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Le Cochon d'Inde, paysage américain.
deur ; sa têle est oblongue; son museau pointu, ses oreilles médiocres, sa queue très-courte et aplatie ; sa cuirasse se compose de trois bandes mobiles; ses compartiments sont régulièrement tuberculeux; il a treize rangées de plaques polygones, d'une couleur plombée, sur le bouclier de la croupe; ses pieds sont assez faibles, et il a deux mamelles pectorales; ses poils sont bruns. Il jouit de la faculté de se rouler en boule complète en renfermant sa tête et ses pieds entre ses boucliers. Il fouille la terre difficilement. On le trouve au Tucuman, dans la république Argentine, et surtout aux environs de Ruénos-Ayres. Fr. Cuvier en a fait le genre Apars.
L'ARMADILLE À QUATRE BANDES (Tatusia quadricincta, Less. Dasypus quadricinctus, Lin.) n’est connue que par la courte phrase de Linné, que voici : quatre rangées d’écailles osseuses. Comme le pensait le naturaliste suédois lui-même, ce n’est sans doute qu'une variété de l'espèce précédente. Sa patrie est inconnue.
Le Pepa ou Ararocutit (Tatusia peba, Less. Dasypus peba, Des. Dasypus novemcinclus , octocinctus et septemcinctus, Lin. Le Taiou
Le Mrourica (Fatusia hybridus, Less. Dasypus hybridus, Des. Le Tatou mulet, v'Azzara) ne me paraît être qu'une variété du précédent ; il en diffère par sa queue arrondie, longue comme la moitié de son corps, et par les bandes de sa cuirasse, au nombre de cinq à sept. Son museau est allongé , ses oreilles sont grandes et ses jambes courtes ; il a quatre doigts aux pieds de devant. Il habite les lieux découverts des pampas de Buénos-Ayres, et il est commun au Paraguay.
Le Tarouay (Tatusia tatuay, Less. Dasypus tatuay, DESM. Armadilla africanus, Srea. Dasypus unicinctus, Lix. Le Kabassou, Burr. Le Talou à douze bandes, G. Cuv.) devient fort grand. Il a cinq doigts à tous les pieds, et quatre des doigts des pieds de deyant ont des ongles énormes, tranchants à leur bord externe. Sa cuirasse se compose de douze à treize bandes, à écailles rectangulaires, plus longues que larges ; la queue est ronde, moins ion gue que la moitié du corps, à tubercules assez distants ; la tête est un peu bombée, le museau long et les oreilles grandes. Il habile Cayenne, le Brésil et le Paraguay.
202 LES EDENTÉS.
Le Picuy (Tatusia minuta, Less. Dasypus minutus , Desn. L’Encoubert de Fr. Cuv.)a dix pouces (0,274) de longueur, et cinq doigts à tous les pieds; sa cuirasse se compose de six à sept bandes à plaques rectangulaires; les écailles de sa tête sont lisses, échancrées sur les côtés au-dessus de l’œil; le bouclier de la eroupe est fortement denté sur son rebord ; sa queue est ronde, longue de presque la moitié du corps, couverte de fortes écailles disposées en anneaux; ses oreilles sont très-pelites; ses poils sont bruns. Il habite les pampas de tout le sud de l'Amérique, depuis Buénos-Ayres jusqu’au détroit de Magellan.
L'ARMADILLE VELUE (Tatusia villosa, Less. Dasypus villosus, Desu. Le Tatou velu, d’'AzzarA) ressemble beaucoup au tatouay, mais elle est plus petite et plus velue. Sa longueur totale ne dépasse pas dix-sept pouces (0,460). Sa cuirasse se compose de six à sept bandes, à plaques rectangulaires ; le bouclier de la croupe a postérieurement des écailles aiguës et dentelées; la queue est un peu plus longue que le tiers du corps, annelée à sa base; Ja têle est recouverte d’écailles rudes; tous les pieds ont.cinq doigts; son ventre et ses pattes sont très - velus, à poils bruns et très longs. Cette armadille habite les pampas de la Plata, et se nourrit souvent de charognes.
