‹ Le jardin des plantesChapitre 84 sur 100 · LES LIÈVRES · texte numérisé non relu

LES LIÈVRES

ont, dans l’âge adulte, quatre incisives à la mâchoire supérieure, deux à l'inférieure, et de vingt à vingt-deux molaires. Dans leur jeunesse il leur pousse à la mâchoire supérieure deux incisives destinées à en remplacer deux qui doivent tomber, de manière que, pendant un certain temps, ils ont six incisives en haut. Leurs pieds de devant ont cinq doigts et ceux de derrière quatre.

40e Genre. Les LIEVRES (Lepus, Las.) ont vingt-huit dents, savoir : quatre incisives supérieures et deux inférieures; douze molaires supérieures dont deux petites et simples, et deux inférienres; toutes, excepté les deux petites, sont composées et formées de deux lames verticales soudées ensemble. Les paltes de derrière sont très-longues, ainsi que les oreilles; la queue est

courte et relevée; la femelle a de six à dix mamelles. Ces animaux timides sont recherchés et poursuivis par les chasseurs et leurs meutes,

Les Lèvres et les Lapins se ressemblant tous, non-seulement par les formes, mais encore par les mœurs, nous allons généraliser leur histoire, afin de ne pas tomber dans des redites en— nuyeuses. Peu d'espèces sont aussi fécondes et se multiplient autant que celles des animaux de ce genre. Les femelles mettent bas plusieurs fois par an, ne portent que trente jours environ, et font plusieurs petits qu’elles allaitent pendant quinze à vingt jours. Ces petits naissent couverts de poils et les yeux ouverts; ils grandissent très-vite et sont capables de se reproduire dès l’âge de six à huit mois. Ceci explique comment les lièvres et les lapins n'ont pu être détruits en France même dans les cantons les plus exploités par les chasseurs et les braconniers. Ces animaux sont d’une timidité qui est devenuë jrovéfbiale, ét il né pouvait en être autrement, puisqu'ilsin’ont aticuhe afmé à opposer à leurs nombreux ennemis ; une belette, uh suürinulot sont assez forts et assez hardis pour attaquer et étranglei ün de ces animaux. Aussi les lièvres ne trouvent-ils leur sälut que dans là fuite et la rapidité prodigieuse de leur coufse, ét les lapins dans le profond terrier qui leur sert de retraite. Sans cessé aux aguels pour découvrir le danger qui peut les menacer, ils sont doués d'une ouïe excellente qui leur révèle de fort loin l'approche de l'ennemi ; le moindre bruit suspect les met sur leurs gardes, et la peur est pour eux une sentinelle toujours éveillée qui les avertit à temps de détaler au plus vite.

