l'dri». Typn^rapliio l'Iiiii
corps est couvert de poils roides , de la nature du crin; les deux doigts du milieu sont grands, ayant de forts saliots : les deux doigis extérieurs sont courts et ne touchent [las la terre.
IPH, riio (If l'.-mjjii.ird , 30.
IS
LES PACHYDERMES
Le Sangi.iei! cojimdn (Sus scrvfa, Lin.) atteint la taille de nos plus grands cochons domestiijues, dont il est la souche; ses canines ou défenses sont recourbées en dehors et un peu vers le haut; son corps est trapu, couvert de poils hérissés, d'un brun noir; ses oreilles sont droites. La femelle ou laie est un peu plus petite (pie le mAle. Les jeunes, nommés marcassins, sont rayés de blanc et de brun pendant leur première jeunesse, et sont alors recherchés pour la table.
Le sanglier habite les forêts les plus grandes et les plus solitaires de toutes les contrées temiiérées de l'Europe et de l'Asie. Il ne se trouve pas en Angleterre, probablement i)arce qu'il y a été détruit dans des temps reculés. Malgré ce que l'on en a dit , ce n'est pas un animal stupide, mais grossier, brutal et d'un courage intrépide. Lors(iu'll fuit devant les chiens de chasse, il est rare que la rencontre d'un homme le détourne de son droit chemin ; il le renverse et le blesse cruellement d'un coup de boutoir, lui passe sur le corps et continue sa route; mais il ne se détourne pas non ])lus pour courir sur le chasseur, si celui-ci a la précaution d'éviter sa rencontre. Quand il reçoit un coup de (eu qui le blesse, il n'en est plus de même; quelque éloigné que soit son ennemi , il perce droit à lui au travers de la meute qui le harcèle, et fond sur lui pour se venger. Si l'on évite son premier choc, il est rare qu'il revienne sur ses pas. Du reste , il n'y a guère que les vieux mâles ipii agissent ainsi ; les femelles et les jeunes se bornent à fuir ou à faire fort contre les chiens, qu'ils estropient fort souvent. Le sanglier croit j)cndant cinq ou sis ans, mais dès sa seconde année il est cajjablc de reproduire son espèce. La femelle entre en rut en janvier et février, elle porte quatre mois, et elle met bas de quatre à dix marcassins. Elle les cache dans les fourrés les plus épais pour les soustraire à la voracité des mâles, qui ne manqueraient guère de les manger â'ils les rencontraient pendant les premiers jours après leur naissance. Elle les allaite pendant trois ou quatre mois, mais elle ne les quitte cpie longteiniis après, et elle ne cesse pas de les instruire, de les protéger cl de les défendre. l>ans les pays peu peuplés, il arrive parfois que plusieui's famille!-: se réunissent, et forment ainsi des troupes plus ou moins coÈisid(:rables, toutes composés de femelles et de leurs enfants âgés quel([uefois de deux ou trois ans. Ils vivent entre eux on fort bonne intelligence, et se défendent mutuellement. Lor-squiin (langer les menace, ils se rangent en cercle, placent au milieu d'eux les marcassins portant encore la livrée, et présentent à l'ennemi leurs boutoirs menaçants. Quant aux vieux mâles, ils vivent solitairement. Ces animaux aiment à se vautrer dans la vase des marais; ils nagent très-bien, et traversent aisément les rivières les plus larges. Pour peu qu'ils soient tro). in- •piiéfi^s dans une contrée, ils la quittent et vont s'établir quelquefois â plus de vingt ou trente lieues de là. Leur nouri'itiire ordinaire consiste en racines, en grains et en fruits, mais ils dévorent aussi les reptiles, les œufs d'oiseau et tous les jeunes animaux (pi'ils peuvent .surprendre. Malgré leur air lourd, ils courent avec une gi'aiide iai)idil<'. Ils ne sort('nt guère de leur bauge (pie la mut, et ils d(Hastent l(!s champs de maïs et de pommes de terre où ils peuvent p(:nétrer. Le sanglier s'apprivoise très-bien et devient très familier; il est tout à fait inodeusif tant qu'il est jeune; il s'attache même à la personne (pii en prend soin, et FnMério Cuvier en a vu aux(piels on avait aiqiris à faire des gesticulations grol(S(pies pour obtenir quebiue friandise; mais il .serait imprudent de s'y trop lier ((uand il devient vieux.
Le Cochon DOMEsri«iui; n'est rien autre que le .sanglier dont une anli(|ue servitude a modifié le physique et le moral. On en possède jdusieurs races très-distinctes, dont les principales .sont :
Le C'oc/ioîi de Chine. H a le corps épais , le museau court et concave supérieurement, le front bombé, les poils Irè.sfrisés sur les joues et à la mâchoire inférieure;
Le Cochon du cap de JionneJispérance , de la grandeur d un ro chon commun d'un an. Il a le poil rare, dur, noir ou brun foncé; J
les oreilles droites; la queue pendante terminée par un flocon de soie ;
Le Cochon de Siam; le Bouré des naturels de l'ile Praslin ; le Bouaa des naturels des îles de la Société, de la grandeur du précédent et lui ressemblant ;
Le Cochon commun ou à grandes oreilles;
Le Cochon turc ou Monyolitz ,
Les Porcs de Pologne, de Russie, de Guinée, etc. Toutes ces races ont elles-mêmes un assez grand nombre de variétés.
