‹ Le jardin des plantesChapitre 81 sur 100 · NAGEURS · texte numérisé non relu

NAGEURS

de juger de l'intelligence des animaux libres et à l’état de nature, par celle que montrent ces malheureux lorsqu'ils ont été abrutis par les fers de l'esclavage. Cette objeetion est parfaitement juste, aussi est-ce ailleurs que dans la domesticité que nous allons maintenant étudier le castor.

Tous ceux que l’on trouve en Europe vivent solitairement, ne construisent rien , et n’habitent que des terriers. Il en est ainsi maintenant, et il en était ainsi dans l'antiquité, car les anciens, en nous parlant de leur canis pontious, qui n’était rien autre chose que notre castor, ne font nulle mention de son habitude de bâtir, et Jui attribuent les mêmes habitudes que celles de la loutre, à la nourriture près. Il est vrai qu'on prétend avoir trouvé en Norwége des ruines annonçant des villages de castors ; mais ce fait, aventureusement avancé, n’a pas été suffisamment prouvé. Dans certaines solitudes de l'Amérique, et surtout dans la haute Louisiane, les castors sont nombreux et n’ont jamais été inquiétés par l'homme, et cependant ils vivent épars, tout au plus en famille, dans l'ignorance et la paresse de construire. Tous vivent dans des terriers qui ont quelquefois jusqu'à trois cents mètres et plus de longueur. Pallas dit que les castors de la Léna et ceux du Jeniseï sont également terriers, même lorsqu'ils sont rassemblés en communauté, mais que pour l'ordinaire ils restent solitaires. L'instinet de bâtir n’est donc pas chez eux développé autant qu'on a youlu le dire, et voyons à quoi cet instinct se réduit, quand on met de côté les contes des voyageurs non instruils, toujours prêts à gâter le merveilleux de la nature en mettant à sa place le merveilleux de leur invention.

Les castors ne vivent pas ordinairement en société, comme on Va dit; depuis les premiers beaux jours du printemps jusqu'à l'automne, ils restent solitaires ou par couples, dans les bois, et élèvent leur famille, non dans des cabanes, comme le dit Buffon, mais dans des terriers qu'ils se creusent le long des ruisseaux. Lorsque les premières gelées blanches se font sentir , c'est alors qu'ils se réunissent et s'occupent, dans de certains pays déserts seulement, à élever ces fameuses digues sur lesquelles on à fait tant de contes absurdes. Elles consistent tout simplement en un amas de branches, de pierres, de boue, qu'ils accumulent sans ordre dans le lit d’un ruisseau, de manière à barrer le cours de l'eau et à la forcer à refluer en forme de petit étang. Comme les matériaux qu'ils emploient consistent en branches d'arbres aquatiques croissant sur le bord des rivières, saules, aunes, peupliers , ete., il arrive naturellement qu’elles prennent racine à la manière des boutures, et que la digue, qui augmente d'épaisseur chaque jour à mesure que le courant y amène des rameaux flottants et des vases qui s’y amoncellent, se fortifie, et finit par former un épais buisson devant sa solidité à la nature plus qu’à ses prétendus architectes. Quant aux cabanes, elles sont construites à peu près dans le même principe. Ils commencent à amonceler, dans un endroit qui peut avoir dix-huit pouces à deux pieds de profondeur {0,487 à 0,650), une grande quantité de petites branches, de pierres et de limon, et ils donnent à cet amas la forme d’un monticule conique, dont la moitié seulement est submergée ; alors ils creusent dans cette butte, ras le fond de l'étang , un trou rond qu'ils élargissent au milieu du tas de matériaux de manière à lui donner une forme analogue à celle d’un four. C’est là qu'ils déposent la provision d’écorce destinée à les nourrir pendant l'hiver. Ils percent un autre trou dans le dôme de £e magasin, puis ils élargissent également ce trou en forme de four, et font ainsi deux pièces l’une sur l'autre, et n'ayant qu'une même et seule issue. Cette dernière pièce n’est pas submergée comme la précédente, elle est au-dessus des eaux les plus hautes, et la famille peut y dormir à sec,

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Ils savent fort bien profiter du courant du ruisseau pour amener par le flottage leurs matériaux sur l'emplacement où ils doivent s’en servir; mais ces pilotis, ces arbres apointis par le pied, transportés par une sorte d'art, cette combinaison de travail, ces prétendus chefs qui forcent les paresseux à prendre part à l'ouvrage, cette queue qui leur sert de truelle, cette maçonnerie , et ces murs solides et crépis avec du mortier de terre, cette sorte de police qui règne dans chaque bourgade ou même dans chaque famille , sont autant de contes dont les voyageurs ont enjolivé leurs relations.