Les lièvres, quoi qu'on en ait dit, sont des animaux intelligents qui savent parfaitement employer la ruse, non-seulement pour fuir le danger, mais encore pour le prévenir. Si la terre est couverte de neige, ils savent que l'empreinte de leurs pas peut mettre l'ennemi sur leur trace, et il n’est pas un chasseur qui n'ait admiré avec quel art ils savent l’effacer, ou plutôt l'embrouiller, en passant et repassant vingt fois sur la même ligne, en décrivant mille tours et détours avant de se gîter; puis, s'élançant tout à coup de ces traces inextricables, par un bond prodigieux ils vont tomber dans un buisson ou un sillon profond, où ils restent cachés sans faire le moindre mouvement. Dix fois le chasseur, en cherchant à déméler les traces de leurs pas, s’est avancé tout près d'eux, à passé à quelques pieds de leur gîte sans que le moindre mouvemeéft de frayeur ait dénoncé leur retraite. L'expérience leur a aussi appris que les chiens”, sans qu'il soit besoin de neige, ont l’odorat assez fin pour les suivre à la piste; aussi font-ils là même manœuvre, quoique avec un peu moins de précautions, toutes les fois qu'ils veulent se giter; j'ai été plusieurs fois témoin oculaire de ce fait. Quand les lièvres sont poursuivis par les chiens, ils rusent devant eux pour tâcher de leur faire prendre le change, et quelques-uns y parviennent en employant des moyens qui annoncent de l'intelligence. On en a vu se cacher au milieu d’un troupeau de moutons, d’autres s’enfoncer dans des trous de rochers; j'en ai vu un qui s’élancait sur le tronc d’un vieux saule penché sur une rivière, et qui restait là, caché dans le feuillage, pendant que la meute le cherchait vainement au pied de l'arbre et finissait par perdre sa voie. Du Fouilloux, dans son naïf langage , raconte plusieurs faits très-remarquables à ce sujet : « J'ai vu, dit-il, un lièvre si malicieux, que, depuis qu'il oyait la trompe, il se levait du gîte, et eüt-il été à un quart de lieue de là, il s’en allait nager en un étang, se relaissant au milieu d'icelui sur des jones sans être aucunement chassé des chiens. J'ai vu courir un lièvre bien deux heures devant les chiens, qui, après avoir couru , venait pousser un autre et se mettait en son gite. J'en ai vu d’autres qui, quand ils avaient couru une demi-heure, s’en allaient monter sur une vieille muraille de six pieds de haut, et s’allaient relaisser en un pertuis de chauffaut couvert de lierre, ete., ete, »

Certaines espèces de ce genre habitent les bois et kes montagnes, d’autres la plaine et les pays sablonneux. Quelques-uns ne se font aucune habitation, changent de gite tous les jours, et font leurs petits sur la terre nue, comme notre lièvre commun ; il en est qui se creusent des terriers et préparent à leurs petits un lit de foin et de duvet, par exemple le lapin. Un fait assez extraordinaire, c’est que les espèces qui semblent avoir le plus d’analogie entre elles sont animées les unes contre les autres d'une haine mortelle, chose rare parmi les animaux purement herbivores. Jamais les lièvres ne vivront dans le même canton que les lapins; si l’on renferme dans la même cage deux de ces animaux, un de chaque espèce, on peut être sûr que le plus fort aura tué le plus faible après quelques heures, et le lapin, quoique le plus petit, reste ordinairement le vainqueur dans cette lutte acharnée, La plupart des lièvres vivent solitairement, et les femelles abandôüñent leurs petits après les avoir allaités une vingtaine de joufs; lés espèces qui se creusent des terriers vivent äü Côfitraire éëñ famille, et souvent même en sorte de société, dans dés garéñitiés Conposées quelquefois d'un très-grand nombre dé terriers. Tous vivent d'herbes, de feuilles, d’écorces, et tié sortént guère que la nuit de leur retraite pour aller paître. Ils dorment le jour, mais d’un sommeil léger, les yeux ouverts et l'oreille au guet. Ce sont des animaux silencieux qui ne font entendre leur voix que lorsqu'ils y sont forcés par la douleur ou un danger inévitable; alors ils poussent des cris aigus qui ont quelque ressemblance avec ceux d’un petit enfant.

On trouve des lièvres dans presque tous les pays de la terre, et partout leur chair est estimée comme un mets excellent. Mais cependant on a remarqué que sa saveur est d'autant meilleure que l’animal habitait un pays de montagnes et se nourrissait de plantes odorantes, telles que le thym, le serpolet, etc. Les lièvres de plaine sont moins estimés des gastronomes, et ceux des ma— rais passent pour ne rien valoir du tout. Néanmoins les musulmans et les juifs, par un préjugé de religion, ne mangent pas le lièvre. Les Grecs, et surtout les Romains, en faisaient grand cas, et nous savons par Martial qu'ils estimaient sa chair audessus de celle de tous les autres quadrupèdes. Ces animaux ne vivent guère que sept à huit ans.