Ge Genre. Les CHLAMYPHORES (Chlamyphorus, HarLan) ont trente-deux dents, savoir : point d’incisives, point de canines ; seize molaires en haut et seize en bas. Leur corps est couvert d’un test osseux formé de nombreuses bandes mobiles, transverses, depuis la tête jusqu'à la queue, et par conséquent ils n’ont pas de bouclier sur les épaules ni sur la croupe, comme les animaux des genres précédents; leur test est tronqué postérieurement ; leur queue est mince ; ils ont cinq doigts à tous les pieds, et ceux de devant sont armés d'ongles plus forts que ceux de derrière,
Le CuULAMYPHORE TRONQUÉ (Chlamyphorus truncatus, Harran. Le Pichiciago des Chiliens) a cinq pouces et quart (0,142) de longueur totale; les écailles de son test sont rhomboïdales, et s’avancent sur sa tête; sa queue est ferme, appliquée sur son abdomen, et paraît avoir peu ou point de mouvement; le dessous de son corps est garni de poils blancs, soyeux, épais et doux comme chez la taupe. Cet animal se trouve dans les Cordilières du Chili, aux environs de Mendoce. Il se creuse avec beaucoup d’agilité un terrier composé de longues galeries à la manière de Ja taupe, dont il a toutes les habitudes. Pendant qu'il allaite ses pelits, il les porte sous les rebords de son test écailleux.
Te Guxne. Les ORYCTÉROPES (Orycteropus, Georr.) ont vingtsix dents, savoir : point d’incisives , point de canines; quatorze molaires en haut et douze en bas, toutes composées d’une grande quantité de petits cylindres creux. Leur peau est épaisse, mais non écailleuse, et leur corps est couvert de poils ras; ils ont quatre doigts aux pieds de devant, cinq à ceux de derrière, munis d'ongles plats et non tranchants, propres seulement à fouir ; leur langue est un peu extensible; ils ont la queue et les oreilles droites.
L'Onvcrérore pu Car, ou Cocnon DE TERRE (Orycteropus capensis, DEsm. Myrmecophaga afra, Paz. Myrmecophaga capensis, Guz. Le Cochon de terre, Buxr.) a trois pieds et demi (1,157) de longueur, non compris la queue, qui a un pied neuf pouces (0,569). Son corps est épais, ses jambes sont courtes; ses oreilles ont un peu plus d’un demi-pied (0,162). Son pelage, composé de poils roides comme des soies, est d’un gris roussâtre, avec la jambe, lavant-bras et les pieds noirâtres; sa queue est presque blanche. Cet animal a été tellement chassé par les Hollandais du Cap, qu'il est devenu extrêmement rare dans la colonie.
Le cochon de terre habite les environs du cap de Bonne-Espé-
rance et vit dans un terrier. Le voyageur hollandais Kolbe, quoiqu'il ait dit beaucoup de choses hasardées, a cependant très-bien connu cet animal. « Il se creuse un terrier avec beaucoup de vivacité et de promptitude, ditil, et s’il a seulement la tête et les pieds de devant dans la terre, il s'y cramponne si bien que l'homme le plus robuste ne saurait l'en arracher. Lorsqu'il a faim , il va chercher une fourmilière. Dès qu'il a fait cette bonne
trouvaille, il regarde autour de lui pour voir si tout est tranquille
et S'il n’y a point de danger : il ne mange jamais sans avoir pris cette précaution. Alors il se couche, et, plaçant son long museau tout près de la fourmilière, il tire la langue tant qu'il peut : les fourmis montent dessus en foule, et dès qu'elle en est bien couverte, il la retire et les gobe toutes. Ce jeu recommence plusieurs fois, et jusqu’à ce qu'il soit rassasié. Afin de lui procurer plus aisément cette nourriture, la nature, toute sage, a fait en sorte que la partie supérieure de cette langue qui doit recevoir les fourmis est toujours couverte et comme enduite d’une matière visqueuse et gluante, qui empêche ces faibles animaux de s’en retourner lorsqu'une fois les pattes y sont empêtrées : c’est là sa manière de manger. Il a la chair de fort bon goût et très-saine (quoique exhalant une forte odeur d'acide formique). Les Européens et les Hottentots vont souvent à la chasse de ces animaux; rien n’est plus facile que de les tuer : il ne faut que leur donner un petit coup de bâton sur la tête. »
8e Genre. Les FOURMILIERS (Myrmecophaga, Lin.) manquent absolument de dents; ils n’ont pas de cuirasse écailleuse; leur museau est long, terminé par une petite bouche; leur mâchoire inférieure est presque rudimentaire ; leurs ongles de devant sont forts et tranchants, et varient en nombre selon les espèces; leurs oreilles sont courtes; leur langue est très-extensible; leur queue est longue, velue, lâche, quelquefois nue et prenante.