Loin que le castor soit comparable au chien et à l'éléphant pour l'intelligence, on peut affirmer que c'est un animal presque stupide. « Tous conviennent que le castor, dit Buffon lui-même, loin d’avoir une supériorité marquée sur les autres animaux, paraît, au contraire, être au-dessous de quelques-uns d’entre eux pour

dans le discrédit. On ne chasse plus le castor que pour s'emparer de sa fourrure, très-recherchée dans la fabrique de chapellerie , et pour manger sa chair, d’uñ goût assez amer et fort peu agréable. Dans les siècles derniers, il s’en faisait une chasse assez abondante dans tout le Canada, mais le nombre de ces animaux a été tellement diminué, qu'aujourd'hui les expéditions de chasseurs sont obligées d'aller les chercher jusqu'aux sources de l'Arkansas, dans les montagnes Rocheuses. Le piége ou la trappe dont on se sert pour les prendre ne diffère en rien de nos piéges à renards et à putois. Les trappeurs, qui ne voyagent qu’en carayanes pour se défendre contre les peuplades de sauvages, ont l'œil tellement exercé à cette chasse, qu'ils découvrent, au signe le plus léger, la piste du castor, sa hutte ou son terrier fussent-ils placés dans le taillis de saule le plus épais : ce même coup d'œil leur fait deviner exactement le nombre des habitants qui sy

Le Castor.

les qualités purement individuelles. C’est un animal assez doux, assez tranquille, assez familier , un peu triste, même un peu plaintif, sans passions violentes, sans appétits véhéments, ne se donnant que peu de mouvement, ne faisant d'effort pour quoi que ce soit, cependant occupé sérieusement du désir.de sa liberté, rongeant de temps en temps la porte de sa prison, mais sans fureur, sans précipitation, et dans la seule vue d'y faire 1ne ouverture pour en sortir ; au reste, assez indifférent, ne s’attachant pas volontiers , ne cherchant point à nuire et assez peu à plaire; il ne semble fait ni pour servir, ni pour commander , ni même pour commercer avec une autre espèce que la sienne : seul, il a peu d'industrie personnelle, encore moins de ruses, pas même assez de défiance pour éviter des piéges grossiers, Loin d’attaquer les autres animaux, il ne sait pas même se bien défendre. » Ces animaux font pour l'hiver une provision d’écorce, de bourgeons et de bois tendres, formant leur nourriture ordinaire. Les femelles, dit-on, portent quatre mois, mettent bas vers la fin de l'hiver, et produisent ordinairement deux à trois petits. Comme la plupart des autres rongeurs, ils se servent de leurs pieds de devant avec beaucoup d'adresse, principalement pour porter leurs aliments à leur bouche. Ils nagent et plongent parfaitement, mais sur terre ils ont la démarche lourde, et ils courent fort mal.

Autrefois l’on recherchait beaucoup , dans la vieille médecine, une matière onctueuse, odorante, contenue dans de grosses vésicules que les castors ont près de l'anus, et connue dans le commerce sous le nom de castoréum. On lui attribuait plusieurs propriétés merveilleuses ; mais aujourd'hui cette drogue est tombée

