CARNASSIERS
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Cet animal jouit d'une grande célébrité, et cependant il en est peu d'aussi repoussant. Son corps paraît toujours sale, parce que son poil, ni lisse, ni frisé, est d’une couleur terne, et ressemble à celui d’un animal malade. Il exhale , d’un organe particulier placé dans l'anus, une odeur fétide et urineuse, qui est encore renforcée par l'habitude qu'il a de se mouiller de son urine, qu'il lâche lorsqu'il est effrayé ou en colère. Ceci n'empêche pas les sauvages de manger sa chair, et de la trouver délicieuse, probablement parce qu'elle ne participe pas à la puanteur du poil et de la peau. Du reste, cette fétidité dont il s’entoure quand on le poursuit ou qu'on l'irrite est la seule défense qu'il ait à opposer à ses ennemis ; car il ne sait ni mordre, quoique bien armé
sur les arbres pour aller surprendre les oiseaux dans leur nid, et c’est à ce genre de chasse qu'il passe une grande partie de son temps, car il a un goût de prédilection pour la chair des oiseaux, et surtout pour leurs œufs. Cependant il est souvent forcé par la nécessité de se rabattre sur les reptiles, sur les insectes, et même sur les fruits. II rôde souvent autour des habitations, et, comme il grimpe également contre les vieilles murailles mal unies il lui arrive quelquefois de pénétrer dans les basses-cours ; dans ce cas il tue la volaille qui s’y trouve, et se borne à lui sucer le sang, après quoi il abandonne les cadavres sur la place. Buffon dit « qu'il se cache dans le feuillage d’un arbre en se süspendant par la queue, et qu'il reste quelquefois longtemps dans cette situation,
Ancienne cabane des Kanguroos, près de la grande volière.
de dents, ni fuir, puisqu'il ne court guère plus vite qu'un hérisson. Il a la pupille nocturne, d'où il résulte qu'il y voit beau. coup mieux la nuit que le jour; sa démarche est lente, et sa stupidité extrême. Cependant il est fort doux, et s'accoutume très-bien à l'esclavage; mais il ne s'attache à personne, et n’est capable d'aucune éducation. Dans les maisons on le nourrit avec du pain, du lait et de la chair crue. On a observé qu'il boit en lapant, et qu'il aime qu’on lui verse de l’eau d’un peu haut dans la bouche, qu'il tient ouverte pour la recevoir. Sa queue prenante est très-forte, mais elle ne se replie qu’en dessous, et il en fait un usage maladroit. :
Dans l’état sauvage, le manicou habite toute l'Amérique septentrionale. Le jour il se retire dans un terrier qu'il se creuse au milieu d'un buisson épais, à certaine distance des habitations; il y passe la journée à dormir, le corps plié en cercle à la manière d'un chien. La nuit il se réveille, sort de sa demeure, et se met en chasse pour trouver sa nourriture. Il grimpe assez facilement
sans mouvement , le corps suspendu la tête en bas, pour épier et attendre le petit gibier au passage. » Ceci est peut-être vrai, quoique douteux pour moi; mais il n’est pas possible, en bonne critique, d'admettre la citation dont il fait suivre ce passage. La voici : « L'instinct avec lequel il fait la chasse est très-singulier. Après avoir pris un petit oiseau et l'avoir tué, il se garde bien de le manger. Il le pose proprement dans une belle place découverte proche de quelque gros arbre: ensuite montant sur cet arbre et se suspendant par la queue à celle de ses branches qui est la plus voisine de l'oiseau, il attend patiemment, en cet état, que quelque autre oiseau carnassier vienne pour l'enlever : alors il se jette dessus et fait sa proie de tous les deux.» Il est singulier que Buffon rapporte ce conte absurde, surtout en l’appliquant à un des animaux les plus stupides de toute la classe des mammifères.
