‹ Le jardin des plantesChapitre 29 sur 100 · OUISTITIS · texte numérisé non relu

OUISTITIS

rosalia, Fr. Cuv. Simia rosalià, Lin. Le Singe soyeux, PExx. Le Singe lion et le Marikina, Burr.— G. Cuv.). Il est d’un roux doré ou d’un jaune clair un peu plus doré à la crinière, à la poitrine et sur la croupe, un peu plus pâle sur le dos, les cuisses, la base de la queue et le ventre : ses poils, longs, soyeux et très-fins, lui forment une belle crinière, ce qui lui donne un peu l'apparence d'un lion, mais en miniature, car il n’a pas plus de six pouces de longueur (0,162); sa face est nue et livide, ainsi que la peau de ses mains, 1l est du Brésil.

Ce que nous avons dit des habitudes du titi et du tamary convient en grande partie au marikina. {Il est un peu plus robuste que le premier, et dans nos climats, si!l’on a un soin minutieux

Chasse au singe, paysage de l'Amérique du Sud.

Le TaMARIN LABIé (Midas labiatus, Grorr. — Hum.) habite le Brésil. Son pelage est d’un noir roussàtre ferrugineux en dessous; sa tête est noire; le bord des lèvres et le nez sont blancs. Je pense avec Temminck qu'il faut rapporter à cette espèce les midas nigricollis, fascicollis et mystax de Spix.

Le TAMARIN À FRONT JAUNE (Midas chrysomelas, KuuL. Jacchus chrysomelas, Des.) est noir, avec le front et le dessus de la queue d'un jaune doré; les côtés de la tête, la poitrine, les genoux et lavant-bras sont d'un roux marron. Il vit dans les grandes forêts du Para et du Brésil, mais il y est rare.

Le TawariN DE NeuwIED (Midas chrysurus, Max. ne Neuw.) a le dessus du pied, l'avant-bras, la main, le dessous de la queue dans la première moitié, d’un beau roux doré; les poils qui entourent la face et ceux de la gorge, très-longs, d’un jaune doré tirant plus ou moins sur le roux; ceux qui avoisinent la conque de l'oreille, ceux du coude et quelques-uns entremélés sur la poitrine, d’un roux marron; tout le reste du pelage est noir. Cette espèce, du Brésil, fait-elle double emploi avec le chrysomelas ?

Le Marina (Widas rosalia, Gore. Jacchus rosalia, Des. Hapale

de le garantir du froid et de l'humidité de l'hiver, on peut le conserver pendant plusieurs années. Il est aussi un peu moins indifférent aux caresses qu'on lui fait, et il paraît s'attacher jusqu’à un certain point à ceux qui le nourrissent. Cette qualité, jointe à sa délicatesse et à sa beauté, le fait beaucoup rechercher par les riches créoles du Brésil, qui l’apprivoisent aisément et lui prodiguent les soins les plus attentifs.

Le marikina habite les forêts et passe sa vie à sauter d'arbre en arbre. Comme, dans l'esclavage, il est d’une propreté recherchée, on peut conclure, par induction, qu'il se construit un nid à la manière des écureuils, qu'il y élève ses petits et s’y retire pour se reposer. Il se nourrit d'insectes et de fruits doux, et il ne paraît pas qu'il soit carnassier comme le titi. Il est défiant, ainsi que tous les êtres faibles qui sont obligés de vivre au milieu des dangers; mais sa prudence ne le sauve pas toujours de la cruelle serre de l'oiseau de proie. S'il en aperçoit un planant dans les airs, aussitôt il pousse un sifflement doux et prolongé pour avertir sa petite famille ; tous ses pelits aussitôt se blottissent en tremblant dans le feuillage et restent là sans mouvement, jusqu'à ce

que l'ennemi se soit retiré. La couleur roussàlre de leur pelage se confond assez avec lé vert jaunâtre des feuilles pour les dérober à l'œil dé l'oiseau de proie. Mais ils n'échappeñt pas aussi aisément à d'autres ennemis. Le yagouäroundi, le colocolla, le maärgay et d’autrés espèces de chats leur font une guerre incessante et vont les saisir la nuit, pendant leur sommeil, jusque sûr lé plus haut sommet des arbres.

Dans la servitude, le marikina se nourrit assez bien avec du lait, du biscuit, des fruits sucrés et des säuterelles : mais, s'il est seul de son espèce, il est sujet à prendre de l'ennui, et dans ce cas il tombe malade et meurt dans le marasine, Si on veut assurer sa conservation, il faut donc, quañd cela est possible, le réunir à un ou plusieurs individus de son-espèce. Le marikina qui a vécu à la ménagerie était excessivement timide et se cachait dès qu'il avait la moindre inquiétude. Il aimait à recevoir des caresses, mais il n'en rendait point. Il fuyait avec défiance les personnes qui lui étaient étrangères, et même il les menacait de ses faibles dents.