trouvent. Alors le chasseur pose sa trappe à deux ou trois pouces au-dessous de la surface de l’eau, et, par une chaine, l’attache à un tronc d'arbre ou à un piquet fortement enfoncé sur la rive. L'appât consiste en une jeune tige de saule dépouillée de son écorce, fixée dans un trou de la bascule du piége, et la sommité dépassant la surface de l’eau de cinq à six pouces. Ce sommet à été préalablement trempé dans la médecine (pour me servir du mot technique des trappeurs) qui doit attirer l'animal par son odeur alléchante. Or, la composition de la médecine est le secrel du trappeur , secret qui néanmoins n’a pas été si bien tenu que nous ne puissions le révéler ici. Au printemps, le chasseur ramasse une grande quantité de bourgeons de peuplier, au moment où ils sont le plus couverts de cette sorte de glu visqueuse et odorante destinée probablement par la nature à protéger le développement des jeunes feuilles. Il jette ces bourgeons dans une chaudière avec de l’eau, quelques feuilles de menthe des ruisseaux, un peu de campbre, et une suffisante quantité de sucre d'érable. Quand tout a bouilli assez longtemps pour réduire l'eau à l’état de sirop sans emporter l'odeur du bourgeon de peuplier, il passe au filtre, et la médecine est faite; on la conserve dans des fioles bien bouchées, et on y trempe l’appât quand on tend le piége.

Le castor, doué d’un odorat très-fin, ne tarde pas à être attiré par l'odeur; mais dès qu’il a touché à l’appât qui tient la détente, le piége part et le prend par les pattes. L'animal se débat; il entraîne la trappe de toute la longueur de la chaine; bientôt, épuisé de fatigue, il coule à fond avec le piége et se noie. Quelquefois, quand le piquet vient à manquer, le castor gagne la rive

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et emporte le piége dans les bois, où l’on a beaucoup de peine à le retrouver. Il arrive aussi que lorsque ces animaux ont été trop inquiétés, ils deviennent méfiants et déjouent toutes les ruses du trappeur. Dans ce cas le chasseur abandonne la partie, met ses piéges sur son dos, et s'éloigne en se disant vaincu.

32e GENRE. Les ONDATRAS (Ondatra, Lacép. Fiber, G. Cuv.) ont seize dents, savoir : quatre incisives et douze molaires, ces dernières composées et à racines distinctes , leur couronne plane, avec des lames émailleuses et anguleuses. Ils ont cinq doigts à tous les pieds; ceux des pieds de derrière à demi palmés et munis sur leurs bords d’une rangée de soies roides, les aidant à nager en remplissant l'office de membrane ; leur longue queue est cylindrique à la base, puis comprimée latéralement, écailleuse, linéaire, recouverte de peu de poils roides.

nourrit. Là il creuse un terrier et fait avec de la mousse un nid très-commode où la femelle dépose ses petits, au nombre de cinq ou six, dont elle prend grand soin pendant toute la belle saison. Si, par hasard, lorsque la femelle est pleine, le couple se trouve à portée d'une vieille cabane d’ondatras, elle s'en empare, et c'est là qu'elle met bas et élève ses enfants. Dans tous les cas, le mâle ne se mêle jamais de cette éducation, et il s'éloigne même de sa famille pour aller errer seul dans les bois. Au mois d’octobre les petits sont aussi grands que leurs parents, et le père vient les rejoindre pour passer l'hiver avec eux.

Alors toute la famille abandonne son habitation d'été et se rend sur le bord d'un lac ou d’une rivière; elle choisit un emplacement commode, c’est-à-dire un endroit couvert de jones, de souchets, et autres plantes croissant dans les ondes et étendant de longues racines dans la vase: il faut que l’eau soit limpide,

Colonne de Daubenton.

L'OxpaTra ou RAT MUSQUÉ pu Canapa (Ondatra zibethicus, Less. Castor zibethecus, Lix. Mus zibethecus , Guu. L'Ondatra, Burr. — G. Cuv. Le Rat puant des sauvages du Canada) a treize pouces (0,352) de longueur, non compris la queue, qui en a neuf (0,244), c'est-à-dire qu'il est à peu près de la grandeur d'un lapin. Son pelage est d’un brun gris teint de roux en dessus, et d’un cendré clair en dessous ; il exhale une odeur de muse qui devient trèsforte et très-désagréable dans le temps des amours.

