SOS
une taelie jaune sur chaque œil. Sa longueur, du bout du museau à la naissance de la queue, est de neuf pouces (0,2ii). On en voit, au Muséum, un individu femelle dont les petits sont encore attaches aux mamelles. Il habite Cayenne.
Le Toi'AN [Didcliihis tricolor, Gi:oif. Didelphis hraclnjura. Pai.i,. Le Micouré n" 5, (I'Azzaua. Le Tiian de Biffon) est de la taille d'un rat; il a, du bout du museau à la naissance de la queue, cinq pouces et demi (0,149), et sa queue a deux pouces quatre lignes (0,0(î3), elle est forte, et velue seulement à sa base; son pelage est d'un brun noirftire sur le dos, d'un roux vif et tranche' sur les flancs, et blanc en dessous; les doigts sont à la fois velus et éiailleux. 11 habite les forêts de la Guyane, et BufTon le confondait avec les belettes.
Le DuiEi.riiE uraciiyure [Didelphis brachijura, Gml.) n'en est ]>robabk'ment tpi'une variété. Il n'en diU'ere que par son pelage d'un roux foncé en dessus et sur les lianes, blanclifitre en dessous; la (|ueiie est de la longueur de la moitié du corps. Il se trouve dans les mêmes contrées.
Le Gkison (Dideliihis cmereo, Temm.) est de la taille d'un rat ordinaire ; son pelage est épais , court, d'un gris cendré clair en dessus, blanchâtre en dessous, roussâtre sur la poitrine; la femelle est de celte dernière couleur. Sa télé est petite; son museau très-court; ses oreilles sont nues; un peu étranglées à la base; sa queue, beaucoup plus grande que le corps, est trèsgréle, très-poilue à sa base, nue dans le reste de sa longueur, blanche à l'extrémité. II a été découvert au lîré,>il par le prince de Neuwied.
Le DinEiriiE dorsai. (Didelphis dorsigera, Lin. — Tesim.) est de la taille d'un rat; son pelage est court, fin, peu fourni, d'un gris brun, avec le front et les joues d'un blanc jaunâtre. Sa queue est grêle , poilue dans une assez grande portion de sa longueur, brune et unicolore à l'extrémité. Il haiiile Surinam.
Le MicouiiK i.AiNEix [Didelphis laniyera, Desji.) a le pelage de couleur de tabac d'Espagne en dessus, blanchàire en dessous; sa queue n'est ni conique ni cylindriipie , mais prismati(iue , à angles trcs-('moiissés, avec une rainure sur la face inférieure; elle est beaucoup plus longue ipie le corps, et nue en dessus dans son dernier tiers seulement. Cet animal a sept pouces (0,18'Jj de longueur, non compris la queue. Il habite le Paraguay.
Le Minotiiiit a grosse queue {Didelphis macroura, d'AzzARA. Dideljihis crassicaudala , Desm.) a onze à douze pouces de longueur (0,298 a 0,52'i) du bout du museau à la naissance de la (jueue ; celle-ci, à peu près de même longiieiu', est ronde, et n'a pas moins de Iniis pouces et demi (0,093) de circonférence à sa base; elle est velue à son ])remier tiers , nue , écaiUeuse et noire dans le reste de sa longueur, avec un pouce et demi (0,Oil) de sou extrémité blanc. Son pelage est fauve ou couleur de cannelle en dessus, plus clair sur l'oeil, plus foncé à la face et au pied. Il habite le Paraguay.
Le MicouRK NAIN [Didelpliis pusilla, (I'Azzara. — Pesm.) n'a que trois pouces quatre lignes de longueur (0,090), depuis le bout du museau ju.s(pi'à la naissance de la queue; celle-ci est entièrement nue, longue de trois pouces huit lignes (0,099). Son pelage est d'un gris de souris, avec le tour de l'œil noir, les sourcils blanchâlres, séparés par une tache triangulaire obscure. Ce pdil animal , stupide comme toutes les espèces de son genre, vit dans les jardins et les broussailles au Paraguay.
a-- Genre. Les CIIIRONLCTES [Chirouecles, U.uc.) ont dix incisives en haut, huit eu bas; deux canines à chaque mûchoire; les umiaires en nombre indéterminé; leur museau est pointu, leurs oreilles arrondies, nues; leurs yeux sont (ouriu's de crtié; tous les pieds oui cini| doigis, les |i()slérieurs )i.diu<'s, avec le ))ouce sans (lugle; leur marche esl plauligrade, la feuullc a une [lociie abdominale (pii manque aux nulles.
Le Yapock [Chircnectes yapock, Desm. Didelphis palmala. Geoi e.
Lutra minima, Zimm. Luira minima , P)()i)[i. La Pelile Loutre de la Guyane, Buff.) a tout au plus un pied (0,523) de longueur, du bout du museau à la naissance de la queue; celle-ci a six ou sept pouces (0,102 à 0,189) de longueur, elle e.st prenante, nue, ridi'e, plate en dessous; le pouce postérieur est lilue; le pelage est brun en dessus, avec trois bandes transverses grises, claires, interrompues dans leur milieu ; le dessous du corps est blanc. Tout ce qu'on sait de cet animal , qui habite la rivière de Yapock, à la Guyane, c'est qu'il a des mœurs aquatiques analogues à celles de notre rat d'eau, cpi'il nage et plonge fort bien, et qu'il se nourrit de poissons et d'insectes.