Le Picue où Trri pe CarTHAGÈNE (Widas œdipus, Gzorr. Hapale œdipus. Fr. Cuv. Jacchus œdipus, DEesn. Simia œdipus, Lin, LE petit Singe du Mexique, Briss. Le Pinche, Burr. — G. Cuv.). Il est un peu plus grand que les précédents, et atteint neuf pouces de longueur (0,244), non compris la queue. Il est d’un brun plus ou moins fauve en dessus, et blanc en dessous, à poils soyeux; il à sur la tête une longue chevelure blanche qui lui fétombé sur le cou; sa face et toutes ses parties nues sont d’un noir de suie. Il habite les forêts retirées.

Le pinche est un animal méchant, atrabilaire, qui dort tout le jour dans les forêts de Cayenne et des environs de Carthagèhe, Il se réveille avec le crépuscule du soir, et déploie pendant là nuit toute son activité. Il chasse alors aux insectes , et il cherche les fruits dont il se nourrit. Son caractère farouche ; ihtraitäble, ne se plie jamais à la domesticité, et, si on veut le garder vivant, il faut le renfermer dans une cage, dont il occupe le toin le plus obscur depuis le matin jusqu'au soir. D'ailleurs; il est fort délicat et ne vit pas longtemps en captivité; ce d'est Q\'avéc beaticoup de peines et de soins qu'on est parvenu quelqüefois à en conseiver de vivants pendant la traversée d'Amtrique en Europe, «il est si glorieux, dit l'ancien voyageur Jean de Lery, que pour pet de fâcherie qu'on lui fasse, il se laisse mourir de dépit, »

Le Lroxciro (Widas leoninus, Grorr. Jacchus leoninus, Des. Simia leonina, le Leoncito ou le petit Lion, Huwe.) est d'un brun olivâtre avec la qüetie noirâtre en dessus, brüne en dessous ; il porte sur la tête et le coù une longue crinière brune ; sa face est noire et sa bouche blanche.

C'est dans les plaines à l'ést des Cordilières, dans les forêts qui ombragent les rives du Putumayo et du Caqueta, enfin dans les parLies les plus tempérées de ces vastes contrées, que l'on trouve cet animal, plus petit que le pinche, et dont la longueur, la queue comprise, né dépasse pas seize pouces (0,433). Il est très-vif, trèsirascible, et, du reste, à les mêmes habitudes que les autres espèces de son genre.

Le TAMARIN AUX FESSES DORÉES ( Widas chrysopygus. — Jacchus chrysopygus, Miuk.) est noir, avec les fesses et la partie interne des cuisses d'un jaune doré, et le front jaunâtre ; il a une longue crinière noire qui tombe de la tête jusque sur les bras, et sa queue forme plus de la moitié de sa longueur totale. Il habite la capitainetie de Saint-Paul au Brésil.

Ge joli petit animal à une vie tout à fait nocturne, et ne sort le son lit dé mousse, qu'il sait se faire dans les trones d'arbre creusés par le temps, que lorsque le crépuscule est descendu sur les forêts qu'il habite. 11 est assez doux, mais sa mélancolie naturelle et son amour pour la vie solitaire le rendent très-difficile à conserver dans l'esclavage. Sa chaine lui pèse sur le cœur, et bientôt le chagrin lé fait mourir, mais lentement, et jamais dans des accès dé fureur auxquels la plupart des animaux de son genre sont sujets. Il est plus frugivore que carnivore, et, si parfois il se détermine à altagüer quelques petits oiseaux, il faut qu'il y soit poussé pat thé faim extrème; encore, dans ce cas, donne-t-il la préférence aux papillons de nuit et autres insectes doût il peut facilement s'emparer. Quoiqu'il soit assez commun däns cértarnes forêts du Brésil, les chasseurs, néanmoins, le rencdntrent fort rarement ; cela vient de ce qu'il dort toute la journée dans son nid, et qu'il n’en sort que la nuit pour se mettre en quête de sa nourriture. Le mâle vit habituellement avec la femelle, et parait ayoir pour elle beaucoup de tendresse ; une personne qui à eü plusieurs fois l'occasion de l’étudier dans ses bois, m'a dit qu'il pärlägeait avec elle les soins donnés à sa naissante postérité,

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