LES CHAMEAUX
ont des canines et point de cornes. Quelques-uns ont sur le dos une ou deux loupes graisseuses ou bosses.
4er GENRE. Les LAMAS (Lama, Cuv.) ont Lrente dents, savoir : deux incisives supérieures et six inférieures; deux canines en haut et deux en bas; dix molaires à la mâchoire supérieure et huit à l'inférieure; les deux doigts séparés; ils manquent de bosse; leur cou est très-long; leur lèvre supérieure fendue.
Le Lama ou Guanaco (Lama peruviana, Less. Auchenia ylama , Desu. Camelus lama, Lin. Le Lama, Burr. Le Guanaco ou Huanaca d'ULLoa. Le Llama des Péruviens).
Cet animal est de la grandeur d’un cerf, il ressemble assez, en pelit, à un chameau qui n'aurait pas de bosse, mais ses proportions sont plus légères, son oreille est plus longue et sa queue plus courte. Sa tête est plus petite, plus gracieuse; son œil est rond, saillant, vif, mais son regard est adouci par des cils longs et serrés; ses jambes sont longues et minces; il a une plaque calleuse sur le poitrail, et ces derniers caractères conviennent également à tous les animaux de ce genre; mais il se distingue des autres par son pelage d’un brun foncé tirant sur le noir, avec un reflet roussâtre, à poils longs, laineux et grossiers, et par sa grande taille, En domesticité, son pelage varie beaucoup de couleur d'un individu à l’autre, et même d’une place à l’autre sur le même individu ; cependant il est généralement brun, varié de taches blanches, et quelquefois tout blanc.
Le lama parait originaire des chaînes équatoriales de la Cordilière des Andes. Lorsque les Espagnols firent la conquête du Pérou , c'était la seule bête de somme que connussent les Américains, et Grégoire de Bolivar dit que de son temps les lamas étaient si nombreux, qu'on en mangeait quatre millions par an, et qu'il y en avait trois cent mille employés journellement à l’exploitation des mines du Potosi. Mais depuis que les mulets sont employés à ce travail, et avec beaucoup d'avantage, le nombre en est considérablement diminué, et on n’en élève plus guère que pour la boucherie. Le lama ne peut pas porter plus de cent à cent cinquante livres ; si on le charge davantage il refuse de se lever, ainsi que le chameau, jusqu’à ce qu'on lui ait enlevé une partie de son fardeau. Il ne peut pas faire de longues marches, et quatre ou cinq lieues par jour est tout ce qu’on peut attendre de lui, encore faut-il qu'il se repose au moins un ou deux jours sur cinq ou six. Son pas est assez lent, mais il a le pied tellement sûr, qu'il passe dans des défilés, le long des rochers, sur le bord des précipices où les mulets seraient exposés à se précipiter. Cette raison engage les habitants des hautes montagnes à s’en servir encore quelquefois. Pour se faire charger, il se couche sur la callosité de son poitrail, sur lequel il s'appuie ayant les jambes repliées sous le corps; il rumine et dort aussi dans cette attitude. Si on le surmène et qu'on le fatigue en le forçant à hâter le pas, il fait quelques efforts, puis se chagrine, tombe dans le désespoir, se couche par terre, refuse de se lever, et on