MARSUPIAUX CARNASSIERS
lère , il pousse avec peine un cri court et guttural. Il se trouve sur les bords de la mer à la terre de Van-Diemen.
7e Genre. Les PÉRAMÈLES (Perameles , Grorr.) ont quarantehuit dents, savoir : dix incisives supérieures et six inférieures; quatre canines et quatorze molaires à chaque mâchoire. Leur tête est pointue, allongée ; leurs oreilles velues et médiocres; les pouces des pieds postérieurs rudimentaires; les deux premiers doigts petits et réunis par la peau jusqu’à la racine des ongles; leur train de derrière est plus fort que celui de devant, et les femelles ont une poche abdominale.
Le BANDiCOUT NEZ-POINTU (Perameles nasuta , Georr.) a de longueur un pied quatre pouces (0,453); la queue a environ Six
laires. Son corps est roux en dessus et cendré en dessous; la tête est allongée et aiguë ; les oreilles oblongues, longues d’un pouce; sa longueur totale est de huit pouces et demi (0,251). Il habite le littoral de la Nouvelle-Hollande.
Le Gran Baxnicour (Perameles Lawsonii, Quoyx et Gamm.) se distingue des précédents par sa grandeur; il n’a pas moins de deux pieds (0,630) de longueur. Son pelage est d'un roux brun en dessus, et presque fauve en dessous. 11 habite les montagnes Bleues de la Nouvelle-Galles.
8e Genk. Les ISOODONS (/soodon , Grorr.) ont à peu près les mêmes caractères que les péramèles, mais ils ont huit incisives à la mâchoire inférieure ; ils ont äussi la tête plus courte et le chanfrein arqué.
Le Koaia.
pouces (0,162). Sa tête est très-longue, son museau cffilé; son nez prolongé au delà de la mâchoire; ses oreilles sont courtes et oblongues ; ses yeux très-petits; son pelage est d’un gris brun en dessus, blanc en dessous. Il habite la Nouvelle-Hollande. Les péramèles habitent, dit-on, des terriers dans les dunes. Ils courent en sautillant sur leurs pieds de derrière, qui sont fort longs, à la manière des kangourous.
Le BANDICOUT DE BOUGAINvILLE (Perameles Bougainvillii, Quoy et Gal.) a été regardé par Temminck comme un jeune de l’espèce précédente; mais il s’en distingue spécifiquement par ses oreilles proportionnellement beaucoup plus longues, par ses formes plus élancées, par sa taille beaucoup plus petite, et par le peu de longueur de ses canines qui ne dépassent pas les mo-
L'Iscopon oB8ÉsuLe (Jsoodon obesula, Fr. Cuv. Perameles obesula, Georr. Didelphis obesula, Saw.) est de la taille d'un rat; ses oreilles sont assez larges, arrondies ; son pelage est d’un jaune roussàtre en dessus, blanc en dessous. Il habite la Nouvelle-Hollande, et ses mœurs sont tout à fait inconnues.
L'Isoonox pu Muséus (/soodon Musei) ne m'est connu que par un individu incomplet qui existe au Cabinet d'histoire naturelle.
Ainsi que l’a fait M. Geoffroy, ce n’est qu'avec doute que je le place ici. Sa taille est double de celle du précédent, et approche de celle d’un putois; son pelage est d’un brun plus foncé. Il est probable qu'il a été apporté de la Nouvelle-Hollande. Quand on connaîtra mieux cet animal, il faudra pre b:blement lui créer un nouyeau genre.
LES MARSUPIAUX FRUGIVORES.
Ils ont six incisivés à la mâchoire supérieure et souvent à toutes deux; la mâchoire inférieure manque de canines.
11° Gers. Les KOALAS (Phascolarctos, BLav.) ont trente dents, savoir : six incisives supérieures dont les deux intermédiaires beaucoup plus longues, et deux inférieures; quatre canines en haut, peut-être deux seulement, mais point en bas; huit molaires à la mâchoire supérieure et dix à l'inférieure. Ils ont aux pieds de devant cinq doigts séparés en deux faisceaux opposables ; le faisceau inférieur de deux; les pieds postérieurs sont munis de cinq doigts, dont le pouce très-gros, opposable, sans ongle, les deux suivants plus petits et réunis jusqu'à l’ongle. La queue est extrêmement courte.
Le Koara ou CoLak (Phascolarctos fuscus, Desm. Phascolarctos Flindersii, Less. Lipurus cinereus, Gozpr. Le Womrat, FLiNbERS) habite le voisinage de la rivière de Wapaum, dans la Nouvelle- Hollande. Il a la taille d’un chien médiocre, le corps trapu, la tête courte, les oreilles médiocres, les jambes robustes, à pen près de même longueur, ce qui lui donne le port et la démarche d’un petit ours. Son poil est long, touffu, grossier, brun de chocolat clair; le dessous du corps est blanc.
