‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 65 sur 219 · DIXIÈME ORDRE DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

DIXIÈME ORDRE DES MAMMIFÈRES

A l'exception du daman , tons les animaux de cet ordre n'ont pas d'ongle , mais une sorte de sabot de corne qui leur envelo[)|ie toute l'extrémité des doigts; ils ont quelquefois les trois sortes de dents, d'autres fois deux seulement; leur estomac est simple, divisé en plusieurs poches, et ils ne ruminent pas; le nombre de leurs doigts varie de un à cinq.

I'''' DIVISION. Pieds à cinq doigts que l'on ne distingue que par les ongles; une trompe et des défenses.

\" Genre. Les ÉLÉPHANTS (Elephas, Lin.) sont assez reconnaissables par leur taille gigantescjue , leur nez ])rolongé en une énorme trompe , à leurs défenses longues et arcpiées, naissant à la mâchoire inférieure. Ils ont six ou dix dents, savoir: deux défenses; i)as de canines, deux ou quatre molaires en haut et autant en bas, selon l'époque où on les examine.

L'Éi.ÉPiiANT DES Indes (Elephas maximus , Lin. Elephas indicus, G. Cuv. L'EUphant, Buit. Les Romains l'appelaient bœuf lucanien, parce que le ]>remier avait été vu dans la Lucanie, partie de la grande Grèce). C'est le plus grand des mammifères terrestres qui vivent aujoui'd'hui sur le globe; sa hauteur est communément de huit à neuf pieds (2,599 à 2,92i), et quelquefois davantage; il diffère de l'éléphant d'Afrique par ses oreilles et ses diifenses plus petites, par son front concave, et par ses pieds de derrière qui ont ipiatre sabots au lieu de trois; sa peau est aussi lin )ieu moins brune. Quelquefois on en trouve des individus albinos, entièrement blancs, et pour lesquels les Indiens ont beaucoup de vénération.

L'histoire de l'éléphant est tellement connue de tout le monde, on en a tellement bercé notre enfance, qu'il serait fastidieux ici de répéter ce que chacun a entendu dire mille fois dans sa vie. Cependant nous rapporterons les faits généraux , avec quelques observations moins connues du public. On a dit «pie l'éléphant était le plus intelligent des animaux, et en ceci on s'est trompé. Il s'en faut de beaucoup que .'■:):) intelligence aiiproche de celle du chien, et même de celle de |)lusieiirs autres carnassiers, et telle était aussi l'opinion de G. Cuvier. Cet animal , d'un aspect imposant et même effrayant par son énorme taille, est néanmoins d'un caractère assez doux et d'une grande docilité ; ce sont CCS ipialités que l'on a prises pour de l'intelligence , et cependant elles ne résultent peut-être que de sa poltronnerie, il

est certain que le courage de l'éléphant n'est nullement en rapport avec sa force prodigieuse, et ne peut se comparer à celui du cheval. Je n'en citerai qu'une preuve, c'est ipie jamais on n'a pu l'accoutumer à entendre la détonation d'une arme à feu sans prendre la fuite, et que depuis qu'on se sert de ces armes dans les batailles, oh a été obligé de renoncer à l'employer, si ce n'est pour jiorter les bagages. Celui de l'Inde n'attaque jamais les hommes ni les animaux, mais s'il en est attaqué il se défend avec la fureur du désespoir, et alors il devient terrible, tant que durent sa peur et sa colère. Une fois pris et apaisé par quel- ((iies bons traitements, il devient doux et soumis, et il ne faut (]iie quelques jours pour l'habituer à la servitude et à une obéissance passive. On a dit aussi ipie l'éléphant était plein de décence, qu'il ne s'accouplait pas en esclavage par pudeur, et que, pour cela, il n'avait jamais produit en captivité. Il y a là dedans autant d'erreurs ((ue de mots. Cet animal ne connaît pas plus la pudeur que les autres animaux, et on en a vu la preuve à la ménagerie de Paris; il s'accou|)le et produit à l'état de domesticité, et cela est prouvé depuis l'antiquité, quoique BufTon ait assuré le contraire. Elien et (^ohimelle aflirment que les éléphants se reproduisaient à Rome de leur temps, et que ceux qui parurent dans les jeux de Germanicus, sous Tibère, étaient nés dans cette ancienne capitale du monde. Ce (pii confirme parfaitement ce fait, c'est (jue M. Corse, qui dirigea longtemps dans l'Inde les éléjihants de la Coinpagiiie anglaise, a réussi récemment à les faire jiroduire. Enfin , une erreur populaire est que ces animaux ne [leuvent pas se coucher, qu'ils dorment constamment debout, et (pic s'ils sont tombés ils ne peuvent plus se relever. Le vrai est ((u'ils s'agenouillent, se couchent et se relèvent quand ils le veulent, mais (pie l'on trouve chez eux, comme chez les clievaux, des individus ipii dorment debout, et par conséipicnt ne se couchent que très-rarement ou même jamais.

