CHAMEAUX
le tuerait plutôt que ilc le déterminer à se remettre en marche; d'ailleurs , si on le bat pour le déterminer à se lever, il se frappe la tête contre les rochers et se tue.
C'est, du reste, un animal extrêmement doux, tout à fait inoffensif, se bornant, pour toute défense contre l'agression et les mauvais traitements, à cracher sur ceux ipii le frappent. 11 est très-docile, et surtout extrêmement sobre; il se contente de foin et d'herbe pour toute nourriture , et il peut passer plusieurs jours sans boire, parce (jue, ainsi que le chameau, il a une poche à
au même endroit, comme font quelques antilopes et les chevaux sauvages, et ceci dénonce aux chasseurs leur présence dans les cantons où ils se trouvent. On leur tend des pièges et des lacets, et ils y donnent assez aisément. Le temps de la gestation est de cinq mois et quelques jours; la femelle ne met ordinairement bas qu'un petit, rarement deux, et elle allaite pendant einci ou six mois. Ces animaux croissent très-vite et ne vivent pas plus de douze à quinze ans. Leur chair est bonne, et celle des jeunes est particulièrement estimée.
Le Lama brun.
eau dans l'estomac. M. de Buffon dit en avoir vu un à l'école d'Alfort qui resta dix-huit mois sans Iioire, et ce fait est au moins fort singulier.
En Amérique on nomme Guanaco le lama sauvage, vivant à l'état de liberté dans les montagnes. M. de Ilumboldt pense que ces guanacos ne sont rien autre chose (jue le lama domestiiiue qui a reconquis son indépendance, et il apjjorle à l'apimi de son
opinion des observations assez concluantes. Unoi qu'il en soit, ou ne trouve ces animaux (pie sur le sommet des plus hautes ui.ntagnes , et près de la réj^ion des neiges ('ternclles. Ils y vivent en troupes fort iiomhretiscs et sont extrêmeiiieut fanuiches. Si on veut les poursuivre avec des chiens, ils se jclteiil aussitôt dans des rochers inaccessibles à tout autre animal (pieux, et franchissent les précipices avec la même légèreté (pic les chamois. Ils ont l'habitude singulière de déposer leurs excréments toujours
Les naturalistes reconnaissent aujourd'hui trois espèces de lamas : celui dont je viens de parler, l'alpaca et la vigogne; mais ces trois prétendues espèces produisent ensemble des hybrides , comme le chien et le loup , et ces hybrides se reproduisent entre eux : ceci a été parfaitement observé sur le troupeau de lamas envoyé à Cadix en 1808. Or, jusqu'à ce que les naturalistes (|ui rejettent l'importance de ce fait, et qui prétendent (pie cela ne
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fait rien à l'espèce (|ue le métis soit fertile ou mulet, jusqu'à ce que, dis-je, ils aient défini dairement ce qu'ils entendent par espèce eu zo(dogie et en botaui(pie, je m'en tiendrai à la (h'Iiiiition des l'.ud'cni, Cuvicr, de Candolle, etc., etc., je regarderai ces trois lamas comme de simples types de races, et j'y en .ijoiiterai même deux autres sans empêcher (jue l'espèce ne reste uni(pie à mon avis.
L'Ai. PACA [Ldiiui jiac", l.rss. Auclunia inico, Des.m. Caiiielux pa-
LES RUMINANTS
cos, Erxl. Le Paco, Buff.) est plus bas sur jambes que le précédent et beaucoup plus large de corps; un bandeau de poils roides et soyeux s'étend du front sur la face; son poil est de longueur uniforme depuis la nuque jusqu'à la queue, aux poignets et aux talons; il est d'un brun marron , reflété de noir; le dessous de la gorge et du ventre et le dedans des cuisses sont presque blancs ; sa toison , presque entièrement composée d'un poil doux et laineux, lui tombe sur les flancs en mèches longues de l)lus d'un ]iied (0,52S), n'ayant guère moins de finesse et d'élasticité que celui dune chèvre de Cachemire. L'individu qui a vécu à la ménagerie était doux, timide, sensible aux caresses, et se laissait aisément conduire à la laisse ; il donnait des ruades comme les autres ruminants, et galopait pour courir, ce que ne fait pas le chameau. Cet animal a les mœurs sauvages et vit en troupes dans les Andes du Pérou.
Le LuAN ou GuANAQUE DE MoLiNA {Lama Molinœi) dilTère des précédents par sa taille beaucoup plus grande, égalant presque, selon Molina, celle d'un cheval; son dos est voûté, sa léte est ronde, son museau pointu et noir, ses oreilles droites, sa (|ueue courte et dioite comme aux cerfs. Son pelage est fauve sur le dos, blanchâtie sous le ventre. Cet animal habite l'Amérique australe jusqu'au détroit de Magellan. L'été il se tient dans les hautes montagnes, mais l'hiver il descend dans les vallées et les jilaines. On le rencontre toujours en troupes composées quelquefois de plus de sept à huit cents.
Le llui:(,uiE {Lama chili-hueque) ressemble au mouton par la tête, les oreilles ovales et flasques, et son chanfrein bossu; ses yeux sont grands et noirs, ses lèvres grosses et pendantes. Les anciens Chiliens l'employaient comme béte de somme et le conduisaient en lui passant une coi'de dans l'oreille.
La ViiiOGNE {Lama vicuijna, Less. Auchenia viciigna, Des.m. Camelus vicugna, Lin. La Vigogne, Buff.) est de la grandeur d'une chèvre; ses jambes sont longues et menues; sa télé est d'une grosseur moyenne, et son museau s'unit au front par une fégère courbure; son pelage est d'un brun fauve pâle, tirant sur la couleur isahelle en dessus, et blanc en dessous ; son poil est laineux, très-doux, extrêmement tin, long d'un pouce (0,027) sur le corps et de trois pouces (0,081) sur la poitrine.
La vigogne est d'un caractère timide, mais sauvage et farouche ; elle est incapable de s'attacher, et 8'ap])rivoise très-didicilement. C'est un individu de cette race qui a vécu à Alfort, et qui a permis à lîufl'on de faire des observations. Elle cherchait à mordre ses gardiens, et crachait sur tous ceux qui rai>])rochaient. Malgré les soins que l'on a eu d'en prendre de très-jeunes et de les faire allaiter par des alpacas , on n'a jamais pu parvenir à les réduire à l'état de domesticit*'. Cet animal vit en troupes considérables i)rès des cimes toujours glaci-es des Andes , où on va le rha.sser pour s'emparer de sa toison après l'avoir tué. On en fabricjue des ponchos, étofles excessivement fines dont ne se vêtaient autrefois que les caciipies , et (lue portent aujourd'hui les riches Espagnols américains. On a vainement essayé d'élever des vigognes dans les plaines du Pérou et du Chili; elles y vivaient queh[ue temps dans le regret de leurs muulagnes glacées, se couvraient de gale ot mouraient. Quand les chasseurs ont reconnu l'endroit où se trouve un troupeau de vigognes, ils tendent, du côté des défilés par lesquels elles pourraient s'échapper, des cordes aux<}uelles sont suspendus des chilTons de toutes couleurs , puis ils se mettent à la ()oursuile du troupeau, ipii souvent se compose de deux à trois cents individus. Ces animaux sont si ex- Iraordinairement timides, qu'arrivés en face des cordes ils en sont effrayés au point de s'arrêter et de rester dans une immobilité complète, le cou et les yeux tendus vers les chid'ons rouges, blancs et jaunes agités par le vent. Les chasseurs arrivent , les saisissent par les pieds de derrière sans (pi'clles osent se retourner, et ils en tuent une grande quantité. Si un guanaco ou un alpaca se trouve dans le troupeau, la chasse ne réussit pas, car il
franchit la corde et toutes les vigognes en font autant après lui. Encore aujourd'hui, au Chili et au Pérou, on tue annuellement jusqu'à ([ualre-vingt mille vigognes, et cependant l'espèce ne paraît pas diminuer.
2" Genre. Les CHAMEAUX {Camelus, Lin.) sont de grands animaux qui se reconnaissent de suite à une ou deux bosses énormes qu'ils portent sur le dos. Ils ont trente-quatre dents , savoir : deux incisives supérieures et six inférieures; deux canines à cha- (]ue mâchoire; douze molaires en haut et dix en bas. Leurs doigts sont réunis en dessous par une semelle commune qui s'étend jusqu'à la pointe.
Le Chameau {Camelus bactrianus, Lin. Camelus Bactriœ de Pline. Le Chameau, Buff.) a ordinairement sept ])ieds (2,27-4) de la terre au garrot; il porte deux bosses, l'une sur le garrot, l'autre sur la eroupe. Son pelage est d'un brun roussâtre, laineux, trèstoufTu , coinposé d'un duvet fort long entremêlé de poils rares, plus longs et grossiers. 11 est précieux dans les coutrées chaudes et sablonneuses.
Le chameau , nommé par les Arabes le vaisseau du désert, parce que sans lui il serait impossible de traverser les vastes solitudes de l'Asie , parait être originaire du pays de Shamo , vers les frontières de la Chine; du moins aujourd'hui on ne le trouve plus que là à l'c'tal sauvage. Il est plus grand, plus fort que le dromadaire, mais moins léger à la course; il craiut moins les terrains humides et la boue, mais tous deux deviennent iuuiiles dans les pays rocailleux, faute de pouvoir marcher sans se blesser. Leur chair et leur lait servent à la nourriture , et leur poil à faire des vêtements grossiers, principalement d'excellents manteaux que les Arabes nomment baracans. Le chameau est célèbre par sa sobriété, et en effet, sous un ciel brûlant, à travers les déserts les plus secs et les plus arides, il peut soutenir la fatigue pendant trois ou quatre jours sans boire, et ayant pour tout aliment quelques noyaux de datte mêlés à un ])eu de riz ou de maïs. Il a dans l'estomac une sorte de ])oclie dans laquelle il n'amasse pas une |)rovision d'eau en buvant , comme on l'avait dit, mais dans laquelle il s'en amasse continuellement qui se forme dans son corps et se rend dans cette poche en suintant de ses parois. En contractant ce singulier organe il force l'eau à en sortir, à se mêler à ses aliments , ou à refluer jusque dans sa bouche. Hors le temps du rut, cet animal est docile et fort doux ; il obéit à la voix des chameliers , mesure son pas à la cadence de leurs chants, s'agenouille pour se faire charger et décharger, et porte aisément une pesante charge de marchandises. Mais quand il est en amour, pour peu ipi'on le contrarit^ , il entre en fureur et devient alors très-dangereux. Il apiiortc en naissant ces callosités (pi'il a au iioitrail et aux genoux, et (|ue BufCon regardait comme un stiguiate imposé par une antique servitude. On a vainement cherché à acclimater ces précieux animaux dans d'autres pays que les leurs, ^ar exemple en Espagne et en AuK'ricpie; ils y vivent et multiplient même, ce <\\t\ leur arrive ('gaiement à la ménagerie à Paris, et cela en raison des soins que l'on en prend ; mais ils y sont impuissants ail travail, deviennent faibles, languissants, et finissent par ])érir avec leur ehétive postérité. On a voulu, au Jardin des Plantes, en utiliser deux en leur faisant tourner une manivelK- pour tirer l'eau d'un puits ; ce faible travail les fatiguait beaucoup, et ils faisaient dans leur journée moins de travail ipie n'en aurait pu faire la ]dus mis{'rable rosse. Comme le chameau et le dromadaire produisent ensemble des I)etits féconds, on ne doit les regarder que comme types d'une simple race.
Le DnoMAiiAiRE {Camelus dromedarius, Lm. Camelus Arabiœ, PriNE. Le Camelus arabicus d'AiiisTOTE. Le Drnmas des Grecs, et le Djemal des Arabes). Cet animal diffère du précédent en ce qu'il n'a qu'une bosse arrondie sur le milieu du dos; son pelage
MOSCHINÉES.
«st assez doux, laineux, de médiocre longueur, d'un gris blanchâtre ou roussâtre. Ses mœurs sont alisoliinicnt les mêmes (]ue celles du pre'ce'dent, mais il est beaucoup plus léger à la course et sert plus souvent de monture. Les Maures en possèdent une
igoureuse et si légère,
variété plus petite, nommée herry, si vigoureuse ei m legeie. (pielle peut faire aisément trente lieues d'un se\il trait. Le dromadaire est très-répandu en Perse, en Egypte, en Arabie, ec Abyssinie , en Barbarie , etc.
LES MOSCHINEES
n'ont pas de cornes ; ils ont de chaque côté de la mâchoire supérieure une longue canine qui sort de la bouche dans les mâles.
■y 5" Genre. Les CHEVROTAINS (j1/osc/jus, Lin.) ont trente-quatre dents, savoir: huit incisives en bas, point en haut; deux canines en haut, point en bas ; douze molaires à chaque mâchoire; leur taille est élégante, leurs ])ieds (ins, à sabots conformés comme chez les autres ruminants; ils mamiuent de larmiers.