Cet animal, assez peu connu, passe une partie de sa vie sur les arbres, sans doute pour chasser aux insectes, car il me parait douteux qu'il se nourrisse seulement de fruits dans une contrée où, comme nous l'avons dit, ils sont extrémement rares ; il est possible cependant qu'il vive de feuilles, ainsi que les potorous, kangourous, etc. Le reste du temps il le passe à dormir dans un terrier qu’il se creuse dans les forêts. La femelle ne fait qu'un petit, qu'elle aime avec beaucoup de tendresse. Après l'avoir élevé jusqu'à une certaine grosseur dans sa poche abdominale, elle continue encore longtemps à le porter sur son dos et à en prendre le plus grand soin. Je ne sais si l’on doit regarder comme identique avec cette espèce le koala de G. Cuvier. Si ce grand naturaliste ne s’est pas trompé, son koala différerait de celui-ci par le manque de pouce aux pieds de derrière, par sa -couleur, non pas brune, mais cendrée, et enfin par ses oreilles plus pointues.
9e Genre. Les PHALANGERS (Phalangista, Gxorr.) onttrente-huit dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures; pôint de canines; seize molaires supérieures et quatorze inférieures. Leur tête est assez courte ; leurs oreilles sont longues et droites ; leur queue prenante est couverte de poils.
Le Voua-rapoua-ROU (Phalangina vulpina, Temm. Didelphis vulpina et lemurina, Suaw. Le Bruno de Vico-n’Az. Le Vulpain opossum de Ware. Le Phalanger renard de G. Cuvier et des naturalistes) a vingt-six pouces (0,704) de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à la naissance de la queue; celle-ci est longue de quinze pouces (0,406). Sa forme générale est à peu près celle d'un raton; ses oreilles sont droites, pointues, triangulaires, nues seulement en dedans; son pelage est d'un fauve roussâtre, ou brunâtre, ou d'un fauve argenté, suivant l'incidence de la lumière ; une sorte de collier d’un fauve vif lui entoure le cou; la dernière moitié de la queue, le tour des yeux et les lèvres sont noirs; le dessous est d'un roux jaunâtre.
Cet animal habite les environs du Port-Jackson, autour des colonies anglaises, et cependant on ne sait presque rien de ses mœurs. Quoique classé parmi les frugivores, il est certain qu'il ne peut se nourrir de fruits, car la Nouvelle-Hollande n’en produit point de mangeables, même pour les oiseaux, si ce n’est une petite baie assez rare (celle du Leptomeria Billardieri). I est done obligé, ainsi que le dit le chirurgien Rollin, de se nourrir de gi-
bier, et particulièrement d'oiseaux, qu'il poursuit ou surprend sur les arbres, où Cook a cru qu'il montait pour chercher des fruits. Il paraît qu’en captivité il mange à peu près de tout, qu'il s'assied sur son derrière et porte ses aliments à sa bouche avec les deux pattes de devant.-Il habite un terrier qu'il se creuse dans le sable.
Le PnaranGEr DE Cook (Phalangista Cookii, Cuv. — Des. L’Opossum de la terre de Van-Diemen, Cook) est de la taille d’une fouine ; son pelage est doux, court et brun, ou d'un gris roussâtre en dessus, blanc en dessous; la queue, de la couleur du dos, est terminée en blanc. La longueur de l'animal est de quinze à seize pouces (0,406 à 0,453), non compris la queue, qui en a douze ou treize (0,525 ou 0,552). IL habite la terre de Van-Diemen.
Le PHALANGER NAIN ( Phalangista nana, GEeorr. Desm.) est de la grandeur d’une souris, il a, du bout du museau à l’origine de la queue, deux pouces et demi (0,068), et sa queue est de la même longueur, Son pelage est gris en dessus, blanc en dessous; la queue est grise, Tout ce que l’on sait de son histoire est qu'il se trouve dans l’ilot Maria, de la terre de Van-Diemen, et que les naturels du pays le mangent.
10° Genre. Les COUSCOUS ou COUSSOUS (Cuscus, Lacér.) ont quarante dents, savoir : six incisives à chaque mâchoire; point de canines; douze molaires supérieures et seize inférieures. Leur queue est prenante, mais en grande partie nue et couverte de rugosités; leurs oreilles sont très-courtes, quelquefois peu apparentes. Du reste, ils ressemblent aux phalangers.
Les uns ont les oreilles peu apparentes et velues en dedans et en dehors; telles sont :
Le Scuam-scram (Cuscus amboinensis, LacéPp. Phalangista maculata, Grorr. — Desw. Didelphis orientalis, Lin. Cuscus maculatus, Lessox. Le Phalanger mâle, Burr. Le Couscous tacheté des naturalistes. Le Coës-coës des habitants des Moluques). Cet animal est d'une forme allongée et de la taille d’un gros chat; sa tête est arrondie, à chanfrein légèrement concave, à museau court et conique ; ses paupières sont renflées et rougeâtres; la queue est nue dans plus de la moitié de sa longueur, chargée de verrues d’un rouge assez vif. Son pelage, très-épais et laineux, varie en raison du sexe et de l'âge; il est généralement blanchâtre, couvert de plaques brunes isolées, distinctes ou confondues. Il habite quelques iles de l'Inde.