On sait avec quelle adresse ils se servent de leur trompe , qui chez eux remplace la main des singes. Elle leur est indispensable en ce (pie, ne pouvant baisser leur ému'ine tête jusqu'à terre, c'est avec elle qu'ils cueillent et ])orteut à leur bouche les herbes et le feuillage dont ils se nourrissent. Dès la plus haute antiquité on les a soumis à la domesticité; on les a dressés à faire le service des bêtes de somme et de trait , et on les employait trèsiitiienicnt à la guerre. On leur ida(;;ait sur le dos une sorte de petite tour en bois, dans laquelle se postaient des archers et des

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arbalétriers, qui, hors d'atteinte , incommodaient beaucoup l'ennemi. Depuis l'invention des armes à feu, on ne s'en sert plus que comme bétes de luxe ou de transport, et au lieu de porter de farouches soldats, ils ne sont plus montés aujourd'hui que par des rajas efférainés et leurs femmes. C'est un très-grand sujet de gloire pour un prince asiatique que d'avoir un grand nombre d'éléphants dans ses écuries , et il se croit au faîte de la grandeur quand il peut en posséder un ou deux blancs. Chaque éléphant est confié aux soins d'un homme que les Indiens nomment mahoud, et que noiis appelons cornac. Pour le conduire, il se met assis ou à cheval sur son cou , et il dirige sa marche en lui tirant légèrement l'oreille du côté où il veut le conduire, au moyen d'un bâton dont le bout est armé d'un petit crochet de fer. Les princes indiens se servent souvent de ces animaux pour faire la chasse au tigre sans beaucoup de danger, car si la béte féroce fait mine de se lancer sur les chasseurs, l'éléphant la sai-

pèces d'éléphants antédiluviens dont nous ne nous occuperons pas ici , parce que leur histoire appartient à celle des animaux fossiles, et ne doit pas entrer dans le cadre de cet ouvrage.

Il" DIVISION. Trois sortes de dents dans le plus grand nombre, deux au moins dans les autres; pieds terminés par quatre doigts au plus , et par deux au moins.

2<^ Genre. Les TAPIRS {Tapirus, Briss.) ont quarante-deux dents, savoir; six incisives en haut et six en bas; deux canines supérieures et deux inférieures; quatorze molaires à la mâchoire sujiérieure et douze à l'inférieure, présentante leur couronne, avant d'être usées, deux collines transverses et rectilignes ; leur nez consiste en une petite trompe mobile, sans doigts au bout; leur cou est assez long , arqué; ils ont deux mamelles inguinales; leurs pieds de devant ont quatre doigts et ceux de derrière trois.

L'Eléphant femelle de l'Intle.

sit aussitôt avec sa puissante trompe, la jette loin de là, ou la perce de ses défenses et la foule avec ses pieds : du moins on le dit.

A l'état sauvage, les élé|)hants vivent en grandes troupes et n'habitent que les forêts les plus solitaires des contrées chaudes de l'Asie et des grandes Iles de l'archipel indien. Lorsqu'ils se croient menacés de quelque danger, on dit que les vieux mâles marchent à la tête du troupeau, et les femelles à la suite avec leurs petits. Du reste, lorsqu'ils sont attaqués, ils se défendent avec leur trompe et avec leurs défenses, cpiand ils en ont, car, dans l'espèce de l'Inde, les femelles en ont rarement de saillantes hors des lèvres, et celles des mâles sont toujours très-courtes. Ces animaux ont une vie très-longue, mais dont la durée a été beaucoup exagérée. Ce sont leurs défenses, i)articulièrement celles de l'es])èce d'Afrique, qui fournissent l'ivoire du commerce.

L'Élki'iiant ii'Afrique [lUephas africanus, Cuv. Le Naghe des Abyssins. Le Manzao ou Manzo du Congo) est un peu moins grand (jue le précédent. Il a la tête ronde , le front convexe , les oreilles très-grandes ainsi que les défenses, dont la femelle est aussi bien armtMMiue le mâle; il n'a cpie trois doigts aux pieds de derrière, au lieu de qwalie. Il habite toute l'.Mrique m(-ridi(iiialc, depuis le Séiii'galjus(prau Cap. Ouoique plus farouche et plus courageux ([ue rélépliant de l'Inde, il n'en avait pas moins été soumis à la domesticité |)ar les Carthaginois. Aujourd'hui on ne le trouve plus en servitude que dans les ménageries. (In connaît, sons les noms de mammoulh «i ilr masiddonlrs, jdusieurs es-

Le iMaïpouri ou tapir ii'Amiîrique (Tapir americanus, Lix. L'Anla ou Tapir de Buff. Le Tapiirète de Marcg. Le Mbuurica ou le Mborebi d'Az/.ara. Le Tapihire-été , le Tapir-gouaiou et le Afanipouri des Indiens. L'A7ita, le Danta et le Vagra des Espagnols).

