LES DAS
ont seize molaires en tout, deux incisives seulement à la màchoire supérieure, et deux à l’inférieure; leurs pieds postérieurs ont trois ou cinq doigts, mais dont un de chaque côté est très-petit.
42e GENRE, Les PACAS (Cœlogenus, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : deux incisives à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, composées!, à couronnefplate, irrégulièrement sillonnées; ils ont cinq doigts à tous les pieds; ils ont sur les joues une sorte de cavité dont l'ouverture est extérieure ; leur queue est très-courte ; la femelle a quatre mamelles. Ces animaux sont de l'Amérique méridionale.
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en bande, et blanches ; le ventre, la poitrine, la gorge et la face interne des jambes sont d’un blanc sale; ses moustaches sont trèslongues , noires et blanches; sa queue est extrêmement courte, presque rudimentaire. Comme le lapin, il se creuse un terrier à plusieurs issues, et n’en sort que la nuit pour aller paitre. Sa nourriture ordinaire consiste principalement en fruits et en racines qu'il déterre en fouillant, mais il ne se sert jamais de ses pattes de devant pour porter les aliments à sa bouche, à la manière des autres rongeurs. Il se plaît sur le bord des rivières et dans les lieux humides, probablement parce qu'il y trouve une végétation plus riche, mais il n'établit son terrier que dans les
Le Paca BRUN ( Cœlogenus subniger, Fr. Cuv. Cavia Paca, Gu. Le Paca, Burr. Le Pag, »’Azzara. Le Pak ou l'Ourana, ne BaRÈRE. Le Pag et le Cottie de quelques parties de l'Amérique méridionale ).
Cet animal, très-commun au Brésil et à la Guyane malgré la chasse continuelle qu'on lui fait, se trouve aussi, mais plus rarement, aux Antilles et au Paraguay. Sa longueur totale est d'un pied neuf pouces (0,569), c’est-à-dire qu'il est plus grand qu'un lièvre; son pelage est d’un brun noirâtre, marqué de chaque côté du corps de quatre ou cinq rangs de taches arrondies, disposées
terrains secs et chauds. II produit souvent et en grand nombre, et il fallait qu'il en füt ainsi, car les chasseurs sont toujours à sa poursuite, et quand ils ne peuvent le tuer à coups de fusil, ils vont le déterrer dans son trou. Quoique d’un caractère paisible et fort doux, il défend courageusement sa vie et fait quelquefois des morsures cruelles. La chair de cet animal est délicieuse, au dire des voyageurs, qui la comparent à celle du cochon de lait, et n’en parlent jamais sans en faire le plus grand éloge. Il paraît qu’on le fait cuire avec sa peau, et que celle-ci est excellente. En domesticité, le paca, ainsi qu'on a pu le voir à la ménagerie,
mange tout ce qu'on lui présente, comme du pain, des légumes, du sucre, des écorces et même de la viande. Il se prive aisément, et a beaucoup de douceur dans ses habitudes; de là, Buffon , et plus tard Fr. Cuvier, ont pensé qu'il serait possible, et même très-utile, de le naturaliser en France et d’en faire un animal de basse-cour; mais ils ne disent pas s’il se reproduit en captivité, ce qui me paraît fort douteux , et ce qui est cependant la condition indispensable de la domesticité.
Les pacas ont été tellement chassés dans les Antilles, qu'aujourd'hui il n'en reste plus guère; mais l'espèce s'est parfaitement soutenue dans les autres parties de l'Amérique. Et cependant, ils sont non-seulement la proie des hommes, mais encore de tous les grands oiseaux de proie , qui leur font une guerre cruelle et continuelle. Ces animaux ont des abajoues fort grandes, dans lesquelles ils cachent leurs aliments quand ils sont poursuivis, ou simplement pour les transporter dans leurs terriers ; mais ils ont, outre cela, sur les joues, deux poches dont l'usage est encore inconnu. Leur peau, quoique couverte d’un poil court et assez rude, fait cependant une assez belle fourrure, parce qu'elle est régulièrement tachetée sur les côtés.