Le Musc (Moschus moschiferus , Lin. Le Xé des Chinois. LeGifar des Tatares. Le Kudari , le Dsaanja et le Dsehija des Kalmoucks. Le Gloa , Glao et Alath du Thibet. Le Kaborga, le Saïga et le njof: des Russes cl des Ostiaks) est un charmant animal, de la taille d'un chevreuil de six mois; son pelage est grossier, teint de brun, de fauve et de blanchâtre; ses canines sont longues, recourbées , sortant de la bouche. Elles lui servent, dit Sonnerai, à déterrer des racines, à accrocher les branches des arbres pour mettre les feuilles a portée de sa bouche; un simple renflement remplace la (|ueue. Les jeunes portent une livrée et varient selon l'âge; mais, vieux ou jeunes, tous ont sous le cou, depuis la gorge jusqu'au poitrail, deux bandes blanches bordées de noir, enfermant entre elles une bande noire.
(Jn trouve cet animal dans i)resque toute l'Asie , et principalement en Chine, au Thibet, au Pégu et en Tarlarie; il a une espèce de bourse de deux à trois pouces de largeur, en dessous du nombril, des parois de laquelle sécrète une humeur odorante, formant une masse de consistance sèche , même pendant la vie de l'animal, et connue dans le commerce de la parfumerie sous le nom de nuise. C'est entièrement à ce parfum très-recherché que l'animal doit l'antique célébrité dont il jouit, mais aussi la guerre incessante qu'on lui fait.
Le musc n'habite que le sommet rocailleux des plus hautes montagnes, au milieu des rochers et des précipices, où il déploie dans sa course toute la légèreté du chamois. Ses ongles posl('rieurs , fort longs et pouvant s'écarter beaucoup, lui donnent une sûreté de marche extraordinaire; il gravit aisément les pentes les plus rapides, s'élance d'un bond au-dessus des abîmes, se précipite avec hardiesse du sommet des rocs, saute d'une pointe à l'autre avec une précision admirable , ipii annonce autant de justesse dans son coup d'oeil que de force dans sou jarret, et tout cela avec tant de ra])i(lité, ipie l'œil du cliasseur peut à i)eine le suivre dans sa fuite; si le hasard ]c jette dans la plaine, il n'est pas plus embarrassé dans sa course, et il passe même de grandes rivières à la nage sans montrer la moindre hésitation. Comme le renne, il se nourrit en hiver des lichens (pii tapissent le flanc des rochers et les troncs d'arbres; rél<i il cherche des racines (pi il sait très-bien déterrer avec les jiieds et arracher avec ses longues canines, et il mange aussi les bourgeons et les feuilles de quelques arbrisseaux , et entre autres ceux du rhodûdendrum daurii i.iii. Son caractère est extrêmement timide, et, comme le lièvre, il paraît passer une partie de sa vie dans des transes continuelles; carlié le jour dans un fourré inaccessible, il n'ose en sortir que la nuit |)our vaquer aux fonctions de l'animalité , et c'est à cause de ses habitudes nocturnes que les voyageurs l'ont si rarement rencontré, même dans les contrées où il est le plus commun. Ces animaux vivent ordinaire-
ment isolés ; mais en novembre , moment où ils sont le plus gras, ils entrent en rut et sortent de leur retraite pour aller à la recherche des femelles. Dans cette circonstance ils oublient leur poltronnerie naturelle, et siî livrent des combats furieux, dont plusieurs ne se retirent qu'ai)rès avoir reçu des blessures graves ou perdu leurs longues canines. Quoi qu'on en ait dit, leur poche de parfum ne contient pas plus de musc à cette époque qu'à une autre, mais c'est en ce niomcut qu'on leur fait la cha.sse, parce qu'ils sont plus ai.sés a surprendre, qu'ils donnent ai.séinent dans les [liéges qu'on leur tend , et que leur chair, fort estimée parles chasseurs, est alors grasse et délicate. On a vainement essayé de les soumeltre à la domesticité; ils refusent de multiplier, s'ennuieut, et Unissent par mourir de débilité.
Aussitôt i|u'uu chasseur a tué im de ces animaux, il enlève le plus i)rouq>lement possible la poche au musc, en ferme l'ouverture avec un bout de ficelle, la fait sécher à l'ombre, et en cet état elle est bonne à livrer au commerce. Mais quelquefois .son avarice le détermine a la fraude, et il fait de fausses poches avec des morceaux de peau (ju'il enlève au ventre de l'animal ; il y met plus ou moins de musc de la véritable poche, et achève de les remplir avec du sang de l'animal. Souvent , pour donner plus de poids, il y ajoute une certaine quantité de plomb, et tout cela est fait avec tant d'adresse , qu'il est fort diflicile aux marchands de s'en apercevoir. Les femelles n'en produisent pas, et n'ont même pas de bourse musquée. Ce i)arfum, extrêmement ])énétrant , n'a jtas la même force et la même qualité partout ; le meil. leur vient du Tunkin , et le moins estimé des Alpes sibériennes: ce dernier n'a pas plus d'odeur que le castoréum. ■-'' Le Meminna [Muschus meminna, Erxl. Le Chevrotain à tache blanche , IUiff.) est remaniuable par son pelage d'un gris olivâtre en dessus, blanc en des.sous, avec des taches rondes et blanches sur les flancs ; ses oreilles sont longues et sa queue courte. 11 est plus petit que le précédent et n'a pas de poche à musc. Il se trouve à Ceylan.
j/Le CiiEviiOTAiN DE Java [Moschuf. jaranicus, Pam.) est de la taille d'un lapin ; son pelage est d'un brun ferrugineux en dessus , onde de noir et sans taches sur les flancs , avec trois bandes blanches en long sur la poitrine; le bout de son museau est noir. Il habile Java.
.. Le Napu (Moschus napus, Pu. Cuv. Moschus jatmnkus , IUffl. Le l'elandok des Iles Malaises et de Sumatra) n'est guère plus grand que le précédent, et sa taille ne dépasse pas celle d'un lièvre; son pelage est brun, irrégulièrement mélangé de reflets d'un gris noirâtre ou fauve; le poitrail est d'un brun foncé, avec cinq taches blanches, linéaires et convergentes; sa mâchoire inférieure est blanche. Il habite Sumatra.
i.^^'Le Kanciiil {Moschus kanchil , Uaffi..) a quatorze pouces (0,379) de longueur sur neuf (0,:2ii) de hauteur; son pelage est d'un brun rouge foncé, jiresque noir sur le dos, et d'un bai brillant sur les flancs, avec le dessous blanc; il a trois raies sur la poitrine el ww. bandelette, qui va de la mâchoire à l'épaule, blanches; sa t|ucue est toudue, blanche au l)0ut; ses canines sont forl longues et courb(ies en arrière. (Jn le trouve à .lava , dan les forêts, où il vit de feuilles, de bourgeons et de graines d'arbres.
Ce singulier animal est extrêmement rusé et plein d'intelligence; aussi les Malais, quand ils veulent désigner un adroit
sa
LES RUMINANTS
voleur, disent qu'il est ruse' comme un kanchil. 11 n'habite que les forêts les plus profondes, où il se nourrit principalement des fruits de graelinia villosa. Malgré son agilité' extraordinaire, il courrait risque qucl(iuefois d'être atteint et déchire par les bêtes
croche par ses dents, y reste suspendu, et de là regarde tranquillement passer la meute. Quand les chiens sont éloignés, il se laisse tomber à terre et retourne sur ses pas sans plus s'en inquiéter.
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Le Musc ou Chevrotain.
féroces ou les chiens des chasseurs, s'il n'avait l'adresse de s'en tirer d'une manière fort extraordinaire pour un animal ruminant. Après avoir fui devant ses ennemis et avoir rusé devant eux pour leur dérober sa piste, s'il se sent trop pressé par eux, il s'élance d'un bond prodigieux à la haute branche d'un arbre, s'y ac-
Les naturaliste» ont encore signalé parmi les chevrotains des espèces qui n'appartiennent pas à ce genre. Tels sont les moschus p,ygma;us , jeune Age de l'antilope spinigera ; les moschus americanus et delicatulus, qui ne sont que des faons du cervus
rufus.
'■^j:u<àî~-
LKIaii.
LES plk:vicorivks
n'ont point de canines; les iiiAles seulement ont des cornes ou bois osseux et caducs , c'est-à-dire tombant chaque année , ou à des intervalles plus longs.
^ 4° Gknuk. Les CEUKS (Cernus, liEiiss.) ont trente-deux dents, savoir; point d'incisives en haut cl liiiit en bas; ))oirpl de canines;
douze molaires à chaipie mâchoire. La plupart ont un niuflle; tous ont des larmiers sous les yeux. Leur taille est svelte, leurs jam!)es minces, leurs oreilles mt'iliocres ; ils cmt la (punie Iresroiirte. Nous ne décrirons c|ue les espèces vivantes, et nous adop- Icnins la classi(ir;iliou <le M. de lilaiuville.
PLK.MCOHMiS.
I" SECTION. Bois sessiles, plus ou moins subdivisés, sans andouillers basilaircs ni médians, terminés par une très-grande empaumure digitée à son bord externe seulement.
L'Élan {Cervus alces, Lin. Alces machlis, Oc.iiu. Le Moos-deer des Anglo-Ame'ricains. L'Elan de Bi'ff. L'Orignal des Canadiens. L'Elk ou Elend du nord de rEuroiic. Le Loss des Slaves. Le Lozzi ou Los des Moscovites. L'.Eltj des Suédois et des Norve'giens. Le Afoosoa des Algonciuins et des Crecks. Le Dcnyai des Chipewais. Le So7idareinla des Huions) est le plus grand de tous les cerfs, et surpasse (lueUiuefois la taille d'un cheval, avec lequel son museau renflé a quelcpie analogie ; sa tète est longue et
1ère très-vif, et peut faire trente milles tout d'une traite. Il est fort singulier que sa marche soit toujours accompagnée d'un craquement d'os qui n'a pas encore été bien expliqué. Cet animal vit en grandes hardes , ou troupes ; sa femelle est plus petite que lui. Il est bien certain que depuis nombre d'années on ne le trouve plus en France, mais il est encore assez commun dans les grandes forêts du nord des deux continents. Son caractère est fortdou.x, il s'apprivoise aisément, et dans le nord-ouest de l'Amérique les sauvages l'attellent à leurs traîneaux , comme on le faisait autrefois en Suède. H est en rut de septembre en octobre , et la femelle met bas deux ou trois petits , en avril et mai. Ses ennemis les plus redoutables sont l'ours et le glouton. La
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IntcH'-ur de la Galerie d'histoire naturelle.
étroite eu avant; son bois consiste en une très-large emp.'uimure garnie d'andouiilers ou de digitations nombreuses à son bord exti'ricMir; sa (jneue est très-courte ; son |ielage est d'un brun fauve sur le dos et sur la croupe, et d'un brun plus ou moins foncé en dessous. Il noircit en vieillissant.
Le cou de cet animal est tellement court, (|ue pour paître il est obligé d'écarter et (It'chir les jambes de ilevant, (jui , d'ailleurs, sont plus longues proporlioniiellement que celles de derrière. Aussi se nourrit-il plus volontiers de feuillage, de bourgeons et d'écorce d'arbre que d'herle. Il se plaît particulièrement dans les grandes forêts, surtout dans celles (pii renferment des marais, où il se plonge et reste tout le jour, pendant r('lé, pour éviter la pii|ûre des taons; dans cette attitude, il se jdait ,i brouter l'herbe qiù croît sous l'eau, en soufdiiit avec grand bruit par les narines. Quoiiiue timide connue tous les cerfs, comme eux aussi il se défend avec courage (puind la fuite ne lui est plus possible; dans ce cas il frappe avec ses bois, avec ses pieds de ilerrière , et plus dangereusement avec ceux de devant. Dans sa fuite il ne gaUqie jamais, mais il court d'un (roi aéré-
chair de cet animal est assez mauvaise, mais sa peau est précieuse en chanioiserie.
Il" SECTION. Bois sessiles plus ou moins divisés, pourvus d'andouiilers basilaires et médians, les andouillers supérieurs seuls comprimés.
Le Daim (Cervus dama. Lin. Cervus plalijceros, Ray. Le Daim, BiiiF. Le Platogni des Grecs actuels), moins grand que notre cerf; son pelage est d'un brun noirâtre eu hiver, en été il est fauve tacheté de blanc ; les fesses sont blanches en tout temps, bordées de chaque côté d'une raie noire; la queue est plus longue que celle du cerf, noire en dessus, blanche en dessous; le bois du ni.th' est rond à sa base avec un andoiiiller pointu; aplati et dentelé en dehors dans le reste de sa longueur; pas.sé un certain ftge, il ra|ielissc et se divise irrégulièrement en plusieurs lanières. Ou trouve des daims noirs sans taches, et d'autres entièrement bl.iurs. Ces animaux vivent en petites hardes dans presque toute ILiiioiie, et leur chair est assez estimée. Ils ont les mêmes ha-
LES RUMINANTS
bitiides que notre cerf, mais ils se plaisent moins dans les grandes forêts et pre'fèrent les bois coupés de champs cultive's.
III' SECTION. Bois comme dans le précédent, mais andouillers aplatis.