L'OuaArTERI-ouassA où TamaANoIR (Myrmecophaga jubata, Li. — Des. Le Tamandua-Guagçu du Brésil. Le Gnouroumi et le Yoquoin ou Yogoni du Paraguay. Le Tamanoir de Burr. et de G. Cuv.)
Cet animal, de la grosseur d’un mâtin, a quatre pieds (1,299) de longueur, non compris la queue, qui en a trois (0,975). Son corps est bas sur jambes proportionnellement à sa longueur; sa tête est fort mince, allongée, et se termine par un long museau presque cylindrique, et par une bouche extrêmement petite, fendue d'environ un pouce. Ses pieds de devant sont munis de quatre doigts, et ceux de derrière de cinq; ses oreilles et ses yeux sont très-petits; sa queue est garnie de très-longs poils. Son pelage est brun, avec une ligne oblique, noire, bordée de blanc sur chaque épaule. Ses pieds de devant sont blanchâtres, ceux de derrière noiràtres.
En marchant, le tamanoir s'appuie sur une grosse callosité contre laquelle il tient replié le plus grand de ses ongles, et qui sert aussi de point d'appui à cet ongle quand l'animal saisit quelque objet. Cette attitude le force à ne poser le pied que sur le côté, ce qui rend sa marche lente, difficile et fort peu gracieuse. Il ne se promène guère que la nuit, et il dort tout le jour dans un fourré, couché sur le côté, la tête entre les jambes de devant, rapprochées et croisées avec celles de derrière , et la queue étalée sur lui. Comme il craint beaucoup la lumière, si un accident le contraint à sortir de sa retraite pendant le jour, en marchant il a grand soin de relever sa queue sur son dos, et avec son panache il se fait une sorte de parasol qui le garantit des rayons du soleil. Sa vie est solitaire et triste, et jamais il n'habite que les lieux bas et humides, ou même inondés; quelquefois aussi il pénètre dans les bois pour chercher sa nourriture, mais, malgré la puissance de ses ongles, il ne grimpe jamais sur les arbres. Sa principale nourriture consiste en fourmis et en termites, mais il mange aussi d'autres insectes. On sait que les termites sont une sorte de fourmis qui se logent dans des cônes de terre hauts
: DASYPOIDES. 263
quelquefois de plusieurs pieds et larges à proportion. Ces habitations sont construites avec tant de solidité qu'on a souvent beaucoup de peine à les entamer.avec une pioche ou un pie. Quand le tamanoir a trouvé un de ces cônes, il en fait deux ou trois fois le tour en l’observant minutieusement; puis, lorsqu'il a reconnu l'endroit faible de l'édifice, il y fait un petit trou avec les ongles de ses pieds de devant. Il applique le bout du museau contre cette ouverture, ou même quelquefois il l'y enfonce plus ou moins profondément, jusqu'à ce qu'il ait rencontré la population pressée des termites. Alors il allonge une langue de la grosseur d'un tuyau de plume à écrire, longue de dix-huit pouces (0,487), et enduite dans toute sa longueur d’une salive extrêmement visqueuse et gluante; il la promène dans tous les sens, en la tortillant comme un ver de terre, puis, quand elle couverte de termites qui y restent englués, il la retire tout à coup dans sa bouche et avale tous les insectes qui s'y sont pris. Il répète cette manœuvre avec beaucoup de promptitude, jusqu'à ce qu'il ait entièrement satisfait sa faim. Il exécute la même manœuvre pour manger les fourmis, après avoir gratté la terre pour ouvrir la fourmilière.