Le CniRONECTE de Lancsdorff [Chironectes Langsdorfp,i) n'a pas plus de deux pieds de longueur (0,(i50); son pelage est trèsdoux, d'un gris uniforme, manjué de deux bandes en travers des lombes; sa queue est velue, non prenante; enfin le pouce des pieds de derrière est pris dans une membrane des doigts. Il a été trouvé par Langsdorff au bord des ruisseaux, dans les forêts, près de Rio-Janeiro.
, 5" Genre. Les DASYURES (Dasytirus, Geoff,) ont quarante-deux dents, savoir- huit incisives siqiérieures et six inférieures, en rangées régulières; quatre canines et douze molaires à chaque mâchoire. Leur têle est très-pointue, conique, leur gueule trèsfendue, leurs oreilles médiocres et velues; ils ont cinij doigts à tous les pieds, mais le pouce des pieds de derrière est rudiuientaire ; leur ([ueue , non prenante , est couverte de poils ; enfin , ils n'ont point de poche alxlominale, dit-on, quoique M. Gervais leur en donne une. Ces animaux ne se trouvent que dans la Nouvelle-Hollande.
^^ Le DastUre a loNCIjé queue [Dasyurus macrourus, Geoff. Viverra maculala, Smaw. Le Spotled-Martin des Anglais. Le Dasyure tacheté de Pékon) est long d'un pied et demi (0,.i87), et sa queue est prestpie aussi longue ipie son corps; son pelage est d'un beau marron, tacheté de idanc, ainsi (pie la (punie.
Cet animal se trouve dans la Nouvelle- Hollande , aux environs du Port-Jaokson, Il a un peu de la physionomie des genetles et des fossanes, et beaucoup des habiliides des martes, La struclure de ses pieds ne lui permet pas de grimper aux arbres, mais la nuit il sort des trous de rocher où il se tient caché et où il dort pendant le jour, et il se met en quête des oiseaux, des petits mammifères et des insectes dont il se nourrit. Comme les petits animaux dont il pourrait faire sa proie sont très-rares en Australasie, et se bornent à ipiehpies ornilhorhyncpies, échidnés ou kangourous, il lui arrive fri'(pieminent de faire une mauvaise chasse. Alors il descend sur le rivage de la mer, attaipie avec voracité les cadavres de pois.son et de phoque à demi putréfiés que les flots de la mer ont rejetés de leur sein. Quebiuefois aussi il se glisse en silence dans les basses-cours des colons, et massacre toute la volaille, absolument comme fait la fouine. Tous les dasyures S(uit très-voraces et ont les mêmes habitudes que celui-ci.
/ Le Dasyure Maucé (Dasyurus Maugei, Geoff.) est plus petit que le pr('cédent, et n'a (pie tpiatorze pouces de longueur (0,379). Son pelage esl olivâtre en dessus, cendré en dessous, à mouchetures blanches , uniformes, également n'parlies; la (|ueue est un peu i)lus rousse ([ue le dos. On le trouve dans le même pays, et il se fait remar(pier par son extrême propreté.
On doit à Gaimard les observations suivantes sur cet animal : « Nous en avons conservé un vivant, dit-il, à bord de l'Uranie, pciulaiil ICspace de ciu(| mois. Cet élégant petit animal ne cherciiail pointa mordre, (pi(d(iues tracasseries (pi'on lui fil. Fuyant la lumière un peu trop vive , il se jilaisait beaucoup dans la niche étroite (pi'on lui avait pr('par('e. Il n'était pas méchant , mais on ne remarcpiait point (|u'il fut susceptible d'attachement pour la persouiii' ipii le nourrissait et le caressait. L'instant de ses repas élail une scèiu; toujours (Uirieuse pour nous; ne vivant que de
LES MARSUPIAUX
viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité'; et lorsqu'il en tenait un dans sa gueule , il le faisait quelquefois sauter en l'air et l'attrapait adroitement; apparemment pour lui donner une direction plus convenable. Il s'aillait aussi avec ses pattes de devant, et iiuaml il avait ai hevé son repas, il s'asseyait sur le train de derrière et frottait longuement, et avec prestesse, ses deux pattes l'une contre l'autre {absolument comme lorsque nous nous frottons les mains), les passant sans cesse sur l'extremite' de son museau toujours très-lisse, très-humecte' et couleur de laque, quelquefois sur les oreilles et le sommet de la tète, comme poiu- enlever les parcelles d'aliment qui auraient pu s'y attacher. Ces soins , d'une excessive propreté' , ne manquaient jamais d'avoir lieu après qu'il avait fini de manger. »
dents, savoir : huit incisives en haut et six en bas; quatre canines et quatorze molaires à chaque mâchoire, c'est-à-dire qu'ils ont une fausse molaire de plus; leurs incisives ne sont point égales, les deux moyennes e'tant beaucoup plus longues que les latérales.
. Le PiiASCOGALE A PINCEAU (Phascogalc penicillata, Tejim. Didelphis penicillatus , Shaw. Dasyurus peniciUatus, Geoff. — Df.sm.) est long de huit pouces (0,217), non compris la queue, qui est très-touffue à sa pointe; son pelage est court, laineux, trèstouffu, d'un cendré uniforme, blanchftlre inférieurement. Cette espèce habite la Nouvelle-Hollande, où, selon M. Lesson, elle vivrait sur les arbres. Ses habitudes sont les mêmes (pie celles des dasyures.