Le Renne {Cervus tarandus, Lin. — Desm. Cervus rangifer, Briss. Cervus coronatus, Desm. Le Caribou de Briss. Le lieen des Lapons. Le ToHctou des E.squimaux. Le Tueia des Orocnlandais. VEllhin et VAttecs des Indiens du nord) est de la grandeur d'un cerf, mais à jambes plus courtes et plus grosses; les deux sexes ont des bois divisf's en plusieurs branches, d'abord grêles et pointues, et qui finissent avec l'âge par se terminer en palmes e'iargies et dentelées; son poil, brun en été, devient pres(|ue blanc en hiver. Il habite les contrées glaciales des deux continents.
Le renne est le cadeau le plus précieux que la nature ait fait à ces contrées du nord perdues la moitié de l'année sous de tristes frimas. Il sert à la fois de bêle de trait et de somme. Les Lapons, qui en ont de nombreux troupeaux, l'attellent à de légers traîneaux sur lesquels ils voyagent avec une extrême ra))idité, et à de très-grandes distances. La femelle donne par jour à peu près un litre de lait excellent, remplaçant pour tous les usages celui de vache ; la chair de cet animal est fort bonne et se conserve fort bien au sel; avec la peau on fait des vêtements, des harnais, des sacs , des voiles de canot, etc.; avec les tendons on fait des cordes et du fd , des outres avec la vessie , des ustensiles divers avec ses cornes et ses os ; enfin il n'est pas une de ses parties qui ne soit utile. Aussi la richesse d'un Lapon se calcule-l-elle sur le nombre de rennes qu'il possède. 11 les envoie paître l'été sur les montagnes; l'hiver il les ramène dans la plaine, où ils savent trouver leur nourriture en grattant et creusant la neige qui la couvre quelquefois de jdusieurs pieds. Cette nourriture consiste en lichens (Lichm rangiferinus , Lin.) et en mousse, et quand elle leur manque ils se contentent d'écorce d'arbre, de bourgeons de bouleau et de sapin, et même, faute de mieux, on les accoutume à manger des débris de baleine et des os de poisson. Cet utile animal est doux, fort docile, mais sujet, quand on le maltraite , à tomber dans des accès de fureur tpii deviennent funestes à son conducteur s'il n'a pas la précaution de renverser le traîneau sur lui cl rester caché dessous jusqu'à ce que la colère du renne soit passée.
A l'élat sauvage, il a h'S mœurs de l'élan, à de très-petites différences près. Ces mammifères vivent en hardes cxtrêuiernent nombreuses , et l'été , pour éviter la piqûre des œstres (OEstrus nasalia. Lin.), ils se retirent dans les plus sombres forêts de sapins dans les monlagiics. Ils ont une si grandie frayeur de ces insectes, (pie le lioiirdoniicment d'un seul suflit pour mcllrc le désordre dans un troupeau de deux ou trois cents individus. I^c rut a lieu en novembre et décembre, après quoi le mâle jette son bois. La femelle ne perd le sien, (|ui est plus jxtiil, (pi'après avoir mis bas , vers le milieu du mois de mai ; elle lait An\\ petits dont elle a grand soin. Ces animaux s'apprivoisent facilement ; ils sont fort doux, mais non pas trèslimides, et ils savent fort bien se défendre contre le glouton et les autres animaux carnassiers. Ceux ipii ont vécu à la ménagerie étaient fort paisibles; on les nourrissait avec du lichen et du pain. On a vainement tenté d'acdiiualer les rennes dans les hautes montagnes d'Ecosse, et à plusieurs rejjriscs on y en a lâché des troupeaux assez considérables, mais tous y sont morts en assez peu de temps.
1V'= SECTION. Bois sessiles, à andouillers , hasilaires et médians, tous coniques.
Le Cerf ordinaire [Cervus elaphus. Lin.) est le plus grand des animaux sauvages de la France. Il a la tête longue, terminée par
un mufle très-court; ses bois sont ronds, branchus, ayant une empaumure terminale formée de deux à cinq dagues ; sa queue est moyenne; son pelage d'été est d'un brun fauve, celui d'hiver d'un gris brun; il a une grande taclie d'un fauve jude sur les fesses et la (paeue. Le mâle a des canines qui manciuent à la femelle, et celle-ci est aussi dépourvue de bois. Un doit regarder comme de simples variétés: le cerf blanc, qui n'est qu'un albinos; le cerf de Corse (Cervus corsicanus , Gml.), qui est plus petit et plus trapu ; le cerf des Ardennes (Cervus gernianicus , Briss.), plus grand et à pelage plus foncé.
Le cerf entre en rut au mois de septembre, et pendant les quinze jours que dure cet état, il est furieux, oublie sa timidité naturelle, se jette quelquefois sur les hommes, et crie ou brame de manière à faire retentir les forêts. A cette époque seulement les mâles se réunissent eu hardes avec les femelles , et ils restent en troupes nombreuses pour passer l'hiver ensemble; mais tant que dure le rut ils se livrent entre eux des combats à outrance , et forcent les jeunes mâles à se tenir à l'écart. Au printemps ils se séparent. Labiche porte huit mois et (juelques jours, et ne met ordinairement bas (pi'un petit qu'elle soigne avec tendresse et qu'elle garde auprès d'elle quelquefois pendant deux ans. La chasse au cerf, à cause des énormes frais qu'elle entraine en chevaux, chiens, piqueurs, équipages, a été de tout temps un plaisir de prince , ou au moins de personnages fort riches. Elle a ses lois, ses règles et son langage particulier. Son vocabulaire, aussi stupide que barbare, aussi inii>ropre dans ses acceptions qu'ignoble dans son ensemble, porte le cachet des valets de chiens et des palefreniers qui l'ont inventé; et néanmoins, on l'entend quelquefois parler dans les salons de Paris. Quoique fort timide et peu intelligent, le cerf ruse devant les chiens, et emploie quelquefois des moyens surprenants pour leur échapper. Entre plusieurs exemples je n'en citerai qu'un, dont j'ai été témoin sous l'Empire. Un vieux cerf, habitant un canton des bois de M/eudon, vingt fois fut mis sur pied par la meute impériale. Il se faisait battre dans la forêt pendant un quart d'heure, puis tout à coup il disj)araissait , et ni hommes ni chiens n'en avaient plus de nouvelles , ce qui mettait les [il(|ueurs au désespoir régulièrement tous les quinze jours. Enfin , un paysan (pie h; hasard avait rendu plusieurs fois témoin de la ruse de l'animal le trahit, et le pauvre cerf fut pris. Voici comment il agissait : après avoir fait deux ou trois tours dans le bois pour gagner du temps, il filait droit vers la route de Fontainebleau, se jtlaçait eu avant d'une diligence ou d'une voiture de poste, trottait devant les chevaux qui efl'açaicnl sa piste, et sans se presser davantage, sans s'effrayer des voyageurs à cheval, à pied ou en voiture, qu'il rencontrait, il faisait ses six lieues et arrivait gaillardement dans la forêt de Fontainebleau, d'où il ne revenait (pie le lendemain, (piand le danger était passé.
Le Wapiti (Cervus wapiti, Mitch. Cervus major, Di-.sm. Le IVa piti de Warden. L'Elk des Américains) est d'un quart plus grand que notre cerf, et a la queue très-courte; son i)elage est d'un fauve brunâtre; ses fesses et sa (picue sont d'un jaune très-clair; ses bois sont rameux, tiès-grauds et sans em|>ainnuie ; le mufic est très-large, et le mâle seul a des canines; ses |ioils sont fort longs sous le cou et la tête ; l'intérieur de l'oreille est blanc , et les larmiers sont très-grands. Cet animal habite le nord de l'Amérique; il n'a (ju'unc femelle qu'il ne (piilte jamais, et vit en famille, mais non en troupe. Son caractère est fort doux, et il s'apprivoise facilement, jus(|u'à une deiui-doiiieslicité; aussi les Indiens s'en servent-ils pour l'atteler à leurs Iraiiicaux. Un individu a vécu à la ménagerie, et l'on a vainement tenté de lui faire couvrir des biches.
Le Cerf nu Canada {Cervus canadensis, (iMi.. — Desm. Le Bedticec de Warden) n'est certainement (pi'une vari(flé du précédent. Son pelage est d'un fauve obscur, sans taches jaunâtres .sur les fesses ; sa queue est assez longue ; ses bois sont branchus , sans
PLÉNICORNES.
empauraure terminale, et ont six andouiileis isoles, recourbés à leur exU'i'mité. Cet animal habite l'ouest et le sud des États-Unis et se trouve aussi dans les montagnes Rocheuses , où Clark el Lewis disent en avoir vu dont la (jucue avait dix-sept pouces de longueur. C'est un animal slupide, dont le cri approche du braiment de l'àne.
Le Cerf a grandes oreilles {Cervus macrolis , Say) est d'un brun pâle et rougeiitre sur le corps; les (lancs sont d un cendre brunâtre; il a le dos i)arsemé de poils à pointe noirâtre, lui formant une pointe distincte sur le cou ; ses oreilles sont longues de sept pouces et demi (0,203) ; sa queue , longue de quatre pouces (0,108), est d'un cendré roussâlre, terminée et dépassée par des poils noirs aussi longs qu'elle. 11 habite dans le nord des États-Unis.
Le Cerf de Wallicii {Cervus WalUchii , Fr. Cev.) est d'un gris brun jaunâtre , plus pâle sur les joues, le museau, autour des yeux et au ventre ; il a à la croupe une grande tache blanche ainsi que la queue, qui est très-courte; ses bols s' écartent de cùlé et se renversent en arrière, après les premiers andouillers, pour remonter verticalement ; sur chaque bois naissent deux andouillers qui se dirigent en avant : l'un descend sur le chanfiein , et l'autre se relève un peu ; un troisième naît du merrain et se dirige en dehors. Celte belle es|)èce habite le Népaul.
V° SECTION. Bois sessUes, ramifiés avec un seul ayidouiller basilaire, sans médians , et le supérieur ordinairement simple. Pelage lâcheté.
^/L'Axis (Cervus axis, Lin. Le Cerf du Gange, Buff.) a les formes générales du daim ; son pelage est d'un fauve assez vif et moucheté de blanc, avec une ligne presque noire le long du dos; le dessous du corps est d'un blanc pur : le mâle man(|ue de canines supérieures; ses bois ont deux andoudlers et une seule pointe terminale. La femelle a une ligne longitudinale blanche sur les flancs. Ce charmant animal est originaire de l'indostan , et a été introduit en Angleterre au commencement du dix-septième siècle. Son cri ressemble un peu à l'aboiement d'un chien, et peut s'écrire ainsi houi , houi , houi. L'axis est fort doux, fort timide, mais nullement farouche. 11 s'est très-bien acclimaté en France, et ceux de la ménagerie produisent chaque année. Il n'a pas de temps marqué pour le rut, et le mâle ne maltraite pas ses biches. Le Cerf-Cociion [Cervus porcinus , Lin. Le Cerf-Cochon, Ruff.) a le corps plus trapu et les jambes plus courtes que le précédent ; il est fauve , tacheté de blanc en dessus, avec une ligne un peu brune sur le dos; d'un gris fauve en dessous; ses fesses sont blanchâtres; sa (juoue est fauve eu dessus, blanchâtre en dessous; ses yeux et sou museau sont noirs; ses bois sont grêles, n'ayant que trois petits andouillers. Il habile llnde, oii il vil en grandes troupes. 11 est timide, mais néanmoins il s'aiiprivoise facilement et devient très-familier. Il est à demi domestique au Bengale, où on l'engrai-sse pour le manger, comme le iirécédcnl.
VI" SECTION. Bois comme les précédents , mais pelage sans larlirs.
■,y Le Roussa-Itan {Cervus hippelaphus , G. Cuv. Non V Hippeluphc d'Aristote. Le Mejangan-banjoé ou Cerf d'eau des Javanais. Le Rusa ou lîoussa-itan de Sumatra. Le Barendng-ha du Bengale) est de la taille de notre cerf; son poil est plus dur cl plus rude, plus long et |)lus hérissé en sorte de barbe sur le cou, les joues et la gorge. Sou pelage d'hiver est d'un gris brun plus ou moins foncé : celui d'été est d'un brun plus clair et plus doré. Sa croupe est d'un fauve pâle ; sa (|ueue brune, terminée par des poils assez longs et noirs. Il habile les deux presqu'îles de l'Inde et son archipel. Plusieurs ont v('cu à la ménagerie. Le Cervus malaccensis, de Fr. Cuvier, est très-voisin de cette espèce.
Le Cerf des Mariannes (Cervus mariannus, G. Cuv.) ne dépasse
pas la taille d'un chevreuil ; il est entièrement d'un gris brun ; sa queue est courte; il a, comme les précédents, un mufle et des larmiers ; son bois a deux andouillers à une seule pointe terminale, dirig('s l'un en avant et l'autre en dedans. Il nuuKpie d'incisives. On le croit originaire; des Philippines, d'où il aurait été apporté aux Mariannes par les Ésiiagnols Dans tous les cas, il s'y est prodigieusement multiplié. La femelle met bas en mars, et son faon ne porte aucune livrée. Il nage avec une prodigieuse vitesse , et lorsqu'il est trop pressé par les chiens il se jette à la mer el leur échappe au milieu des brisants qui déferlent avec le plus de fureur.