D'ailleurs, l'histoire du sarigue est assez merveilleuse en ellemême, sans que l’on soit obligé de la broder maladroiïtement. Vingt-six jours après l'accouplement, la femelle met bas de dix à
douze petits, n'ayant encore nulle forme d'animal, gros comme un très-petit pois, et ne pesant chacun qu'un grain d'orge, Quoique aveugles et informes comme de très-pelits fragments de chair gélatineuse , ils s’attachent aux mamelles, y adhèrent bientôt au moyen d'une membrane commune au mamelon et au petit trou qui leur sert de bouche, en aspirent le lait, et y restent adhérents pendant cinquante jours, absolument cachés dans la poche, ce qui, avec les vingt-six jours qu'ils ont passés dans le sein de leur mère, complète le temps de la gestaiion. Alors leurs membres sont développés, ils ouvrent les yeux, ils ont à peu près la grosseur d'une souris, et la membrane qui les unissait au mamelon se déchire. Quoique libres, ils ne commencent à sortir de la poche que quelques jours après, pour jouer sur l'herbe, au clair de lune, pendant que la mère fait sentinelle et veille à leur sûreté. Au moindre bruit, à la moindre apparence de danger, elle les fait rentrer dans leur sac, et elle les emporte dans son terrier. Ce genre de vie dure jusqu’à ce qu'ils soient trop gros pour rentrer tous dans la poche; alors la mère s'éloigne un peu plus de sa demeure, parce que ses petits commencent à la suivre, et qu'il faut qu’elle chasse pour eux. Si, dans ce cas, elle croit sa jeune famille menacée d’un accident, elle jette un petit cri. Aussitôt ses enfants se rapprochent d’elle en tremblant : les uns se précipitent dans la poche, les autres lui montent sur le dos et s'y maintiennent solidement au moyen de leur queue qu’ils enroulent autour de la sienne , ou autour de ses jambes. Quelquefois la pauvre mère en est tant chargée et surtout embarrassée, qu’à peine peut-elle marcher.
Ce que nous venons de dire du manicou pouvant s'appliquer à tous les didelphes, sauf quelques légères modifications que nous enseignerons plus loin, nous n’avons plus à nous occuper que de la description des espèces.
Le Gauwea (Didelphis Azzaræ,Teum. Le Micoure, n° 4€", p'Azzana, Didelphus aurita, Neuwixo) est un peu plus petit que le précédent, avec lequel il a souvent été confondu, Son museau est long; le tour des yeux est noir, ainsi que les oreilles et les extrémités des jambes; la face et la nuque sont presque noires ; son pelage est composé d’une sorte de feutre cotonneux et court en dessous, et, en dessus, d’un poil soyeux d’un blanc pur dans toute sa longueur. Il habite l'Amérique méridionale.
Le Quica (Didelphis quica, Teux.) ne dépasse pas la taille d’un jeune putois; sa queue est plus longue que son corps; son pelage est d'un gris de souris en dessus et d’un blanc pur en dessous; la femelle est d'un fauve noirâtre, plus clair sur les flancs et comme argenté. Il a un cercle noir autour des yeux, et le museau noir, Cette espèce a les mêmes habitudes que les précédentes, mais elle vit presque constamment sur les arbres. Elle habite le Brésil.
Le Saricouéya (Didelphis opossum, Lin. — Desm. Le Sarigue opossum et le Quatre-œil des naturalistes). Cette espèce, plus petite que les précédentes, ne dépasse guère la taille d’un écureuil. Son corps a un pied (0,323) tout au plus de longueur totale, et sa queue onze pouces (0,298). C’est à celui-ci que Buffon rapporte les récits qu'ont faits les voyageurs sur toutes les espèces de didelphes. Son pelage est d’un gris brun en dessus et un peu plus foncé sur la tête; la poitrine, le devant du ventre et le dedans des membres sont d’un blanc jaunâtre, ainsi que les doigts; le dessus de chaque œil est marqué d’une tache ovale, d’un jaune pâle; les oreilles sont bordées de blanc en arrière; le mufle, les lèvres et le menton sont blanchâtres. Le mâle est d’une couleur généralement plus foncée. Il habite l'Amérique méridionale, et n'est pas rare à la Guyane.
Le Dinecpne QUEUE-DE-RAT (Didelphis myosuros, Sremx.) est de la taille d’un jeune putois; son pelage est serré, doux, très-court, brun et d'un fauve roussâtre , plus foncé sur l’échine, d'un blanc roussâtre en dessous; ses oreilles sont très-grandes, un peu arrondies; sa queue, semblable à celle d’un rat, est bicolore, grêle,
beaucoup plus longue que le corps et la tête, Cette espèce se trouve à la Guyane, à Surinam et au Brésil.
Le Faras (Didelphis philander, Teu. Didelphis cayopollin, Li, —Des.) est de la taille d’un écureuil, à pelage d’un fauve roussâtre, teinté de jaunâtre sur les flanes, blanc en dessous et sur les joues; il a une bande d’un roux foncé sur le milieu de la tête et une tache cendrée qui lui enveloppe les yeux ; ses narines sont séparées par un sillon très-marqué; sa queue, beaucoup plus longue que le corps et la tête, est tachetée de brun sur un fond blanc. Il se trouve à la Guyane. Je ne sais trop si cette espèce à une poche.