Le scham-scham est un animal nocturne, lent, paresseux et stupide, ainsi que ses congénères, auxquels s'applique également tout ce que nous allons en dire. Ses grands yeux très-saillants, à fleur de tête, à pupille longitudinale, sont l'expression de son imbécillité. Ses mouvements annoncent plus de paresse que de difficulté d'agir, et la colère même ne peut qu’à peine l'animer. Dans ce cas, cependant, il grogne en soufflant à la manière des chats, et il cherche à mordre, mais non à combattre, En captivité il montre un caractère triste, mais fort doux; il se cache dans le coin le plus obscur de l'appartement pendant le jour, parce que l'éclat de la lumière lui blesse les yeux. La nuit il en sort pour manger le pain et même la viande dont on le nourrit. Il boit en lapant ; il se frotte sans cesse la face et les mains pour se nettoyer, et il aime à enrouler sa queue et à se tenir assis sur son derrière, Lorsque l’on voyage dans les immenses forêts de la Nouvelle-Guinée ou des Moluques, l’odorat est quelquefois frappé d'une odeur forte, excessivement désagréable, annonçant d'assez loin la présence d'un de ces animaux caché dans le feuillage; elle résulte d’un appareil glanduleux que les couscous ont autour de l'anus. Malgré cette détestable odeur, les naturels du pays mangent leur chair avec le plus grand plaisir, et leur font une
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chasse incessante. « Les Nègres du port Praslin, à la Nouvelle- Irlande, disent les naturalistes voyageurs de la Coquille, aiment singulièrement la chair grasse des couscous; ils la font rôtir sur des charbons avec les poils, et ne rejettent que les intestins. Avec les dents ils forment des ceintures et autres ornements, et leur abondance est telle que nous avons vu beaucoup d'habitants avoir des cordons de plusieurs brasses de longueur qui attestent la destruction que l’on fait de ces mammifères. « Il semblerait singulier au premier coup d'œil que des Nègres sans armes pussent si aisément s'emparer de ces animaux grimpeurs ; mais, si l'on s’en rapporte à ce qu'ont dit et cru G. Cuvier et Buffon, la chose devient facile à expliquer. Selon ces auteurs, les couscous, qui vivent presque continuellement sur les arbres pour y chercher les insectes et les fruits dont ils se nourrissent, sont tellement surpris quand ils viennent à apercevoir un homme, qu'ils se suspendent par la queue à une branche, et, au lieu de fuir, restent là, immobiles, à le regarder, Dans ce cas, il ne s'agit plus pour le chasseur que de s’arrèter et de les regarder aussi : soit lassitude, soit par une sorte de fascination résultant de la peur, ils finissent par lâcher la queue; ils tombent et deviennent la proie du chasseur. Malgré les deux grandes autorités que je viens de citer, je crois que ce fait a besoin d’être confirmé, Le schamscham vit dans les forêts équatoriales des grandes îles Moluques et Papoues.
Le Couscous ursiN (Cuscus ursinus, Less. Phalangista ursina, Tex.) est de la taille d’un chat sauvage; il a de longueur totale trois pieds six pouces (1,137), compris la queue, qui a vingt pouces (0,542). Son pelage est frisé, crépu, rude, d’un noir parfait dans l’âge adulte, plus clair dans le jeune âge; les poils soyeux sont entièrement noirs; le dessous du corps est roussâtre; les partie nues de la queue et du museau sont noirâtres. Il habite la partie septentrionale des Célèbes, où les habitants estiment beaucoup sa chair.
Le Do ou RamBave (Cuscus Quoyii, Less. Phalangista papuensis, Desm. Phalangista Quoy, Gain.) ne serait, selon M. Temminck, que le jeune âge du scham-scham, et je suis porté à partager cette opinion. Il a le pelage d’un gris brun, avec une ligne dorsale plus foncée; le dessus de la tête est jaunâtre, le dessous d’un blanc sale ; les extrémités des membres sont d’un brun noir assez foncé. Il habite le même pays que le scham-scham.
Le Couscous À GROUPION DORÉ (Phalangista chrysorrhos, TEMM.) est de la taille d’un chat sauvage, et atteint à peu près trois pieds (0,975), compris la queue, qui a treize pouces (0,552); ses oreilles sont très-courtes, couverte d’une touffe de poils blanchâtres ; son pelage est cotonneux, serré, un peu frisé, garni de poils soyeux d'un cendré gris clair sur la tête, d’un gris de cendre un peu brunâtre sur les flancs, d’un jaune doré vif sur le croupion et la partie supérieure de la queue; la poitrine, la moitié du ventre et le dedans des membres sont blancs; il a une bande noire sur les flancs, les pattes d’un roux doré, et la partie nue de la queue jaune. Il habite les Moluques.
