

Ï.ES MARSUPIAUX

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