Le Bène ou Sanglier des Papous (Sus papuensis, Less. etCARN.) est petit, long de trois pieds (0,975); canines supérieures trèspetites, de même forme (pie les incisives; poils courts, épais, d'ini fauve brunâtre en dessous, blancs et annelés de noir en dessus; queue très-courte. 11 est commun dans les forêts de la Nouvelle-Guinée.
Le Sanglier a masque (Sus larvatus, Fh. Cuv.) est de la grandeur de notre sanglier, et n'en diffère que par une protubérance fort grosse, placée de chaque côté de son museau. Il habite Madagascar et l'Afrique orientale.
S' Genre. Les PHACOCHOERES (Phacochcerus, Fr. Cuv.) ont seize ou vingt-quatre dents, savoir : deux incisives ou point à la mâchoire supérieure, et six ou point à la mâchoire inférieure; deux canines en haut et deux en bas ; six molaires à chaque mâchoire, composées de cylindres émailleux ; leurs défenses sont très-fortes, latérales, dirigées en haut ; leurs pieds sont comme ceux des cochons; leur queue est courte; ils ont sur les joues de très-grosses loupes charnues.
L'Engalo (P/tacocAa;r«s edentatus, Is. GEOrr. Sus éthiopiens, Lm, — pALL. Le Phacochère du Cap; le Pure à large groin des voyageurs; VEmgatla de la Guinée et du Congo) a plus de quatre pieds de longueur (1,299), non compris la queue; il maïKpie de dents incisives ; son pelage est d'un gris roux, et sa tête noirâtre; son cou porte une longue crinière; sous les yeux s'élèvent, de deux pouces trois lignes (0,0(11), deux protubérances rondes, plates et assez épaisses, simulant à peu jirès deux oreilles, d'où les chasseurs ont qiiel(|uefois donné à cet animal le nom de Porc • à quatre oreilles. Au-dessous de ces protubérances et sur la ligne ' du museau en existent deux autres qui sont dures, rondes et pointues, saillantes en dehors. Du reste, l'engalo ressemble au sanglier. U habite le cap de lionne-Espérance, et se nourrit de fruits et de racines qu'il arrache de la terre en fouillant avec ses pattes et son large groin. Il a les yeux très-petits, rajiprocliés et placés haut, ce qui lui donne une mauvaise vue, mais son ouïe ' et son odorat sont d'une extrême finesse. Son caractère est capncieux et féroce; cependant, étant pris jeune, il s'apprivoise bien , et reste assez doux pendant ses i>remières ann('es. Sa force , est redoutable, et son eoiirage le rend dangereux pour les chas- ' seurs.
Le PiiACOciioi.iiE A INCISIVES (Phucochccrus i7icisivus, Is. Geoi'e. l'hacochd'Tus africanus, Fk. Cuv. Sus africanus , Gml. Le Sanglier du cap Vert, ISuef.) dilTère du pr('cédeiit en ce (pi'il a des dents incisives; son pelage est noirâtre; sa (pieue, lermiiK'e par un (locon de ])oils, lui descend juxpiaux jarrets; il lui man(pie ces sortes de fausses oreilles (pi'a le précédent; enfin sa tête est plus longue et plus étroite. Il habite le cap Vert.
9'- Genre. Les HIPPOPOTAMES (Hippopotamus, Lin.) ont trentehuit dents, savoir : quatre incisives en haut et en bas; deux canines supérieures et deux inférieures, ces dernières courbes, et toutes (pi.itre fort grosses; (piatorze molaires en haut et douze en bas, dont l'émail ligure des trèllcs opposés base à base quand elles sont usées; le corps est très-gros, les jambes sont courtes, la peau est presipie entièrement dépourvue de poils; la(pieue est courte, le museau renflé; les pieds sont terminés par des petits sabots.
PACHYDERMES
L'Hippopotame amphidie {Hippopotamus amphibius , Lm. Hippopotamus capensis, Desmoul.) est d'une grosseur énorme, et atteint quelquefois jusqu'à onze pieds 15,573) de longueur sur dix (3,248) de circonférence ; ses formes sont massives , ses jambes courtes , et son ventre traîne presque à terre. Sa télé est e'norme, terminée par un large mufle renlle; sa bouche est démesure'ment grande, armée de canines énormes , longues quelquefois de plus d'un pied, fournissant de l'ivoire plus estimé que celui de l'éléphant. Ses yeux sont petits, ainsi que ses oreilles; sa peau est nue et d'une grande épaisseur, d'un noir d'ardoise ou d'un roux tanné. Il habite toutes les grandes rivières du midi de l'Afrique , et il parait qu'autrefois il était assez commun dans le Nil, mais aujourd'hui il nexisle plus en Egypte.