Le Paca FAUvE (Cœælogenus fulvus, Fr. Cuv. Cavia paca, Georr. — G. Cuv. Osteopera platycephala, Harr.. Le Paca femelle de Burr.) n’a été regardé par presque tous les naturalistes, jusqu'à Fr. Cuvier, que comme une variété du précédent. Cependant il en diffère par ses arcades zygomatiques, qui sont extrêmement écartées, et par d’autres caractères anatomiques. Le fond de son pelage est fauve , et non pas brun. Du reste, il lui ressemble en tout le reste, tant pour les couleurs que pour les mœurs. Il habite la Guyane.
45° GExre. Les COBAYES (Cavia, ErxL. Anœæma, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : deux incisives à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées et n'ayant chacune qu'une lame simple et une fourehne; ils manquent de queue ; leurs pieds de devant sont munis de quatre doigts séparés, et ceux de derrière de trois; leurs ongles sont courts, robustes, en forme de petits sabots; ils ont deux mamelles ventrales.
L’Aréréa ou Cocnox n'Inoe (Cavia cobaya, DES. Mus porcellus. Lix. Anœæma cobaya, Fr. Cuv. Le Cochon d'Inde, Burr. Le Cori des Indiens) a environ dix pouces de longueur (0,271): son corps, gros et trapu, est d’un gris roussâtre en dessus, et blanchätre en dessous. Dans la domesticité on en a obtenu de blancs, de jaunes plus ou moins fauves ou orangés, de variés de ces couleurs ou de noir, et qui diffèrent considérablement de leur type.
L'apéréa est commun au Brésil et au Paraguay, où il habite les pajonals (sortes de buissons) qui eouvrent les rives des fleuves, mais il ne pénètre jamais dans les bois. Cet animal a fort peu d'intelligence , il ne sait pas se creuser un terrier, et cependant il aime à en habiter un quand il le trouve tout fait; dans le cas contraire , il se recèle dans des trous de rochers, sous des tas de pierres, ou tout simplement dans un buisson fourré. Il ne sort de sa retraite que le soir et le matin, au crépuscule, pour aller paitre les herbes dont il se nourrit, et qu’il transporte dans son gite. Il paraît que, dans cet état sauvage, sa chair est excellente, et comparable au meilleur lapin de garenne; aussi lui fait-on une chasse active. Sans aucune défense, n'ayant pas même la ressource de fuir avec rapidité , il devient facilement la proie des petits mammifères carnassiers et des oiseaux de proie. La femelle ne met bas qu’une ou deux fois par an , et seulement deux ou trois petits à la fois. Il paraît certain, d’après plusieurs anciens voyageurs, et particulièrement d'après ce que dit Garcilasso de la Vega, dans son Histoire des Incas, que l’apéréa était un animal domestique au Pérou, avant la découverte de l'Amérique, qu'on l'élevait comme nous faisons du lapin domestique, et qu'on en avait obtenu de blancs, de roux, ete.
Depuis bien longtemps cette espèce est répandue en Europe sous le nom de cochon d'Inde, et sa nature s’est tellement modifiée par l'esclavage et le climat, que Buffon a décrit l'apéréa et le cochon d'Inde comme deux espèces différentes, sans soupconner le moins du monde leur identité. En état de liberté, l'apéréa, comme nous l'avons dit, montre peu d'intelligence; mais chez nous il est devenu tout à fait stupide, au point de se laisser tuer par les chats et les autres animaux, sans montrer ni frayeur ni enyie de se défendre. C’est un animal qui ne vit absolument que pour dormir, manger et se multiplier, comme une véritable machine organisée, et il est impossible de saisir chez lui un geste, un signe, qui se rapporte à un autre sentiment, une autre passion, que ces trois choses. Il en résulte que la femelle tient trèspeu à ses enfants, qu'elle les mange quelquefois, et que toujours elle les chasse après les avoir allaités quinze jours. Ceux-ci croissent très-yite, et à l'âge de deux ou trois mois ils sont capables de faire des petits, quoiqu'ils n’alteignent toute leur grosseur qu'à six mois. Or, comme la femelle ne porte que trois semaines, elle peut faire six à huit portées par an, et les portées, qui ne sont que de cinq à six petits dans le commencement, augmentent avec l'âge et finissent par être de dix à douze; l’on a calculé qu'avec un seul couple de ces animaux, on pourait en avoir un millier après l’espace d’un an. Les cochons d'Inde mangent à peu près toutes les substances végétales qu'on leur présente, mais ils paraissent préférer le pain, le son et particulièrement le persil, les pommes de terre et les fruits, à toute autre chose. Ce qu'il y a de singulier, c’est que, même nourris avec des aliments secs, comme le foin, ils ne boivent jamais et urinent beaucoup. Ils supportent assez bien les rigueurs de nos climats, pourvu qu'ils soient renfermés dans un lieu où le thermomètre centigrade ne descende pas au-dessous de quatre à cinq degrés au-dessous de zéro. Leur chair est assez bonne, quoïque un peu fade.