Cet animal surpasse quebpiefois la taille d'un âne ordinaire, mais il est moins haut sur jambes, ]ilus trapu , et son corps est arqué comme celui d'un cochon; son cou est gros, charnu , formant comme une sorte décrète sur la nuque, et portant une courte crinière dans le mâle et quelquefois dans la femelle , selon d'Azzara. Son corps est épais, prescpie nu , et le i)eu de poil qui le couvre est, comme sa peau, d'un brun foncé; sa tête est grosse, longue, et, ce qui lui donne une figure très-bizarre, il a une trom|)c cliarnue, mobile dans tous les sens, dont il se sert avec beaucoup de dextérité pour arracher de la vase les racines des plantes aquali(pies. Sa queue est courte, en foiine de tronçon.

Le niaïpouri est un animal triste, extrêiiiciiuiit liiiiide, cpii n'ose sortir de sa retraite que la nuit , jiour aller se plonger dans les eaux des lacs, des marais et des rivières dont il habile les bords. Il n'est aucunement carnassier, vit de plantes et de racines, et ne se sert de ses dents ni contre les liomiues ni contre les animaux. Sa douceur, ou, si l'on aime mieux, sa poltronnerie lui fait ('viter tout combat , et lorsqu'il est ,itta(|U(', il u<' sait que fuir ou mourir. Cependant, (piaiid il est dans l'eau, il .semble que son habileté en natation lui donne (piehpie velléité de courage, car on en a vu , dit-on, avant de succomber, se lancer contre les canots d'où partaient les coups dont on les frajqiait ; mais ce n'est jamais que réduit'^ à la dernière cxtrénnti', que le

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désespoir de la peur les de'termine à un semblant de de'fense. Le tapir a quelque analogie avec le sanglier dans ses habitudes. Comme lui il aime à se vautrer dans la fange des marais , mais avec cette difiërence qu'avant de rentrer dans son fort , il a le soin de se laverj dans l'eau claire, justiu'à ce qu'il ne lui reste aucune ordure sur le corps; comme lui il se nourrit de racines, de fruits, d'herbe et de graines, mais jamais de chair; comme lui , il ne se de'tourne pas de son chemin quand il fuit , et renverse brutalement tout ce qui se trouve sur son passage, hommes et animaux ; mais il ne cherchejamais à les blesser avec les dents. Pris jeune', on l'élève et l'apprivoise avec la plus grande facilité;

prend à courir de toutes ses forces , en baissant la tête et la mettant presque entre ses jambes de devant, ce qui lui donne fort mauvaise grâce. 11 ISche de gagner l'eau le plus promptement possible, s'y jette, plonge et disparaît aussitôt, et nage sous les ondes avec une telle rapidité , que ce n'est quehpicfois qu'à deux ou trois cents pas qu'il reparaît pour respirer et plonger de nouveau. La femelle ne fait qu'un petit , (jui , en naissant et pendant les premiers mois de sa vie, porte une jolie livrée semblable à celle des faons. La mère lui est fort attachée tant qu'il porte cette livrée ; mais aussitôt (lu'elle commence à s'efTacer, c'est-à-dire quand il est assez fort pour pouvoir se passer de

^. ''VN"I ^ s',

Le Tapir d'Amérique.

il s'impalronise dans la maison, va furetant partout, brise, par maladresse, toutes les choses fragiles qui sont à sa portée, et se rend fort incommode à force de familiarité.

Autrefois ces animaux étaient très-couununs dans les forêts solitaires et les savanes de toute l'Amérique méridionale. Mais depuis qu'on s'est servi d'armes à feu pour les chasser, le nombre en est beaucoup diminué , quoiqu'ils ne soient pas encore trèsrares, et le plus ordinairement ils vivent solitaires et isolés. Cha-

que soir ils quittent leur forêt pour gagner la rivière où ils ont coutume de se baigner, et ils rentrent au bois chncpic matin, en passant exactement par le même endroit, de manière (pi'ils finissent par se tracer dans les broussailles des sentiers aussi battus (ju'unc grande route. Cette singularité les trahit , et les Indiens vont se poster sur ce passage pour les tuer à coups de fusil , ou bien ils creusent des fosses (pi'ils recouvrent de gazon , et ces animaux manquent rarement d'y tomber. On chasse aussi le tapir avec des chiens, et aussitôt iju'il est relancé dans son fourré, il se

ses soins, elle l'abandonne et ne le reconnaît plus. La chair du maïpouri est dure, coriace, peu agréable, cependant les sauvages la mangent. Mais ce qu'ils estiment le plus dans cet animal, c'est sa peau qui est épaisse et si dure quand elle est sèche, ((u'ils en font des boucliers que les flèches ne peuvent pas percer.

Le Maïda (Tapirus indicus, Fn. Cuv. Tapirus malaganus, IUffi,. Le Tennu des Malais. Le Gindul ou Babi-alu des habitants de Sumatra) diffère du précédent par sou pelage court et ras, d'un

blanc sale , avec la tête, le cou , les épaules, les jambes et la (pieue d'un noir foncé; le niMena pas de crinière sur le cou. 11 est commun à Sumatra et dans la presipiilc de Mnlaka.