Le Puanr ou CraBier (Didelphis cancrivora et marsupialis, Lin. Didelphis marsupialis, Scurrser. Le Grand Sarigue de Cayenne, du Brésil, etc., Burr. Le Grand Philandre oriental de Sea). Il ne faut pas confondre ce didelphe avec le chien-crabier, comme l’ont fait plusieurs naturalistes. Il a quelque analogie avee le manicou, dont il a la taille, mais son museau est plus effilé, son chanfrein plus droit, le front non déprimé. Ses moustaches sont noires, ainsi que ses oreilles et ses yeux ; sa tête est d’un blanc jaunâtre; le cou, le dos et les flancs sont jeunâtres, parsemés de noir, ce qui vient de ce que les longs poils du dessus, noirs dans leur moitié supérieure, sont couchés sur les autres, qui sont d'un blanc sale ; les poils de l’échine sont noirs, longs, et lui forment une sorte de crinière lorsqu'il est en colère. Les membres sont noirs, les ongles blancs, ainsi que leur phalange; la queue est blanche, avec son premier tiers noir ; le museau et les lèvres sont couleur de chair.
Pris jeune, le crabier s’apprivoise assez facilement ; mais l'odeur infecte qu'il exhale, beaucoup plus forte que celle du renard, avec laquelle il a de l’analogie, ne permet guère qu'on l'élève dans les maisons. Cet animal est assez commun à Cayenne et à Surinam , où il habite le bord des ruisseaux ombragés par des palétuviers, sur lesquels il aime à grimper pour chasser aux oiseaux, La nuit, il se promène sur les rivages limoneux, pour chercher des crustacés et principalement des crabes, pour lesquels il a un goût de prédilection. Il sait fort bien fouiller dans le sable pour les retirer des trous où ils se cachent, et, si l’on en croit Laborde , il les retirerait des trous de rocher et de dessous les racines d’arbre d'une manière fort ingénieuse. Il enfonce sa queue, dit le voyageur, dans le trou où il soupçonne un crabe, et celui-ci, en sa qualité d'animal très-carnassier, ne manque pas de saisir cette queue avec ses pinces pour la dévorer. Le puant la retire alors par un mouvement brusque, elle entraîne le crabe hors de sa retraite, et le puant s’en empare et le mange. Si cela n'est pas vrai, c'est au moins bien inventé, et c’est probablement pour cela que les voyageurs ont attribué cette petite manœuvre à plusieurs animaux, et particulièrement à un singe. Du reste, le crabier a les mêmes habitudes que les autres didelphes à poche.
20 Didelphes sans poche et à mamelles découvertes.
Le Taïrt (Didelphis murina, Lin. La Marmose, Burr.) a cinq pouces (0,135) de longueur, du bout du museau à la naissance de la queue; celle-ci est de la même longueur, jaunâtre, unicolore et entièrement nue; le pelage est d’un gris fauve en dessus, et d’un jaunâtre pâle ou presque blanchâtre en dessous ; l'œil est placé au milieu d’un ovale brun. La femelle a quatorze mamelles, auxquelles s’attachent les petits, comme dans les espèces précédentes, à cela près qu'ils ne sont pas cachés dans une poche, mais seulement soutenus par des plis inguinaux de la peau; il en est de même pour les autres didelphes dont il nous reste à parler, Le taïbi vit dans les trous d'arbre et les buissons en Amérique méridionale et surtout à la Guyane.
Le Dinecpne À QUEUE NUE (Didelphis nudicaudata, Grorr.) est d'un gris brun en dessus, blanchâtre en dessous; sa queue est nue, unicolore, plus longue d’un quart que tout le corps; il a
s MARSUPIAUX CARNASSIERS. 203
une tache jaune sur chaque œil. Sa longueur, du bout du museau à la naissance de la queue, est de neuf pouces (0,244). On en voit, au Muséum, un individu femelle dont les petits sont encore attachés aux mamelles. Il habite Cayenne.
