‹ Le Jardin des plantes (volume 2)Chapitre 9 sur 219 · LES ANTHROPOMORPHES · texte numérisé non relu

LES ANTHROPOMORPHES

Ce sont les seuls dont l'os hyo'ide , le foie et le cœcnm ressemblent à ceux de 1 homme. Us ont le museau très-proéminent; trente-deux dents, dont quatre incisives droites à chaque niAchoire, deux canines longues se logeant dans un vide de la mâchoire opposée, dix molaires à tubercules mousses. Leurs ongles sont plats; ils manquent de queue. Leurs monvenienls .sont graves et n'ont pas cette pétulance capricieuse ou brutale ipii caractérise si bien les autres singes. Les femelles sont sujettes aux mêmes incommodités périodiques que les femmes.

l" Geniie. Les OH.VNGS [Pithecus, Geoff.) forment le premiei' genre. Ils manipient d'abajoues; leurs bras sont très-longs; leurs oreilles arrondies, plus petites ([ue celles de l'honune; enfin ils n'ont i)oiiit de callo.viti's aux fosses,

L'OitANG-lIoi TAN [rUhccus sati/nis, Desm. Simiasalyms, Li.x.v. ],'Oranrj-Houl(in de Vosm. Lq. JocI<o de IJuff.).

Dans les forêts les plus sauvages de la partie orientale de l'Inde, à Bornéo, à la Cochinchine et dans la pre.s(prîle de Malaka , les vovageurs rencontrent (pielqiiefois encore létre singulier ([ue les habitants de ces contrées uouuneul, en malais, orang-hontan , ce cpii , traduit litléralrmenl, siguilie être raisonnable, indépendant, on des forêts, d(Mit no\is avons fait homme des bois; mais il devient rare , et bienlùl pe\ll-êlre il aura disparu de di ssus la terre , comme tant d animaux dont les dépouilles fossiles viennent de tenq)S à autre nous révéler l'anliipie existence. Jadis il habitait toute la partie occidentale de l'Asie, comme ou en peu! juger par un pa.ssage de SIrabon (liv. IS, lom. 2i, .Selon cet anieiii', lorsque Alexandre pénétra dans l'Inde à la têle de son armée Victorieuse, il en rencontra une nombreuse troupe, qu il prit pour une armée ennemie; aussitôt il lit marcher contre elle son iuviiuible iilialange macédonienne. Mais le roi Taxilc , qui se trouvait auprès de lui , tira le conquérant de l'Asie de son erreur, en lui apprenant que ces créatures, (puiiquc MiublabUs à nous, n'étaient que des singes fort paciliques , nullement sanguinaires^ et n'ayant pas la plus mince parcelle d'esprit de con(inêle. , Par la fornu' de ,sa tête et \v volume de son cerveau, l'oranglioutan est l'animal <pii ressemble le idus ;i Ihomme. H est haut

de trois à quatre pieds (0,057 à i ,299); son corps est trapu, couvert d un poil uniformément roux ; son visage est nu, un peu bleuâtre ; ses cuisses et ses jambes sont courtes, ses bras très-longs; son ventre est gros et tendu. Il est fort doux, s'apprivoise très-facilement, et s'attache aux personnes qui en prennent soin. Quoi qu'en aient pu dire les auteurs et les voyageurs, son intelligence est assez bornée et ne surpasse guère celle d'un cliien. .Mais conune il a les mouvements posés, réfléchis et analogues à ceux de l'homme, parce qu'il a presque sa conformation et ses besoins, ou a pu facilement attribuer ses actions à une intelligence plu» [lerfectionuée qu'elle ne l'est réellement.

Le Jardin des Plantes a possédé, il y a trois ou (jualre ans , lui orang-houtan vivant, cpii a permis de faire de bonnes observalions, (puii([u'il fut très-jeune. On est convaincu que ces animaux, comme les singes, sont éminemment grimpeurs, et forcés de vivre rontinuellcmeul sur les arbres, faute de pouvoir marcher aisément sur la lerie. A ipiatre pattes, ils ne puseul sur le sol (pie • l'exlréiuilé des doigts du pied, cl le devant du corps ne porte que sur les poings fermés ou sur le tranchant des mains; ils sont en outre obligés, pour voir devant eux, de relever la tête (l'une manière fort incommode. Il ue leur est guère possible non plus de niarrhcr dcliout , au moins iiendant un ccj'tain temps, parce que leur couldrinalinn ne le leur permet |ias .«ans leur faire éprouver une grande fatigue. Lu cU'el, il leur maïupie ce puissaut dévelop|iemenl des muscles du mollet, de la cuisse et des fesses, au nioyen duquel l'homme conserve sou équilibre et marche avec fermeté.

A I l'tat sauvage, l'oranghoulan a ('té |i('u ()bserv('. Il habite les forêts les plus retirées et se nouriil princiiialement de fruits; mais il est probable qu'il mange aussi les œufs et les petits oiseaux (pi'il est liabile à dénicher : du moins ses longues canines d()i\ent le faire sujqioser. D'anciens voyageurs ont avancé (pi'cn tciiqis de disette, il ijuille les moulagues et descend sur le bord de la mer, où il se nourrit de C()(pùllages et de crabes. « Il y a, dit Cemclli Carreri, une espèce d'huîtres qui pèsent plusieurs livi'cs et (|ni sont ouvertes sur le rivage; or le singe, craignant (pic, (juaiid il veut les manger, elles ne lui attrapent la [latte en

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