44e Genre. Les CABIAIS (Hydrochærus, Briss.) ont vingt dents, savoir : deux canines à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées , les postérieures étant les plus longues, et formées de lames nombrenses, simples et parallèles, les antérieures offrant des lames fourchues ; les pieds de devant ont quatre doigts larges et armés d'ongles, réunis par des membranes; les pieds de derrière n'ont que trois doigts ; ils manquent de queue, et la femelle a douze mamelles.
Le Capiveoua ou Cagrar (Hydrochærus capybara, Des. Cavra capybara, GuL. — Lix. Le Cabiai, Burr. Le Capybara, G. Cuy. Le Chiguère des habitants de Caracas. Le Cabionara de la Guyane. Le Capivard et le Cochon d'eau de quelques voyageurs) est de la grandeur d’un cochon de Siam : il a trois pieds (0,975) de longueur, sur un pied et demi (0,487) de hauteur, ce qui en fait le plus grand des rongeurs. Son pelage est d'un brun roussâtre en dessus, fauve en dessous, à poils rares, comme ceux d’un cochon, mais plus fins. Il habite l'Amérique méridionale, depuis la Plata jusqu'aux affluents septentrionaux de l'Orénoque, et il ne s'éloigne jamais du bord des eaux.
Cet animal a le corps gros et ramassé, la lèvre supérieure fendue , les yeux noirs et grands, les oreilles et les jambes presque nues ; en marchant il appuie par terre toute la plante des pieds de derrière, ce qui lui donne l'air de ramper. Il ne quitte jamais le bord des rivières et des lacs, et se cache dans les pajonals ou buissons d’arbrisseaux aquatiques qui croissent sur les sables des rivages. Il est timide et vit en famille ou en petites troupes de dix à quinze individus. Quand un objet suspect les effraye , ils poussent un cri que l’on peut rendre par le mot a-pé, prononcé avec force et avec les aspirations que l’âne met dans son braire. A ce signal de l’un d’eux, tous se jettent à l'eau, plongent, et ne vont reparaître à la surface qu'à une très-grande distance de l'endroit où ils se sont enfoncés ; ils nagent ensuite avec une si
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grande facilité et une telle vitesse, qu'il est impossible à un canot de les atteindre. Selon d’Azzara, ils ne vivraient que d'herbe, mais M. de Humboldt s’est assuré qu'ils mangent aussi du poisson, et qu'ils savent le pêcher avec beaucoup d'adresse. Ce voyageur en a vu des troupes rester tranquillement assises sur leur derrière, ce qui est leur position favorite, tandis qu'un grand erocodile sorti des ondes passait au milieu d'eux. Cette sécurité, dit-il, leur venait sans doute de l'expérience qu'ils ont que le crocodile n’attaque pas hors de l’eau.
Le cabiai ne se creuse pas de terrier; il se gîte sur la terre comme le lièvre, et ne quitte guère sa retraite que la nuit. La femelle seule a un domicile fixe, dans lequel elle revient toujours ; elle y met bas de quatre à huit petits qu’elle allaite quelque temps, et qu'elle abandonne aussitôt qu'ils sont assez grands pour se rendre sans elle à la rivière. Pris jeune, cet animal s’apprivoise parfaitement, vient à la voix de son maitre, et le suit presque comme un chien; il est d’un caractère doux, tranquille et tout à fait inoffensif. En captivité on le nourrit fort bien avec de la salade, des carottes, de l'orge et des fruits. Sa chair est grasse, tendre, et passe pour excellente, quoique, selon Buffon, elle ait un peu le goût du poisson. Les missionnaires de l'Orénoque la permettent pendant le carème , comme un aliment maigre. Les chasseurs américains lui font la chasse et le regardent comme une importante pièce de gibier; mais comme îl ne s'éloigne jamais à plus de cent pas des eaux , il faut, pour l'avoir, le tuer roide d’un coup de fusil, car, s’il n’est que blessé mortellement, il se jette dans la rivière, et, ainsi que la loutre, il ne reparaît plus.