Ainsi que le castor, l’ondatra habite le nord de l'Amérique septentrionale, fréquente le bord des eaux, se construit une cabane , et vit en société; mais, et ceci surprendra probablement quelques-uns de mes lecteurs, il est bien meilleur architecte. Au printemps, lorsqu'il a trouvé une femelle qui lui convient , et il lui est permis d'être difficile, car il doit passer sa vie entière avec la même compagne, il se relire avec elle au fond d’un bois, à proximité d’une rivière, d'un étang ou d'un lac, où se trouvent abondamment les jones et autres plantes aquatiques dont il se

calme, et que, dans les plus grandes inondations, elle ne monte pas à un pied ou deux au-dessus de son niveau ordinaire. Le lieu convenable étant trouvé, tout le monde se met à l'ouvrage, sous la direction du père , pour bâtir la cabane qui doit les abriter pendant l'hiver. Les matériaux consistent en fiente de bison et en terre glaise, qu'ils pétrissent avec les pieds, et qu'ils mélangent avec de la paille de jonc et des feuilles sèches. Chaque cabane a ordinairement deux pieds et demi (0,812) de diamètre à l'intérieur, et quelquefois beaucoup plus quand plusieurs familles se réunissent. La forme en est ronde, et elle est recouverte d’un dôme de terre battue, épais de quatre pouces (0,108), avec une couverture de jones nattés fort régulièrement à l'extérieur, et n'ayant pas moins de huit pouces (0,217) d'épaisseur. Cette ingénieuse toiture est impénétrable à la pluie, à la neige et aux autres intempéries de l'air. Ils savent très-bien prévoir le cas où un accident extraordinaire ferait monter l’inondation plus haut que de coutume ; en conséquence, ils construisent à l'intérieur

plusieurs étages de gradins sur lesquels ils se logent à sec, lors même que l’eau s'empare du bas de l’édifice. Comme les ondatras né font pas de provisions, ils creusent des puits et des boyaux au-dessous et à l’entour de leur demeure, pour aller chercher de l'eau et des racines de nénufar et d’acore aromatique, formant la base de leur noufriture d'hiver; dans ce cas, ces galeries leur servant de sortie, ils ont le soin de murer la porte de leur cabane. Mais quand celle-ci est construite au milieu de joncs fort épais, capables de les dérober à la vue de leurs ennemis, ils ne creusent point de galeries souterraines, laissent leur porte cuverte, et se frayent des sentiers couverts parmi les jones, sous la neige, que ces plantes soutiennent élevée par leurs tiges rapprochées. Ces häbitations sont construites avec tant de solidité, que les chasseurs ont beaucoup de peine à les ouvrir à coups de pioches et de pics.

Lorsque l'hiver est rigoureux, la cabane est quelquefois couverte de plusieurs pieds de glace et de neige, sans que ses habitants, couchés bien chaudement sur de la mousse, les uns auprès des autres, en soient le moins du monde incommodés. Lorsque les douces influences du printemps commencent à fondre les neiges, à dégeler les lacs et à faire naître la verdure , les ohdatras quittent leur cabane pour n’y revenir jamais. Ils se séparent par couples, et vont, comme je l'ai dit, passer la belle saison dans les bois, où ils vivent de toute sorte d'herbes. Dans les pays où l'hiver est moins rude, par éxemiplé cofiime dans la Louisiane, ces animaux se terrent et ne construisent pas.

Leur fourrure, malgré l’odeur de muse qu'elle exhale, ést fort recherchée à cause du duvet soyeux qui se trotivé sons le poil, et qui sert à confectionner les plus beaux chapeäux. C’est ën hiver que les chasseurs vont à la recherclié de ces animaux, quelque temps avant le moment où ils quittent leur retraite. IIS ouvrent avec des pioches le dôme de leur cabane, les 6Mistueñt bius— quement de la lumière du jour, assomment üt prénhéñt tous ceux qui n'ont pas eu le temps de gagner les galéfiés Sotitéïfaines qu'ils se sont pratiquées, et qui leur servent de défiérs rélratichements où on les suit encore.