Après l'éléphant et le rhinocéros, l'hippopotame est le plus grand des mammifères quadrupèdes; comme tous les animaux aquatiques de celte classe, il a beaucoup de graisse sous la peau, et il parait que sa chair est fort bonne à manger. Cet animal est très-lourd , il marche fort mal sur la terre , mais il nage et plonge avec une extrême facilité, et a, dit-on, la singulière faculté de marcher sous l'eau, sur le fond des rivières, avec plus d'agilité que lorsqu'il est sur la terre. Il peut rester assez longtemps sous l'eau sans venir respirer à la surface, mais non pas une demiheure, comme on l'a dit. Il résulte de tout cela que lorsqu'il est poursuivi il gagne aussitôt la rive d'un lac ou d'un fleuve, se jette dans les ondes , plonge, et ne reparait à la surface pour respirer qu'à une très-grande dislance. Son cri est une sorte de hennissement ayant beaucoup d'analogie avec celui d'un cheval , ce qui lui a valu son nom d'hippopotame (en grec, cheval de rivière). Son caractère est faiouchc, et ([uoiqu'il n'atta(iue jamais l'homme, si on le poursuit trop vivement, il se retourne pour se défendre; .mais sa stupidité ne lui [terraet pas de distinguer son agresseur du canot ou de la (;haloupe qui le porte, et lorsqu'il a renversé ceux-ci ou brisé leur bordage, il ne pousse pas plus loin sa vengeance. « Une fois que notre chaloupe était près du rivage, dit le capitaine Covent, je vis un hippopotame se mettre dessous, la lever avec son dos au-dessus de l'eau , et la renverser avec six hommes qui étaient dedans; mais par bonheur il ne leur fit aucun mal. » Buffon dit que si on le blesse il s'irrite, se retourne avec fureur, s'élance contre les barques, les saisit avec les dents, en enlève quehpiefois des pièces ou les submerge.
L'hipiiopotame passe tous les join-s dans l'eau, et n'en sort que la nuit pour aller paître sur le rivage, dont il ne s'éloign(^ jamais beaucoup , car il ne compte guère sur la rapidité de sa course pour regagner, eu cas de danger, son clément favori. 11 .se nourrit de joncs, île roseaux, et lors(|u'il trouve à sa iiorti'c des plantations de cannes à sucre, de riz et de millet, il fait alors de grands dégâts, car sa consommation est énorme. On a prétendu (ju'il mangeait aussi du poisson, mais jce fait est entièrement controuvé. Sans quitter les lieux marécageux et les bords des lacs et des rivières, il n'est cependant pas sédentaire, car souvent on le voit apj)araître dans des pays où il ne s'était pas montré depuis longtemps. Sa manière de voyager est très-commode et peu fatigante : le corps entre deux eaux, ne montrant à la surface que les oreilles, les yeux et les narines, il se laisse tranquillement emporter parle courant , en veillant iK'anmoins aux dangers qui pourraient le menacer. Il dort aussi dans celte attitude, mollement bercé par les ondes, l'i'esipie toujours ces animaux vivent par couple, et le m.Mc et la femelle soignent l'éducation de leur petit, ((u'ils aiment avec tendresse et protègent avec courage. On chasse rhi|)popotame de différentes manières : quelquefois on se cache, le soir, dans un éi>ais buisson , sur le bord d'une rivière, fort près de l'endroit où il a l'habilude de sortir de l'eau, ce qui se reconnaît à la trace de ses pas. On a le soin de se placer sous le vent et de ne pas faire le moindre bruit, et il arrive parfois qu'il passe sans défiance auprès du chasseur, qui d'un coup de fusil lui envoie une balle dans la tête et le lue
roide. Si l'on manijue la tel»; il se sauve , car sa peau est tellement dure et épaisse, qu'elle ne peut être percée à nulle autre partie de son corps. S'il n'est que blessé, il est également perdu pour le chasseur, parce qu'il se jette dans l'eau et ne reparaît plus. Les Nègres, et particulièrement les lloltentols, quand ils ont reconnu le sentier où il passe habituellement en sortant de l'eau et en y entrant, creusent une fosse large et profonde sur son cliennn, et ils la recouvrent avec des baguettes légères, sur lesipielles ils étendent des feuilles sèches et du gazon; l'animal manque rarement d'y tomber, et on le tue sans danger à coups de fusil ou de lance.
L'hippopotame, quoi ipi'en aient dit beaucoup de voyageurs, fuit I eau salée et ne se trouve jamais dans la mer. Mais comme il se laisse souvent entraîner par le courant jus(iu'à l'endKiuchuie des neuves, et aussi loin ipie l'eau reste douce, on a pu ly rencontrer, et faire confusion en prenant son séjour accidentel el momenlané pom- sa demeure ordinaire.
L'IIii'riii'OTAJiE i>ii SKNÉr.Ai. (Ilippopdlamussenegalensts, Desmoul.) est ordinairement plus petit ([ue le précédent, dont il ne diirère guère que par des caractères anatomiques. Ses canines sont constamment plus grosses, et le plan sur lequel elles s'usent est beaucoup plus incliné; l'échancrure de l'angle costal de l'omoplate est à jieine sensible, etc., etc. Il habite principalement la Guinée, et fournit le meilleur ivoire.
V" Division. Un seul doigt apparent, renfermé dans un unique sabot.
10= Ge.nre. Les CHEVAUX [Equus, Lin.) ont quarante-deux dents, savoir : six incisives en haut et six en bas; deux canines à chaque mâchoire, séparées des molaires par une barre ou espace intermédiaire; quatorze molaires en haut et douze en bas, à ('ouronne carrée , marquées de nombreux replis d'émail. Ils ont deux mamelles inguinales.