^ Le Dasjure a loiigiu queue.
y/ Le Tapoa-Tafa (Dasyurus viverrinus, Gkofk. Le Dasijare viverrin des naturalistes. Le Spolled-opossum de Philipp.) a un pied (0,525) de longueur ; son pelage est noir, parsemé de taches blanches ; le ventre est gris; les oreilles sont plus courtes et jilus ovales «pie chez les précédents; la i(ueue est plus ('tiangléc à la base et jilus touffue à la pointe. .le réunis à cette espèce , comme simple variété d'âge, le dasyure taffa (Dasyurus tajfa, Gkoff. Viverrina opossum de Shaw) qui n'en difTère que par sa taille un peu j)lus petite, et son pelage uniformément brun. Tous deux habitent les environs du Port-.Iacksoii.
V* i' Genre. Les URSINS [Ursinus; Sacrophius de Fr. Cdv.) ont les mêmes caractères générlipies que les dasyures, mais on leur trouve dix incisives en bas, au lieu de six, ce ipil jxirlc le nombre total de leurs dents à (juarante-six ; en outre, leur queue est un peu prenante, et nue en dessus.
L'UiisiN DE IIahris {Ursinus Uarrisii. — Dasyurus ursinus, Ge;ofk. Sacrophilus ursinus, Fii. Cuv.) est de la taille d'un petit blaiicau. Son pelage est long, grossier, noir, irréguliireiueiil mai-qué d'une (III deux taches blanches ('parses sur la gorge, les ('iiaiilcs et la croupe. Son corps est long de dix-huit pouces (Oj/iSS) et sa queue de huit (0,2)7). (iet animal vit sur les bords de la mer à la terre de Van-Dieincn , et parait se nourrir plus de pèche ipie de chasse. Ses mœurs sont absolument les iiK^mes (pie celles des dasyures.
5« Genhe. Les PIIASCOGALES [Phascogale, Temm.) ont les mêmes caractères ((ue les dasyures, mais on Icui- liiiuve ipi.ir.uile-six
v/Le Phascogale nain [Phascogale viinimu, ïnnL Dasyurus ndniwus, Geoff.) a tout au plus quatre pouces de longueur (0,108), et sa queue, couverte de poils ras, atteint le tiers de cette dimension. S(Ui museau est coni(pie; son pouce de derrière est plus loiigipie dans les dasyures; son pelage est fort ('pais, cotonneux, doux, d'un roux uniforme. Il habite le nord de la terre de Van- Diemcn.
V' 6" Genre. Les TllYL.^CllNS (Thylacinus, Temm.) ont quarante-six dents , savoir : huit incisives supérieures et six inb'rleures : elles sont rangées en demi-cercle, égales, et séparées, dans le milieu et aux deux mâchoires, par un espace vide : l'incisive extérieure, de ( lia(pi(' C(jlé , est la plus forte ; quatre canines grandes , fortes , larges, courbées et pointues; (pialorze molaires à chaque mâchoire, dont les dernières liériss(TS de trois tubercules obtus. Ils ont cinq doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière.
\ Le Tiivi.AoïN DE llAitiils {Thylacinus Uarrisii, Temm. Dasyurus cynocephalus , Geoff. — Desm. j est long de trois pieds dix pouces (d,2iti), et sa ((ueue, comprimée sur les c(')tés, a deux pieds (O.CSO) de longueur. H rc-sulte de ses autres proportions qu'il atteint à jieti ])rc,< la taille d'un jeune loup; aussi est-ce le plus grand des carnassiers du continent austral Sou pelage est doux, court, tirant sur le bniii jaunâtre obscur, plus pâle eu dessous et d'un gris foncé sur le dos; il (lorte sur la croiiiie seize bandes transversales d'un noir brillant. Cet animal stupide habite des cavernes et des fentes de rocher très-profondes. Il chasse la nuit el.se nourrit d'oiseaux , de iietils mamiiiifères , et probablement lie I ailavr(< de poissons et autres aniiiiaiiN marins. Ilans la co-
MARSUPIAUX CARNASSIEUS.
li'iT, il jxnisse avec peine un cri court et gutlural. Il se trouve sur les l)(irds de la mer à la terre de Van-I)iemen.
x/ 1" Genre. Les PÉRAMÈLES {Peramcles , Geoif.) ont quarantehuit dents, savoir : dix incisives supérieures et six* inférieures; quatre canines et quatorze molaires à chaque niAchoire. Leur ttMe est pointue, allongée ; leurs oreilles velues et me'diocres; les ](Ouees des pieds postérieurs rudimentaires; les deux ]>remiers doigts petits et reunis par la peau jusqu'à la racine des ongles; leur train de derrière est plus fort que celui de devant, et les femelles ont une poche abdominale.
, I-e BANDieoiT NEZ-i'OiNTi: {Perameks nasuta , Groir. ) a de longueur un pied quatre pouces (0,'i-3ô) ; la ((ueue a environ six
laires. Son corps est roux en dessus et cendre' en dessous; la tèle est allonge'e et aiguë; les oreilles oblongues, longues d'un pouce; sa longueur totale est de huit pouces et demi (0 2")1). 11 habite le littoral (le la Nouvelle-Hollande.