Le Touax (Didelphis tricolor, Georr. Didelphis brachyura, Paur. Le Micouré n° 5, d'Azzana. Le Tuan de Burrow) est de la taille d’un rat; ila, du bout du museau à la naissance de la queue, cinq pouces et demi (0,149), et sa queue a deux pouces quatre lignes (0,065), elle est forte, et velue seulement à sa base; son pelage est d'un brun noirâtre sur Le dos, d’un roux vif et tranché sur les flanes, et blanc en dessous ; les doigts sont à la fois velus et écailleux. Il habite les forêts de la Guyane, et Buffon le confondait avec les belettes.
Le Dinecpne grACuyURE (Didelphis brachyura, GuL.) n'en est probablement qu'une variété. Il n’en diffère que par son pelage d'un roux foncé en dessus et sur les flancs, blanchâtre en dessous; la queue est de la longueur de la moitié du corps. Il se trouve dans les mêmes contrées.
Le Grisox (Didelphis cinerea, Temm.) est de la taille d’un rat ordinaire ; son pelage est épais, court, d’un gris cendré clair en dessus, blanchâtre en dessous, roussâtre sur la poitrine; la femelle est de cette dernière couleur. Sa tête est petite; son museau très-court; ses oreilles sont nues; un peu étranglées à la base; sa queue, beaucoup plus grande que le corps, est trèsgrèle, très-poilue à sa base, nue dans le reste de sa longueur, blanche à l’extrémité. Il a été découvert au Brésil par le prince de Neuwied.
Le Dinecpne porsar (Didelphis dorsigera, Lin. — Te.) est de la taille d’un rat; son pelage est court, fin, peu fourni, d’un gris brun, avec le front et les joues d’un blanc jaunâtre. Sa queue est grêle, poilue dans uné assez grande portion de sa longueur, brune et unicolore à l'extrémité. Il habite Surinam.
Le Micouré LAINEUX (Didelphis lanigera, Des.) a le pelage de couleur de tabac d'Espagne en dessus, blanchâtre en dessous; sa queue n’est ni conique pi cylindrique, mais prismatique , à angles très-émoussés, avec une rainure sur la face inférieure ; elle est beaucoup plus longue que le corps, et nue en dessus dans
son dernier tiers seulement. Cet animal a sept pouces (0,189) de-
longueur, non compris la queue. Il habite le Paraguay.
Le MicouRÉ 4 GROSSE QUEUE (Didelphis macroura, d'Azzara. Didelphis crassicaudata, Des.) a onze à douze pouces de longueur (0,298 à 0,525) du bout du museau à la naissance de la queue ; celle-ci, à peu près de même longueur, est ronde, et n’a pas moins de trois pouces et demi (0,095) de circonférence à sa base; elle est velue à son premier tiers, nue, écailleuse et noire dans le reste de sa longueur, avec un pouce et demi (0,041) de son extrémité blanc. Son pelage est fauve ou couleur de cannelle en dessus, plus clair sur l'œil, plus foncé à la face et au pied. Il habite le Paraguay.
Le Micouré NaIN (Didelphis pusilla, d'Azzara. — Des.) n’a que trois pouces quatre lignes de longueur (0,090), depuis le bout du museau jusqu'à la naissance de la queue; celle-ci est entièrement nue, longue de trois pouces huit lignes (0,099). Son pelage est d'un gris de souris, avec le tour de l’œil noir, les sourcils blanchâtres, séparés par'une tache triangulaire obscure. Ce petit animal, stupide comme toutes les espèces de son genre, vit dans les jardins et les broussailles au Paraguay.
9e Gexre. Les CHIRONECTES ({Chironectes, IzuiG.) ont dix incisives en haut, huit en bas; deux canines à chaque màchoire; les molaires en nombre indéterminé ; leur museau est pointu, leurs oreilles arrondies, nues; leurs yeux sont tournés de côté; tous les pieds ont cinq doigts, les postérieurs palmés, avec le pouce sans ongle; leur marche est plantigrade ; la femelle a une poche abdominale qui manque aux màles.
Le Yarock (Chirenectes yapock, Desu. Didelphis palmata, Georr.
Lutra minima, Zimw. Lutra minima, Bovv. La Petite Loutre de la Guyane, Burr.) a tout au plus un pied (0,525) de longueur, du bout du museau à la naissance de la queue; celle-ci a six ou sept pouces (0,162 à 0,189) de longueur, elle est prenante, nue, ridée, plate en dessous ; le pouce postérieur est libre; le pelage est brun en dessus, avec trois bandes transverses grises, claires, interrompues dans leur milieu ; le dessous du corps est blanc. Tout ce qu'on sait de cet animal, qui habite la rivière de Yapock, à la Guyane, c'est qu'il a des mœurs aquatiques analogues à celles de notre rat d’eau, qu'il nage et plonge fort bien, et qu'il se nourrit de poissons et d'insectes.