Le CHEVAL ordinaire {Equus caballus, Lin.) varie considc'rablement pour la taille et la couleur; on en trouve de noirs, de bruns, de bais, de marron, d'isabelle, de blancs, de pie, etc. Il en est qui ont les poils très-longs et un peu frisés sur tout le corps, mais le plus ordinairement leurs poils sont ras et lisses; on en voit qui ont la peau entièrement nue , comme les chiens turcs. Leurs oreilles sont moyennes; ils n'ont point de croix ou bande noire sur le dos et les épaules; leur queue est garnie de crins depus son origine. Tels sont les caractères spécifi(iues les moins variables du cheval.
« La plus noble conquête (pie l'homme ait jamais faite, dit liulfon, est celle de ce lier et fougueux animal tpii partage avec lui les l'alignes de la guerre et la gloire des Cdinbals, Aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'airronte; il se fait au bruit des armes, il l'aime, il le cherche et s'anime de la même ardeur; il partage aussi .ses plaisirs à la cha.s.se, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle; mais docile autant ipie courageux, il ne se laisse point emporter à son feu, il sait rc'primer ses niouvenienls : non-seulement il lléchit sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs, et, obéissant toujours aux impressions ipi'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit (jue jjour y satisfaire. C'est une créature (pii renonce à son être pour n'exister que par la volDiité d'un autre, qui sait même la prévenir; <(ui, par la promptitude et la précision de ses mouvements, l'exprime el l'exécute; qui sent autant (pi'on le désire , et ne rend iprautant (|u'on veut ; qui , .se livrant sans réserve , ne se refuse à rien , .sert de toutes ses forces, s'excède et meurt pour mieux obéir. » Dans ce peu de ligues et dans son histoire du chien, liuH'on a conquis la n'piitation d'un grand écrivain, el, i)ar contrecoup, celle d'un excellent naturaliste ; ce tpii est hors de doute, c'est qu il mérite la première de ces réputations.
Quehpies naluralislcs nous ont présenté le cheval comme l'ani-
LES PACHYDERMES
mal le plus intelligent et le plus afl'eetueux piiur l'homme, après le chien et l'e'le'phant , et ceci est une grande exagération. L'intelligence de cet animal consiste presque toute dans son obéissance passive , automatique, si je puis rae servir de cette expression , et cette docilité, qui le ferait s'élancer sans hésitation du bord d'un précipice si son maître l'y poussait, me parait prouver chez lui plus de machine que d'intelligence. 11 est vrai qu'il reconnaît son maître, qu'il hennit de plaisir à son approche; mais l'inditrérence avec laquelle il en change prouve au moins que, s'il y a afFection, il n'y a pas d'attachement. Le chien fait cent lieues d'une traite pour retrouver son ami; il languit, hurle, se désespère s'il en est séparé, et souvent il vient mourir de chagrin sur sa tombe; le cheval a un maître et non un ami, il l'oublie quand il ne le voit plus. Redevenu sauvage, dans les immenses savanes de r.Vméri(|ue, il a plus d'intelligence et de fierté ipie le
qu'elles le peuvent. Descendus de la race andalouse, ils lui sont inférieurs jiour la taille, l'élégance, la force et la vitesse. » Pris au lasso et domptés, ces chevaux deviennent dociles , mais ils ne manquent jamais l'occasion de retourner à la liberté. La patrie (lu cheval sauvage jiaraît être le désert des environs des mers Caspienne et Aral, jusqu'au ciniiuante-sixième degré boréal, et dans ces immenses plaines, il porte le nom de Tarpan. Quelques naturalistes, sans doute pour se conformer à une opinion reçue, ont dit que ces tarpans sont des chevaux autrefois domestiques et redevenus sauvages, et je ne sais trop sur quels faits ils pourraient établir la preuve d'une telle supposition. A travers plusieurs observations, qui me semblent appuyer une opinion tout à fait contraire , j'en choisirai une. Il est reconnu que tous les chevaux devenus sauvages se domptent avec la plus grande facilité, et en jieu de jours prennent toutes les habitudes de docilité
L'Hippopotame.