Le Couscous À GROSSE QUEUE (Cuscus macrourus, Less. et Ga.) a douze pouces huit lignes (0,542) de longueur, non compris la queue, qui est très-grosse à sa base et qui est longue de dix-sept pouces (0,460); il a le pelage gris, d’où sortent des poils noirs plus longs, et parsemés de taches éparses, brunes; la tête est fauve ; la gorge et les oreilles sont blanches; la queue est robuste, cendrée; le ventre est blanchâtre, les extrémités brunâtres. Il habite l’île de Waigiou, aux Moluques.
L'espèce qui suit a les oreilles distinctes, nues à l’intérieur.
Le CarouxÉ (Cuscus albus, Less. Didelphis orientalis, Lis. Phalangista rufa, Desu. Phalangista cavifrons, Ten. Phalangista alba et rufa, Grorr. Le Phalanger femelle, Burr.) est long de vingt pouces six lignes (0,556), et sa queue en a treize (0,552); son pelage, épais et cotonneux , est blanchâtre dans le mâle, d'un roux assez vif dans la femelle, avec une ligne très-foncée sur le dos, et
une plaque jaunàtre sur les côtés du cou; la partie nue de sa queue est d’un rouge carmin. Cet animal est très-commun au port Praslin, dans la Nouvelle-lrlande; les naturels estiment beaucoup sa chair.
129 Genre. Les POTOROUS (Hypsiprymnus, ILuiG.) ont trente dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures; deux canines en haut et point en bas; dix molaires à chaque michoire, Les jambes de derrière sont beaucoup plus longues que celles de devant; elles manquent de pouce et ont les deux premiers doigts réunis jusqu'à l'ongle; le troisième doigt est armé d'un ongle très-fort; les pieds antérieurs ont cinq doigts munis d'ongles obtus propres à fouir la terre; leur queue, médiocrement longue, est écailleuse et couverte de quelques poils; leurs oreilles sont grandes, leur tête allongée et leur lèvre supérieure fendue.
Le Poronou (Hypsiprymnus Whitii, Quoy et Gain. Potorous minimus et Kangurus Gaimardii, Desm. Macropus minor, Snaw. Le Potoroo, Wire, Le Kanguroo-Rat, G. Cuv.) a un pied six lignes (0,539) de longueur, non compris la queue, qui a un pied (0,525); il est de la grosseur d’un petit lapin. Sa tête est triangulaire, large et un peu aplatie par derrière, pointue en avant; ses oreilles sont larges; ses tarses très-longs; sa queue est gréle, flexible, terminée par un pinceau brun; son pelage est d’un gris rougeàtre en dessus, blanchâtre en dessous.
Cet animal, d’un caractère fort doux, quoique moins timide que celui des kangourous, ne vit que de feuilles et d'herbe, qu'il pait avec ses longues incisives coupantes, et des ruits, quand il en rencontre. Il paraît même, selon Quoy et Gaimard, qu'il s'accommode fort bien de substances alimentaires propres à l'homme, quand il en trouve l’occasion. Un de ces animaux, disent ces voyageurs, vint enlever familièrement des restes d'aliments au milieu d’une cabane bâtie pour les abriter, pendant une excursion dans les montagnes Bleues, et il s'enfuit par un trou, à la manière des rats. Il habite les broussailles, et fuit avec beaucoup de rapidité, en faisant des bonds prodigieux avec ses jambes de derrière, quand on le poursuit. Il est d’une telle agilité que M. Lesson dit en avoir vu au milieu des rocailles de la Werra-Gambia courir sur les petits buissons qui couvrent cette partie de la Nouvelle- Hollande. C'est à peu près tout ce qu'on sait de son histoire.
Le Pororou pe Lesueur (Hypsiprymnus Lesueur, Quoy et Garm.) n’est connu que par le squelette d'une tête trouvée dans l’île Dirck- Hatichs. Il serait à peu près de la grandeur du précédent, mais ses oreilles seraient beaucoup plus larges, ses joues plus saillantes, son museau moins long et sa tête généralement plus arrondie.
Le Pororoë be PÉRON (Hypsiprymnus Péron, Quoyx et Gain.) n'est également connu que par un squelette apporté de la Nouvelle-Hollande. Il serait de la même grandeur que les précédents, mais ses oreilles seraient beaucoup plus étroites, ses yeux plus saillants à cause de l’abaissement de ses joues; son nez plus saillant, sa tête en général plus mince, plus pointue, en cône plus allongé; ses incisives supérieures mitoyennes el ses canines sont plus longues.
Le Kangourou enfumé.
LES MARSUPIAUX FOLIIVORES.
(Ils manquent de canines aux deux mächoires.)
14 Genre. Les KANGOUROUS (Æangurus, G£orr. Macropus, Suaw) ont vingt-quatre dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures ; pas de canines; huit molaires en haut et huit en bas. Leurs jambes de derrière sont encore plus longues et plus robustes que celles des potorous, et le gros ongle du pied est presque en forme de sabot ; leurs oreilles sont très-grandes ; leur tête est allongée, avec la lèvre supérieure fendue, et des moustaches très-courtes et très-peu fournies ; leur queue est longue, triangulaire, très-musculeuse et très-grosse à son origine ; les femelles ont une poche abdominale cachant deux mamelles.