; Le Cerf de Leschenault (Cervus Leschenaultii , G. Cuv.) n'est
connu que par son bois envoyé de la côte de Coromandel par Leschenault. Ce bois est aussi grand que celui du cerf d'Aristote, mais il est moins grand, quoique aussi tuberculeux, que celui du cerf d'Europe; il donne de sa base un audouiller médiocre, et sa pointe se partage en deux corps pres(iue égaux , faisant chacun le quart de la longueur lolale.
Le Cal-Orinn ou le Cerf d'Aristote {Cervus Aristotelis, G. Cuv. l.'llippelaphe d'Aristote, selon G. Cuv. L'Iilk venator des Anglais de l'Inde. Le Saoumer des habitants d(' Ramguhr) ressemble beaucoup au roussa-ltan, mais 11 est plus grand et ses larmiers sont aussi plus grands et plus profonds; le bois a de l'analogie avec celui du mariannus ; l'andoulUer de la base s'élève à plus de moitié de la hauteur du merrain , tandis que l'andouiller supérieur, très-petit, est tout près de la pointe à laciuelle il est postérieur; son pelage est le même, à cette dilLcrence que la queue est brune au lieu d'être noire. Il est commun dans le Népaul , et vers rindus.
Le Cerf noir {Cervus niger , Blainv. — Desm.) a la taille et les formes générales de notre cerf; son pelage est d'un brun presque noir en dessus, plus clair en dessous, tandis que les parties su|iérieures du dedans des membres sont blanches. Les bols n'ont qu'un andouiller conUpie à la base d'un merrain allongé. Il habite l'Inde, el n'est peut-être qu'une variété du roussa-itan. ^ Le Cerf de Duvaucel (Cervus Duvaucellii , G. Cuv.) a été établi par G. Cuvier sur un bois envoyé de l'Inde par Duvaucel. Le merrain est dirigé d'abord un peu en arrière et de crtté, et recourbé en avant par sa partie supi'ricuro, de sorte (|u'il est concave en avant; un seul andouiller sort de la base, dirigé en avant; des deux ou trois andouillers terminant le merrain, l'inférieur, (pii est ordinairement le plus grand, se bifur(|ue ou Irlfun|ue, suivant lâge, en sorte (pion peut compter tle cinq à sept cors à chaque perche, les (piatre ou six cors su|iérleurs formant une sorte d'empaumure. Qu(d<iuefols il y a un petit tubercule dans l'aisselle du maître andouiller.
Le Cekf de Péuon Cervus Pervnii, G. Cuv.) a été établi sur une tête envoyée de Timor ])ar Pérou. 11 a des canines; la têle a une saillie assez maripice entre les bols, mais l'oint de convexité à la base du nez; l'angle postérieur de l'orbite est relevé d'une manière particulière ; l'andouiller postérieur est presque égal à la polnlc du merrain, ipil est d'un l»fun pâle. . Le Ci;uF-CiiEVAi. {Cervus equinus, G. Ci;v. Le liusa-ilam des Malais. Le Méjangan-banjor de Java. Le Jambor-stag des colons anglais) est prescpie aussi grand ((u'un cheval; sou museau est noir, son menton blanc ; son pelage est d'un brun grisâtre, plus obscur sur le ventre, tirant sur le ferrugineux aux parties postérieures et à la queue ; rintéricur des meiubres est blanchâtre ; les deux sexes ont des canines; l'aiuloulllcr supérieur est plus petit el dirigé en arrière. Il habile Sumatra.
VIl'^sicTioN. Bois sessiles, ramifiés, avec un andouiller médian, sans andouiller basilaire. Une ligne blanche, bordée de noir, coupant obliquement le museau chez la plupart.
Le Chevreuil {Cervus capreolus. Lin. Le Chevreuil d'Europe, G, Cuv. Le Zarchodia des Grecs modernes. Le Dorcas des anciens.
LES RUMINANTS
Le Caprea de Pline J est plus petit que le daim, dont il a à peu près les formes générales ; il est fauve ou d'un gris brun, avec les fesses blanches et la queue très-courte ; il n'a ni canines ni larmiers; ses bois sont rugueux, rameux , assez petits, à deux andouillers, dont l'un dirige' en avant, l'autre en arrière.
Les chevreuils vivent par couples dans les forêts eleve'es de l'Europe tempérée, et ils ne sont pas rares en France. Ils entrent en rut en novembre ; la chevrette porte cinq mois et demi, et met bas en août deux faons qui restent en tout huit ou neuf mois avec leurs parents. Pendant cet espace de temps le père et la mère les soignent avec tendresse, et s'ils sont rencontrés par des chiens, le mâle se présente, attire leur attention , puis fuit avec rapidité
bois sont médiocres, très-rugueux, à deux andouillers, dont le postérieur forme une fourche avec la pointe du merrain. Il habite la Tartarie, et n'est pas rare dans les montagnes élevées, au delà du Volga.
Le Cerf di; Viiigime (Cervus virginianus, C.ml. — Desm. Le Daim des Anglo-Américains. Le Cerf de la Louisiane ou de Virginie, G. Cuv. La femelle est le Cariacou de Daub.).
11 a la tète fine, le museau pointu, et la taille moins grande mais plus svelte que notre cerf. Son pelage est d'un fauve clair en été, d'un gris roussâtre en hiver; le dessous du corps est d'un blanc pur ; le bout de son museau est d'un brun foncé; son bois est médiocre, très-recourbé en avant, et à trois ou quatre
La biche de Virginie.
en entraînant la meute après lui, tandis que la mère emmène les enfants d'un autre côté; mais ni l'un ni l'aiilre n'ont le courage de les défendre. Si le courage manque à la chevrette, l'amour maternel sait quelquefois y supiihier, et voici un fait dont j'ai été témoin oculaire dans la forêt de Fontainebleau, et (pii le prouvera. Je vis une chevrette , surprise par un loup , saisir son faon par la peau du dos avec sa bouche , l'enlever de terre et fuir en remportant avec une rapidité qui dérouta bientôt son ennemi. Cette action me parut d'autant plus extraordinaire que le chevreuil n'a pas la bouche faite de manière à pouvoir saisir et porter un objet d'une certaine grosseur, et le faon était au moins de la grandeur d'un lièvre. Le père et lainière ne se quittent jamais et passent toute leur vie ensemble , à moins que la mort ne les sépare; ils ne s'enfoncent guère dans la profondeur des forêts, et ils ]iréfèrent habiter les jtointes de bois taillis environnées de champs cultivés sur les collines et le revers des montagnes. Quoique indigènes dans nos pays , ils craignent cei)endant l'intensité du froid, et tous ceux de la Bourgogne périrent |)endanl les grands liivers de 1709 et 1780. Lors([u'on sur|)rend ces animaux, le m.Me en partant fait entendre un cri assez nigu, auiiuel je trouve de l'analogie avec la voix d'un chien. Leurs mœurs sont douces et timides, et, réduits en esclavage, ils se familiarisent assez aisément; mais je ne crois pas qu'ils s'y multiplient. Le bois du m.lle tombe en automne et se refait en hiver.
L'Ariu [Cervus pygargm, Vku.. —Desm. Le Chevreuil de Tartarie, G. Cuv.) n'est certainement ((u'une variété du i)récédcnt. Il approche de la taille du daim , et sa queue consiste en un simple tubercule : son pelage est long et serré, d'un gris brun ; les fesses sont blanciu., et le ventre jaunâtre; il manque de canines; ses
andouillers; il a des lai-niiers , mais point île canines. Il habile l'Américpie septentrionale, jusqu'à la Guyane.
Le GoiiAzou-Ti [Cervus campcsiris, Fn. Cuv. Cervux leucogaster, ScHEB.) est plus petit que notre cerf; son pelage est ras ou serré, d'un bai rougeâlre en dessus, d'un beau blanc en dessous et sur les fesses; les poils du ventre sont plus longs ipie ceux du dos; sa queue est moyenne; ses bois sont médiocres, assez minces, rugueux; les merrains sont à ])eu près droits, à andouillers antérieurs liorizontaux , puis courbes et verticaux, avec deux andouillers postérieurs obli(iues. Il habite les pampas du Paraguay, et on le trouve dans les grandes plaines jusque dans la Patagonie. C'est le plus agile de tous les cerfs, et il exhale, dit-on, une odeur infecte.
PLENICORJNES.
Le GouAzou-Poucou (Cervus palustris , Fr. Cuv. Cervus paludosus, Desm. Le Quanllamazame de Hernandès) n'est pas aussi grand (jiie notre cerf; il a le museau noir, très-gros, formant un mufle comparable à celui d'un bœuf; son ])elage est d'un rouge bai eu dessus et sur les flancs; le dessous de la tête, la [poitrine, et un cercle autour des paupières, sont blancs; les paupières sont noires, ainsi qu'une tache veloute'e qui occupe la lèvre inférieure; il a deux taches triangulaires de la même couleur, l'une sur le chanfrein, l'autre à la hautem- des yeux; ses bois sont assez grands, termines par une fourche ayant (pielquefois ciu(| dagues.
canines. Il habite l'Amcricpie méridionale, et il est commun dans lesllanos de l'Apure, où le voyageur Ilumboldt en a vu beaucoup de tout blancs.
VIll" SECTION. Bois xessilcs simples et en furme de dague.
Le GouAnou-BiKA [Cervus ncmorivagus, Fii. Cuv. — Desm. Le Cariacou des habitants de Cayenne. Le Tememazame d'HEiiNAND?) a vingt-six pouces (0,70i) de hauteur sur le garrot, et trente et un (0,S.")()) à la cr(iU|)e; son pelage est d'un brun grisfttrc en dessus
Il habile les bords marécageux des grandes rivières et de la mer dans le Paraguay et de «luehiucs autres [larlies de l'Auiériipie australe.
Le Cekf du Mexique (Cervus mexicaiius , Pen.n. — Desm. Le Chevreuil d'Amérique, lÎLiF. Le Chevreuil du Mexique, Daubk.nt.) ne
serait, selon l'opinion de G. Cuvier, ([u'une varii'ti' d';'lge du cerf de Virginie très-vieux. D'une autre part, Fr. Cuvier le regarde comme une varie'te' du pre'ce'dent. Ses bois sont médiocrement longs, gros et très-rugueux, c'cartès, ayant plusieurs andouillers, dont l'antérieur est fort, conique et non arque; il manque de
o9, l'ariH. TyiiLyrapliii' l'Ion fi
et d'un liiuii Iciul de lauve eu dessous; les fesses et le dessus de la (pieue sont fauves; ses larmiers sont très-petits, et l(^ mAle n'a pas de caiiiues. Cette es|pèce passe tout 1 èlè dans les bois pour e'viter la piijùre des taons, et ne vient dans la plaine que dans les mois de septembre et d'octobre , pour y passer l'hiver. Ainsi que
tous les gouazous, elle est très-douce, s'apprivoise fort bien, et se fainiliari.sc même an point d'en devenir importune; mais elle ne s'attache jamais à personne. Elle vit solitaire dans le Paraguay et ;'i la Guyane.
Le GoiA/.ou-PiTA (Cervus rufus, Fk. Ctv. .Voschus deliralulus,
IC8 , ruo (lo V'îiiiiiirard , 30, *-^
LES RUMINANTS
SciiAW. Le Coasfiou cl lii ISiche rousse d'AzzAiu) a la t('te Ircs-eriile'e et les ilagiies longues au plus de trois pouces (0,081); son pelage est ruile et sec, d'un roux vif doré; le dessus de la léte et des jarrets d'un brun obscur tirant sur le roux, avec une jarretière noire aux genoux; le dessous du corps est blanc , et le mâle a des canines. Cette espèce vit en petites troupes ordinairement compose'es d'un mâle et de neuf à dix femelles. Ces animaux ont les liabiUules nocturnes, et ne sortent des bois qu'à la nuit pour aller i)ailre dans les cbamps cultivés. Us habitent l'Amérique méridionale.
IX'^ SECTio.N. Bois portés sur un long pédicule osseux, dépendant
des os du front.
J Le Munt-Jak (Cerims munijak, Gml. — Desm. Cervus vayinalis,
BooD. Cervus muntjar , Blainv. — G. Cuv. Le Chevreuil des Indes,
Bl'ff. — G. Cuv. Le Kijand de Sumatra) est remarquable par la
longueur de ses caiiines, qui manquent à la femelle; sa tête est pointue; ses yeux grands, ayant des larmiers; ses oreilles sont assez larges, et sa queue est courte et aplatie; son pelage est ras et luisant, d'un marron roux, brillant en dessus; le devant des cuisses et le ventre sont d'un blanc jiur. Il habile l'Inde et Sumatra; ses mœurs sont très-douces, et il vit en famille. .' Le Cerf musqué [Cervus moschatus, Blainv. Cervus moschus, Desm.) est une espère distincte, dont le bois est très-court. Ce bois a quatre ou einij pouces de hauteur, est triangulaire à sa base, sans andouillers et sans meule.