cheval domes(i(pie , parce qu'il a reconquis son indépendance. Au rai)port d'Azzara , ces animaux se réunissent en troupes nombreuses, composées ipiehpiefois de plus de dix mille individus, et non-seulement ils vivent tous en bonne intelligence, mais encore ils savent se proféger muliiellement. Précédés par les vieux mâles, qui font l'ollice d'éclaireurs , ils marchent en colonne serrée que rien ne peut rompre. Si queliiue caravane de voyageurs est signalée, «les chefs, dit Desmoulins, vont en reconnaissance, et, selon l'ordre de ces chefs, la colonne, au galop, passe à travers ou à côté de la caravane, invitant, par des hennissements graves et prolongés, les chevaux doinestiiiues à la désertion. Ils y réussissent souvent. Les chevaux transfuges sincori)orent à la troupe et ne la quiltent plus (Pallas dit ipie les troupes de dziggelais end)auclient ilc la même manière les chevaux domesliques). Si les chevaux sauvages ne chargent pas, ils tournent h)ngteuq)s autour de la caravane avant de faire retraile. D'autres fois ils ne font qu'un seul tour et ne reparaissent plus. Clia(pie troupe est conqiosée d'un grand nombre de pelotons formés d'.iulant de juments qu'un seul (^laion peut en réunir. Il .se bat pour leur possession coulre les premiers qui la lui disputent. Les juments reconnaissantes suivent néanmoins le vaincu autant |
qui caractérisaient leurs ancêtres; il n'en est nullement de même des tarpans; pris à tout Age, soumis à tous les modes de traitement, ils ne s'a|q)rivoisent jamais ])arfaitemcnt et restent toujours farouches et indouqitables , comme le zèbre et l'hémione; cette sauvage inflexibilité prouverait en outre, si cela était nécessaire , qu'il n'a rien moins fallu (pi'un laps de temps très-considérable, des siècles i)eut-êlre, jiour les amener à changer de caractère au point d'être les plus olx'issants de tous les animaux. .\ussi la conquête de Ihouime sur le cheval daict elle de la plus haute antiquité.
Nous n'entrerons pas dans de ])lns grands détails sur l'histoire du cheval, parce qu'elle est connue de tout le monde, et nous nous bornerons ici à énoncer sommairement les ])rincipales races qu'on en a ohtenues.
Les Arahef passent pour les plus beaux et les meilleurs de tous.
Les liarbes sont moins grands et moins éto(T('s que les préc(fdents, et presque aussi estimés. Parmi ceux-ci les Marocains passent i)our les meilleurs, et ceux de Monlaiinef. viennent après.
Les ï'urcsne sont pas aussi bien proporlionui's, et Icuis jambes sont trop menues, ainsi (pie leur encolure.
Les i'ersans ont le poil i)lus ras (juc les autres.
PACHYDERMES
Les Arméniens sont un peu mieux laits. Ces trois dernières races sont très-vigoureuses.
Les Espagnols tiennent le second rang après les barbes ; ils ne sont pas couiinune'ment de grande [aille.
Les Andalous passent pour les meilleurs de la race prece'dente.
Les Anglais sont fort beaux , légers à la couise. Ils sont croisés de barbe ou d'arabe et de normand.
Les Italiens sont moins beaux qu'autrefois.
Les Xapolilains font encore de bons chevaux d'attelage, malgré la grosseur de leur tète et l'épaisseur de leur encolure.
Les Corses sont remarijualdes par leur pelile taille.
Ceux de la Cainaryw fournissent de bonnes remontes à la cavalerie. Beaucoup sont blancs.
Il i nous Unirons une nomenclature qu'il serait inutile de pousser plus loin, en menlionnant pourtant la singulière race Calmouque, h poils longs et laineux, et dont le muséum possède un bel individu.
Le Dzicr.KTAi [Equus hemionus, P.u.i.. Le Dshikketey de Pf.nn. Le Dzingtai, le Czigilhai de quelipies naturalistes. Le Mulet sauviii/e des voyageurs) tient le milieu entre l'àne et le cheval pour
I,c Z'bre.
Les Danois , à cause de leur belle taille , sont très-estimes pour les attelages.
Le Allemands sont beaux, mais, en général, pcsanis et manquant d'haleine.
Les Hongrois et les Transylvains sont bons coureurs, et foi I propres à la remonte delà cavalerie.
Les Crodies et les Polonais sont suiels à être bégus.
Les Ilullandais , et surtout les Fnsuns, sont de beaux i|icv;uix de carrosse.
Les NoriiianJs sont les jilus beaux chevaux de la Kranee, pour le carrosse et le cabri(det.
Les Limosins sont les meilleurs chevaux de selle.
Les chevaux du Cotenlin sonl très-beaux au carrosse.
Les Erancs-Comtois et les Boulonnais sont excellents pour le trait.
Les lliiurijuignons , Auverynals , Poilcrins et Morrandiau.v sont assez laids, mais trè.s-robustes et fournissent de bons bidets.
les pro|ioilions, et pour les formes il ressemble au mulet , quoiqu'il ail les jambes [ilus minces et latlilude plus h'gèie. Sou pelage est Isabelle, avec la crinière et une ligne dorsale noires; sa queue est terminée par une houppe noire. 11 vit en troupes souvent composées de plus de cent individus, dans les déserts sablonneux de l'Asie, particulièrement dans la Mongolie, l'Indostan et lliimalaya. 11 est très-vigoureux, et peut soutenir.
dit-on, une marclie de soixante lieues sans se reposer; habitant des plaines, jajuais il ne pénètre dans les montagnes élevées, ni ne pénètre dans les forêts; son ouïe et son odorat sont d'un<; (inesse extrême; sa course est ilune telle rapiditc', (pi'elle surpa.sse de beaucoiqi celle d'un cheval, ddi'i il rc'swile ipie, lorscpic les Mongols et surtout les Tangiils veulent s'en emparer ])our son cuir et sa chair, qu'ils trouvent excellente, ils sont obligés de lui tendre des jnéges ou de lattendre à l'alTitt, et de le tuer à coups de fusil. I.e earaetère de cet animal est imloniptable, et jamais i>n n'a pu le soumetlre à la domeslieilé. Le .lardin des
LES PACHYDERMES
Plantes en possède plusieurs individus assez doux, mais trèscapririeux.