Le KanGOuUROU ENFUMÉ (K'angurus fuliginosus, GEorr. Macropus fuliginosus, Less.— J. GouL. Le Mén-ü-äh de la Nouvelle-Hollande) atteint, dit-on, jusqu’à six pieds (1,949) de hauteur, mais sa taille ordinaire est de quatre pieds et demi (1,461); il est d’un brun fuligineux en dessus, roux sur les flanes, et d’un gris clair en dessous ; les quatre pattes, une portion de l'extrémité du museau et le derrière du cou sont d’un brun noirâtre ; les oreilles sont brunes en dehors; la quene est rousse en dessous, d’un brun passant au noir en se rapprochant de l'extrémité en dessus.
C'est dans les pays boisés, dans les vastes forêts de la Nouvelle- Hollande , que vivent toutes les espèces de kangourous, mais ils s’acclimatent fort bien chez nous, et même ils s’y multiplient, pour peu qu'on’en prenne quelques soins. Ces singuliers animaux ont été observés pour la première fois par Cook en 1779. Leurs pattes antérieures, fort petites et munies de cinq doigts armés d'ongles assez forts, ne paraissent guère leur être utiles pour la marche, mais ils s’en servent comme de mains pour porter leurs aliments à la bouche, à la manière des rongeurs. Leurs pattes de derrière sont allongées hors de toute proportion, munies de quatre doigts fort longs, dont le second externe, dépassant beau coup les autres dans ses dimensions, a pour ongle un véritable
sabot. Il résulte de cette conformation que la station verticale est leur position habituelle, et qu'ils s'appuient non-seulement sur leurs longues jambes, mais encore sur leur grosse et puissante queue, qui leur sert comme de ressort quand ils sautent; le bond est donc leur marche naturelle, Le sabot de leurs pieds de derrière est pour eux une arme défensive et offensive, car, en se tenant sur une jambe et sur la queue, il peuvent, avec le pied qui leur reste libre, donner des coups assez violents; dans les combats qu'ils se livrent entre eux, ils se servent aussi des pieds de devant et se font de profondes blessures avec leurs ongles. On a vu quelquefois les kangourous qui vivaient à la ménagerie atlaquer leurs gardiens de cette manière, quands ils en étaient maltraités. Ils font des bonds prodigieux, et peuvent, dit-on, franchir d’un seul saut un espace de trente pieds (9,745); mais cependant, lorsqu'ils sont chassés dans des bois fourrés, ils savent fort bien courir à quatre pattes. Quoy et Gaimard, qui ont assisté à plusieurs chasses aux kangourous, disent « que lorsqu'ils sont vivement poussés par les chiens, ils courent toujours sur leurs quatre pieds, et qu'ils n’exécutent de grands sauts que quand ils rencontrent des obstacles à franchir. »
Les kangourous vivent en petite troupe, ou peut-être en famille, conduite par un vieux mâle qui marche en avant , observe la campagne, cherche à découvrir le danger, et donne le signal du repos, des joyeux ébats ou de la fuite, selon les circonstances. Les petits, en naissant, n’ont pas plus d’un pouce (0,027) de longueur; la mère les place dans sa poche, où ils achèvent de se développer, et ils n’en sortent définitivement que lorsque leur grosseur ne leur permet plus d'y rentrer. Aussi ils s'y retirent encore lorsque déjà ils sont en état de paître, ce qu'ils font en sortant le museau de la poche, pendant que la mère paît ellemême, Ces animaux vivent d'herbe, mais cependant ils ne dédaignent pas les autres aliments, et l'on en a vu manger avec plaisir
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non-seulement de la chair, mais du vieux cuir. Quoy et Gaimard en ont possédé un qui buvait même du vin et de l’eau-de-vie. Il est très-remarquable que tous les animaux de la Nouvelle-Hollande, habitant un pays fort pauvre en substances alimentaires, sont à peu près omnivores, malgré les formes qu'affecte leur système dentaire.
Toutes les espèces de ce genre sont extrêmement douces et timides, et les plus grandes ne pensent à se défendre contre les chiens mis à leur poursuite que lorsque la fuite leur est tout à fait interdite. Dans ce cas, l'animal tâche de s’élancer sur une pierre ou une roche de trois à quatre pieds de hauteur, et là, assis sur sa queue et sur une de ses pattes, il tâche d’écarter ses
aisément, mais sa chair est coriace. Il est commun dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Le Kaxcourou À cou Roux (Kangurus ruficollis, GEorr. — Des. Macropus ruficollis, Less.) est beaucoup plus petit que le précédent; son pelage est d’un gris roussätre en dessus et sur les flancs ; la nuque et le haut des épaules sont d’un roux mélé de gris ; la face interne des membres est blanche, ainsi qu’une ligne médiane étroite sous le corps ; le dessus de la queue est d’un gris roussâtre , et le dessous blanchâtre, Il habite l’île de King, dans le détroit de Bass.