Le Ghand BA^DlcouT (Perameks Lawsonii, Quoy et Gaim.) se distingue des précédents par sa grandeur; il n'a pas moins de deux |(ieds (0,('>50) de longueur. Son ])elage est d'un roux brun en de^^sus , et [irescpu' fauve en dessous. Il habile les montagnes lileues de la iNouvelh-tlalles.
8« Gfm:e. Les ISOODONS (Isoodon , Geoif.) ont à peu près les mêmes caraclèrfs que les pe'ranièles, mais ils ont huit incisives à la uirii'lioire iufrrii ure; il- ont .iiissi I,i Irle plus courte et le rhanfi'cin ai(|u:'.
pouces (ft,IC2). Sa tête est très-longue, son museau eflile; son nez prolonge' au delà de la mâchoire; ses oreilles sont courtes tt oblongues; ses yeux très-petits; son pelage est d'un gris brun en dessus, blanc en dessous. Il habite la iNouvelle-llullunde. Les peramèles habitent, dit-on , des terriers dans les dunes. Ils courent en sautillant sur leurs pieds de di:rrière , (pii sont foii longs, à la uianière des kangourous.
Le Bandicout de Bolgainville {Peramèles BougainvilUi, Quov et Gaim.) a e'te regarde' par Temniinck comme un jeune de l'eslièee pre'eedente; mais il s'en distingue sprrili(|uenK'ut par ses oreilles |)roportionnellemcnt beaucoup plus longues, par ses birnies plus élancées, par sa l.iille beaucoup plus petite, et par le peu de longueur de ses canines qui ne dt'|)assent pas les luo-
L'IstODON OBÉsiLE {Isoodon ubtsula, Fk. Clv. Peramèles ubesula, Geoff. Didelphis (diesula, Siiaw.) est de la taille d un rat; ses oreilles sont assez larges, arrondies; son pelage est d'un jaune l'oussâtre en dessus, blanc en dessous. Il habite la Nouvelle-Hollande, et ses mœurs sont tout à fait inconnues.
L'IsoouoN DU 11ijsilu.m (/soodoji Musei) ne m'est connu que jinr un individu incomplet <pii existe au Cabinet d histoire naturelle.
Ainsi que l'a fait M. Geoffroy, ce n'est qu'avec doute que je le place ici. Sa taille est double de celle du précédent, et approche de elle d'un putois; son pelage est d'un brun ])lus foncé. Il est pr(d>alib' (pi'il a i-lé appoilc' de la Nouvelle-Uollarule. ^^luand on eoiniailra mieux cet animal, il faudra |n\ b..Iilciuent lui créer un nouveau genre.
LES MARSUPIAUX
LES MARSUPIAUX FRUGIVORES.
Ils ont six incisives à la mâchoire supérieure et souvent à toutes lieux; la mâchoire infe'rieure manque de canines.
\ H' Genre. Les KOALAS [Phascolarctos, Blainv.) ont trente dents, savoir ; six incisives supérieures dont les deux intermédiaires beaucoup plus longues, et deux inf('rieures; quatre canines en haut, peut-être deux seulement, mais point en bas; huit molaires à la mâchoire supe'rieure et dix à l'inférieure. Us ont aux pieds de devant cinq doigts séparés en deux faisceaux opposables; le faisceau inférieur de deux ; les pieds postérieurs sont munis de cinq doigts, dont le pouce très-gros, opposable, sans ongle, les deux suivants plus petits et réunis jusqu'à l'ongle. La queue est extrêmement courte.
Le Koala ou Colak [Phascolarctos fuscus, Desm. Phascolarctos Flimlersii, Less. Lipurus cinereus , Goldf. Le \]'omrqt, Flindeus) habile le voisinage de la rivière de Wapaum, dans la Nouvelle- Hollande. Il a la taille d'un chien médiocre, le corps trapu, la tête courte, les oreilles médiocres, les jambes robustes, à peu près de même longueur, ce qui lui donne le port et la démarche d'un petit ours. Son poil est long, touffu, grossier, brun de chocolat clair; le dessous du corps est blanc.
Cet animal, assez peu connu, passe une partie de sa vie sur les arbres, sans doute pour chasser aux insectes, car il me paraît douteux qu'il se nourrisse seulement de fruits dans une contrée où , comme nous l'avons dit, ils sont extrêmement rares ; il est possible cependant ipi'il vive de feuilles, ainsi que les potorous, kangourous, etc. Le reste du temps il le passe à dormir dans un terrier qu'il se creuse dans les forêts. La femelle ne fait qu'un petit, qu'elle aime avec beaucoup de tendresse. Après l'avoir élevé jusqu'à une certaine grosseur dans sa poche abdominale , elle continue encore longtemps à le porter sur son dos et à en prendre le plus grand soin. .le ne sais si l'on doit regarder connue i(lentii[ue avec cette espèce le koala de G. Cuvier. Si ce grand naturaliste ne s'est pas trompé, son koala dilTérerait de celui-ci par le manque de pouce aux pieds de derrière, par sa couleur, non pas brune, mais cendrée, et enfin par ses oreilles plus i)oiutiH'S.
9« Genre. Les PHALANGERS(Pftaians[îSto,GEOFr.) ont trente-huit dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures; point de canines; seize molaires supérieures et (jualorze inférieures. Leur tète est assez courte ; leurs oreilles sont longues et droites; leur (jueue prenante est couverte de poils.