Le Zècre {Equus zébra. Lin. Equus montanus, Burch. L'Hippotigre ou Cheval-Tigre des anciens. L'Ane rayé du Cap de quelques voyageurs. Le Burro di Matta des Portugais) est plus grand que le dziggetai et approche de la taille du cheval ; il est extrêmement remarquable par la beauté de son pelage blanc ou jatmâfre, raye' sur la tête, sur le cou, le corps et les fesses, de bandes noires ou brunes, très-régulières; il n'a pas de raie noire longitudinale sur le dos; son ventre est blanc, marqué d'une ligne noire au milieu. Sa queue, comme celle de l'Ane, est garnie, au bout, de longs poils.
Cet (=legant animal habite le cap de Bonne-Espérance, et probablement toute l'Afrique me'ridionale. On dit l'avoir rencontre' au Congo, en Guine'e, et en Abyssinie. Si on veut interpréter d'une certaine manière assez vraisemblable plusieurs passages obscurs de Dion Cassius ( Abrégé de .Yiphillin ) il paraît que les Romains, sous le règne des Cé.sars, connaissaient déjà le zèbre, et Diodore de Sicile semble le désigner, quoique confusément, dans sa description du pays des Troglodytes. On peut en tirer cette conséquence, que, dans des temps antérieurs, cette espèce occupait une zone beaucoup \i\iis étendue qu'aujourd'hui. Quoi qu'il en .';oit, le zèbre se rencontre rarement dans les plaines, et semble ne se plaire ([ue dans les pays montagneux. Quoicpie moins agile que le dziggetai, sa course est très-légère, et les meilleurs chevaux ne peuvent l'atteindre. Il vit en troupes qui aiment à paître l'herbe sèche des lieux les plus escarpés : son caractère est farouche, cl comme il a l'organe des sens excellent, il reconnaît de très-loin ra|)proche des chasseurs, et fuit même avant qu'on ait ])u l'apercevoir. Aussi n'est-ce guère que jiar surprise (|u'on ])eut l'avoir à la portée du fusil , et il est presque impossible de s'en emparer vivant , si ce n'est lorsqu'il est fort jeune et qu'on a tué sa mère.
Vainement les Hollandais du Caj) ont-ils fait tout ce cpiils ont pu jiuur l'apprivoiser et le soumettre à la domesticité. Quel que soit l'flge au(piel il a été pris, il reste toujours indomptable, capricieux, rétif, et plus têtu qu'un mulet. Il y a quelques années que la ménagerie en possédait une femelle qui paraissait assez douce. Plusieurs fois elle se laissa atteler à une voiture de travail sans (le trop grandes ilillicullés, mais tout à coup elle se niellait à ruer, entrait en fureur, et brisait harnais et voiture. Deux fois on la fit couvrir, une fois par un cheval, et l'autre fois par un une d'Esi)agne, et j'ai vu le i)roduit de ce dernier. Il ressemblait beaucoup à sa mère; il leta pendant un an et jusipie-là fut trèsdoux; mais à cet âge il changea de ressemblance et de caractère: il devint d un gris foncé, et il ne lui resta de sa belle livrée (iu(' des bandes transversales sur le garrot, les jambes et la (pieuc. Son caractère devint encore plus unichant (juc celui de sa mère, et il lui est arrive plus d'une fois d'altncpierses gardiens à coups de pieds et de dents. Il ne hennissait jias, vl paraissait épi'oiiver un grand plaisir à se rouler dans la b<iuc ou sur l.i terre humide. Quolipi'il ait vécu Irès-loiiglemps et ipiil fut très-robusie, on ne SCSI jamais aperçu qu'il ait été en rut; il était certainement mulet.
Le Dauw [Equus Hurchellii. — Equus montanus, BiinciiEL. Equus zebrukles, Lkss. Equus zébra, liiiiicii. Asinus llurcltellii , Gray) est ]ilus petit (pie l'ftne, mais ses formes sont beaucou|i ]>lus légères et i>lus gracieuses; ses oreilles sont plus courtes; le fond de son l)elage est coideur Isabelle, blanchissant sous le ventre; ses jambes et sa qiuMie sont blanches; le dessus est rayé de bandes noires, transversales, alternativement plus larges et plus étroites sur la tête, le cou et le corps : celles des fesses et des cuisses se portent obliipiemcnt en avant. Otte charmante esjièce habite l'Afrique. Elle vit en troupes et peuple les karoos les plus secs et les plus solitaires, où elle se nourrit d'herbes sèches, de jdanles grasses, et du feuillage de quel<[ues mimosas. Le dauw est peut-
être le plus farouche de tous les chevaux, et il est absolument impossible de le soumettre à la domesticité. Rétif, têtu, capricieux et colère, il se défend avec fureur non-seulement contre les mauvais traitements, mais quelquefois encore contre les caresses. On en a fait la triste expérience à la ménagerie, qui en possède plusieurs depuis 1824. L'un d'eux, sans aucun motif apparent, se jeta sur un de ses gardiens, le renversa, lui fit avec les dents plusieurs épouvantables blessures, et s'acharna tellement sur lui, qu'il lui broya une cuisse. On parvint à arracher le malheureux gardien de dessous ses pieds, mais il était tellement maltraité, qu'on fut obligé de lui faire l'amputation. Les dauws produisent à la ménagerie, et plusieurs y sont nés; dans l'instant où j'écris ceci, une femelle y allaite encore son poulain.