45e Genre. Les KERODONS (Kerodon, FR. Cuy.) ont vingt dents, savoir : deux incisives à chaque mâchoire ; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées de deux parties égales, semblables l’une et l’autre à un triangle ou plutôt à un cœur, réunies du côté externe de la dent, et séparées du côté interne, Ces triangles sont entourés chacun de leur émail et remplis de matière osseuse, et leur séparation produit une échancrure anguleuse en partie remplie de matière corticale. Ils ont quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de derrière, comme chez les cobayes, mais les jambes sont plus hautes, les doigts plus gros et plus séparés, et les ongles larges, courts, assez aplatis.
Le Moco (Kerodon moco, Fr. Cuv. Kerodon sciureus , Is. GEOFF. Cavia rupestris, Max. ne NEuw.) est un peu plus grand que le cochon d'Inde; son pelage est d'un gris cendré mêlé de noirâtre et de jaune rougeûtre en dessus, blanchâtre en dessous; ses moustaches sont entièrement noires. Il habite le Brésil et se plait dans les lieux rocailleux ; ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles de l’apéréa.
46° Genre. Les AGOUTIS (Chloromys, Fr. Cuv.) ont vingt dents, savoir : deux incisives à chaque mâchoire; huit molaires en haut et huit en bas, toutes composées, presque égales, à couronne plate, irrégulièrement sillonnée et à contours arrondis; les pieds de devant ont quatre doigts, et ceux de derrière trois, tous libres; les jambes sont fines ; ils ont une petite queue , ou un tubercule qui la remplace.
L'Aroucri ou Axouri (Chloromys acuschy, Desmouc. Cavia acuschy, Gur. Dasyprocta acuschy, Des. L’Acouchy, Burr.) est à peu près de la taille du précédent; son pelage, un peu plus doux et plus soyeux, est brun, avec des mouchetures fauves; la croupe est noirâtre, et le ventre roux; il n’a point de crête derrière la tête ; sa queue est mince, un peu allongée; enfin il n’a que six mamelles. Il a les mêmes mœurs que le précédent, et vit dans les bois à la Guyane, aux iles de la Grenade et de Sainte-Lucie.
L'Acouri HuPPÉ (Chloromys cristatus, Fr. Cuv. Dasyprocta cris-
tata, Desu. Cavia eristata, Georr.) a la même taille que notre lapin; son pelage est noirâtre , piqueté de roux ; il a sur l'oceiput une sorte de crête composée de poils très-allongés ; les poils de sa croupe sont également très-longs; son ventre est brun; ses oreilles et sa queue sont courtes. Il habite Surinam, est moins farouche que le premier, et s'apprivoise beaueoup plus facilement.
L'Acouri PATAGONIEN (Chloromys patagonieus, PEN. Dasyproeta patagonica, Desu. Le Lièvre des Pampas, b'Azara. Cavia palagonica, Suaw) est d'un gris fauve piqué de blanc sur le dos, passant au noir sur la croupe; les fesses et le ventre sont blancs; les flanes fauves ; les oreilles longues; la queue est très-courte, et les mamelles sont au nombre de quatre. On le trouve depuis les pampas du Paraguay , jusqu'au détroit de Magellan. Il ne vit pas en troupe, mais par couple, et le mâle ne quitte pas sa femelle, même quand ils sont poursuivis par des chiens. Pendant la nuit, s'ils se sont séparés pour chercher leur nourriture, ils ne tardent pas à s'appeler par un cri aigu, fort, que l'on pourrait écrire ainsi, 0-0-0-y, cri qu'ils font aussi entendre lorsqu'on les tourmente. Ils s’apprivoisent aisément, et ne font aussi que deux petits. Les Indiens les chassent et les mangent, quoique leur chair, blanche , soit assez fade. Les chasseurs cherchent toujours à tuer la femelle la première, bien sûrs qu'ils sont que le mâle ne la quittera pas.