Le PiriCiiAQiiK [Tapirus pinclmqui', Houlin) dillère thi maïpouri par son occiput aplati, sa nucpie ronde; son pelage épais, d'un brun noirâtre, une place nue sur les fesses, et une raie blanche à l'angle de la bouclie. On le trouve dans l'Améri(|ue méridionale, mais il n'habite que le sommet des montagnes et jamais la plaine.

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3« Genre. Les RHINOCÉROS {Rhinocéros, Lin.) ont trente-deux dents : deux incisives en haut et en bas, ou nulles ; point de canines; quatorze molaires à la mâchoire supérieure et autant à l'inférieure; ils ont trois doigts à chaque pied : leur peau est Irèse'paisse , nue et rugueuse ; ils ont une ou deux cornes fibreuses sur le nez, et deux mamelles inguinales.

Le Rhinocéros des Indes {Rhinocéros indiens, G. Cuv. Rhinuceroa unicornis , Lin. Rhinocéros unicornu, Bodd. Le Rhinocéros, Huff. h'Abada des Indiens) a neuf ou dix pieds (2,924 ou 3,249) de longueur , et cinq à sis de hauteur (1 ,62-i à 1 ,949) , et quelquefois davantage. Après l'e'le'phant, c'est le plus puissant des mammifères terrestres. Ses formes sont massives ; sa tête est raccourcie et triangulaire, portant une seule corne sur le nez; il a deux fortes incisives à chaque mâchoire; ses yeux sont fort petits. Ses oreilles et sa queue seules sont garnies de quelques poils grossiers et roides, et le reste de sa peau est nu , d'un gris foncé violàtre : elle est marquée de deux sillons profonds, l'un en arrière des épaules, l'autre en avant des cuisses, et sans cela il ne pourrait guère se mouvoir, car sa peau est si épaisse, si dure et si sèche, qu'il est impossible de la percer avec une balle. La ménagerie , lorsqu'elle était à Versailles, en a possédé un individu vivant.

La corne que le rhinocéros porte sur le nez est composée de poils agglutinés, et ne paraît être qu'un prolongement de l'épiderme ; elle ne tient qu'à la peau et n'a aucune adhérence avec les os sur lesquels elle est placée. Les anciens lui attribuaient la propriété de détruire l'effet des poisons les plus dangereux, et les tyrans soupçonneux de l'Asie s'en faisaient faire des coupes qui avaient une valeur exorbitante. La corne du rhinocéros lui sert rarement d'arme défensive, car cet animal , paisible quoi(iue très-farouche, n'attaque jamais, et sa force redoutable fait (pic les animaux le craignent et ne lui l'ont pas la guerre. Il ne l'emploie donc le plus souvent que pour détourner les branches et se frayer un passage dans les épaisses forêts qu'il habite. Son caractère est triste, brusque, sauvage et indomptable; ses jambes courtes, son ventre pre.scpie traînant, ses formes grossières, la petitesse de ses yeux, dénonçant sa stupidité, en font un être assez malgracieux. 11 vit solitairement dans les bois, à proximité des rivières, où il aime à aller se vautrer dans la vase. Il se nourrit de feuilles et de racines, et l'on prétend (pie pour avoir celles-ci il ouvre la terre avec sa corne; mais ce fait me parait douteux, car elle est recourbée du côté des yeux et placée de manière (ju'il doit lui être extrêmement dillicile , si ce n'est impossible , d'en présenter la pointe au sol. Sa lèvre supérieure, la seule partie de son corps où il i)uisse avoir le sens parfait du tact, est allongée et mobile; il s'en sert avec assez d'adresse pour saisir et arracher les v('gétaux dont il se nourrit. Lors(ju'il est paisible , sa voix est f.iible , sourde, et a (pichpie analogie avec le grognement d'un cochon; mais lorsqu'il est irrité, il jette des cris aigus qui retentissent au loin. La femelle ne fait (pi'un petit, qu'elle porte neuf mois, et pour lequel elle a beauc'ouj) de sollicitude; quaiiii elle en est suivie, sa renconlre peut devenir dangereuse, suriout si elle le croit menacé. Alois elle se prc'cipite avec fureur sur les animaux qu'elle rencontre, et le tigre lui-même est obligé de fuir à toutes jambes pour éviter sa terrible rencontre.