Le Lièvre ORDINAIRE (Lepus timidus, Lis.) a le pelage d’un gris fauve ou d’un fauve roussâtre, nuancé de brun en dessus, blanc en dessous ; ses oreilles sont plus longues que sa tête, d’un roux cendré sur la conque ; noires à leur extrémité; sa queue, longue au plus de trois pouces (0,081), est blanche, avec une ligne noire en dessus. Cet animal offre üne singularité très-remarquable, et que je crois unique parmi les mammifères, c'est d’avoir du poil dans la bouche. IL vit solitairement; il est très-commun dans toute l’Europe. On en trouve une variété blanche.

Le Lièvre À QUEUE ROUSSE (Lepus ruficaudatus, Is. GEOrr.) ressemble beaucoup au lièvre commun; il en diffère néanmoins par sa queue plus longue, et rousse en dessus au lieu d’être noire, par sä tache oculaire moins prononcée et sa joue très-mélangée de noir; par son poil beaucoup plus rude, et sa taille un peu moins grande. Il habite le Bengale.

Le Moussez (Lepus nigricollis, Fr. Cuv.) est de la taille d'un gros lapin; son pelage est d'un roux tiqueté en dessous, d'un gris également tiqueté sur les flancs et les cuisses; d'un blanc pur en dessous ; une bande grisâtre s’étend du museau à l'oreille en passant sur l'œil; les oreilles sont variées de blanc, de roux gris etde brun pâle, avec la pointe noire ; le dessus du cou est d'un beau noir: le reste du corps, en dessus, est d’un gris de perle; les quatre pattes sont rousses; la queue est blanche en

dessus et brune en dessous. Il habite le Malabar et Java.

Le Lièvre »'Écypre (Lepus œgypliacus, Grorr.) est plus petit que le lièvre ordinaire; son pelage est d’un roux grisâtre, avec le menton et la gorge d’un blanc légèrement lavé de fauve ; une bande blanche lui passe sur l'œil; le devant du cou est d’un

à LIÈVRES. 251

roussâtre pâle; le dessous du corps d’un blanc roussâtre, avec la queue d'un brun noir en dessus et blanchâtre en dessous; ses oreilles sont très-longues. Il habite l'Égypte.

Le Lièvre pu Cap où Mourain mare (Lepus capensis, Lin.) est plus grand que notre lièvre ordinaire. Son pelage est d'un gris roux en dessus et blanc en dessous ; sa poitrine et ses jambes sont d'un fauve uniforme et vif; sa queue est noire en dessus, blanche en dessous : un trait roussâtre, bordé d'une bande brunâtre en dessous, occupe la région de l'oreille, dont l'extrémité est noire; ses oreilles et ses jambes sont extrèmement allongés. Il habite les dunes du cap de Bonne-Espérance, mais il n'est pas commun.

Le Lièvre pes RocnERs (Lepus saæatilis, Fr. Cuv.) ressemble beaucoup par son pelage an lapin des sables, avec lequel M. Lesson l'a confondu, mais il en diffère totalement par ses formes. Il est un peu moins grand que le précédent ; son pelage est roussâtre en dessus, d’un gris roussâtre sur les membres, gris sur les flancs et la gorge ; le dessus du cou est d’un roux vif, ainsi qu'une partie des oreilles dont l'extrémité est noire, avec la partie interne d’un gris piqueté de noir et de fauve, comme Ja tête; la tache oculaire est d'un gris cendré; le dessous du corps et de la tête est blanc; le dessus de la queue est noir, et le dessous bläne. Il habite les montagnes du cap de Bonneé-Espérance.

Le Lièvre VARIABLE (Lepus variabilis, PALL.) est plus grand que notre lièvre ordinaire; ses oreilles sont plus courtes que sa tête, et noires au bout en tout temps; il est d’un gris fauve en été, blanc en hiver; sa queue est blanche ou fauve, selon la sai= son. Ce lièvre est voyageur, change souvent de canton, et vit solitairement. Sa nourriture principale consiste En graine dé pin cembro et en quelques espèces d’agarics. Il habite les Alpes de Savoie et tout le nord de l'Europe.