Le CouACGA {Equus quaccha, Gml. Le Couagga,]iUFf. Le Quacha de Penn. Le Cheval du Cap des voyageurs) est un peu moins grand que le zèbre et se rapproche plus du cheval par ses formes générales. Sa tête, son cou et ses épaules sont d'un brun foncé tirant sur le noirâtre; le dos et les flancs sont d'un brun clair, et cette couleur passe au gris roussfttre sur la croupe; le dessus est rayé en travers de blanchâtre; le dessous, les jambes et la queue sont blancs : celle-ci se termine par un bouquet de poils allongés. 11 habite les karoos ou plateaux de l'Afrique méridionale, et vit eu troupes, pêle-mêle avec les zèbres. Moins farouche (jne les autres chevaux, il s'apprivoise vite et assez bien, se mêle avec le bétail ordinaire, et le protège contre les hyènes. S'il en aperçoit une , il s'élance sur elle , la frappe des pieds de devant, la renverse, lui brise les reins avec ses dents, la foule aux pieds et ne l'abandonne qu'après l'avoir tuée. Comme il a l'odorat excellent, il la flaire de Irès-loin, et ne la laisse jamais approcher du troupeau. Les colons du Cap en élèvent souvent pour s'en servir de gardien. Dans les circonstances ordinairis, il a une sorte de hennissement ayant de l'analogie avec celui du cheval, mais d'autres fois il pousse un cri aigu que l'on peut rendre assez exactement ainsi, coua-ag. La ménagerie en a possédé un qui a vécu jus(ju'à l'âge de dix-huit ou vingt ans, et on lui fit couvrir une ânesse en chaleur sans obtenir de résultat. Malgré sa facilité à s'apprivoiser, je ne crois pas qu'on soit encore parvenu à le dompter, et ceiiendant Pennant dit qu'au Cap on en a vu un qui tirait une charrette.
L'Ane [Equus asinus. Lin. h'Anetl le Mulet, Buff. L'Onagre des anciens. Le h'uulan des Tatares. Le Chutan des Kalmoiiks) varie beaucoup moins que le cheval dans sa couleur, mais beaucoup dans ses formes et dans sa taille. L'âne domestique est ordinairement gris de souris ou gris argenté, luisant ou mêlé de taches obscures; il a le plus ordinairement sur le dos une bande noire longiludinale, croisée sur les épaules par une bande transversale; ses oreilles sont très-longues, et sa ([iieue est floconneuse à l'extrémilé. L'Aiie sauvage ou Onagre a la taille plus grande, le poitrail étroit, le corps comprimé : les oreilles beaucou]) ])lus courtes; il a les jambes très-longues, et il se gratte aisémenl l'oreille avec un pied de derrière ; son chanfrein est aripié, sa têlc li'gère et il la jiorte relevée comme le cheval en inarchanl. 11 a le dessus de la tête, les côtés du cou, les flancs et la croupe de couleur Isabelle , avec des bandes de blanc sale; sa crinière est noire; il porte le long du dos une bande couleur de café, (pii s'i'largit sur la croii|ie, mais cpii n'est traversée i)ar une autre bande sur les épaules (pie chez les mâles.
L'onagre est connu de])uis la plus haute anli(juil(', et .Moïse défendit de l'accoupler avec l'âne parce qu'il le croyait d'une espèce (liir('ren1e; les empereurs romains en nourris.saient dans leurs écuries comme objet de curiosit('. Aujourd'liin on ne le trouve ]ilus vivant en liberté (pie dans la Tatarie, et parliciilièreiiieiit dans le pays des Kalmoiiks , (pii le regardent coinnie un excellent gibier, et le chassent pour le manger et vendre son cuir dont on prépare le chagrin. Aucun animal di; son genre n'a le pied aussi sûr que lui pour marcher sur le bord des précipices ,
PACHYDERMES
au milieu des rochers ; aussi aime-t-il de pre'ference les sentiers escarpe's et étroits, et cet instinct primitif s'est transmis de ge'ne'ration en gp'nt'ration jusqu'à notre ^ne domestique. Il court avec une vitesse extrême, et soutient cette allure plus longtemps que les meilleurs chevaux arabes et persans; enfin sa solirie'te' en ferait un animal parfait, si l'on }inuvait le dompter assez bien pour le monter sans danger; malheureusement il n'en est pas ainsi. Les Persans, qui tiennent à honneur d'avoir de beaux ânes pour monture, élèvent de jeunes onagres c|u'ils ajiprivoisent et croi.sent avec des ânesses. Les individus (pii en résultent sont Irès-estimés pour leur force, leur légèreté, et ont une graiide valeur, mais ils sont un peu plus vicieux que les autres, et comme on a encore l'antique habitude de leur peindre la tête et le corps en rouge pour les distinguer des ânes ordinaires, ils ont donné naissance à ce proverbe vulgaire qui a passé jusqu'à nous, «méchant comme un âne rouge. » Cette habitude de les jieindre a aussi fait croire à quelques voyageurs peu observateurs, (ju'en Perse il existait des ânes rouges. Du veM, leS Ohagres Tivent en troupes innombrables, et se défendent aVee Côlirage conit-e les bétes féroces, lis em|iloient pour cela, couune pour leurs marrhes dans le désert, la même tailique <|ue les chevaux sauvages. Lorsi]ue les éclaireurs qui vont en avant de la troupe aperçoivent un homme, ils jettent un cri, font une riiade, s'arrêtent, et ne fuient ([ue lorsqu'on en ajiproche; alors toute la bande détale au ])lus vite. Pour les prendre on emploie des pièges et des lacs de corde , que l'on tend dans les lieux où ils ont l'habitude d'aller boire.