Aussi capricieux (jue stupide, le rhinocéros passe subitement, sans cause et sans transitions , du pUis grand calme à la plus grande fureur. Alors cette pesanteur, cette sorte de lourde j)aresse font place à une légèreté effrayante ; il bondit à di'oite et à gauche par des mouvements brus(iues et (Wsordonnés, puis il s'élance devant lui avec la rapidité du meilleur cheval, brise, renverse et foule aux pieds tout ce qui se trouve sur son passage, et pousse des cris à faire trembler le plus intrépide chasseur. .Vussi n'ose-t-on l'attaqiK'r ((ue monté .sur les chevaux les plus vifs et les plus Ic'gers. Les chasseurs, dès qu'ils l'ont aperçu, le suivent de loin et sans bruit, jusciu'à ce qu'il se soit couché pour dormir;

alors ils s'approchent sous le vent , car si le rhinocéros a la vue mauvaise, il a l'odorat très-fin, et flaire de fort loin l'approche de son ennemi (piand le vent lui apporte ses émanations. Parvenus à la port('e du fusil, les chasseurs descendent de cheval , visent l'animal à la tête , font feu , et s'élancent sur leurs chevaux pour fuir avec vitesse s'il n'est que blessé, car alors il se jette avec rage sur ses agresseurs ; et malheur à eux s'il parvenait à les atteindre I Mais comme sa course est toujours efi ligne droite, au moyen de quelques écarts prompts qu'ils font faire de c.ùlé à leurs chevaux, ils parviennent à éviter sa rencontre, et d'autant plus aisément que le rhinocéros, ainsi (jue le sanglier, ne se détourne jamais dans sa course et ne revient point sur ses pas. Les habitants du pays où l'on trouve ces énormes animaux les chassent pour avoir leur corne, à laquelle, ainsi que nous l'avons dit, ils accordent des propriétés merveilleuses, pour manger sa chair, (pi'ils trouvent fort bonne, et enfin pour avoir sa peau, dont on fait d'excellentes soupentes de voiture.

Pris très-jeune, le rhinocéros de l'Inde se familiarise jus(pi'à un certain point et devient a.ssez doux; cependant il faut toujours se défier de ses caprices. Si on l'arrache à ses déserts lorsqu'il approche de l'âge adulte, il conserve pour toujours sa farouche brutalité. En esclavage, il se nourrit très-bien de riz, de pain et de sucre. Cet animal a deux fortes incisives à chaque mâchoire.

Le Rhinocéros de Java {Rhinocéros javanicus, et Rhinocéros sondaicus, G. Cuv. Le Rhinocéros unicorne de Java, Camp.) n'a pas jilus de huit pieds (2,S99) de longueur , non compris la (pieue , qui a un pied (0,525); sa hauteur moyenne est d'un peu plus de (jualre pieds (1,299): les jeunes ont quatre incisives, mais il leur en tombe deux quand ils deviennent adultes ; la peau est couverte de tubercules pentagones , et forme de grands plis derrière les épaules et aux cuisses. 11 n'a (ju'une corne, placée juts des yeux; des poils courts, roides et bruns, sont épars sur son corps, lui bordent les oreilles, et garnissent l'extrémité de sa ((ueuc ; sa tête est courte, à chanfrein concave; ses yeux sont petits; enfin il lui manque ce pli dans le sens de l'épine du dos, comme on le voit sur r('i)aule du précédent. 11 habite ,Iava et a les mêmes mœurs que les autres espèces.

Le Rhinocéros deSumatra {Rhinocéros sumalranas, Raifl. Rhinocéros sumatrensis, G. Cuv. Le Buddah de Marsd. Le Badak des habitants de Sumatra) a quatre incisives à chaque mâchoire, mais il lui en tombe deux à la mâchoire supérieure (juand il atteint un certain âge. 11 n'a guère que cinq à six i)ie(ls de longueur (1,624 à 1,94!)), sur trois ou quatre de bailleur (0,975 ou 1,299). Son nez porte deuxjcornes , dont celle placée près des yeux est plus courte que l'autre; sa peau est;rugueuse, couverte de poils assez rares , roides et bruns ; les plis de ses épaules et de sa croupe sont i)eu maniués; sa peau a peu d'épaisseur, jiresquc sans plis ; sa tête est un peu allongée ; ses yeux sont bruns et petits; sa lèvre supifrieure est petite, pointue, recourbée en dessous; ses oreilles, bordées de poils noirs et courts, sont petites et pointues. H habite Sumatra.

Le Rhinocéros d'Airkjue {Rhinocéros africanus, G. Cuv. Rhinocéros bicornis, Camper. Le Nabal des Hottentots. Le Rhinocéros d'Afrique , Buff. ) a de onze à douze pieds de longueur (3,.57.'5 à 3,898). Son nez porte deux cornes; il manque d'incisives et n'a point de plis à la peau , qui est presque entièrement nue : ses yeux sont ])etils, enfoncés; ses oreilles sont bordées de (piebiues poils noirs, et sa iiueue en porte un bouquet a l'exlrémilé. Cette espèce habite le pays des Hottentots, la Cafrerie, et probablement tout l'intérieur de l'Afrique méridionale. Elle fré(|ueiite le bord des grandes rivières, se retire dans les bois qui ombragent leurs bords, et parait encore plus farouche que le rhinocéros des Indes.