Le CniroxecrTe pe LANGSDORFF (Chironectes Langsdorffii) n'a pas plus de deux pieds de longueur (0,650); son pelage est trèsdoux, d’un gris uniforme, marqué de deux bandes en travers des lombes; sa queue est velue, non prenante; enfin le pouce des pieds de derrière est pris dans une membrane des doigts. Il a été trouvé par Langsdorff au bord des ruisseaux, dans les forêts, près de Rio-Janeiro.
5e Genre. Les DASYURES (Dasyurus, GEorr.) ont quarante-deux dents, savoir : huit incisives supérieures et six inférieures, en rangées régulières; quatre canines et douze molaires à chaque mâchoire. Leur tête est très-pointue, conique, leur gueule trèsfendue; leurs oreilles médiocres et velues; ils ont cinq doigts à tous les pieds, mais le pouce des pieds de derrière est rudimentaire; leur queue, non prenante , est couverte de poils; enfin, ils n'ont point de poche abdominale, dit-on, quoique M. Gervais leur en donne une. Ces animaux ne se trouvent que dans la Nouvelle-Hollande.
Le DAsyURE À LONGUE QUEUE (Dasyurus macrourus, GEOFF. Viverra maculata, Saw. Le Spotted-Martin des Anglais. Le Dasyure tacheté de Pérox) est long d'un pied et demi (0,487), et sa queue est presque aussi longue que son corps; son pelage est d'un beau marron, tacheté de blanc, ainsi que la queue.
Cet animal se trouve dans la Nouvelle-Hollande, aux environs du Port-Jackson. Il a un peu de la physionomie des genettes et des fossanes , et beaucoup des habitudes des martes. La structure de ses pieds ne lui permet pas de grimper aux arbres, mais la nuit il sort des trous de rocher où il se tient caché et où il dort pendant le jour, et il se met en quête des oiseaux, des petits mammifères et des insectes dont il se nourrit. Comme les petits animaux dont il pourrait faire sa proie sont très-rares en Australasie, et se bornent à quelques ornithorhynques, échidnés ou kangourous, il lui arrive fréquemment de faire une mauvaise chasse. Alors il descend sur le rivage de la mer, attaque avec voracité les cadavres de poisson et de phoque à demi putréfiés que les flots de la mer ont rejetés de leur sein. Quelquefois aussi il se glisse en silence dans les basses-cours des colons, et massacre toute la volaille, absolument comme fait la fouine. Tous les dasyures sont très-voraces et ont les mêmes habitudes que celui-ci.
Le Dasyure Maucé (Dasyurus Maugei, GEorr.) est plus petit que le précédent, et n’a que quatorze pouces de longueur (0,379). Son pelage est olivätre en dessus, cendré en dessous, à mouchetures blanches, uniformes, également réparties; la queue est un peu plus rousse que le dos. On le trouve dans le même pays, et il se fait remarquer par son extrème propreté. ;
On doit à Gaimard les observations suivantes sur cet animal : « Nous en avons conservé un vivant, dit-il, à bord de }'Uranie, pendant l'espace de cinq mois. Cet élégant petit animal ne cherchait point à mordre, quelques tracasseries qu'on lui fit. Fuyant la lumière un peu trop vive, il se plaisait beaucoup dans la niche étroite qu’on lui avait préparée. Il n’était pas méchant, mais on ne remarquait point qu'il fût susceptible d’attachement pour la personne qui le nourrissait et le caressait. L'instant de ses repas était une scène toujours curieuse pour nous; ne vivant que de
viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité ; et lorsqu'il en tenait un dans sa gueule, il le faisait quelquefois sauter en l'air et l’attrapait adroitement ; apparemment pour lui donner une direction plus convenable. Il s’aidait aussi avec ses pattes de devant, et quand il avait achevé son repas, il s’asseyait sur le train de derrière et frottait longuement, et avec prestesse, ses deux pattes l’une contre l’autre (absolument comme lorsque nous nous frottons les mains), les passant sans cesse sur l’extrémité de son museau toujours très-lisse, très-humecté et couleur de laque, quelquefois sur les oreilles et le sommet de la tête, comme pour enlever les parcelles d’aliment qui auraient pu s’y attacher. Ces soins, d’une excessive propreté, ne manquaient jamais d’avoir lieu après qu'il avait fini de manger. »
dents, savoir : huit incisives en haut et six en bas; quatre canines et quatorze molaires à chaque mâchoire, c’est-à-dire qu'ils ont une fausse molaire de plus ; leurs incisives ne sont point égales, les deux moyennes étant beaucoup plus longues que les latérales.