Le VouA-TAPOUA-ROU (Phalangina vulpina, Temm. Didelphis vulpina et lemuriita, Siiaw. Le Bruno de Vicq-d'Az. Le Vulpain opossum de WiuTE. Le Phalanger renard de G. Cuviiu et des naturalistes) a vingt-six pouces (0,704) de longueur, depuis le bout du museau ju.sipi'à la naissance de la queue; celle-ci est longue de (juin/c |iiiu(cs (0,40fi). Sa forme générale est à peu près celle d'un raton; ses oreilles sont droites, pointues, triangulaires, nues seulement en dedans ; son pelage est d'un fauve roussàtre , ou brunâtre, ou d'un fauve argenté, suivant l'incidence de la lumière; une sorte de collier d'\ni fauve vif lui entoure le cou; la dernière moitié de la queue, le tciur des yeux et les lèvres sont noirs; le ilessous est d'un roux januillre.
(À't animal habite les environs du l'ort-Jackson, autoiu' des colonies anglaises, et cependant on ne sait presque rien de ses mœurs. Quoique classé parmi les frugivores, il est certain qu'il ne peut se nourrir de fruits, car la Nouvelle-Hollande n'en produit point de mangeables, mêuu' pour les oiseaux, si ce n est une pelilc baie as.sez rare (celle du L'ptoineria Hiilardicrt}. Il est donc obhgc, ainsi (pie le dit le chirurgien Uollin, de se nourrir de gi-
bier, et particulièrement d'oiseaux, qu'il poursuit ou surprend sur les arbres, où Cook a cru qu'il montait pour chercher des fruits. Il paraît qu'en captivité il mange à peu près de tout, qu'il s'assied sur son derrière et porte ses aliments à sa bouche avec les deux pattes de devant. Il habite un terrier qu'il se creuse dans le sable.
Le PiiALANCER DE CooK [Phaldngisla Cookii , Cuv. — Desm. L'Opossum de la terre de Van-Diemen, Cook) est de la taille d'une fouine; son pelage est doux, court et brun, ou d'un gris roussàlre en dessus, blanc en dessous; la queue, de la couleur du dos, est terminée en blanc. La longueur de l'aniuLil est de tpiinze à seize pouces (O.iOtj à 0,155), non compris la queue, q\ii en a douze ou treize (0,5:23 ou 0,552). Il habite la terre de Van-Dieiiicn.
Le PiiALANGER NAIN [Phalancjisla nana , Geoff. Desm.) est de la grandeur d'une souris, il a , du bout du museau à l'origine de la queue, deux pouces et demi (0,OCS), et sa queue est de la même longueur. Son pelage est gris on dessus, blanc en dessous; la queue est griso. Tout ce que l'on sait de son histoire est qu'il se trouve dans 1 Ilot Maria, de la terre de Van-Diemen, et que les naturels du pays le mangent.
lO» Genre. Les COUSCOUS ou COUSSOUS [Cuscus, Ucf.v.) ont quarante dents, savoir : six incisives à chaq\ic mâchoire; point de canines; douze molaires supérieures et seize inférieures. Leur queue est prenante , mais en grande |)artie nue et couverte de rugosités; leurs oreilles sont très-courtes, quelquefois peu a]>parentes. Du reste, ils ressemblent aux phalangers.
Les uns ont les oreilles peu apparentes et velues en dedans et en dehors; telles sont :
Le ScuAM-scHAM (Cuscus amboinensis , Lacép. Phalangista maculala, Geoff. — Desji. Diddphis orientalis , Lin. Cuscus maculât us, Lisson. Le Phalanger mâle , Bukf. Le Couscous tacheté des naturalistes. Le Cocs-coès des habitants des .Moluques). Cet animal est d'une forme allongée et de la taille d'un gros chat ; sa tête est arrondie, à chanfrein légèrement concave, à museau court et conique; ses paupières sont renflées et rougei'itres ; la queue esf nue dans plus de la moitié de sa longueur, chargée de verrues d'un rouge assez vif. Son pelage , très-épais et laineux , varie en raison du sexe et de l'âge; il est généralement blanchâtre, couvei't de plaques brunes isolées, distinctes ou confondues. Il habite quelques îles de l'Inde.