L'âne domestique, si chétif et si dégénéré chez nous, n'en est pas moins un animal extrêmement utile , et que l'on ne sait pas assez ai>précier parce que l'on est trop porté à le comparer au cheval. « Il est de son naturel, dit BufTon, aussi humble, aussi patient, aussi tranquille, que le cheval est fier, ardent, impétueux; il .souirre avec constance, et peut-être avec courage, les clLMiments et les coiqis ; il est sobre et sur la (piantité et sur la qualité de la nourriture; il se contente des herbes les plus dures et les plus désagréables, que les autres animaux lui laissent et dédaignent; il est fort délicat sur l'eau, il ne veut boire que la plus claire et aux ruisseaux qui lui .sont connus. Comme on ne prend pas la peine de l'étriller, il se roule souvent sur le gazon, sur
les chardons, sur la fougère, et sans se soucier beaucoup de ce qu'on lui fait porter, il se couche pour se rouler toutes les fois qu'il le peut, et semble par là reprocher à son maitre le peu de soin (|u'on (irend de lui; car il ne se vautre pas dans la fange et dans l'eau, il craint même de se mouiller les pieds, et se détourne pour éviter la boue ; aussi a-t il la jambe plus sèche et plus nette que le cheval; il est susc-eptible d'éducation, et l'on en a vu d'assez bien dressés pour faire curio.sité de spectacle. L'âne est peut-être de tous les animaux celui (pii , relativement à son petit volume, peut porter les plus grands poids; et comme il ne coûte luesque rien à nourrir, et qu'il ne demande pour ainsi dire aucun soin, il est d'une grande utilité à la campagne, au niouiitl , ëte. Il peut aussi servir de monture, toutes ses allures sont douées et il bronche ttioins (pie le cheval ; on le met souvent à la charrue dans les pays où le terrain est léger, etc. »
Si l'âne a de bonnes qualités, il a aussi ses (b'fauts. Son cri ou bi-aire est aussi désagrt'able (pie retentissant; (pioi(iue son caractère soit gi'néralemenl doux et inofTensif , cet animal est capricieux et si têtu, qu'on le tuerait pUit(it que lui faire faire ce (pi'il S'est rais dans la tête de ne pas faire. Du reste, c'est à grand tort (pion l'a accusé de stupidité, car son intelligence siir|iasse celle (lu cheval. Il est très-courageux, se d('fcn(l avec autant d'adre.-se que de fureur contre les chiens et autres animaux , et si un loup est seul pour l'attaipier, l'âne vient aisément à bout de le mettre en fuite, et même de le tuer.
Par le croisement du cheval et de l'ânesse, on obtient les liardots ou petits mulets; par celui de l'âne avec la jument, on a le mulet proprement dit. Tout le monde sait que ces précieux animaux sont st('riles, (pi'ils ont une force prodigieuse, la sobriété de l'âne, mais aussi son entêtement.
Le Khur (Etjuusi khur , Less. Ij'Ane faurage, Isis de ISi'i) a les formes assez semblables à celles de l'âne; cependant sa tête est plus longue, et ses membres sont plus forts. Son pelage est d'un gris cendré en dessus, et d'un gris sale en dessous; son cri ne parait être qu'un fort grognement. Il habite l'Asie et vit en grandes troupes, avec les mêmes habitudes que l'onagre; mais il descend dans les plaines pendant Ihiver et ne se retire dans les montagnes que pendant la belle saison, ,1e crois que ces raisons ne sont pas suflisantes pour le séparer spécifiquement de l'onagre.
LES RUMINANTS
OMZIKME ORDRE DES MAMMIFERES.
Le Lama blanc
Ils n'ont d'incisives qu'à la mAilioire inférieure (si on en excepte le chameau et le pacos) et ordinairement au nombre de huit; elles sont remplacées en haut par un bourrelet calleux. Entre les incisives et les molaires est un espace vide , où se trouvent, seulement dans quelques genres, une ou deux canines. Les molaires, presque toujours au nombre de six partout, ont leur
couronne raarque'e de deux doubles croissants. Tous les pieds sont terminés i)ar deux doigts et deux sabots qui se touchent par une face aplatie; les rudiments des deux doigts latéraux sont placés derrière les sabots. Ces animaux ont la faculté de ramener dans leur bouche pour les mAcher de nouveau les aliments qu'ils avaient avalés , et cette opération se nomme ruminer.