Pris jeune, l'ondatra s’apprivoise fort aisément ét éaféssé même la main de son maître; en tout il montre beaucouÿ filus d'intelligence que le castor, dont les sauvages le disent tôtisin. Mais, surtout au printemps, il exhale une odeur musquéé si pénétrante qu'on la sent de fort loin, et qu’elle imprègne d’uné imanière désagréable jusqu'aux meubles de la maison où on Lélève. Cette odeur déplait tellement aux naturels du Canada, qu'ils ont donné à l’ondatra le nom de rat puant. Il paraît que la chair de ces animaux ne s'en emprègne que peu, puisque les Canadiens la mangent et la trouvent fort bonne. L'ondatra a les dents incisives si fortes que lorsqu'on le renferme dans une caisse de bois dur, en quelques instants il y fait un trou assez grand pour en sortir. Il a une singulière faculté qu'il doit à la force de ses muscles peaussiers et à là mobilité de sés côtes : quand il le vent, il se con-

tracte et se rapetisse tellement le corps qu'il peut aisément en diminuer le volume de moitié, et alors il passe par un trou où ne passerait pas un animal beaücoup plus petit que lui.

33° GENRE. Les HYDROMYS (Hydromys, Georr.) ont douze dents, sayoir : quatre incisives et huit molaires, ces dernières simples, à couronne creusée en cuiller dans son milieu; les incisives supérieures unies et plates antérieurement, les inférieures arrondies en devant. Tous les pieds ont cinq doigts, libres aux pieds antérieurs, palmés aux postérieurs; les pouces de devant sont très-petits, onguiculés; les oreilles sont petites et arrondies ; la queue est longue, cylindrique, couverte de poils ras.

L'HyprouYs À VENTRE BLANC (Hydromys leucogaster, GEorr. — Des.) a un pied (0,525) de longueur, non compris la queue, qui a onze pouces (0,298). Sa fourrure est très-fine, très-douce au toucher, brune en dessus, blanche en dessous; la queue est blanche dans sa moitié terminale; les pieds de derrière ne sont guère qu'à demi palmés. Il habite l'île Maria, sur les bords des rivières, ën Australasie.

L'Hypnonys À VENTRE JAUNE (Hydromys chrysogaster, GEOFe. — — Des.) est une espèce bien distincte de la précédente, quoi ii'en aient dit quelques naturalistes. Elle en diffère par ses pieds dé derrière, dont les doigts sont réunis par une membrane plus éténdué, par sa fourrure plus douce, plus fine, et d'un orangé très-vif en déssous; enfin par sa queue blanche seulement à l'extrémité. Il habite l'ile Brüni, dans la même partie du monde.

54e Genre. Les POTAMYS (Myopotamus, Commers.) ont vingt dents, savoir : quatre inicisives, huit molaires analogues à celles des castors, ayant une échancrure sur une face et trois du côté opposé; la tête est large, les oreilles petites et rondes, le museau übtus; 185 pieds sont à cinq doigts, avec les pouces de devant fort courts, et les doigts des pieds postérieurs palmés ; la queue est forté, conique, longtie, écaillense, parsemée de gros poils.

Le Quouiva où Coyroë | Myopotamus bonariensis, Cou. Hydro- YyS coypus, GEeokr. — DEsm. Mus coypus, Moun.) est presque de là grandeur d'un castor, dont il a les formes générales ; son poil, très-fin et très-soyeux, est d'un brun marron sur le dos, roux sur lés flancs et brun clair sous le ventre; il a une variété entièrement rousse. I est commun au Paraguay, au Chili et au Tucuman. Depuis fort longtemps nos fourreurs reçoivent par milliers dés peaux de et animal, dont le poil, connu dans le commerce sous le nom de racoñdä, remplace très-bien celui du castor dans la fabrication des chapeaux. Le coypou habite des terriers creusés sur le bord des fleuves, des grandes rivières et des lacs; il vit de bourgeons, d'herbes et de racines de plantes aquatiques. Ses mœurs sont fort douces; il s’apprivoise très-aisément, et s'attache même aux personnes qui prennent soin de lui. Du reste, son intelligence est très-bornée, et il donne aisément dans tous les piéges qu'on lui tend.

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