Le scham-scham est un animal nocttu'ue, lent, paresseux et slupide, ainsi i|ue ses congt'nèrcs, aux(puds s'appiicpu' également tout ce que nous allons en dire. Ses grands yeux très-saillants, à fleur de tête, à pupille longitudinale, sont l'expression de son imbécillité. Ses mouvements annoncent plus de paresse (|ue de dilîiculté d'agir, et la colère même ne peut qu'à peine 1 animer. Dans ce cas, cependant, il grogne eu soufflant à la manière des chats, et il cherche à mordre, mais non à combattre. V.u captivité il montre un caractère triste, mais fort doux; il se cache dans le coin le plus obscur de l'appartement pendant le jour, parce ((uc l'éclat de la lumière lui blesse les yeux. La nuit il en sort poui' manger le i)ain et même la viande dont on le nourrit. 11 boit eu lapant ; il se frotte sans cesse la face et les mains pour se netloyer, et il aiiue à enrouler sa (pieue et a se tenir assis sur son derrière. Lorscjuc l'cm voyage dans les iuuneuses forêts de la Nouvelle-Guinée ou des Moluipies, l'odorat est quelquefois frappé d'une odeur forte, excessivement désagréable, annonçant d'assez loin la présence d'un de ces animaux caché dans le feuillage; (Ile rc'sidic d'un apiiarcil glaiuliileux que les couscous oui auloiu' (le laiMis. Malgré celte déleslable odeur , les naturels du pays mangent leur chair avec le plus grand plaisir, et leur font une
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chasse inccssanie. u Les Nègres du jxirt Praslin, à la Nouvelle- Irlande, disent les naluralistes voyageurs de la Coquille, aiment singulièrement la ciiaii- grasse des rouseous; ils la l'ont rolir sur des charbons avec les ])oils, et ne rejettent que les intestins. Avec les (lents ils forment des ceintures et autres ornements, et leur abondance est telle (|ue nous avons vu beauroup d habitants avoir des cordons de plusieiu's brasses de lougueiu' (jui attestent la destruction <|iie l'on l'ail de ces mammifères. « Il seudderait singulier au premier coup d'œil que des iNègres sans armes pussent si aisément s'emparer de ces animaux grimpeurs; mais, si l'on s'en rapporte à ce qu'ont dit et cru G. Cuvier et Huffon, la chose devient facile à expliquer. Selon ces auteurs, les couscous, ipii vivent jjrestjue continuellement sur les arbres pour y chercher les insectes et les fruits dont ils se nourrissent, sont tellement sur|)ris quand ils viennent à apercevoir un homme, qu'ils se suspendent par la queue à une branche, et, au lieu de fuir, restent là , immobiles, à le regarder. Dans ce cas, il ne s'agit plus pour le chasseur (pie de s'arrèlcr et de les regarder aussi : soit lassitude, soit par une sorte de fascination rèsidtant de la peur, ils finissent par lâcher la queue; ils tombent et deviennent la proie du ( hasseiir. .Malgré les deux grandes autorités que je viens de citer, je crois que ce fait a besoin d'être confirmé. Le schamschara vit dans les forêts équatoriales des grandes îles Mohiijues et Pajioues.
Le Couscous ursin (C'uscus ursinm , Less. Phalangisla ursina, Tem.m.) est de la taille d'un chat sauvage; il a de longueur totale trois pieds six pouces (1,1371, compris la cpieue, qui a vingt pouces (t),Sl2). Son pelage est frisé, cr('pu , rude, d'un noir parfait dans l'âge adulte, |)lus clair dans le jeune âge; les |)oils soyeux sont entièrement noirs; le dessous du ('or|)s est roiissAlre; les partie nues de la (pieue et du museau sont noirâtres. Il habite la partie septentrionale des Célèbes, où les habitants estiment beaucoup sa chair.
Le Do ou Ramiiavf, (Cuscus Qaoïjii, Less. Vhalangista papuonsis, Desm. Phala-nghtn Quog , Gaim.) ne serait, selon M. Tenuniuck, que le jeune âge du scham-scham, et je suis porté à partager cette opinion. 11 a le pelage d'un gris brun, avec une ligne dorsale plus foncée; le dessus de la tète est jaunâtre, le dessous d'un blanc sale ; les e\tr('mités des membres sont d'un brun noir assez fcHicé. Il habite le même i>ays que le scham-scham.
Le CouscoLS \ ciiouru» doké {Vhalangista chrtjsorrhos , Temm.) est de la taille d'un chat sauvage, et atteint à peu près trois pieds (0,07.5), compris la (|ueue, (pu a treize pouces (0,5r)2); ses oreilles sont très-courtes, couverte d'une toudè de poils blanchâtres; son jn'lagc est cotonneux, serré, un peu frisé, garni de poils soyeux d'un cendré gris (lair sur la fêle, d'un gris de cendre un peu brunâtre sur les (lancs, d'un jaune doré vif sur le croupion et la partie supérieure de la queue; la poitrine, la moitié du ventre et le dedans des membres sont blancs; il a nne bande noire sur les flancs, les |)alles d'un roux doré, et la pai'tie nue de la cpuiic jaune. Il habite les ,Molu(pies.
Le Couscous a cuosse queue (Cuacm macrourm, Less. et Gaiin.) a douze pouces huit lignes (0,ôi2) de longueur, non comiiris la queue, qui est très grosse à sa base et (jui est longue de dix-.sept pouces (0,40(1); il a le pelage gris, d'où sortent des poils noiis plus longs, et parsemt'S de taches ('parses, brunes; la lêle est fauve; la gorge et les oreilles sont blanches; la ipieue est robusic, cendrée; le ventre est blanchâtre, les extrémités brunâtres. Il habite l'Ile de Waigiou, aux Moluques.
L'espèce qui suit a les oreilles distinctes, nues à l'intérieur.
LeCAPOUNÉ ((7ii.scu.s alhus, Lrss. Diddiihis orientalis, Lin. Pha- Imigista ru fa, Dks.m. Phalangisla car i fions , ïi:>ni. Phalangisla alba et rufi, (;r.ori-. Le Pliatunger feim-lle, Buii' .) est long de \ingl l)ouces six lignes (O.îirili), et sa queue en a treize (0,552); son pelage, éi)ais et cotonneux , est blanchâtre dans le mâle, d'un roux assez vif dans la femelle, avec une ligne très-foncée sur le dos, et
une piaipie jaunâtre sur les c(jt('s du cou; la partie nue de sa queue est d'un rouge carmin. Cet animal est très-commun au port Praslin, dans la Nouvelle - Irlande ;^ les naturels estiment beaucoup sa chair.