L'Açour: ou Coria (Chloromys acuti, Fr. Cuv. Dasyprocta aculi, Dess, Cavia aeuti, Erxz. L’Agouti, Burr.) a vingt pouces (0,542 de longueur; il est à peu près de la grosseur d'un grand lièvre ; sa tête a un peu d’analogie avec celle d'un lapin, mais ses yeux sont saillants, et ses oreilles, longues seulement d'un pouce et demi (0,04), sont demi-circulaires et nues; son pelage est rude, brun , piqueté de jaune ou de roussâtre, teinté de verdätre sur gertaines parties, roux sur la croupe; les poils sont très-longs sur cette dernière partie, et beaucoup plus courts sur le reste du corps; la queue est courte, les mamelles sont au nombre de douze.
L'egouti est très-commun à la Guyane, au Brésil et à Sainte- Lucie ; là il fait le plaisir habituel des chasseurs, comme le lièvre chez nous. Il ne se gite pas sur la terre nue comme ce dernier, il ne se creuse pas non plus de terrier comme le lapin, mais il se cache dans les troncs d'arbres et sous les vieilles souches. 11 n'habite que les bois, où il vit en troupes, et il ne sort ordinairement de sa retraite que la nuit. La lumière du jour l’offusque au point que, s’il est surpris par des chiens pendant la journée, ce n’est que difficilement qu'il leur échappe par la fuite, quoique ce soit un habile coureur, surtout en montant: comme il a les pattes de devant beaucoup plus courtes que celles de derrière, il est obligé de ralentir sa course en descendant une montagne ou toute autre pente un peu roide, sous peine de faire la culbute. A l’état sauvage, il est d’un caractère farouche et timide, mais cependant il se défend courageusement lorsque la fuite ne lui est plus possible, et avant de succomber il fait de profondes morsures à ses ennemis. Lorsque les chiens le chassent, il ne ruse pas devant eux, ainsi que le lièvre ou le lapin, mais il s'enfuit très-vite et gagne au plus tôt sa retraite, où il s'enfonce et reste avec obstination. Il n’est qu'un seul moyen de l'en faire sortir, c’est de l'y enfumer; à demi suffoqué, il jette des cris aigus et plaintifs, et ce n’est qu’à la dernière extrémité qu'il s’élance tout à coup dehors pour commencer une lutte qu'il sait devoir lui être mortelle. Son cri, lorsqu'on l'inquiète ou qu'on l'irrite, est, dit Buffon , semblable à celui d’un petit cochon.
Lorsque l’agouti est en colère, il frappe la terre de ses pieds de derrière, absolument come le lapin, et les longs poils de sa croupe se hérissent verticalement. Quand il mange, il saisit ses aliments avec ses pattes de devant, mais elles ne lui servent pas à les porter à sa bouche. Comme tous les animaux de son genre, il est omnivore : il n’a donc pas besoin de s’amasser des provi-
sions, et c'est par erreur que Buffon lui attribue cette habitude ; mais sa nourriture la plus ordinaire consiste en fruits et en racines. La femelle prépare un nid fait avec du foin et des feuilles sèches ; en octobre elle y met bas deux petits, qu’elle n'y allaite que pendant trois ou quatre jours, après quoi elle les transporte dans une autre cachette, ainsi que fait la chatte domestique , et cela probablement par défiance. Si elle éprouve la moindre inquiétude, elle les change de nouveau de domicile, et cette manœuvre recommence souvent. Cependant elle ne les allaite
MA gi
que pendant une vingtaine de jours, après quoi ils commencent à la suivre pour apprendre à chercher leur nourriture, et bientôt après ils la quittent pour se réunir à la première troupe de jeunes agoutis qu'ils rencontrent. Tout farouche qu'il est, si on prend un jeune agouti, et qu’on le traite avec douceur, il s’apprivoise aisément , s'attache, sinon au maitre, du moins au logis, sort et entre seul à la maison, et ne pense même à la quitter tout à fait que lorsque vient le temps des amours. Sa chair se mange, et passe même pour assez bonne.
L'Agouti.
LES ÉDENTES,