Le Cerf a petits rois [Cervus :<ubcornutus, Bi.ainv. — Desm.), établi par Blainville sui' un crâne seulement, paraîtrait difrérer du munijak par l'absence des canines. Le bois est très-petit, à meule assez bien formée; les pédicules sont médiocrement allongés; il y a à la base un petit andouiller dont la pointe est brusquement recourbée en arrière. Sa patrie est inconnue.
LES CAMELOPARDINEES
ont les coines persistantes, poilues et communes aux deux sexes.
5« Genre. Les i'.WWFES [CameloparJalis , Lin. Giraffa, Br.iss.) ont trente-deux dents, savoir : point d'incisives en haut el huit en bas; point de canines; douze molaires supérieures et douze inférieures. L'extrémité des cornes est plane, avec une couronne de longs poils; les oreilles sont longues, pointues; la ((uene courte, terminée par un flocon de grands poils; elles ont quatre mamelles inguinales. Leur cou est extrêmement comprimé latéralement.
La GiiiAFE d'Afrique [Camelopardalis giraffa, Gml. Giraffa camelopardalis, Less. Le Camelopardalis on Chameau-Léopard de Pline) est le plus grand ou plutôt le plus long et le plus élevé de tous les animaux, car sa tête atteint aisément à dix huit ou vingt piedS (,"),817 à H, 407) de hauteur. Elle est remarquable par la longueur disproportionnée de son cou large et très-])lat, n'ayant pas moins de cinq pieds (l,G2i) de longueur; par la hauteur disproportionnée de son garrot de dix-huit pouces au moins (0,187,1 plus élevé que sa croupe, ce ([ui fait ])araltre son corps dans une position obli(|ue tout à fait extraordinaire et presque parallèle à son cou; sa tête porte deux cornes comtes, un peu anpiées, recouvertes d'une peau velue, et ces sortes de cornes, ('galemeni ]>ortées par le mâle et par la femelle, ne londient jamais. Elle a sur le chanfrein un tubercule osseux, à partir duquel le museau s'élargit et se dé()rinie au ])oint d'être cotisidi'rablement plus large (pi'épais. Ses jaiubes sont fort longues, et celles de devant le sont un peu ]dus que celles de derrière; tout son corps est un peu aplati sur les cotés, surtout vers la i>oitrine , comme s'il avait été mis en presse ; sa queue, assez longue, se termine en queue de vache ; enlin le fond de son pelage est d'un blanc grisâtre ou roiissâtre, plus ou moins irrégulièrement taeliii de fauve foncé ou de brun ; une ])etite crinière grise et fauve règne dejuiis les oreilles jusqu'à la (|uene. Il résulte de cette singulière organisation (pie la girafe est obligée de marcher l'amble , c'est-à-dire de porter à la fois en avant les deux pieds du même côté, ce qui ne contribue pas à donner de la grâce à ses mouvements; quand elle trotte, c'est encore pire. « Cet animal vient-il à trotter, dit j>evaillaiit, on croirait (|u'il boite, en voyant sa tête perchée à rexlréniilé il un long cou (pii ne jdie jamais, se balancer de l'avant en arrière el jouer d'une seule pièce entre les deux ('paules (pii lui servent de charnières. » Quoique la girafe fut connue des anciens et qu'on en vît paraître dans les cir(]ues de Borne dès la dictature de J. César, ses mœurs sont restées ju-esipie inconnues jusiju'à c(' jour, et l'on no peut guère les (h'duire que de ses formes, des habitudes Irèsdouccs des individus en captivité, et de quelques informations prises chez les Hottentots. La girafe se trouve dans toute l'Afri-
que australe, et en Abyssinie; elle vit en petites troupes de six à se|)t , peut-être en famille. Pour boire elle est obligée de s'agenouiller ou d'entrer dans l'eau, et pour atteindre la terre avec sa bouche , d'écarter beaucoup les jambes de devant afin de baisser son corps. Il en résulte qu'elle se nourrit principalement de feuilles d'arbres et de bourgeons, surtout de ceux d'une espèce de mimosa, qu'elle peut cueillir à une grande hauteur et avec beaiiroup de facilité, grâce à sa lèvre supérieure très-mobile et à sa langue fort longue, grêle, noire, pointue, qu'elle a la faculté de faire saillir de sa bouche de plus d'un pied (0,523) et d'enrouler autour des rameaux feuilles. Ses yeux sont grands, noirs, très-doux, et son caractère ne contredit pas son regard, car en esclavage elle est docile jusqu'à la timidité, et un enfant peut la conduire partout au moyen d'un simple ruban. Confinée dans les forêts où elle entend chaque jour les rugissements du lion et de la panthère , elle n'a aucune arme à opjjoser à ces terribles ennemis que la fuite; mais elle est d'une grande agilité, et le meilleur cheval de course est incapable de l'atteindre; aussi échappe-t-elle assez aisément à ces animaux (jui bondissent pour saisir leur i)roic , mais ne la poursuivent jamais. Cependant elle ne manque ])as absolument de courage, et si on s'en rapporte aux voyageurs, quand la fuite lui devient impossible, elle se défend en lançant à ses ennemis des ruades qui se succèdent en si grand noudire et avec tant de rapidité ((u'elle triomphe même des ed'orts du lion. La femelle , au dire des Uottcnlots, [lorte un an et ne fait (pi'un petit.
Tout Paris connaît la girafe ([ue le pacha d'Egypte, lléhémet- Ali, a envoyée au roi de France, et qui vit depuis une quinzaine d'années à la ménagerie; lorsqu'elle est arrivée, accompagnée de deux vaches qui étaient ses nourrices, et ])our lesi|uelles elle a montré benncoup d'altachement tant qu'elles ont vécu, elle avait onze pieds (5,57.5) de hauteur, et aujourd'hui elle en a environ dix-huit (5,^47). C'est à M. Levaillant, mort il y a quelques années dans un état bien près de la misère, après avoir sacrilié sa fortune à de longs el périlleux voyages en Afri(]ue, que l'on doit la première girafe empaillée (piait possédée le Cabinet d'histoire nalurelle. Les |ireniières girafes (pie l'on ait vues en Europe furent oflertes par h^ prince de Damas à renqx'reur Frédéric II, et décrites par Albert le Grand sous leurs noms arabes A'j\nahulla et de Seraph, dernier nom dont nous avons fait girafe. Les Ilollentols estiment beaucoup la chair de ces animaux , et avec leur jieau ils font , entre autres ustensiles, des vases et des outres pour conserver l'eau. Ils l'attendent au jiassage, lui lancent des (lèches empoisonnées, et la suivent à la piste pour s'en emparer lorsqu'elle meurt de sa bles.sure.
ANTILOPES
LES ANTILOPES
manquent de canines et ont des larmiers; leurs cornes sont composées d'un noyau conipli'tenicnt solide , el d'un ('lui creux et élastique, dans les deux sexes. Ces animaux ont trente -deux dents, savoir : point d'incisives en haut et huit en bas; douze molaires supérieures et douze inférieures. Leur taille est légère; leur nez est tantôt termine' par un mufle, tantôt entièrement couvert de poils; la plupart ont des larmiers, et tous man(juent de barbe; leurs oreilles sont grandes, pointues. Comme ces animaux sont très-nombreux en espèces et d'une détermination fort diflioile, nous suivrons ici la classification de M. de Blainville, en établissant les sous -genres en genres, mais sans attacher la moindre importance à ce changement.
C Cr.NRE. Les ANTILOPES {Antilopf., Lin.) ont des cornes à doubles ou à trijdes courbures, annele'es, un jieu en spirale, sans arête; elles man(pient ordinairement de larmiers, et leur museau ne se termine pas en mude : elles ont souvent des brosses de poils sur les poignets, et des pores inguiiléiiix; la femelle n'a que deux mamelles, et manque de cornes.
L'Antu.ope des Indes (Antilope cervicapra , Pall. — Desm. ]j' Antilope, Brrr. ) a le corps svelte comme la gazelle; son pelage est d'un brun fauve en dessus et blanc en dessous, plus y!\\e chez la femelle. Ses cornes sont noires, assez longues, à triple courbure, tordues en spirale, annelées dans une grande étendue. La femelle porte neuf mois et ne fait qu'un petit. Cet animal habite l'Inde; avec ses cornes, pose'es base contre base, les Indiens se fotit One arme offensive à deux pointes op[iosees et fort dangereilSP.
Le S.\ïr;,\ [Antilope saïga, Pai.i.. Capra iatarica, Li.n. Le Saïga, BuFF. Le Cnlus de Stracon) est de la grandeur d'un daiili; son pelage est lisse, d'un gris jaunâtre en éU?, blanc en dessotis, et devient long et d'un gris blanchâtre en hiver; les cornes, de la longueur de la tête, sont trans|)arentes , jaunes, dispose'es en lyre, et annele'es jusqu'à leur extrémité'; son museau cartilagineux, gros, bombe, à narines très-ouvertes, le force, dit 0 Cuvier, de paître en re'trogradant. Cet animal habite la Hongrie et le midi de la Pologne et de la Russie.
Le saïga vit en grandes troupes et se plait particulièrement dans les lieux découverts, arides, sablonneux, à jinixiiuilé du bord des eaux. Pour boire, il plonge entièrement sou nez dans l'eau, et en aspire une bonne partie avec le nez. Sans avoir la pupille tout à fait nocturne, la lumière du soleil incommode beaucoup ces animaux, et vers le milieu ilu jour ils voient si mal, (|ue les cliasseurs les approcheraient aisément, si l'extrême finesse de leur ouïe et de leur odorat ne les avertissait. Ils éventent l'ennemi de plus d'une lieue, et ]>our nt; pas être surpris pendant (pi'ils mangent ou qu'ils dorment, ils ont toujours le soin de placer des sentinelles avancées qu'ils relèvent chacun à leur tour. Le rut a lieu au mois de novembre, et les mAles , qui alors exhalent nue forte odeur de musc, se livrent de rudes combats pour se disputer la propriété des femelles. Celle.s-ci mettent bas au mois de mai, un ou, très-rarement, deux petits, qui croissent très-vite, et qui deviennent souvent la proie des renards et des loups, malgré les vieux miles ([ui, à la tête du troupeau, les défendent avec beaucoup j)lus de courage (pie de force. Les saïgas sont agiles, mais d'un tem|)éramenl si délicat, (pie la moindre blessure les tue. Leur troupe se compose (pu'hpicfois de jiliis de dix mille, surtout ([uand ils voyagent en automne, pour chercher un climat plus doux, des sources d'eau salée, et des plaines oii croissent des arroches, des armoises, et autres plantes acres «ît sab'cs qu'ils aiment beaucoup. Leur chair est mangeable, quoique exhalant une odeur assez dc'sagréabie, surtout lorsqu'elle vient d'être cuite et qu'elle est encore chaude.
Le Ciuiuj {Antilope chiru, Less.) a de longueur totale cin([ pieds quatre pouces (1 ,752) ; son pelage est d'un bleu grisAtre , passant au fauve roux sur le dos , très-fourni, long d'un pouce ; le ventre est blanc, et les jambes sont noires; son cou est trèslong, et ses cornes trcs-rapprochi'es. Il habite le Népaul, et les voyageurs anglais ont cru retrouver dans cet animal ranti(iue et fabuleuse licorne.
Le Dseuen [Antilope gutturosa, Pall. — Desm. Le Hoang-yang ou Chèvre jaune des Chinois) approche de la taille du daim ; il est d'un gris fauve en dessus et blanc en dessous, en été ; d'un grisâtre prescpie blanc en hiver; la femelle est plus petite que le mâle, et, par une singulière anomalie, elle n'a que deux mamelles, tandis que celui-ci en a quatre. Ses cornes sont noires, courtes, annelées dans toute leur étendue, disposi'es en lyre. Le niMe a le larynx prodigieusement gros, et sous le ventre une poche contenant une matière fétide. Il habite les déserts de la Mongolie, et vit en troupes très-nombreuses, siu'touten automne. Il est lieu farouche, s'apjirivoise très-bien , reconnaît son maître et le suit. Des troupes entières se mêlent quehpiefois aux troupeaux domesti(pies. Ces animaux habitent les ])laines, et jamais les forêts; ils ont une si grande crainte de l'eau, que lorsqu'ils ont éti' acculés sur les bords d'une rivière, ils aiment mieux se laisser tuer (pie de la passer à la nage, et cependant ceux qui sont apprivoisés nagent fort bien. .
L'Antilope ziîbre [Antilope zehra, Grav) se distingue très-bien des précédentes par ses lai-ges raies transversales et li.s.ses. Elle se ttoUve à Sierra-Leone.
7" Cenre. Les GAZELLES [Gazdla, Br.iss.) ont les cornes en lyre ou à double courbure, toujours anneh'es, sans arêtes, et la femelle en est pourvue aussi bien (|ue le m.Me; elles n'ont point de mufle, et qUelques-uncs ont des larmiers; leur (jueuc est courte ; on leur trouve des pores inguinaux , et deux mamelles.
