‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 67 sur 219 · LES CHAMEAUX · texte numérisé non relu

LES CHAMEAUX

ont des canines et point de cornes. giH'l(iues-uns ont sur le dos une ou deux loupes graisseuses ou bosses.

i" GiîNBE. Les LAMAS {Lama, Cuv.) ont trente dents , savoir ; deux incisives supérieures et six inférieures; deux canines en haut et deux en bas; dix molaires à la mâchoire supérieure et huit à l'inférieure; les deux doigts séparés; ils man(|uent de bosse; leur cou est très-long; leur lèvre supérieure fendue.

Le Lama ou Guanaco [Lama peruviana , Less. yluchenia glama, Desm. Camelus llama , Lin. Le Lama, litu-. Le Guanaco ou Huanaca d'Ui.i-OA. Le Llama des Péruviens),

Cet animal est de la grandeur d'un cerf, il ressemble assez, en petit, à un chameau qui n'aurait ]»as de bosse, mais ses proportions sont plus légères, son oreille est plus longue et sa queue l>lus courte. Sa tête est plus petite, plus gracieuse; son œil est rond, saillant, vif, mais son regard est adouci par d<'S(ils longs et serrés; ses jambes sont longues et minces; il a une jibique calleuse sur le ])oitrail , et ces derniers caractères conviennent également à tous les animaux de ce genre; mais il se distingue des autres par son pelage d'un brun foncé tirant sur le noir, avec un reflet roussâtre, à poils longs, laineux et grossiers, et l>ar sa grande taille. Lu domcsticilé, son pelage varie beaucoup de couleur d'un individu à l'aLitre, et nw^ine d'une ]>la( e à l'aidre sur le même individu ; cependant il est généralement brun , varié de taches blanches , et quelquefois tout blanc.

Le lama paraît originaire des chaînes éipiatoriales de la Cordillère des Andes. Lorsque les Espagnols firent la conquête du Pérou, c'était la seule bête de somme que connussent les Américains, et Grégoire de Bolivar dit que de son temi)s les lamasétaient si nombreux, qu'on en mangeait ([ualre millions par an, et qu'il y en avait trois cent mille employés journclb'ment à l'exploitation des mines du l'otosi. Mais depuis (jue les mulcis sont employés à ce travail, et avec beaucoup d'avantage, le nombre eu est considérablement diminué, et on n'en élève plus guère que jioin' la bduclieric. I.e lama ne peut pas porter plus de cent à cent citupianle livres; si on le charge davantage il rcliise de se lever, ainsi que le chameau, JiisqLi'à ce ()u'ou lui ait enlevé une partie de son fardeau. Il ne peut pas faire de longues marches, et quatre ou cin(| lieues par jour est tout ce qti'on |ieut attendre de lui, encore faut-il qu'il se repose au moins un ou deux join-s sur ciiKj ou six. Sou pas est a.ssez lent, mais il a le pied tellement sur, qu'il liasse dans des di'lih's, le long des rochers, sur le bord des pré( ipices où les nudets seraient e\po.sés à se précipiter. Cette raison engage les habitants des hautes montagnes à s'en servir encoie (piehiuefois. Pour se faire charger, il se couche sur la callosité de son jioitrail , sur leipiel il s'appuie ayant les jandics re|di('cs sous le cor|is ; il rumine el dort aussi dans celle attitude. Si on le surmène et tpi'on le faligiu; en le foiçaut à liAler le pas, il fait quelques ell'orts, puis se chagrine, tomlie dans le dt-sespoir, se couche par terre, refuse de se lever, et on

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