Le Rhinocéros de Hiirciiii.l {Rhinocéros Rurchelii, Lkss. Rhinocmos simus , Hcrchell) pourrait bien être une simple variété du précédent, quoique sa taille soit beaucoup jilus grande. Il en difïérerait par ses lèvres et son nez, qui seraient trèsélargis et

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comme tronqués. Bruce, Gordon et ilaulres voyageurs ont sigiialii (luelciues autres esi)èces ou varie'tés ilc rhinocéros irAlriqne, mais que je ne connais pas assez pour les mentionner ici. giiant au Hurchelii, ie ne Joute pas que ce ne suit une variété du précédent.

III' DIVISION. Dents comme dans la division précédente; quatre doigts aux pieds de devant, trois aux pieds de derrière.

4» Genre. Les DAMANS (//yrax, IIerm.) ont trente-quatre dents: deux incisives fortes , recourbées , sans racines , à la mâchoire supérieure, tiuatre à l'inférieure; point de canines ou deux très-petites, mais seulement dans la jeunesse; quatorze molaires en haut et autant en bas, conformées comme celles des rhinocéros; corps couvert de poils; (jueue ne consistant qu'en un tubercule; museau et oreilles courts; tous les doigts munis d'un petit sabol arrondi, excepté le doigt interne de derrière , qui est armé d'un ongle crochu et oblique.

L'AsKHKOKO ou Daman du Cap [Hyrax oapensis , Desm. Caria capensis, Pâli,. Le Daman et la Marmotte du Cap, I!i;i'i'. L'Askhkoko et le Gihe des Abyssins. \^' Agneau d'Israël et le Nabr des Arabes. Le Klip-dass des Hollandais. Le Daman des Syriens). Cet animal ne dépasse |)as la taille d'un lapin. Ses formes sont lourdes; son corps est allongé et bas sur jambes; sa tête est épaisse et son museau obtus; son pelage est doux, .soyeux, très-fourni, d'un gris brun en dessus et blanchâtre en dessous; il a une petite tache plus foncée sur l'œil, et quelquefois une ligne dorsale plus foncée que le fond du pelage. Il habite le cap de Bonne-Espérance, l'Abyssinie et le Liban, et ne se trouve que dans les montagnes hérissées de rochers.

Cuvier dit {Ossem. fossil. ) : « Il n'est point de quadrupède qui prouve mievfx que le daman la nécessité de l'anatomie iiour déterminer les véritables rapports des animaux. » En effet, personne n'eût deviné, avant ce grand naturaliste, que le daman, grand comme un lapin, se creusant un terrier, ayant une jolie et douce fourrure, les formes d'un cochon d'Inde ou d'une rnarniolte, les mœurs douces, le caractère aimant, susceptible de s'attacher à son maître; que le daman placé par tous les naturalistes avec les rongeurs à cause de ses formes générales, de sa physionomie, de ses habitudes douces et intelligentes, de son goût recherché pour la propreté; on n'aurait jamais deviné, dis-je, ipie le daman était un rliinocéros , c'est-à-dire le portrait en miniature du plus farouche, du plus stupide et du plus brutal des quadrupèdes, dont le plus grand plaisir est de se vautrer dans la fange. Grâce soit donc rendue à l'anatomie, car sans elle j'aurais certainement pris le daman, non pour un rhinocéros, mais[iourun rat! Cependant ne serait-il pas possible que ce que le grand naturaliste prend ici pour une preuve de l'utilité de l'anatomie pût être pris aussi pour une preuve de l'abus qu'on en peut faire quand on s'en sert avec des idées préconçues? Les véritables rapports naturels du daman sont-ils bien ceux qui, brisant tous les liens de foraics, d'aspect, de grandeur, de mœurs , d habitudes et d'intelligence, le retirent d'auprès de la marmotte, auprès de bupiclle un grand homme aussi, Bufl'on, l'avait placé, pour en faire un rhinocéros? Je ne sais. Quoi qu'il en soit, ce petit animal habite de préh'rence les montagnes boisées, au milieu des roches les plus escarpées et les plus roides. Quehpu^fois il se creuse un terrier analogue à celui d'un lapin, mais très-souvent il se contente d'im trou d'arbr<i ou d'une feule de rocher. 11 est très-vif, très-alerte, et se relire préeipitamincnl dans son fort à la moindre apparence de danger, au plus petit bruit qui vient frapper son oreille trèsfine. Aussi est-il très-dilïicile de s'en emparer, car, une fois dans son trou , il se laisse étouffer par la fumée ou noyer par l'eau qu'on y introduit, plulôt (juc d'en sortir. Tous les petits inamini fères carnassiers lui font une guerre active, mais les oiseaux de proie sont les plus dangereux de ses ennemis, parce qu'ils l'é-

pient d'une roche ou d'un arbre voisin , et dès qu'il est éloigné de (piehiues pas de sa retraite, ils se précipitent sur lui à l'improviste, le saisissent et le déchirent. 11 se nourrit d'herbe comme le lièvre, s'apprivoise très-facilement, et il est très-susceptible d'attachement. Outre cette espèce, on connaît encore les damans : h. syriacus ou sinaïticus; h. rufipes ou dongolanus; h. habessenicus, de l'Abyssinie, Ehuemii., et le daman des arbres, h. arboreus, d'Andrew Smith. Ce dernier habiterait également le Cap.