La Gazellf, dorcas [Gazella dorcas. — Antilope dorcas, Lin. La Gazelle , Buff.) a la taille du chevreuil, mais les formes beaucoup plus légères et plus gracieuses; son pelage est d'un fauve plus ou moins foncé en dessus, blanc en dessous, avec une large bande noire en travers des flancs; elle a une ligne noire sur le nez; ses cornes sont rondes à leur base, et portent treize à ((iiatorze anneaux saillants.
Les gazelles vivent en troupes nombreuses en Barbarie , en Syrie et en Arabie, où elles semblent avoir été foriiK'es tout exprès par la nature pour fournir une pMure certaine aux lions, aux panthères, aux hyènes, aux chacals, aux loups, et même aux aigles et aux vautours. Douces, timides, tout à fait inofrenfives, elles n'ont à opposer à leurs nombreux ennemis qu'une fuite à la vérit(' assez rapide pour se dérober en un clin d'œil à leurs regards , quand elles n'ont pas été surprises ; dans ce dernier cas le désesi)oir leur donne une sorte de courage, car alors elles se pressent les unes contre les autres, forment un (crcle, et présentent de toutes parts des cornes im|)uissantes. Cette manœuvre ne sert qu'à donner à la panthère le choix de la victime sur laquelle elle bondit, et à l'instant toute la troupe épouvantée fuit à la débandade. Cet animal innocent a de si beaux yeux et un regard si doux, (pie les Arabes n'ont rien imaginé de plus galant (pie de comparer les yeux de leur maîtresse à ceux d'une gazelle. Prise jeune et élevée en domesticité, elle se prive trèsbien et se montre sensible aux caresses; mais elle paraît incapable (le s'alTeclionner à son maître, et elle ne lui olx'it (pie par la crainte (pie fait naître chez elh; le sentiment de sa faiblesse. Elle ne cherche pas à recon(pi('rir sa liberté par la fuite, mais elle regrette son désert, languit, et refuse de multiplier son
ES RUMINANTS
espèce; si elle n'a pas le courage fie secouer ses chaînes, elle a (lu moins relui de refuser à son maître une postérité' d'esclaves. On chasse les gazelles avec les chiens, l'once et le faucon, à cause de leur chair, qui est assez bonne, et comparable à celle du chevreuil. Ce sont des animaux d'une extrême propreté', et dont on n'entend presque jamais la voix; du reste, elles ont cela de commun avec tous les animaux de la famille des antilopes.
Le Kevei, {Gazella kerella. — AnlUope knella, Pai.i.. Antilope dorcas, Desm ) n'est probablement, comme le pensent quelques naturalistes, qu'une varie'te' de la pre'ce'dente; il n'en diffère que par ses cornes plus longues, comprimées à leur base, ayant de quinze à vingt anneaux: par ses yeux plus grands. 11 a la queue noire. Il habite le Sénégal.
La CoiuNXE {Gazelta corinna. — Antilope corinna, Pai.l. Antilope dorcaf, Desm.}, qui n'est encore qu'une variété de la gazelle dorcas, en diffère par son poil plus long, ses cornes plus menues, moins contournées, et à anneaux ]dus pelils; ses yeux
sa tète est presque blanche, avec une ligne noire de l'œil au coin de la bouche ; les cornes sont assez longues, annelées, en lyre. Il habite , en troupe , les environs du cap de Ronne-Espérance , et ne fait que voyager d'une localité à une autre.
La G.izEi.LE pol'upre {Gazella pygarga. — Antilope pygarga, Pall. — Drs.M.) est de la grandeur d'un rerf ; son pelage est d'un bai brun très-vif, et d'un rotige sanguin sur le cou et sur la tète; le chanfrein porte une large bande blanche; et elle a une raie brune sur chaque flanc; les fesses et le dessous du corps sont blancs; elle manque de brosses et de larmiers; les cornes sont rondes, noires, en lyre, à onze ou douze anneaux très-saillants. Elle liahile le cap de Bonne-Espérance.
La Gazelle nez-taciié {Gazella nasomaetilata. — Antilope nasomaculatii, Blainv. — Desm.) est de la grandeur d'une chèvre ; elle est brune en dessus, blanche en dessous; son front est d'un roux vif, et une bande blanche traverse son chanfrein ; ses cornes sont noires, assez longues, annelées, courbées en avant et en
sont entourés d'une bande blanchMn; qui descend ju.sipi'aMx narines; sa tète est fauve et d'un gris clair sur l'occiput. Elle est du Sénégal.
Le Tsr.iiEYiiAN {Gazella subgutturosa. — Antilope suhguttunisa, GuLD. — Desm. VAhu, de KmcMPT. L'Antilope de Pêne des naturalistes) ne serait encore (pi'une variété de la gazelle dorcas, selon G, Cuvier. Elle est cependant un peu |ilus grande; son pelage est d'un brun cendré en dessus, blanc en dessous, avec une bande brune sur clia(pie flanc; les poils de son dos ont plus de deux pouces (0,OSi) de longueur; ses pores inguinaux sécrètent une matière odorante; les cornes, ilans les deux sexes, sont grandes, d'un gris noir, annelées et en forme de lyre. Elle habite la Perse et les confins de la Sibérie et de la Chine.
Le SpRiNKiiOK {Gazella euchore. — Antilope euchore, Eoiisr. — Desm. Antilope dorsata, Lacép. Antilope marsupialis, Zimm. L'^ln/i- /ope à ÔQur.?!; des natin-alistes est d'un tiers plus grand que la gazelle dorcas , et un peu plus trapu ; il est fauve en dessus, blanc en dessous, avec une ligne brune longiludinale sur cliaqiu- (liiiie; il a sur la partie i)ostérieurc du dos une raie de poils blancs et longs de dix pouces (0,271) sur un repli longitudinal de la peau;
diliors, i)uis eu dedans; elle a des brosses aux poignets. Sa patrie est inconnue.
Le Kon [Gazella l;oli. — Antilope l(ol>, Ekxl. — Desm. Antilope leucophœa, Pall. La petite Vache marine du Sénégal, lUirr.) est de la taille d'un daim. Ses cornes sont noires, grosses, rapprochées l'une de l'autre au .sommet, à sept ou huit anneaux. Il habite r.Afrique équatoriale.
Le KonA (Gazella senegalensis. — Antilope aenegalensis, Desm. Le Kolia de Buir.) est de la grandeur d'un cerf; ses cornes sont assez minces, noires, très-longues, un peu comprimées, en lyre, (h- douze à dix-sept anneaux, lisses au sommet. Il habite le Sénégal.
La Gazelle aux pieds noirs {Gazella melanopus. — Antilope melanopua, Lnciisr. — Desm.) est ferriigineu.se en dessus, avec une ligne dorsale, noire, coupée obli(pienient sur les fesses par une ligne de même couleur; les fesses, le dessous du corps et le dedans des membres sont blancs; elle a une tache noire à chaque pied , et mancpu- de brosses ; ses cornes sont Irès-longues, noires (1 très-fortes, en lyre, annelées, à pointe mince et lisse. Elle habite le cap de Boune-Espérance et vit en troupe.
ANTILOPES
8= GEMiE. Les CKUVICIIIATŒS [Cervkapra, Hiainv.) ont les cornes simples, tantôt ilroites, tantôt courliées en avant ou en arrière, peu ou point annele'es, sans arêtes; souvent des larmiers , mais jamais de brosses; le mufle manciue ordinairement ; elles ont la (pieue courte et des pores inguinaux.
Les unes ont les cornes courbées en arant; telles sont : Le Nanguek (Cervicapra dama. — Antilope dama. Le Dama, Pline. Le Nanguer. Buff,), de la taille d'un chevreuil; fauve en dessus; hiane sur les fesses et sous le ventre, avec une tache de la même couleur sous le cou; ses cornes sont noires, courtes, rondes, brusquement courbées en avant, lisses à leur sommet,
courbée ; sa queue est courte. Il habile le cap de Bonne-Esperance, Le RiTKOK [Cervicapra eleolrayus. — Antilope eleotra<jus, SciiEii.
— Desm. — Antilope arundinacea, Shaw. Antilope isabelina, TiicMi.
Antilope fulvo-rufula, var. Afzel.) a les oreilles très-longues ainsi
que la queue, qui est plate et recouverte de longs poils blancs;
son pelage est laineux, d'un gris cendré en dessus; à ventre, gorge
et fesses blancs; les cornes sont assez petites, noires, à di\
anneaux peu niarcpii's, anoudies et un peu courbées en avant.
Il habite le cap de Bonne-Espi'rance , et \il en petites troupes,
dans les buissons, sur le bord des rivières.
Le GuisROK (Cervicapra ijrisea. — Antilope ijrisea, Fu. Ctv. -In-
tiliipemclanolis, Desm. La Chèvre grise ou Grisiok, Fokst.) est un
Le N^l-Ghaii.
rugueuses à la base, avec cinq ou six anneaux mal dessinés. Il habite le Sénégal.
Le Nacor (Cervicapra redunca. — Antilope redunca. l'Ai.r,. — Oesm. Le Xagor, Biikf.) est un peu plus grand que le précédent, dont il a les formes; il est d'un roux pi'ile ou d'un fauve uniforme; les cornes sont noires, prescpie droites, coui-bées à leur
pointe, presque lisses, avec un ou deux anneaux à la base. Il habile les environs du cap Vert, au Sénégal.
Le SiEEMioK (Cervicapra ibex. — Antilope tbex , ArzEi.. Antilope pediiilragus, var. Af/.el. Antilope trafpdus, Licfist. — Des.m.) est de la giandeur d'une chèvre, roux en dessus, blanc en dessous, noir aux aines; les oreilles sont brunes; les cornes noires, arrondies, annelees à leur base, minces, droites, à pointe re-
peu plus grand qu'une (;lièvre, d'un fauve roussMre entremêlé de poils blancs ou gris sur le dos; il'un brini clair sur la tête, et blandu'itre sous le ventre, un cercle noir entoure les yeux; les cornes sont noires , arromlies, annelees à la base, un peu courbées en avant. Il vit en couples solitaires, dans les rochers des montagnes, au cap de Bonne-Espérance.
La Cliivi(.im.\he a (.ouxes ailues (Cerviapra (iculicornis. — Antilope acuticornis, Bi.ainv. — Desm.) a les cornes simples, coniques, lisses, très-pointues, verticales, et à courbure antérieure à peine sensible. Elle habile probablement l'.Vfricpie.
Les espères (jui vont suivre ont les cornes droites.
Le Ki.u'i'seiiiMiEU [Cervicapra saltatrix. — Antilope sallatrix, Booii. Antilope oreotragus, (Imi . — Dfsm. Le Sauteur de rochers.
LES RUMINANTS
VosM. Capra pygargus, Tiiund.) a le pelage grossier, rude, à poils aplatis et cassants; il est d'un gris verdâtre; ses oreilles sont bordées de noir; il a des larmiers, ses cornes sont minres, courtes , dresse'es et très-le'gèrement arque'es en dedans. Il habite les montagnes du ca|) de Bonne-Espérance, et se fait remarquer par l'agilité' avec laquelle il bondit de rocher en rocher.
Le lÎEiiDOK (Cervicapra capreolus. — Aniilupe capreolus, Lichst. — Dessi. Antilope lanala , Desm. V Antilope-Chevreuil des naturalistes) a le pelage laineux, frise', d'un gris roux en dessus, blanc en dessous; son museau est très-eflilt'; il a une tache noire au menton , et manque de larmiers et de brosses. La femelle n'a ]ias de cornes; le mâle les a tout à fait droites, arrondies, très-minces, annele'es, pointues. Il habite le cap de Bonne-Espe'rance et vit en petites troupes.
Le Deukehbok ou DuuiER {Cervicapra mergens. — Antilope niergens, Blainv. La Chèvre plongeante du Cap) est de la grandeur d'une chèvre, d'un fauve roux, avec le bas- ventre et l'inte'rieur des cuisses gris:"ilres; les quatre pieds sont bruns; il a des lignes noires sur la face antérieure des jambes de devant et sur le canon de celles de derrière ; il manque de brosses ; ses cornes sont annele'es à la base, assez grosses, droites, de moitié jjIiis courtes que la tète. 11 habite le (ap île Bonne- Espérance, où il a reçu le nom de chèvre plongeante parce qu'il baisse la tête et le cou en sautant et a l'air de plonger dans les buissons.
Le BusiiCoAT (Cervicapra sijlvicultrix. — Antilope sylvicultrix, Scr.Eii. — Desm.) est un jieu plus grand qu'un daim, à pelage luisant, assez doux, d'un iirun foncé sm- le dos, ])lus i)âle sur les flancs, mêlé de gris sur les i iiisses, avec une ligne dorsale d'un jaune Isabelle s'élargissant sur les lombes, oii les poils jdus longs ont environ deux pouces (O.OSij; les cornes sont droites, parallèles au front, courtes, grosses, noires, rondes, finement ridées à leur base, rugueuses au milieu, lisses à l'extrémité. Il habile Sierra-Leone et l'ouest de l'Afriipie, dans les buissons des plaines élevées.