12" Genre. Les POTOROUS {Ihjpsiprijinnus . liiir..) ont trente dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures; deux canines en haut et point en bas ; dix molaires à chaque mâchaire. pes jambes de derrière sont beaucoup i)lus longues que celles de devant; elles man(pient de ])ouce et ont les deux iiremiers doigis réunis jusqu'à l'ongle; le troisième doigt esl armé d'un ongle très-fort; les pieds antérieurs ont cinq doigis munis d'ongles obtus proiires à fouir la terre; leur(iueue, médiocrement longue, est écailleuse et couverte de quehpu^s poils; leurs oreilles sont grandes, leur tête allongée et leur lèvre supérieure fendue.
Le PoTOROU (Hypsipnjmnus Whitii, Quov et Gaim. PoIoivus minimus el Kangurus Gaimardii , Desm. Macropus niinor. Siiaw. Le Potoruo, \\iuTE. Le Kanguroo-Rat, G. Cuv.) a un pied six lignes (0,5.î9j de longueur, non com|iris la queue, qui a un pied (0,32.'j); il est de la grosseur d'un i>etit lapin. Sa tête est triangulaire , large et un peu aplatie par derrière, pointue en avant; ses oreilles sont larges; ses tarses très-longs; sa (pieue est grêle, flexible, terminée par un pinceau brun; son ])elage est d'un gris rougeâtre en dessus, blanchâtre en dessous.
Cet animal, d'un caractère fort doux, quoique moins timide que celui des kangourous, ne vit (pie de feuilles et d'herbe, qu'il ])ait avec ses longues incisives (uniiianles, et des ruils, (piand il en rencontre. Il parait même, selon Qiioy et Gaimard, (pi'il s'accommode foil bien de substances alimentaires propres à l'homme, quand il en trouve l'occasion. Un de ces animaux, disent ces voyageurs, vint enlever familièrement des restes d'aliments au milieu d'une cabane bâtie pour les abrilcr, pendant une excursion dans les iniinlagnes Bleues, et il s'enfuit par un trou, à la manière des rais. Il habite les broussailles, et fuit avec beaucoup de rapidité , en faisant des bonds prodigieux avec ses jambes de derrière, quand on le poursuit. Il esl d'une telle agilité que M. Lesson dit en avoir vu au milieu des rocailles de la Werra-Gambia courir sur les petits buissons qui couvrent celte partie de la Nouvelle- Hollande, C'est à peu près (ont ce qu'on sait de son histoire.
Le PoTOROU DE Lesueuk [Hypsipnjmnus Lcsueur, Quoy et Gaim.) n'est connu que par le squelette d'une tête trouvée dans l'Ile Dirçk- Halichs. Il serait à peu près de la grandeur du précédent, mais ses oreilles seraient beaucoup plus larges, ses joues plus saillantes, son museau moins long et sa fêle généralement jdus arrondie.
Le PoToiiou DE Péko.\ (Hiijisiprgrnnus Perun, Quo\ et (Iaim.) n'est également connu (|ue i)ar un sipielelle apporté de la Nouvelle-Hollande. Il serait de la même grandeur que les précédents, mais ses oreilles seraient beaucoup plus étroites, ses yeux plus saillants à cause de l'abaissemenl de ses joues; .son nez plus saillant, sa tèlc en gi-néral plus mince, plus pointue, en (rtiie plus allongé; ses incisives supérieures mitoyennes et ses canines sont plus longues.
LES MARSUPIAUX
Le Kangourou enfumé.
LES MARSUPIAUX FOLIIVORES.
fils manquent de canines aux doux mâchoires.)
14" Genre. Les K.\i\GOUROUS {liangurus, Geoif. Macropus, SnAw)ont vingt-quatre dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures; pas île canines; luiit molaires en liaut et iniit en bas. Leurs jambes de derrière sont encore plus longues et plus robustes que celles des potorous, et le gros ongle du jiied est presque en forme de sabot; leurs oreilles sont très-grandes; leur tête est allonge'e, avec la lèvre supe'rieure fendue, et des moustaches très-courtes et très-peu fournies ; leur queue est longue , triangulaire, très-musculeuse et très-grosse à son origine; les femelles ont une poche abdominale cachant deu.x mamelles.
1, Le Kancourou enfumiî {Kangurus fuliginosus , Geoff. Macropus fuliginosus, Less. — J. Goui.. Le Méni'i-âh de la Nouvelle-Hollande) atteint, dit-on, Jus((u'à six pieds (l,r)'(.9) de hauteur, mais sa taille ordinaire est de (pialre pieds et demi (1,i(>l); il est d'un brun fuligineux en dessus, roux sur les (lancs, et d'un gris clair en dessous; les (piatre pattes, une portion de rextrémité du museau et le deri'ière du cou sont d'un brun iioinlilre ; les oreilles sont brunes en dehors; la (jueue est rousse en dessous, d'un brun passant an noir en se rapprochant de rexlr('niiti' en dessus.