Le Lièvre HYBRIDE ( Lepus hybridus , PALL.) n’est probablement qu'une variélé du précédent, que Pallas regardait comme un métis du lièvre ordinaire et du lièvre variable. Il ne diffère de ce dernier que par sa queue, qui reste constamment noire, et par son pelage, qui ne blanchit qu'incomplétement et conserve du gris pendant l'hiver. Il habite la Russie et la Sibérie.

Le RexaLek (Lepus glucialis, Same) est plus grand que le lièvre variable ; son pelage est entièrement blane en été et en automne, d'un brun grisàtre en hiver, et ses lèvres sont noires ; ses oreilles sont plus longues que sa tête; sa queue est très-courte ; ses ongles sont déprimés , larges et forts. Son pelage est grisâtre avant l'âge adulte. Il habite les falaises du bord de la mer, dans le Groënland, et l'ile Melville, où il est très-commun. La femelle met ordihairement bas huit petits.

Le WanvNG HARe Où LiÈVRE DE ViRGINE (Lepus virÿinianus, HarL.) est d'un gris brun ou d’un gris plombé en été, blane en hiver, avec, en tout temps, un cerele d’un fauve roussâtre autour dés yeux; sa queue est très-courte, et ses oreilles sont à peu près de la longueur de sa tête. IL vit dans les prairies qui bordent le Missouri , et ne se creuse pas de terrier.

Le Taréri (Lepus brasiliensis, Lix.) est plus petit que le lapin ; son pelage est varié de brun noir et de jaunâtre en dessus; il a un demi-collier blanc sous le cou; ses oreilles sont beaucoup plus courtes que sa tête, et sa queue est tellement courte, qu'elle reste cachée dans les poils des cuisses. Il habite le Brésil et le Paraguay, et vit dans les bois. Il ne se creuse pas de terrier, mais il se relire sous les vieillés süuthes d'arbres.

Le Toraï (Zépus tolaï, Gui.) est ün peu moins grañd que le lièvre ordinaire et un peu plus que le lapin. Sa tête et son dos sont mêlés de gris pâle et de brun; la gorge et le dessous du corps sont blancs, là nuque, le déssous du cou et les oreilles sont jaunâtres, célles-ci bordées de noir en déssus; il a du blanc au museau el autour de l'œil; là queue est blanche en dessous noire en dessus. Il habite la Sibérie, la Mongolie, la Tartarie, et Se trouve jusqu'au Thibet. Quand il est chassé par les chiens, il

file de long droit devant lui, sans ruser, et se réfugie dans le premier trou de rocher, ou autre, qu'il peut trouver,

Le Lapin pes SABLES (Lepus arenarius, Is. GEOrr.) est d’un quart plus petit que notre lapin ordinaire; son pelage est d'un gris cendré tiqueté en dessus; les membres, la gorge, les flancs, le tour de l'œil et le bout du museau sont roux; la tache du derrière du cou est grise et fort petite ; le dessous de la tête est d’un blanc roussâtre, et le dessous du corps est blanc; la queue, pareillement blanche en dessous, est noire en dessus ; les oréillés sont de même couleur que chez les lapins, seulement elles ont une tache noire plus étendue à l'extrémité. Il habite le pays des Hottentots.

Le Lapin DE MAGELLANIE (Lepus magellanicus , Less. et Garx.) est entièrement d'un noir violacé, offrant çà et là des taches blan= ches; les oreilles sont d'un brun roux, et plus courtes que la tête ; il a plusieurs taches blanches régulières, l’une sur le nez, l'autre entre les deux narines, une troisième sur la gorge, et une quatrième sur le front. Il vit en grandes troupes aux îles Malouines , et se creuse un terrier sous les rares buissons du pays.

