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tièrement blanche sur toutes les autres parties. Elle habite le nord de l’Europe, et se trouve quelquefois en France.
L'HERMINE (Putorius hermellanus. — Mustela herminea, Li. Mustela alba, Gesx. L'Hermine ou le Roselet, Burr.), en pelage d'été, porte le nom de roselet : alors elle est généralement d’un brun marron plus ou moins pâle en dessus, et d’un blanc quelquefois un peu jaunâtre en dessous, avec la mâchoire inférieure blanche; sa queue est brune, avec l'extrémité noire en tous temps. En hiver, on la nomme hermine ; et elle est entièrement blanche, si ce n’est le bout de la queue qui reste noir.
L'hermine atteint ordinairement une taille un peu plus grande que la belette, à laquelle, du reste, elle ressemble beaucoup. Elle a jusqu'à neuf pouces six lignes (0,258) du bout du museau à l’origine de la queue, et celle-ci a un peu plus de trois pouces et demi (0,095). Cet animal ne se trouve pas dans les pays chauds, et il est d'autant plus rare dans ceux qui sont tempérés que leur zone se rapproche plus du midi. Cependant il est assez commun en France, dans les grandes forêts, surtout en Normandie et en
cieuses, surtout quand elle a ce blanc éclatant qu’elle perd toujours plus ou moins, en vieillissant, pour prendre une teinte un peu jaunâtre. Les hermines que l’on trouve en France ont de la valeur, mais moins que celles du Nord; parce qu'elles ne sont jamais aussi blanches, et que, même pendant les plus grands froids, elles ont toujours cette légère teinte jaunâtre qui les déprécie.
La BELETTE ALPINE (Putorius altaïcus. — Mustela altaïca, Pazr..) doit peut-être se placer à côté de l’hermine; mais il est fort difficile d'avoir là-dessus quelque certitude, car on ne la connaît, je crois, que par cette phrase de Pallas : « Queue deux fois plus longue que la tête et d'une seule couleur. » Elle est du nord de l'Asie et de l'Europe. Est-ce une variété de notre belette commune ?
La BELETTE D'AFRIQUE (Putorius africanus. — Mustela africana, Desx.) a dix pouces (0,271) de longueur depuis le bout du museau jusqu’à l'origine de la queue, et celle-ci a environ six pouces (0,162). Elle est d’un brun roussâtre en dessus, d’un jaune blanchâtre en dessous, avec une bande brune longitudinale et étroite sur le
La Moufette.
Bretagne. Les pays où il abonde sont la Russie, la Norvége, la Laponie et la Sibérie; on le retrouve aussi dans l'Amérique septentrionale. Nous avons dit, à propos de la zibeline, comment on lui faisait la chasse, et nous renvoyons à cet article les lecteurs qui veulent savoir combien le luxe le plus futile des riches coûte de larmes et de misères aux pauvres. L’hermine a les mêmes mœurs que la belette, à cela près qu'elle est d’un caractère plus farouche, qu’elle ne se plaît que dans les forêts les plus sauvages, et que jamais elle ne s'approche de l'habitation des hommes. Elle se nourrit d’écureuils, de petits-gris, de rats et autres petits mammifères; elle se hasarde quelquefois dans les prairies et les roseaux pour chercher les œufs de caille, de perdrix, de canard et d’autres oiseaux, dont elle est très-friande. Comme la belette, elle s'élève très-bien en captivité et elle s'apprivoise même beaucoup mieux; mais au lieu de blanchir l'hiver comme en liberté, son pelage reste d’un brun sale et terne. Sa fourrure, en possession depuis longtemps d’orner la robe de nos docteurs, et, ce qui est beaucoup moins ridicule, les robes de nos dames, est, comme tout le monde le sait, l’objet d’un commerce considérable. Elle est extrêmement estimée parmi les plus pré-
ventre. On la croit d'Afrique, et l’on ne sait rien de ses mœurs.
La BELETTE RAYÉE (Pulorius striatus. — Mustela striata, GEOrF.) est à peu près de la taille d’une belette; le dessous du corps est d’un blanc grisâtre; la queue est blanche ; le dos et tout le dessus du corps sont d’un brun foncé, avec cinq raies longitudinales blanches. Elle habite Madagascar et doit avoir les mêmes mœurs que notre belette, si les analogies de forme entrainent, comme on le croit, les analogies de mœurs. Cette espèce est devenue le type du genre Galidictis d'Is. Geoffroy.
5e Genre. Les MOUFETTES (Mephitis, Cuv.) ont trente-deux dents : six incisives et deux canines à chaque mâchoire; six molaires à celle d’en haut et dix à celle d’en bas. Leur corps est allongé, arqué; elles ont des glandes anales qui sécrètent, surtout quand l'animal est irrité, une liqueur extrêmement fétide, ce qui leur a valu leurs noms de bêtes puantes, moufettes, enfants du diable, ete. Cette liqueur est versée par les glandes dans l'anus. Les doigts des pieds sont séparés et armés d'ongles forts, surlout ceux des pieds antérieurs, qui sont très-propres à fouir la terre. Elles ont une queue longue et touffue.
La Mourerre D'AMÉRIQUE (Mephitis americana, Des.) est de la taille d’un chat ordinaire ; son pelage est doux, lustré, ordinairement d’un brun noirâtre, avec des raies et des bandes blanches longitudinales ; sa queue est couverte de poils longs ettrès-touflus. Elle habite l'Amérique.
Les moufettes sont généralement plus grandes, plus trapues que les putois; ce sont des animaux nocturnes qui habitent des terriers qu'ils savent se creuser sur la lisière des bois ou des trous
dégâts parmi la volaille, qu’elle attaque par la tête pour lui manger la cervelle, instinct que l’on trouve, d’ailleurs, dans tous les petits carnassiers. Moins sauvage que la marte, plus effrontée que les putois, elle ose pénétrer dans les habitations et jusque dans les caves et les celliers. Elle doit cette audace non à sa force ni à son courage, mais à une arme singulière qui ne manque jamais de mettre en fuite ses ennemis même les plus acharnés; et celte arme n'est rien autre chose que l'odeur infecte, insuppor-
Cabane et enclos des Gazelles de l'Algérie.
d’arbre et des fentes de rocher; ils n’en sortent qu'après le soleil couché pour aller faire la chasse aux mulots et aux autres petits mammifères, aux oiseaux, dont ils aiment beaucoup les œufs, et à une foule d’autres petits habitants des bois, dont ils font un grand carnage. Faute de mieux, ils se nourrissent d'in
table, qu'elle exhale à volonté. La liqueur qui la produit est épaisse, jaunâtre ou verdàtre, semblable à du pus, renfermée dans deux grosses glandes entourées de muscles puissants, de manière que, lorsque l'animal est'irrité, il comprime violemment ses
sectes, et l’on dit même de fruits. La moufette est privée de la faculté de grimper sur les arbres, si l'on en croit nos naturalistes, quoique beaucoup de voyageurs disent le contraire, auss est-elle moins dangereuse que les martes et les putois pour les basses-cours, où elle ne peut pénétrer que difficilement; mais quand par bonne fortune elle peut s’y glisser, elle fait les mêmes
glandes, et la liqueur empoisonnée"peut être lancée assez loin par l'anus. Comme la moufette porte constamment la queue retroussée sur son dos, cette partie est, ainsi que le reste du pelage, à l'abri de son atteinte, d'où il résulte que l'animal luimême n'a pas d'odeur, ou du moins en à une supportable. C’est ce qu'on a pu voir à la ménagerie, où l'on à conservé vivant,