5" Genre. Les PÉCARIS (Dicotyles, G. Cuv.) ont trente-huit dents , savoir : quatre incisives à la mâchoire supérieure et six à l'inférieure ; deux canines en haut et deux en bas , ne sortant pas de la bouche; douze molaires à chaque mâchoire; les doigts intermédiaires sont plus longs (pie les autres, et appuient sur la terre; ils ont sur |e dos, près des lombes, une ouverture glanduleuse d'oii suinte une humeur très-pénétrante et très-fétide ; enfin leur queue est excessivement courte , large et plate. Du reste, ils ressendjient beaucouj) au cochon.

Le Taïtetou ou Pécari a collier (Dicotyles torquatus, Fn. Cuv. — Desm. Sus lajassu , Lin. Le Pécari ou Tajassou, Buff. Le Pâtira de quchpies provinces de l'Amérique).

Il est de la taille d'un moyen cochon , il a deux pieds et demi (0,812) de longueur. Son corps est couvert de soies roides, analogues à celles des sangliers , annelées de blanc sale et de noir dans leur longueur, d'où résulte un l'clage d'un gris foncé uniforme ou tiqueté; une large bande blanchâtre lui descend obliquement de chaque épaule , en écharpe. Les jeunes sont d'un brun fauve clair, avec une ligne noirâtre sur le dos.

Le taytetou habite les forêts de toute l'Amérique méridionale, vit en famille mais non pas en troufie comme le croyait Buffon , se loge dans les antres des rochers , et plus communément dans les trous que la vieillesse a creusés au pied des troncs d'arbres. Buffon dit qu'on ne le trouve que dans les montagnes, d'autres assurent qu'il ne fréquente que les plaines. Le vrai est qu'on le rencontre dans toutes les forêts où il peut trouver sa nourriture, consistant en racines et en fruits. Les glandes ipi'il a sur le dos exhalent en tout temps, mais surtout quand il est irrité, une odeur empestée ayant un peu d'analogie avec celle de l'ail , mais beaucoup plus désagréable. Il paraît néanmoins qu'elle n'infecte pas la chair si on a le soin d'enlever les glandes aussitôt (pie l'animal vient d'être tué, car les Américains le mangent et le regardent comme un fort bon mets. Ils le chassent avec des chiens; mais, comme il a l'odorat très-lin , souvent il découvre les chasseurs et la meute longtemps avant d'avoir été découvert i)ar eux, alors il fuit avec rapidité et se jette dans quehpie trou profond, entre les rochers, d'où il est fort didicile de le retirer. Dans sa colère il hérisse sur son dos son poil beaucoup jilus dur et plus roide que celui du sanglier, il pousse des cris aigus, se défend avec courage, et mord cruellement. Le mâle ne quitte jamais sa femelle, et l'on ne rencontre ces animaux (pie par couple; à moins ((u'ils ne soient suivis de leurs petits, ([ue les parents protègent jus(pi'à ce qu'ils soient cai)ables de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Alors la famille se sépare [lar couple pour ne plus se réunir.

Le taytetou est sauvage, grossier, peu intelligent, et comparable , aussi bien sous le rapport de ses habitudes (|ue de ses formes, à notre sanglier. Cei(cn(laiit , malgré son humeur farouche, il s'apprivoise fort bien , et multiplie niOme en captivité. Devenu doraesti(pie, il a les mœurs de notre cochon. « Les jiécaris, dit Bulloii, perdent leur férocité naturelle, mais sans se dépouiller de leur grossièreté; car ils ne connaissent personne, ne s'attachent i)oint à ceux qui les soignent; seulement ils ne font point de mal , et Ton peut, sans inconvéïiicnl , les laisser aller et venir en libert(i; ils ne s'éloignent pas beaucoup, reviennent d'euxmêmes au gîte, et n'ont de querelle qu'auprès de l'auge et de la gamelle, lorsqu'on la leur présente en commun. » Avant la révo-

LES PACHYDERMES

lution de Saint-Domingue, le gouverneur La Luzerne avait commence' à les naturaliser dans cette ile, et ils s'étaient déjà multipliés à la Gonave. M. le docteur Ricord , ce naturaliste si zélé, si estimé de G. Cuvier, avait fait à Saint-Domingue plusieurs notes intéressantes sur cet animal considéré sous le rapport de la domesticité ; mais elles ont été anéanties dans le fatal incendie qui dévora sa maison et les immenses collections qu'il y avait araas-

tagnicatis se secourent mutuellement lorsqu'ils sont attaqués; ils entourent les chiens et les chasseurs, les harcèlent par leurs grognements et leurs menaces, et les blessent quchpiefois. Azara fait observer, à cet égard , qu'en frappant avec leurs canines , ce n'est pas de bas en haut, comme les sangliers, mais de haut en bas. Ils savent se défendre avec courage contre les animaux carnassiers, et même contre le jaguar, le plus terrible de leurs en-

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Le Pécari à collier.