C'est dans h^s pays bois('s, dans les vasies forOls de la .Niiuvcllcllollande, (|uc vivent tontes les espèces de kangourous, lu.iis ils s'acclimatent fort bien chez nous, et même ils s'y nnilli|)licnt , pour peu qu'on en prenne quelcjues soins. Ces singuliers animaux ont ctc observes pour la )iremière fois iiai' Cook en 177!). Leurs paltes antérieures, fort petites et munies de cint] doigis armes d ongles assez forts, ne paraissent guère leur êlre ulilcs ])our la marche, mais ils s'en servent comme de mains pour porter leurs aliments à la bouche, à la manière des rongeurs. Leurs pattes de derrière sont allongées hors de toute pro|)ortion, munies de quatre doigts fort longs, dont le second exierne, dépassant beaucoup les autres dans ses dimensions, a pour ongle un v('ril,ible
sabot. Il résulte de cette conformation (pie la station verticale est leur position habituelle, et qu'ils s'appuient non-seulement sur leurs longues jaNd)es, mais encore sur leur grosse et puissanle queue, (|ui leur sert comme de ressort quand ils sautent; le bond est donc leur marche naturelle. Le sabot de leurs pieds de derrière est pour eux une arme défensive et ofTensive, car, en se tenant sur une jambe et sur la queue, il peuvent, avec le pied qui leur reste libre , donner des coups assez violents ; dans les combats qu'ils se livrent entre eux, ils se servent aussi des pieds de devant et se font de profondes blessures avec leurs ongles. On a vu quelquefois les kangourous qui vivaient à la ménagerie atla- <]uer leurs gardiens de cette manière, quands ils en étaient maltraités. Ils font des bonds ])rodigieux, et peuvent, dit-on, franchir d'un seul saut un espace de Irenle pieds ('.l,7i."i) ; mais cej)endant, lorsqu ils sont chas.s('s dans des bois fourrés, ils savent fort bien courir à (piatre iialtes. (Juoy et (iaimard , (jui ont assisté à jilusieurs chasses aux kangourous , disent « que lorsqu'ils sont vivement i>oussés par les chiens, ils courent toujours sur leurs (|uatre jiieds , et (pi'ils n'exécutent de grands saiils (pie ipiand ils reiK'OuIrent des obstacles à franchir. »
Les k.iiigourous vivent eu petite troiiiic, ou peu! élre en famille, conduite par un vieux niAle (pii marche en avant, observe la campagne, cherche à découvrir le danger, et donne le signal (In repos, des joyeux ébats ou de la fuite, selon les circonstances. Les ixiils, en naissant, n'ont jias plus d'un pouce (0,027) de longueur; la mère les place dans sa poche, où ils achèvent de se développer, et ils n'en sortent délinitivemcnt (pic lorsipie leur grosseur ne leur permet plus d'y rentrer. Aussi ils s'y retirent encore lorsque dtïjà ils sont en état de paître, ce qu'ils font en sortant le museau de la poche, pendant (pie la mère paît elleim''me. Ces animaux vivent d'herbe, mais cependant ils ne dédaignent pas les autres aliments, et l'on en a vu manger avec plaisir
MARSUPIAUX FOLIIVORES.
non-seulement de la chair, mais du vieux cuir. Quoy et Gaimaid en ont possédé un qui buvait même du vin et de l'eau-de-vie. 11 est très-remarquable que tous les animaux de la Nouvelle-Hollande, habitant un pays fort pauvre en substances alimentaires, sont à peu près omnivores, malgré les formes qu'affecte leur système dentaire.
Toutes les espèces de ce genre sont extrêmement douces et timides, et les plus grandes ne pensent à se défendre contre les chiens mis à leur poursuite que lorsque la fuite leur est tout à fait interdite. Dans ce cas, l'animal tâche de s'élancer sur une pierre ou une roche de trois h quatre pieds de hauteur , et là , assis sur sa queue et sur une de ses pattes, il tâche d'écarter ses
aisément, mais sa chair est coriace. Il est commun dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Le Kakooubou a cou rolx {h'angurus rupcollis, Gkoff. — Desm. Macropus ruficullis, Less.) est beaucoup plus petit que le précédent; son pelage est d'un gris roussâtre en dessus et sur les flancs; la nuque et le haut des épaules sont d'un roux mêlé de gris ; la face interne des membres est blanche, ainsi qu'une ligne médiane étroite sous le corps ; le dessus de la queue est d'un gris roussâtre , et le dessous blanchâtre. U habite l'Ile de King , dans le détroit de Bass.
Le Kancouiiou vineux (h'angurus vinosus, Fr. Cuv.) a beaucoup d'analogie avec le précédent, dont il n'est peut-être qu'une va-
La Marmotte, paysage suisse.
ennemis à coniis dr pied, et sait très-iiien proliter de sa position. Mais cet éclair de courage ne lui sert pas à grand'chose, et deux ou trois chiens viennent aisément h bout de le terrasser. En domesticité il s'apprivoise fort bien, et il devient même familier. La chair des kangourous est assez Imnne à manger, et a , dit-on , le goût de celle du cerf; aussi les habitants leur font-ils une guerre active. L'espèce dont nous parlons ici est le plus grand animal que l'on ait trouvé dans la Nouvelle-Hollande.
Le Kangourou a moustaches (Tiangurus labiatus, Geoff. Macropus labiatus , Less. Didelphm gigayilea, Gmi.. Macropus majar , Smaw. Le Kantjuroo . C.otm) est la première espèce connue; quoi- ()u'un \u\] moins grand ipie le précédent, sa taille égale celle d'un niduton. Il est gris cendrii en dessus et blanciiAtre en dessous; le menton est traversé par une ligne d'un gris cendré; le museau est blanc; les pieds et le dessus de la queue sont noirâtres. Cette espèce est très-douce , très-timide, et se familiarise