Le LApix D'AMÉRIQUE (Lepus hudsonius, PaLL. Lepus americanus, Des.) est de la grandeur d'un moyen lapin. Son pelage est d’un roux brun liqueté de gris sur quelques parties; son ventre et le dessous du cou sont blancs; les oreilles sont plus courtes que la lèle, noires à leur extrémité; la queue est blanche en dessous, grisätre en dessus, et longue de deux pouces (0,054), ce qui le distingue très-bien du tapéti avec lequel G. Cuvier l’a confondu. Il devient blanchâtre pendant l'hiver. Il habite l'Amérique septentrionale et né sé creuse pas de terrier.

Le Lapin ONbINAIRE (Lepus cuniculus, Lin.) a le pelage gris, mêlé dé fauve, et une plaque rousse sur la nuque; son ventre et sa gorge sont blanchâtres; ses oreilles sont à peu près de la longueur de la tête, grisâtres en dehors , d’un roux tiqueté en dedans, avec un liséré noir à la partie supérieure; la queue est blanche en dessous, brune en dessus. Originaire d'Afrique, le lapin a d’abord été naturalisé en Espagne, d'où il s’est répandu en France et dans tout le reste de l'Europe. Il vit en troupes nombreuses, dans des garennes où chaque famille se creuse un terrier; la femelle y met bas deux ou trois fois par an, jusqu’à huit à dix petits, qui n’en sortent que lorsqu'ils sont assez forts pour se suflire à eux-mêmes et se creuser de nouveaux terriers dans les environs, car jamais ils ne s'éloignent beaucoup de l’endroit qui les a vus naître, et ils ont cela de commun avec tous les lièvres. Jusque-là elle défend au mâle l’entrée de sa retraite, parce qu'il ne manquerait pas de tuer ses enfants s'il pouvait y pénétrer; elle a soin, toutes les fois qu'elle en sort, d’en boucher l'entrée avec de la terre délayée. Soumis à la domesticité, le lapin, qui prend dans ce cas l’épithète de clapier, a fourni plusieurs variétés, toutes plus grosses que leur type, et ayant les oreilles plus longues. Les plus remarquables sont :

4o Le Olapier à longues oreilles, qui atteint la taille des plus grands lièvres ; son pelage est le même que celui du lapin de garenne, mais ses oreilles sont, proportionnellement, beaucoup plus longues et plus larges ;

29 Le Clapier blanc, à poils ras et pelage entièrement blane, Il a les yeux rouges comme tous les albinos ;

5° Le Clapier varié, mélangé de gris et de blanc;

4° Le Clapier roux, d’une couleur rousse plus ou moins jaunâtre :

5° Le Clapier noir, à poils ras comme les précédents, et pelage entièrement d’un noir foncé ;

6° Le Clapier pie, varié de noir et de blanc;

7e Le Riche, à poils soyeux , et pelage d’un gris d’ardoise plus ou moins foncé ;

8° Le Lapin d'Angora, à poils très-longs, très-soyeux, qu’on lui arrache chaque année pour l’employer à la fabrication de feutres, de tricots et autres étoffes. Celui-ci a fourni plusieurs sous-variétés de couleur, parmi lesquelles on remarque :

90 L’Argenté, à poils très-longs et d’une blancheur parfaite.

La chair des lapins de garenne est assez estimée, mais il n’en est pas de même de celle des lapins domestiques, qui est toujours plus ou moins fade, à moins qu'ils n'aient été nourris avec des végétaux choisis, et non avec des plantes potagères, telles que le chou, etc.