Le KANGouUROU vinEUx (Kangurus vinosus, Fr. Cuv.) a beaucoup d’analogie avec le précédent, dont il n’est peut-être qu'une va-
La Marmotte, paysage suisse.
ennemis à coups de pied, et sait très-bien profiter de sa position. Mais cet éclair de courage ne lui sert pas à grand'chose, et deux ou trois chiens viennent aisément à bout de le terrasser. En domesticité il s’apprivoise fort bien, et il devient même familier. La chair des kangourous est assez bonne à manger, et a, dit-on, le goût de celle du cerf; aussi les habitants leur font-ils une guerre active. L'espèce dont nous parlons ici est le plus grand animal que l’on ait trouvé dans la Nouvelle-Hollande.
Le KANGOUROU À MOUSTACHES (Kangurus labiatus, GEorr. Macropus labiatus, Less. Didelphus gigantea, Gui. Macropus major, Suaw. Le Kanguroo, Cook) est la première espèce connue; quoiqu'un peu moins grand que le précédent, sa taille égale celle d'un mouton. Il est gris cendré en dessus et blanchâtre en dessous; le menton est traversé par une ligne d’un gris cendré; le museau est blanc; les pieds et le dessus de la queue sont noiràtres. Cette espèce est très-douce, très-timide, et se familiarise
riété ; mais son pelage est plus gris, et la tache blanche qui entoure la bouche est plus prononcée. Il habite le même pays.
Le Kawcourou er1s-Roux (Kangurus rufogriseus, GEOFF.— DES.)
est un peu plus petit que le kangourou à moustaches, et n’a que trois pieds et demi (4,137) de longueur; son pelage est d'un gris roux tirant sur le blond, plus foncé sur le dos, plus pâle en dessous et passant au blanc sur la ligne médiane; d’un gris brunâtre sur les quatre jambes, et au bout de la queue. Les oreilles sont plus arrondies que dans les deux premières espèces. De la Nouvelle-Hollande.
” Le Kancourou DE Baxxs (Xangurus banksianus, Gain. Macropus banksianus, Less.) est une espèce fort douteuse, qui serait d'un rouge foncé , avec des taches brunes sur la tête. Sa taille serait plus petite que celle du kangourou à moustaches , et il habiterait les montagnes Bleues de la Nouvelle-Hollande.
Le KanGouRoU LAINEUX (Kangurus laniger, Quox et Gal. Kan-
Paris. Typographie Plon frères, rue de Vangirard, 36. 14
gurus fufus, Desm. Macropus laniger, Less.) est presque de la même taille que le kangourou enfumé, et n’a pas moins de quatre pieds (1,299) de longueur ; son pelage est très-long, doux, séyeux, frisé et laineux, d'un rouge ferrugineux en dessus; blanchâtre sur la poitrine et le ventre; les oreilles sont ovales, grisätres en dehors; les doigts d’un brun roussâtre, Ses membres postérieurs sont encore plus allongés que ceux des autres espèces. IL habite les environs du port Macquarie.
Le KanGourou DE L'ÎLE EUGÈNE (Kangurus Eugentü, Desx. Macropus Eugenii, Less.) a dix-neuf pouces de longueur (0,514); son pelage ést épais, moelleux, d'un gris brun en dessus, mêlé d'un peu de roux sur les parties antérieures et sur les pattes de devant, et blanchâtre en dessous; la queue, en dessous, est d’un blanc roussâtre. Il vit en troupes nombreuses sur l’île Eugène, à la côte sud de la Nouvelle-Hollande, et paraît ne pas se trouver sur ce continent.
L'Ouaragar ou KanGourou DE BuISSON (Kangurus ualabatus, Less. et Garx. Macropus ualabatus, Less. Kangurus bicolor, vélins du Muséum; Æangurus Bruni, DEsu.) est brun en dessus, fauve pâle en dessous; sa queue est très-longue, très-noire en dessus ainsi que la bouche; les pattes et les joues sont grises, et les poils de la base des oreilles sont d'un jaune rougeâtre. I est commun dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Le KanGourou DE LABILLARDIÈRE (Kangurus Billardierit , Drsw. Macropus Billardierii, Less.) est à peu près de la taille d'un lièvre; ses oreilles sont courtes et ovales-arrondies: sa lèvre supérieure est rousse; ses mains sont d’un brun roux, et ses ongles très-comprimés au lieu d’être déprimés; sa queue est de la longueur de son corps; son pelage est d'un gris brun en dessus, roussâtre en dessous. Il habite la terre de Diémen,
Le Ponix ou PÉéLANnoc p'AROË (Kangurus veterum, Lrss, et Garx. Macropus veterum, Less. Le Filander, VALENTIN ét LEBRUYN, Le Lapin d’Aroëé) est de la taille du précédent, Il est beaucoup plus ramassé dans ses formes que les précédents; sa queue est moins longue; ses membres antérieurs plus forts; son pelage ést entièrement brun. Il habite exclusivement la Nouvelle-Guinée et les îles équatoriales.