La Cerviciièvre de De Lalande (Cervicapra Lalandia. — Antilope Lalandiana , Desm. Antilope Lalandia, Desmoui..) est de la grandeur de l'antilope des Indes, mais i)lus épaisse; son pelao-e est dur, long, non frisé , d'un brun clair uniforme sur le dos et les (lancs, passant par une ligne brusiiue au blanc sous le ventre; le cou et la tête sont d'un gris fauve; les cornes du mâle sont minces, droites, plus courtes que la tête, et i)arallèles. Elle habite les montagnes du cap de Bonne-Espérance.
Le GeEVEi (Cervicapra pygmœa. — Antilope pijgmœa, Pall.
Desm. Le Itoides Chevrotains] n'a que dix pouces (0,271) de hauteur au garrot; ses cornes, longues au plus de deux pouces (0,0oi), sont coniques, noires, presque parallèles, dirigt'es en arrièreson pelage est d'un brun clair uniforme en dessus, blancliAIre en dessous; sa tiueue est assez mince, blanche en dessons et brune en dessus. Il habite le cap de lionneEspéran(;e et vit solitairement.
Le GiUMME [Cervicapra grimmia. — Antilope grimmia, Pai.i,.— Desm. Le Grimme, Buef. Le Petit Houe damoiseau, Vosm.) a les formes plus arrondies et plus légères ijue la gazelle ; son i)elage est d'un fauve jaunâtre, gris le long du dos et sur le riianfrciu, avec le museau noir et les membres gris; les cornes dans le nulle sont courtes, assez épaisses, noires, parallèles et très droites. Il habite la cùte de Guinée.
La CEitviciir:viiE si'Inicère [Cervicapra spinigera, Less.) est d'mi tiers moins grande que le guevei , et a les formes extrêmement sveltes et gracieuses; son pelage est d'un brun roux en dessus, blanc en dessous. Teinminck pense ipie le Moschus pygmœus de Linné, le chevrotain des Indes de Bufl'on, n'est que le jeune âge de cette espèce.
lj'Om\im (Cervicapra scoparia. — Antilupe scoparia, Screii. — Desm.) a les formes du grimme, mais il est plus svelte et un ])eu plus haut siu- jaiubes; il est d'un fauve tniiforme en ilessus, blanc
en dessous, avec la queue brune; il a des brosses fauves et jaunâtres, et des larmiers; les cornes, chez les mâles , sont droites, petites, avec cinq anneaux. Il habite, en petites troupes, le cap de Bonne-Espéranie. Les espèces qui suivent ont les cornes courbées en arriére. Le Camulnc-Outang ou Cami'tan [Cervicapra sumatrensis. — Antilope sumatrensis, Desm. La Chèvre sauvage de JIarsd.) a un mufle assez développé et les formes trapues ; son pelage est très-fourni, long, d'un brun noirâtre, blanc en dedans des oreilles, au haut du cou et aux épaules; les cornes sont rondes, noires, courtes, annelées, un peu arquées en arrière et pointues à l'extrémité. 11 habite Sumatra.
Le Goral (Cervicapra goral. — Antilope goral , IIaruw.) est d'un gris cendré, plus pâle en dessous, avec la bouche bordée de blanc ; sa queue est courte , terminée par un flocon ; les cornes sont courtes, pointues et recourbées à leur extrémité, qui est lisse. Elles sont remplacées par de simples tubercules dans la femelle. La chair de cet animal est très-estimée; il habite le Népaul et rilimalaya. Temminck pense que ce serait le bouquetain du Népaal de Fr. Cuvier.
La Ceuvicuèvue de Salt [Cervicapra saltiana. — Antilope salliana, Blainv. — Desm.) n'est connue que par une têle i>réparée. Les cornes sont coniques, très-petites, pointues, annelées à leur base , à courbure postérieure presque insensible. J'ignore sa patrie.
Les espèces suica7ites onl quatre cornes.
Le TsciiiCARA Cervicapra chiekara. — .intilopechickara, IIardw.) est d'un brun uniforme en dessus, d'un blanc plus ou moins mélangé de roux en dessous ; il a quatre cornes : les antérieures droites, courtes, cylindriijues, rapprochées à leur base et brusquement pointues ; les ]iostéiieuies droites, lisses, allongées, pointues, peu divergentes. 11 habite l'Inde et n'est pas rare dans les forêts du Bengale et d'Orissa.
La Cervichèvre \ quatre cornes [Cervicapra quadricornis. — Aniihpe quadricornis, de Blainv. — Desm.) a été établie par de Blainville sur une tête venue de l'Inde. Elle a quatre cornes : celles de devant sont assez grosses, lisses, un peu courbi'es en arrière ; les postérieures sont plus grêles, pins élevées, coniques, presque droites et un peu recourbées en avant.
9« Genre. Les ALCÉLAPllES [Alcelaphus, Blainville) ont des cornes à double courbure, annelées et sans arêtes, dans les deux si^xes; ils ont des larmiers et point de pores inguinaux; leur ipieue est médiocre, terminée par un flocon de jioils longs; ils ont un dcmi-mufle et deux mamelles.
Le Bubale (Alcelaphus bubalis. — Antilope bubalis, Pall. — Lin. ]^c flubalus de Pi.ink. La Vache-biche, le Taureau -cerf, des voyageurs) est de la taille d'un grand cerf; d'un roussâtre uniforme, avec un flocon de longs poils noirs au bout de la queue; il a la tête très-longue et très-étroite; ses cornes sont grosses, se touchant jire.sipie à leur base, fortement annelées, et garnies de petites cannelures longitudinales, arqnc'es d'abord en arrière, |iuis en avant et enfin en arrière. H habite le nord de l'Afrique, vit en petites troupes, et s'apprivoise fort bien quand on le i)rend jeune.
Le Kaama (Alcelaphus kaama. — Antilope caama, Screr. — Desm. Antilope bubalis, Paii.. Le Licama des Gafrcs, et le Kaama des llotlentots) a été confondu avec le ])i-('eédenl, dont il dillere |)ar la tête plus longue encore , et par la courbure plus prononcée des cornes en avant et surtout en arrière; il est d'un roux brun assez foncé sur le dos et plus clair sur les flancs; il a le ventre, l'inti'rieur des membres et les fesses blancs, une taclie noire à la base des cornes, et pln^iciirs lignes noires sur les jambes. Les cornes sont grosses, forleinenl annelées. Il habite en grandes troupes le cap de Bonne-Espérance.
ANTILOPES
L'Alcélaphe a collets (Alcelaphus suturosus. — Antilope suturosa, Otto) a les formes très-lourdes et la laiile moyenne; son pelage est très-sec, à poils inégaux, très-longs sur le dos et sur le cou, où ils forment trois bandes imitant de larges collets ; il est d'un brun cendré, blanc au ventre, aux pieds et à la queue, avec une tache brune au front et trois taches blanches sur les côte's de la tète; sa queue est longue, floconneuse; les cornes allongées, aiinelèes, grandes, recourbe'es au sommet. Je ne connais pas le mâle, ni sa patrie.
10^ Genbe. Les ïliAGÉLAPlIES [Tragelaphus, iie Hlainv.) ont les cornes plus ou moins comprimées, contournées en spirale, à arêtes existant tantôt chez le mâle, tantôt chez les deux sexes. Ils manquent (pielcpiefois de larmiers, et ils ont des pores inguinaux, et un demi-mufle; leur (jueue est médiocre, et ils portent quatre mamelles.
Le CoNDOMA ou CoNDOus ( Trayelaphus strepsiceros. — Antilope strepsiceros , Pâli . — • Dksm. Le Coes does des Hollandais du (;ap) a le corps robuste; son pelage, assez long et couché, est d'un gris plus ou moins roussâtre, avec une ligne dorsale blanche d'où partent d'autres lignes blanches qui descendent sur les flancs; il a une barbe au menton, une crinière sur le cou et une autre dessous; ses cornes sont grosses, lisses, d'un jaune varié de noirâtre, divergentes, à trois courbures en spirale. 11 habite les forêts de l'Afrique méridionale.
Cet animal partage avec toutes les antilopes la légèreté des formes, la grâce des mouvements, la beauté de l'œil et la douceur du regard; mais, plus courageux sans être plus méchant, il ne craint pas d'habiter solitairement le désert; il lutte contre le chacal et parvient même à s'en défaire. On ne le li'ouve guère que dans les forêts les jdus silencieuses du cap de l{onne-Es|>érance, où il se nourrit d'herbe et déjeunes bourgeons de bruyères. Sa course est tellement rapide et ses bonds si prodigieux , qu'il échappe aisément au lion et à la ])anlhère s'ils ne le saisissent à l'improviste et du i)remier élan ; s'il n'a pas le caractère assez sociable pour vivre en troupe avec d'autres animaux de son espèce, en récompense il s'attache beaucoup à sa femelle et passe sa vie entière avec elle. En domesticité il reconnaît la main qui le nourrit, suit son maître, montre de l'afTection ])our hii, et conserve toute la gaieté de son caractère; mais à la jdus légère occasion de fuir, il ne niancpie jamais de regagner les forêts, et il ne reparait plus. Les llottentols, qui aiment beaucoup sa chair, lui font une cruelle guerre et emploient, pour le surprendre et le tuer, mille ruses, mille pièges, dans lesquels néanmoins il donne rarement, car il a autant de finesse tpie la gazelle a de défiance.
Le BosiioK [Train'hiphuf. sylixiticus. — Antilope sijlvalica, (oïl. — Dlsm.) est d'un noir brun en dessus, blanc en dessous, avec plusieurs i)etiles taches blanches sur le museau , le milieu du cou , les flancs et les cuisses ; la queue est blanche en dessous , noire en dessus; la femelle n'a pas de cornes ; le mâle les a noires, tordues en spirale jiresque sur elles-mêmes, et lisses au bout, il habile le cap de lionne-Espérance, et vit par couples solitaires dans les bois.
Le Guui [Trayelaphus scriptus. — Antilope scripla, Pall. — Dlsm. La Chèvre tachetée ou Bonte-bock du, Sénégal, TriUMi. ) est d(^ la grandeur d'un daim, d'un fauve marron, à bandes hlanehes transversales, et beaucoup de taches rondes, blanches, ('parses sur les flancs et les cuisses. Il a sur le dos une ligne de poils blancs et noirs i)lus longs que les autres ; son ventre et le bout de sa <pu'ue sont noirs ; ses cornes, assez courtes, ont deux arêtes saillantes, di'crivent un tour et demi de spirale, et sont poinlues. Il habite le Sénégal et vit en grandes ti oupes sur le bord des fleuves.
-H"^ Genre. Les OHÉAS (Orcas, Desii.) ont les r(M'ne-, droites, avec une très-forte arête en spirale, dans les deux sexes- ils
manquent de larmiers et de brosses; leur queue est longue touffue au bout; ils ont un mufle et quatre mamelles.
Le Ga.nx ou Caxna ( Oreas canna. — Antilope oreas , Pall. — Des.1i. Le Coudou de Buff. L'Elan da Cap, de SpAitM.) atteint la taille d'un cheval ; il est d'un fauve roussâtie en dessus, blanc en dessous , avec la tête et le dessus du cou d'un gris cendré ; sa tête est longue; ses cornes sont très-grosses, noires, divergentes, lisses à leur extrémité. Il habite les montagnes du cap de Bonne- Espérance, et vit en troupes.
•12= Genre. Les BOSELAPHES [lioselaphus, Blainv.) ont les cornes simples, non rugueuses, diversement contournées, sans arêtes s[)irales, les femelles maniiuent ipieUpiefois de cornes. La queue est terminée par un flocon de poils; ils ont un mufle, (piaire mamelles, et man(pient de brosses. Ce sont des animaux dont les formes, un peu lourdes, sont moins gracieuses (]ue dans les gazelles.
Le Nyl-Guau ( lioselaphus piclus. — Antilope picta , Pall. — Desm. Antilope albipes, Erxl. Le Taureau-cerf des Indes. Le Nylyaut de Buff.).
Ce bel animal est à peu près de la taille d'un cerf et en a les formes générales, mais il paraît plus lourd, ce (|ui vient de la grosseur de ses jambes ; aussi les voyageurs l'ont-ils souvent comparé à un bœuf, et son nom de mjl-yhau, en indou, signifie bœuf bleu. Sa tète est mince, assez longue; son pelage est «l'un gris ardoisé dans le mâle, et d'un gris fauve dans la femelle; celle-ci est plus petite et ne porte pas de cornes; l'extrémité des pieds a des anneaux alternativement blancs et noirs ; une crinière noirâtre règne sur le cou et vient lui former une esi)cce de houppe sur le garrot; au milieu du cou il a une sorte de barbe, médiocre et terminée par des flocons noirs ; ses cornes, moitié moins longues que la tête, sont coniques, lisses, très-écartées l'une de l'autre et légèrement courbées en avant.