41e GExRE. Les LAGOMYS (Lagomys, G. Cuv.) ont vingt-six dents, savoir : quatre incisives supérieures et deux inférieures ; dix molaires en haut et dix en bas; toutes les dents à peu près conformées comme celles des lièvres. Leurs jambes sont à peu près de la même longueur entre elles; leurs oreilles sont courtes, arrondies ; ils manquent de queue, et leurs clavicules sont presque complètes ; la femelle a de quatre à six mamelles.

que sept pouces (0,189) de longueur; son pelage est épais, fin, très-doux, d'un fauve grisâtre, mélangé de brun et de gris; le dessous du corps est d'un blanc sale, avec la gorge, les lèvres et le nez tout à fait blancs; les oreilles sont un peu triangulaires, bordées de blanc. Il habite les parties méridionales des monts Ourals, et vit solilairement dans un terrier qu'il se creuse sur la lisière des bois, dans les cantons fertiles et découverts. IL n’en sort que la nuit pour aller chercher sa nourriture, consistant en feuilles, fleurs, bourgeons et écorces d'arbres, tels que le pommier sauvage , le cerisier nain, le robinier frutescent, et le cytise rampant. Chaque jour, au soleil couchant et au soleil levant, il pousse des cris aigus, sans doute pour appeler une femelle, et ces cris le dénoncent aux chasseurs.

L'Ocorox (Lagomys ogotona, Les. Lepus ogolona, Pau. Le

Le Lapin.

Le Pia (Lagomys pika, Georr. Lagomys alpinus, Desm. Lepus alpinus, PaLcas) a neuf pouces et demi (0,257) de longueur; il est généralement d'un roux jaunâtre avec quelques longs poils noirs ; le dessus du corps est d’un fauve pâle, le tour de la bouche cendré , le dessous des pieds brun ; les oreilles sont arrondies et brunes. L

Cet animal est très-commun en Sibérie, où il habite dans les montagnes les plus hautes et les plus escarpées, les bois, les vallées, et les prairies fraiches et herbeuses. Quelquefois il se creuse un terrier, mais le plus souvent il fixe son habitation dans un trou de rocher ou dans un arbre creux, et il s’y retire solitairement, ou, plus ordinairement, avec un ou deux de ses camarades. Il se nourrit de feuilles et d'herbes, et il a la prévoyance de faire une bonne provision pour passer l'hiver dans l'abondance. Dès le mois d'août il commence ses approvisionnements, consistant en herbes qu'il choisit, coupe et fait sécher avec beaucoup de soin. Ensuite, pour mettre ce foin à l'abri des intempéries de l'air, il cherche un tronc d'arbre creusé par le temps, une grotte, où un trou dans une roche. Là plusieurs se réunissent pour établir un magasin commun, et ils y entassent une quantité de foin calculée sur le nombre d'individus qui auront à s'en nourrir pendant la mauvaise saison. Aussi n'est-il pas rare de trouver de ces tas qui ont jusqu'à cinq et six pieds (1,624 et 1,949) de hauteur et huit de diamètre (2,599). Cette habitude des pikas fournit aux voyageurs qui osent pénétrer dans les vastes solitudes de la Sibérie une précieuse ressource pour nourrir leurs chevaux.

Le SuLcan (Lagomys pusillus, Des. Lepus pusillus, Parr. Le Lagomys nain, G. Guv.) est plus petit que le précédent, et n’a

Lagomys gris, G. Guy.) a six pouces et demi (0,176) de longueur; il est d’un gris pâle en dessus, blanc en dessous, avec les pieds jaunâtres ; ses oreilles sont ovales, un peu pointues, de la cou leur du corps; son pelage est fin, lisse, et assez long. Il habite la Tartarie mongole ét les montagnes au delà du lac Baïkal. Comme le précédent, il se creuse un terrier, dont il ne sort que la nuit, et son cri est un sifflement aigu qui se distingue très-bien de celui du sulgan. Il se nourrit d’écorce d’aubépine et de bou— leau, d'herbes, et surtout d’une sorte de véronique qui croît sous la neige. Ainsi que le pika, il fait une provision de foin, qu'il amasse en tas hémisphériques, d'environ un pied (0,525) de hauteur. L'hermine et le chat manul sont les ennemis les plus dangereux de ce petit animal; car sa petite taille le fait dédaigner de l’homme, quoique sa chair soit bonne.

DASYPOIDES. 253

Le Paca brun.

Page 1