Tout dormeur qu'il est, le tamanoir ne laisse pas que d’être plein de courage, et de se défendre avec opiniâtreté quand on l'attaque. Dans ce cas, il se dresse sur ses pieds de derrière, et cherche à s'appuyer le dos contre un rocher ou un tronc d'arbre; il se couvre le corps avec la queue, et abrite son faible museau en l'appliquant contre sa poitrine. Dans cette attitude, il présente constamment à son ennemi ses ongles puissants, avec lesquels il lui fait de profondes blessures. On dit qu'il se défend même contre le jaguar , et que si ce dernier a l'imprudence de l’aborder sans précaution, le tamanoir l’étreint entre ses bras et ne le lâche qu'après l'avoir étouffé ; ceci me paraît au moins douteux. Quoi qu'il en soit, cet animal , le plus grand des fourmiliers, est extrêmement robuste et fort difficile à tuer. S'il n’est pas attaqué, il n’en est point de plus paisible et de moins dangereux. Quand on le rencontre, si on ne l'irrite pas, on peut le chasser devant soi et le conduire ainsi partout où l’on veut ; maïs il faut avoir la précaution de ne pas trop le presser pour ne pas le fatiguer, ce qui pourrait l'impatienter. Pris jeune, il s’habitue assez bien à l'esclavage, et vit de pain et de petits morceaux de viande; il s'attache à son maître jusqu’à un certain point; mais sa tristesse habituelle s’accroit avec l’âge, et ordinairement il périt d’ennui peu de temps après avoir atteint l'âgeiadulte. La femelle ne fait qu'un petit, et a pour lui le plus grand attachement ; jamais elle ne le quitte, et lorsqu'elle sort de sa retraite pour aller chasser aux termites , elle le porte constamment sur son dos, et passe même des rivières à la nage avec sa précieuse charge. Le tamanoir habite le Brésil, la Guyane, le Paraguay et le Pérou.
Le Caïcouaré où Tawanpua ( Myrmecophaga tamandua , G. Cuv. — Des. Les Myrmecophaga tridactyla et tetradactyla, Lix. Le Tamundua de Burr. et Cuv. Le Petit Ours fourmilier des Espagnols) est de moitié moins grand que le précédent, dont il a la forme des pieds ; sa queue est presque ronde, velue à sa base et nue à son extrémité; sa tête est cylindrique et allongée : son pelage est ordinairement d’un gris sale, ayant souvent une bande oblique d’une autre couleur sur chaque épaule. Il en existe plusieurs variétés, l’une ayant un cercle noir autour des yeux, d’autres à pelage fauve et bande noire, à pelage fauve ayant la bande, la croupe et le ventre noirs, enfin d’entièrement noirâtres qui sont, je crois, le Wyrmecophaga nigra de Geoffroy. Il habite la Guyane et le Brésil, et a les mêmes mœurs que le précédent , à cela près qu'il monte sur les arbres, dans le tronc desquels il niche. Il exhale une forte odeur de muse, qui devient très-désagréable et se sent de fort loin quand il est irrité. Il a la queue prenante et s’en sert souvent pour se suspendre aux branches d'arbres. Il paraît qu'il attaque, outre les fourmis, les abeilles sauvages, et qu’elles ne le piquent pas.
Le FouruiLier ANNELÉ (Myrmecophaga annulata, Des.) ressemble au précédent, mais son museau est plus gros, en forme de groin; son pelage est d’un brun uniforme ; sa queue est ronde, velue, annelée de fauve et de brun. Il habite le Brésil.
Le FourmLier À DEUX poicrs ( Myrmecophaga didactyla , Lin. Myrmecophaga unicolor, var. Grorr. Le Petit Fourmilier, Burr. L'Ouatiri ouassou, à la Guyane) est de la taille d'un surmulot ; son pelage est laineux, fauve , avec une ligne rousse le long du dos, manquant dans la variété unicolore; sa queue est prenante, nue au bout; il a aux pieds de devant deux ongles seulement, dont un fort long, et quatre à ceux de derrière. IL habite la Guyane et le Brésil, sur les arbres où il se suspend par la queue à la manière des sapajous. Il a les mêmes mœurs que les précédents, mais il niche dans les troncs d'arbres, où la femelle met bas un seul petit, sur un lit de feuilles sèches.
9e Genre. Les PANGOLINS (Manis , Lin.) n'ont point de dents; leur langue est très-extensible; leur corps et leur queue sont couverts d’écailles triangulaires, tranchantes, se recouvrant les unes les autres comme les tuiles d'un toit, ce qui les distingue suffisamment des fourmiliers; ils ont cinq doigts à tous les pieds, et ils peuvent se rouler plus ou moins en boule.