Le KanGourou FiLANDRE ( Kangurus philander, Grorr. Didelphis asiatica, PALL.) a presque toujours été confondu avec l’oualabat, quoiqu'il ne soit pas de la Nouvelle-Hollande, ou avec le podin, quoiqu'il ne lui ressemble pas. Il a environ deux pieds et demi (0,812) de longueur; il est brun en dessus, mais le dessous du corps et la partie interne des membres sont roux? le museau et les doigts sont noirâtres; la queue est noire, avec un peu de blanc à l'extrémité; les oreilles sont brunâtres, avec du roux à leur base. Il habite les îles de la Sonde.
15° Genre. Les PÉTAURISTES (Petaurus, SHaw) ont trentehuit dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures ; pas de canines ; seize molaires en haut, et quatorze en bas; ils ont la peau des flancs plus ou moins étendue entre les jambes, et couverte de poils, de manière à leur servir, non pas d’ailes, mais de parachute ; leur tête est assez courte; leurs oreilles sont
petites, et leur queue est non prenante. Tous sont de la Nouvelle- Hollande.
L'Hépouna-ro (Petaurus taguanoïdes, DESM, — Saw. Petaurisla taguanoides, Drsm. Didelphis petaurus, Saaw. Le Grand Phalanger volant, G. Cuv.) est à peu près de la taille d’un galéopithèque; il a communément dix-huit pouces de longueur (0,487), non compris la queue, qui en a près de vingt (0,540); sa tête est petite, son museau très-aigu; sa queue est arrondie, très-touffue, brune , un peu fauve à la base. Son pelage varie; il peut être : 1° d’un brun chocolat foncé en dessus, et d’un blanc sale en des: sous; 2° mélangé de fauve clair et de brun , avec une raie plus foncée sur le dos : les flancs d’un gris cendré avec deux taches oblongues fauves : le dessous blanchtre; 3° entièrement d'un
blanc jaunâtre sur le dos, et d’un blanc pur en dessous, Les membranes qui sont entre ses membres l’aident à sauter en le soutenant dans l'air.
Gette espèce est commune dans les environs de Sidney et dans les montagnes Bleues, où elle habite les grandes forêts, et se plait particulièrement à poursuivre les insectes, peut-être même les petits oiseaux, sur les plus hautes branches des eucalyptus; probablement elle mange aussi des feuilles. Grâce à l'extension de la peau de leurs flancs, les pétauristes peuvent sauter à une distance prodigieuse d’un arbre à un autre, en étendant les quatre membres et glissant obliquement dans l'air au moyen de leur parachute. Tout ce qu’on sait de leur histoire, c’est que les habitants du pays leur font une guerre à outrance, non-seulement pour s'emparer de leur chair, qu'ils trouvent délicieuse, mais encore pour faire avec leur fourrure de fort jolis petits manteaux que leurs femmes portent sur leurs épaules. En effet, le pelage de ces animaux est très-épais, très-long, d’une douceur et d'une finesse extrême, qui, sans aucun doute, lui donnerait une grande valeur si jamais on le mettait dans le commerce de la pelleterie.
Le PÉTAURISTE À GRANDE QUEUE (Petaurus macrourus, DEesm. Petaurista macroura, Desm. Didelphis macroura, Suaw. Le Phalanger volant à longue queue, G. Guy.) est de la taille du surmulot. Il est d’un brun foncé en dessus, blanchâtre en dessous ; sa queue est grêle , une fois et demie longue comme son corps ; les pattes de devant sont blanches à leur extrémité. IL habite la Nouvelle-Hollande. Probablement on devra réunir à cette espèce, comme simple variété,
Le PÉTAURISTE À VENTRE JAUNE (Petaurus flaviventer, Des. Petaurista flaviventer, Grorr.). Il diffère du précédent par son pelage d'un brun marron en dessus, d’un fauve blanchâtre en dessous; la queue est d'un brun marron, ronde, un peu plus longue que le corps. Il habite le même pays.
Le Pérauniste p£ PÉRON (Petaurus Peronii, Des.) est de la taille de nos écureuils, et se distingue des autres par sa membrane des flancs, qui ne lui vient que jusqu'aux coudes; son pelage est brun en dessus , blanc en dessous, et mélangé de brun et de gris sur le dessus des membranes ; ses pieds sont blancs, ainsi que l’extrémité de sa queue, Il est de la Nouvelle-Hollande.
Le PÉTAURISTE SCIURIEN (Petaurus sciureus, Desm. Didelphis sciurea , SAW) à près de neuf pouces de longueur (0,244), sans y comprendre la queue, qui en a près de dix (0,271), c’est-à-dire qu'il est à peu près de la taille de notre écureuil commun. Son pelage est d'un gris cendré en dessus, blane en dessous ; le bord des membranes est blanc : la tête a deux traits noirs partant des harines et s'étendant jusque sur les yeux; une autre ligne noire s'étend depuis le nez jusqu’au bout de la queue ; celle-ci est cendrée, roussâtre à la base et brune au bout. Il habite l’île de Norfolk et les montagnes Bleues. On sait qu'il s'établit dans des trous d'arbre, et qu'il fait huit petits à chaque portée.