sées avec tant de peines et de périls pendant plusieurs années. Ce voyageur m'a ditque les tentatives faites par M. de La Luzerne n'avaient pas été renouvelées depuis le départ des colons français. Le Tagnicati (Dicotyles labiatus, Fr. Cuv. Sus iajassu. Lin. Le Pécari tajassou des naturalistes) est plus grand que le précédent, et a été confondu avec lui par Linné, Bufl'on, et d'autres naturalistes. Il en diffère par sa couleur entièrement d'un brun noi-

nemis, et quoique plus petits que le sanglier, ils sont' plus dangereu.x que lui , j)arce qu'ils se préci|)itcnt en grand nombre sur leur assaillant, et le déchirent de mille morsures à la [fois. Du reste, les tagnicatis sont extrêmement faciles à apprivoiser et deviennent même très-familiers. En domesticité, ils contractent les mêmes habitudes que nos cochons; ils en ont la démarche, les goûts, la manière de manger, de boire, de fouir la terre, mais

Le Pécari tignicati.

r;Hre,'par ses lèvres blanches, et par la concavité de son ehanfrein. Il habile; particulièrement le Paraguay, et vit en troupes composées (pielquefois de plus de cent individus. Il se nourrit de graines, de racines, de fruits sauvages; il mange aussi des serpents, des crapauds et des lézards, et, si l'on en croit liufT'on, il les écorche avec ses pieds avant de les manger. Ce (ju'il v a de plus certain, c'est (pi'il est onmivore comme notre coclion , dont il a les mœurs et toutes les habitudes. Ainsi que ces derniers, les

ils sont plus proi)res et ne se vautrent |ias dans la fange, .lamais ils ne se mêlent avec les taytelous , ni n'habitent les mêmes bois. Leurs glandes dorsales n'exhalent pas non plus une odeur aussi di'sagréable. Autrefois ils étaient beaucoup plus communs qu'aujourd'hui, mais comme ils font un dégftt énorme dans les champs de cannes à sucre , de mais, de maniocs cl de patates, ou ils se jettent , on leur fait une guerre d'extermination qui en a beaucoup diminué le nombre.

PACHYDERMES

IV"^ DIVISION. Les trois sortes de dents; quatre doigts à tous les j)ieds.

G« Genre. Les BAB1R01ISS.\S {Habirussa, Fr. Cuv.) ont Irenlequatre dents, savoir : quatre incisives en liant et si\ en bas; tleiix canines siqie'rieures sortant, non de la bouche, mais du museau, et se recourbant en derai-cercle vers les yeux ; deux infe'ricures arque'es et aiguës, comme chez les sangliers. Du reste, ils ressemblent assez au cochon , quoiqu'ils aient les formes plus lourdes.

L'Alfoi'rous ou Babec-Rosoo (llahirussa alfurus, Less. Sus babirussa . Lin. Le Babiroussa ou Cochon cerf. Buff. — G. Cuv. Le

de débris de foin ou de paille; du moins ceux de la ménagerie se sont fait un tel lit aussitôt leur arrivée, et ces animaux ont trop peu d'intelligence pour que ceci leur ait été inspiré par le froid s'ds n'en eussent eu l'ancienne habitude. Ils ne s'apprivoisent pas aussi facilement que le disent lUitl'on et Valentya, et, dans l'esclavage , leur caractère reste toujours inquiet et farouche.

7« Genre. Les COCHONS {Sus, Lin.) ont quarante-quatre dents, savoir : six incisives en haut et autant en bas; deux canines à chaque mftchoire, recourbées dans le haut et latéralement; quatorze supérieures et quatorze inférieures , à couronne tuberculeuse; leur museau est tron(|ué, terminé par un boutoir; leur

Le Tapir, paysage du Gic.il.

Sanylier des Indes orientales, Bniss. Le liahij-russa des Malais) est de la grandeur de notre sanglier, mais à corps proporlionnellemenl plus gros, à formes plus arrondies : sa peau est noire, i)resque nue, ridée ou ]>lissée; les défenses, très-longues et très-grêles dans le mâle, niampient dans la femelle. Cet aniuial , dont la ménagerie a poss('dédeiix individus, habite les forêts marécageuses dins l'intérieur de l'ile lîourou , l'une des MoliKpies, et, dit-on, lis iles riiilippines, lesCélèbes, lîoruéo et l'arcliipi'l des l'apous Il aime ICau, nage et plonge fort bien, et se jette daus les ondes aussitôt ([u'il est poursuivi. Il se nourrit de racines, d herbes et de fruits, et il aime particulièrement le maïs; si l'on s'en rapliorlait à lîuffon, qui du reste parait avoir fort peu connu cet .luijiial, il vivrait en troupe , mais les h;diiludes (pi'il avait à la iiK'iiagerle me foui croire ce fait Irès-douteux. Il se relire jiar couple il.ui'^ des troues d'arbres creux ou daus d'atitr('s trous, où il te couvre eniièreuieut , avec sa femelle, de feuilles sèches ou

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