Le nyl-ghau habite le bassin de l'Inde, les montagnes de Kash. mir et de Guzarate, probablement aussi la chaîne de l'Himalaya. A Bombay, à Madras et au Bengale on le regarde comme un animal curieux et rare, digne d'être offert en présent aux nababs et aux personnages considérables. Dans les montagnes de Kashmir on le chasse pour sa chair, (pii est fort bonne et fort estimée. 11 court de très-mauvaise grâce, à cause de la brièveté de ses jambes de derrière, mais néanmoins avec assez de vitesse. Quoi(iue timide, ainsi que toutes les anlilo]>es, s'il est atteint jiar le chasseur, il ne se rend pas sans avoir vigoureusement défendu sa vie. Pour cela il s'agenouille ties ])ieds de <l(Hant afin d(' couvrir son poitrail, et menace de ses cornes tandis qu'avec ses pieds de derrière il lâche des ruades et des coups en avant à la manière des vaches. Dans cette attitude il est impossible de l'aijprocher sans danger, et il faut le tuer à coups de fusil ou avec une longue lani;e. Lors(pu! deux mâles se battent enire eux, ils s'.igenouillent également l'un devant l'autre, à une grande dislauci', et ils s'avancent, en marchant sur leurs genoux, avec assez de i'a|iidité, mais en faisant |)liisieius petits détours. Arrivés à proxiudté, ils se relèvent , et d'un bond s'élancent l'un sur l'autre. Si l'un est blessé, il s'enfuit, et l'autre reste vainipieur sur le cham|) de bataille; s'ils se sont manques, ils s'éloignent, 'iagenouilleut, cl reconnncnceiit la même manœuvre, N(uis avons eu plusieurs nyl-ghau à la nu'uagerie; tous semblaient d'un caractère fort doux, et paraissaient aimer qu'on se familiarisât avec eux; ils léchaient les mains de ceux ipii les caressaient et leur présentaient du pain, et jamais ils n'ont tenté de se servir de leurs armes p(uir blesser (pielipiun. Ils ont l'odorat très-lin, et (laiient, en l'.iisaiil un cerlain bruit, les aliments ipi'on leur donne. On les iiounit d avdinc , dherbe et de foin; mais ce qu'ils paraissent pri'lér.r à tout, c'est le pain de froment. Ces animaux ont nndliplié en Angleterre, ce tpii a fait croire à quelques naturalistes
LES RUMINAMES.
qu'on pourrait les soumettre à la domesticité' et les utiliser en France.
Le Gnou (Boselaphus gnu. — Antilope gnu , Gml. — Diîsm. Dos gnou, ZiMM. Le Gnou ou Niou, Buff.) est de la grandeur d'un âne, à corps trapu et musculeux; il a le mufle d'un bœuf, les jambes d'un cerf, l'encolure et la croupe d'un petit cheval ; sa tête est comprime'e; son pelage est ras, d'un gris fauve; il porte sur le cou une crinière fournie de poils gris, noirs et blancs; il a une barbe épaisse et brune sous le menton; ses cornes sont très-aplalies à leur base, strie'es longitudinalement, arrondies et lisses à leur sommet. 11 habile le cap <le Konne-Espérancc, vit en
L'Algazel, Buff. ) a le pelage d'un fauve clair sur le dos et les flancs, d'un fauve fonce' sur le cou et au poitrail, blanc en dessous; la tête est blanche, tachée de gris au milieu du front, et une autre tache de la même couleur au bas des cornes; la queue est blanche, terminée par un flocon de poils noirâtres; les cornes sont arrondies, noires, minces, annelées dans leur première moitié. Elle habite le centre de l'Afrique.
L'Orïx leucory.v (Oryx leucoryx. — Antilope leucoryx, P.\ll. — Dësm.), qui pourrait bien n'être qu'une variété du pazan, a le pelage blanc , avec une tache d'un fauve vif à la base et en avant des cornes, et une autre de la même couleur sur le chanfrein ; ses
Le, BoiiquPtin.
troupes noudireuses, et a le caractère farduclie. Il a vécu a la ménagerie.
Ili'^ Cfmif. Les ORYX iOryx, Biainv.) ont, dans les deux sexes, des cornes très-grandes, pointues, ainieh'es, sans arêles, droites ou un peu C(iurl)ées en arrière; ils ui.iu<|U(nt <le nuille et de brosses, et ont des larmiers; leur ([ucue est assez longue;, et se termine par un flocon de longs |)oils.
Le Pazan [Oryx pazan. — Antilope oryx, Pai.i,. — Df.sm. Le Chamois du Cap, FousT. Le Pazan. Iîuff. Le Gems-bock des Hollandais du Cap) est d'ini gris cendré bleuâtre, teinté irrégulièrcmcMt de roux, en dessus, avec une ligne brune sur cIkkiuc flanc, el une tache d'un brun marron au-dessus des sa!)0ts; son ventre est blanc, ainsi que la tèlc, (pii a une tache noire entre les cornes; CCS dernières sont presque droites, noires, environnées d'anneaux obliques dans leur première moitié, lisses et poinliu's ;i l'extrémité. Il habite par eoupli". solitaires les environ-- du cap de Bonnel'.spérance.
L'Ai.cAz.Ei.i.r. {Oryx algazelta. — .\Hiihipe <iazAla. I'm.i.. — Dksm.
co{-nes sont très-longues, minces, noires, arrondies, annelées, un |M'u courbées en arrière. 11 habite l'.Arabie.
Lf^ GiiMiK. Les ÉGOCKIiES {Eguceruf, Dksm.) ont les cornes trèsgrandes, fortes et pointues, annelées, à forte courbure postérieure; ils marKuient de brosses el de larmiers , ils ont un demimufle, el leur cpjcue est assez longue.
L'ÉfjocKKiî m.f.v {ligocerus leucoph<rus. — Antilope leucopliwa. Pai.l. — Dksm. Antilope glauca, KoiisT. La Chcure bleue des voyageurs. Le Illauve-bock des Hollandais du Cap) a le pelage assez long, d un gris ardoisé en dessus, blanc en dessous, avec le chan frein d'un gris fonce-; au-devant de chaque a-il est une mèche de poils blancs; il a unesorlcde ])etitecriinèresur le dos; ses cornes sont grosses, annebics, courbées postérieurement. Il hahite le caj) de Bonne-Espérance.
L'l'](;o(:i;iii'; ciii.vai.in (/■.'yoccrii,'; (y/hî(iu.s. — Antilope iquina,<iKoi'v. — DicsM.) alleint la grandeur d'un petit cheval; son pelage es! d'un gris roussâtre; il a une sorte tle criuièj-c sur le dos et au dessous du cou, avec une mèche de longs poils blaiics au-devapl
ANTILOPES
de chaque œil; ses cornes sont grandes, courl)ées en arrière, marquées d'un grand nombre de gros anneaux. On le croit du Cap.
iS' Genre. Les CHAMOIS ( Rupicapra , ISiainv. ) ont les cornes simples, lisses, courbées postérieurement, dans les deu.x sexes; ils ont des pores inguinaux, mais ils nian(|ucnt de larmiers et de brosses, ainsi que de mufle : leur (jueue est très-courte.
Le Chamois {linpicapra ysaril. — Antilope rupicapra, I'ali.. — Desm. Capra ruidcapra, l.iN. Le Chamoift, lîi'Fr. L'I'snn/ des l\v-
poser les quatre pieds, et tout cela avec un aplomb, une facilité de mouvement qui prouvent autant la justesse de son coup d'oeil que sa force musculaire. N'ayant d'armes à opposer à ses ennemis que la fuite, il a perfectionné ses organes de la vue, de l'odorat et de l'ouïe, de manière à être sur|iris très-diflicilement; outre cela, (]uand le troupeaii paît, il y a toujours, sur les roches élevées environnantes, deux ou trois vieux mâles en sentinelle, qui observent la camjiagne ; pour peu qu'ils découvrent quelque chose de suspect, ils avertissent i)ar un sifdement aigu, et tout le Irouiieau détale avec une vitesse incroyable. En un clin d'oeil
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Le Mouflon à qualre corni'
rénées) est de la taille d'une petite chèvre. Il est couvert de deux sortes de poils, lun laineux et bruiK'ltre, très-abondant, l'autre soyeux, sec et cassant. Cet animal est d'un brun foncé en hiver, d'un brun fauve en été; sa tête est d'un jaune pâle, avec une bande brune sur le museau et autour de l'œil ; une ligne blanche lui borde les fesses; ses cornes sont noires, petites, très-coin-les, lisses et un peu arrondies, verticales et droites, puis courbées brusciuement en arrière à la i)ointe.
Le chamois est le seul animal de la famille des antilopes (pie nous ayons en Krance : encore y est il fort rare, et on ne le trouve l)lus guère q\ie sur les plus hauts sounnets de nos Alpes et des Pyrénées. Il vit en troupes et ne se plaît qu'au milieu des rochers escarpés des montagnes les plus élevées de l'Furope. Il est d'une agilité incouqiar.dile , fraurliit les préc'ipices, grimpe les pentes les plus rapides, suit les sentiers les jibis t'troils sur le bord des abimes, saute île roc en roc, s'arrête net sur la pointe la plus aiguë d'ini rocher où à |ieine a t-il iU\ la place ])our
tout a dis|)aru au milieu de roches inaccessibles et de pré( ipices infranchissables où l'on ne i)eul les suivre. Aussi ne les chasset-on pas avec des cineus, et l'on est obligé, au risque de se précipiter malgré les erocliels de fer que l'on porte aux talons, d'aller les épier au milieu de leurs rocs, de se glisser en rampant sur le ventre pour essayer de les approcher , et de les tirer de fort loin avec des carabines à longue portée. Cette chasse est trèsdangereiise , et beaucoup de jiersonnes y périssent en tombant
dans des pn'cipices, ou cpudipicfois les chamois les poussent euxmènu\s pour s'ouvrir un passage cpianil ils se trouvent cernés. Aux a|iproches de l'hiver, ces animaux ipiittent le versant nord des nmntagnes pour aller habiter celui du midi; mais jamais ils ne descendent dans la plaine. Le rut vient en automne; les femelles ])(irtent ((ualre ou cin(| mois, et mettent bas un petit,, rarement deux, en mars et avril ; elles en prennent soin jusipi'en octobre , époque à lacpiclle les jeunes se confondent avec le reste de la troupe, cpù est rarement de i)lus de qiùnze à vingt.
LES RUMINANTS
Le Chamois laindux (Rupicapra americana, Blainv. Antilope lanata , Smith. Antilope americana , Desm. Mazama dorsata tt Mazama sericea, 1Uf|N. Capra colamiiana, Desm. Ouis montana, Ord. Le Mountain sheep des Anglo-Ame'ricains) ressemble un peu au be'lier par la tête ; ses oreilles sont pointues , moyennes ; ses jambes sont fortes, à sabots noirs et gros; son pelage est tl'un blanc jaunâtre , très-e'pais; ses cornes, longues de cini] pouces ((1,43^), sont rondes, lisses, un peu courbées en arrière, 11 bahite l'Amérique du Nord, depuis l'océan Pacifiiiue jusque près du lac Supérieur. Peut-être devrait-on reporter celte espèce avec les chèvres.
IG" Genre. Les ANTILOCHËVRES [Antilocapra, Blaixv.) ont, dans les deux sexes, des cornes un peu longues, comprimées, recourbées en crochets postérieurement vers la pointe, et munis d'un andouiller antérieur. Elles manquent de mulle, de laraiiers et de brosses.
Le KiSTu-HÉ {Antilocapra americana, Ord. Antilope furcifer, Smith. — Desm. Le Promjhorncd antclope de Lewis et Claiu:ù) ressemble assez au chamois, mais il est plus grand ; son pelage est ras, d'un gris roussâtre en dessus, blanc en dessous comme à la ipieue et sur les fesses; ses cornes sont longues de onze pouces (0,^i'J8), comprimées, un peu ridées à leur base, un peu divergimtes sur les côtés, recourbées vers le bout, avec un petit andouiller dirigé
en avant. Il habile les montagnes escarpées des États-Unis, et vit en troupes.
L'A.NTiLOCiiiîVRE i'almée [AntHûcapra palmata. — Antilope palrnata, Smith. — Desm. Cervus palmatus, Blainv.) est de la grandeur d'un cerf, d'un fauve clair sur le dos, blanche sur le ventre et sur les flancs; la pointe supérieure de ses cornes est recourbée en arrière comme dans le chamois ; l'empaumure est antérieure, aplatie d'avant en arrière, et sadlante de la base de la corne. Elle ha!)ite le Missouri.
Le Mazame (Antilocapra mazama. — Antilope mazama, Smith) est moins grand qu'une chèvre, et a les formes plus lourdes et plus massives. 11 est d'un brun pâle roussàtre en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous, sur la poitrine et le menton : sa queue est courte, épaisse; ses cornes, de près de six pouces (0,102) de jongueur, sont de couleur foncée, un peu annelées, courbées en arrière et pointues. Il habite le Mexique.
Le Témiîmazame (Antilocapra teinemazama. — Antilope tememazania, Smith. Dois puda, Gml. Capra pudu , Molina) a les formes sveltes,les oreilles étroites et longues, arrondies au bout; la queue est assez longue ; son pelage est fauve en dessus, blanc en dessous, avec une taclie blanche autour de la bouche et une autre sur la poitrine. Les cornes sont longues de cinq pouces et demi (0,1 4'J), minces, noires, ridées à la base, un peu courbées en arrière à leur extrémité. Il habite le nord de l'Amérique, près des sources de la rivière Bouge.