Le PHASCOGALE À PINCEAU ( Phascogale penicillata, Temm. Didelphis penicillatus, Saw. Dasyurus penicillatus, Georr. — Dis.) est long de huit pouces (0,217), non compris la queue, qui est très-touffue à sa pointe; son pelage est court, laineux, trèstouffu, d’un cendré uniforme, blanchàtre inférieurement. Cette espèce habite la Nouvelle-Hollande, où, selon M. Lesson, elle vivrait sur les arbres. Ses habitudes sont les mêmes que celles des dasyures.
Le Dasyure à longue queue,
Le Tapoa-Tara (Dasyurus viverrinus, Georr. Le Dasyure viverrin des naturalistes. Le Spotted-opossum de Puiripp.) a un pied (0,525) de longueur ; son pelage est noir, parsemé de taches blanches; le ventre est gris; les oreilles sont plus courtes et plus ovales que chez les précédents; la queue est plus étranglée à là base et plus touffue à la pointe. Je réunis à cette espèce, comme simple variété d'âge, le dasyure taffa (Dasyurus taffa, Grorr. Viverrina opossum de Suaw) qui n’en diffère que par sa taille un peu plus petite, et son pelage uniformément brun. Tous deux habitent les environs du Port-Jackson.
4e GENRE. Les URSINS (Ursinus ; Sacrophius de Fr. Cuv.) ont les mêmes caractères génériques que les dasyures, mais on leur trouve dix incisives en bas, au lieu de six, ce qui porte le nombre total de leurs dents à quarante-six ; en outre, leur queue est un peu prenante, et nue en dessus.
L'Ursin pe Harris (Ursinus Harrisii. — Dasyurus ursinus, Georr. Sacrophilus ursinus, Fr. Cuv.) est de la taille d’un petit blaireau. Son pelage est long, grossier, noir, irrégulièrement marqué d’une ou deux taches blanches éparses sur la gorge, les épaules et la croupe. Son corps est long de dix-huit pouces (0,488) et sa queue de huit (0,217). Cet animal vit sur les bords de la mer à la terre de Van-Diemen , et paraît se nourrir plus de pêche que de chasse. Ses mœurs sont absolument les mêmes que celles des dasyures.
5e GENRE, Les PHASCOGALES (Phascogale, TEmx.) ont les mêmes caractères que les dasyures, mais on leur trouve quarante-six
Le PHAsGoGaLE NaiN (Phascogale minima, Teux. Dasyurus minimus, GEorr.) a tout au plus quatre pouces de longueur (0,108), et sa queue, couverte de poils ras, atteint le tiers de cette dimension. Son museau est conique; son pouce de derrière est plus long que dans les dasyures; son pelage est fort épais, cotonneux, doux, d’un roux uniforme. Il habite le nord de la terre de Van- Diemen.
6e Genre. Les THYLACINS (Thylacinus, TEmx.) ont quarante-six dents, savoir : huit incisives supérieures et six inférieures : elles sont rangées en demi-cercle, égales, et séparées, dans le milieu et aux deux mâchoires, par un espace vide : l’incisive extérieure, de chaque côté, est la plus forte ; quatre canines grandes, fortes, larges, courbées et pointues; quatorze molaires à chaque màchoire, dont les dernières hérissées de trois tubercules obtus. Ils ont cinq doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière.
Le TuyLaciN DE Harris (Thylacinus Harrisii, TEemm. Dasyurus cynocephalus , Grorr. — Des.) est long de trois pieds dix pouces (1,246), et sa queue, comprimée sur les côtés, a deux pieds (0,650) de longueur. Il résulte de ses autres proportions qu'il atteint à peu près la taille d'un jeune loup; aussi est-ce le plus grand des carnassiers du continent austral. Son pelage est doux, court, tirant sur le brun jaunâtre obscur, plus pâle en dessous et d'un gris foncé sur le dos ; il porte sur la croupe seize bandes transversales d'un noir brillant. Cet animal stupide habite des cavernes et des fentes de rocher très-profondes. Il chasse la nuit et se nourrit d'oiseaux, de petits mammifères, et probablement de cadavres de poissons et autres animaux marins. Dans la co-