Le PÉTAURISTE PYGMÉE (Petaurus pygmœus, Des. Didelphis pygmœa, SuAW. Petaurista pygmeæa, Gxorr. Le Phalanger volant nain, G. Cuv.) se distingue de tous ses congénères par sa queue d'un gris roussâtre, dont les poils sont parfaitement distiques et affectent la position des barbes d’une plume; son pelage est d’un gris de souris uniforme, légèrement lavé de roussâtre en dessus, et d’un blanc pur en dessous. Il est de la grosseur d’une souris, et sa queue est moins longue que son corps ; la membrane de ses flancs se termine aux coudés. Il habite la Nouvelle-Hollande.
15e Genre. Les HALMATURES (Halmaturus, Fr. Cuv.) ont vingt: huit dents, savoir : six incisives supérieures et deux inférieures ; pas de canines ; dix molaires en haut et dix en bas, c’est-à-dire deux de plus à chaque mâchôire que les kangourous. Du reste, ils leur ressemblent beaucoup et n’en diffèrent guère que par leurs oreilles plus courtes et leur queue presque nue où n'ayant que quelques poils rares,
MARSUPIAUX FOLIIVORES. 211
L'HALMATURE A BANDES (Halmaturus fasciatus. — Kangurus fasciatus, Péron et LesuEur. Halmaturus elegans, Less. Le Kangourou élégant, des naturalistes) a la tête arrondie ; son pelage est d’un gris de souris, rayé transversalement en dessus de gris, de roux et de noir, formant douze à quinze bandes d’un effet agréable ; le dessous est gris, ainsi que la queue dont l’extrémité est noire. Cette espèce a les mêmes mœurs et les mêmes habitudes que les kangourous; elle habite les buissons épais et s'y forme des galeries de verdure. Sa chair passe pour fort bonne. On la trouve dans les îles Bernier et autres voisines.
L'HazwaTuRE TuéTis (Halmaturus thetis, BusseuiL. — Less. Kangurus thetis, Fr. Cuv.) a deux pieds un pouce (0,677) de longueur, non compris la queue qui a vingt pouces (0,542). Son pelage est d’un roux cendré en dessus, d’un gris jaunâtre sur les flancs , rougeâtre sur le cou et les épaules; la queue est peu fournie de poils et recouverte de petites écailles comme celle des rats : elle est, ainsi que les pieds, d’un noir foncé. La gorge, la poitrine et le ventre sont blanchàtres. Il habite les environs du Port-Jackson.
46° Genre. Les PHASCOLOMES ( Phascolomys, GEorr.) ont vingt-quatre dents, savoir : deux incisives en haut et deux en bas, toutes quatre fort longues; point de canines ; dix molaires supérieures et dix inférieures; la tête large, plate ; les jambes courtes ; le corps comme écrasé, sans queue ; ils ont cinq ongles aux pieds de devant, et quatre, avec un petit tubercule au lieu de pouce, à ceux de derrière; la femelle a une poche abdominale.
Le Wompar (Phascolomis wombat , PÉroN et LESUEUR. — DEsu. Wombatus fossor, Georr. Didelphis ursina, Snaw. Phascolomis Basii, Less.) est de la taille d’un blaireau; son pelage est épais, grossier , d’un brun gris plus ou moins foncé , avec des teintes plus foncées sur la poitrine. La femelle tire un peu sur le fauve. Il habite l’île de Ring, au sud de la Nouvelle-Hollande.
Ce phascolome est un animal lourd, massif, raccourci, ce qui, avec des yeux très-écartés, médiocrement ouverts, des oreilles courtes , une marche plantigrade et d’une excessive lenteur, lui donne une figure peu gracieuse. Son caractère est doux, mais excessivement timide ; si on l'attaque, loin de chercher à se défendre , il se ramasse en boule et se laisse assommer sans même chercher à fuir; aussi Péron dit-il que les chasseurs de phoques vivent exclusivement de sa chair, qui est excellente, et qu’ils ont considérablement diminué le nombre de ces animaux. G. Cuvier pense que, ainsi que les kangourous, il s’acclimaterait fort aisément en France, qu'il multiplierait dans nos basses-cours, et qu'il y deviendrait fort avantageux à cause de la qualité de sa chair. En effet, il n’est point d'animal plus à facile nourrir ; à l'état sauvage, il vit exclusivement d'herbe; en domesticité, il mange tout ce qu’on lui présente : le pain, les fruits, les racines, les herbages, et même le lait.
Le wombat est nocturne ; le jour, il se retire dans un terrier qu'il sait se creuser avec ses ongles robustes; et il n’en sort que la nuit pour chercher sa nourriture, et vaquer aux autres besoins de l’animalité. La femelle met bas quatre petits, qu’elle élève dans sa poche abdominale , et dont , selon Péron , elle prend le plus grand soin.