L’ALunGu ou PAxGoLIN DE L'IxbE (Manis pentadactyla, Li. Manis macroura, Desm. Manis brachyura, ErxL. Manis crassicaudata, Grore. Tatu mustelinus, KLeix. Le Pangolin de Burr. Le Pangolin à queue courte de G. Cuv. Le Diable de Negumbo des Hollandais et le Caballe des Chingulais) est long de trois à quatre pieds (0,975 à 1,299); sa tête est petite; son museau allongé et étroit ; son corps assez gros; la queue est plus courte que le corps; les écailles de son dos sont blondes et forment onze ou treize rangées longitudinales; le dedans des membres et le ventre sont nus ; quelques soies très-longues sortent d’entre les écailles. I habite les Indes orientales.
Les pangolins se creusent un terrier au moyen de leurs ongles robustes, et ils n’en sortent que la nuit pour aller chercher leur nourriture, consistant, comme celle des animaux précédents, en termites, en fourmis et autres insectes. On prétend aussi qu'ils mangent des mollusques et même des petits lézards, mais ce fait me paraît mériter confirmation. Munis d’une langue très-longue, extensible, enduite d’une humeur visqueuse, ils s’en servent absolument comme les fourmiliers, pour ramasser les fourmis et les termites dans leurs habitations. Les pangolins sont des animaux paresseux , lents, et se bornant à pousser un petit cri très-faible lorsqu'ils sont effrayés. Mais la nature leur a donné, dans les écailles qui les couvrent, une arme défensive, qui les sauve des animaux de proie, si ce n’est de l'homme, le plus cruel de tous. A la première apparence de danger, ils se roulent en boule. « Leurs écailles, dit Buffon, sont mobiles comme les piquants du porc-épic, et elles se relèvent ou se rabaissent à la volonté de l'animal; elles se hérissent lorsqu'il est irrité, elles se hérissent encore plus lorsqu'il se met en boule comme le hérisson: ces écailles sont grosses, si dures et si poignantes, qu'elles rebutent tous les animaux de proie; c'est une cuirasse offensive qui blesse autant qu'elle résiste; les plus cruels et les plus affamés, tels que le tigre, la panthère, ete., ne font que de vains efforts pour dévorer ces animaux armés; ils les foulent, ils les roulent, mais en même temps ils se font des blessures douloureuses dès qu'ils veulent les saisir ; ils ne peuvent ni les violenter, ni les écraser, ni les étouffer en les surchargeant de leur poids. » Ceci n'empêche pas les Indiens et les Nègres de les assommer à coups de bâton pour les manger, et ils trouvent excellente leur chair blanche et délicate. Ces animaux, du reste, sont fort doux, tout à fait inoffensifs, mais sans intelligence. « Ce sont, dit Buffon, des espèces dont la forme bizarre ne parait exister que pour faire la première nuance de la figure des quadrupèdes à celle des reptiles. » En effet, au premier coup d'œil, on les prendrait plutôt pour des
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lézards que pour des mammifères. Gette espèce est très-commune à Ceylan, auprès de Negumbo.
Le Quocoro (Manis africana, DEsM. Manis tetradactyla, Lan. Manis longicaudata, Georr. Manis macroura, Erxr. Le Pangolin à longue queue, G. Cuv. Le Phalagin, Burr.) a un pied (0,525) de
principalement en Guinée et au Sénégal. Tout ce que nous avons dit du précédent s'applique à celui-ci. 5
Le PanGuLciNG ou Teuin curan-Kiapp (Manis javanica, Des.) a un pied quatre pouces (0,435) de longueur, non compris la queue, qui est déprimée et qui a treize pouces (0,352) ; ses écailles
Le Tamanoir,
longueur, non compris la queue, qui est plus longue que le corps, et qui a dix-neuf pouces (0,514); elle est aplatie. La tête est pelite; ses écailles dorsales forment onze rangées longitudinales, et celles des côles sont carénées; le dedans des membres et le ventre sont revêlus de soies brunes. Il se trouve en Afrique,
sont brunes, plus claires sur les bords, minces, striées, et forment dix-sept rangées sur son dos; le dessous de la tête, le ventre et les pattes manquent de poils. Cette espèce habite Java et la Chine. On ne connaît pas bien ses mœurs; il est à croire qu'elles sont comme dans les précédents.