‹ Le jardin des plantesChapitre 94 sur 100 · Paris. Typographie Plon frères, rue de Vaugirard · texte numérisé non relu

Paris. Typographie Plon frères, rue de Vaugirard

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Scuaw. Le Coassou et la Biche rousse d'Azzama) à la tête très-effilée et les dagues longues au plus de trois pouces (0,051); son pelage est rude et sec, d'un roux vif doré; le dessus de la tête et des jarrets d’un brun obscur tirant sur le roux, avec une jarretière noire aux genoux; le dessous du corps est blanc, et le mâle a des canines. Cette espèce vit en petites troupes ordinairement composées d'un mâle et de neuf à dix femelles. Ces animaux ont les habitudes nocturnes, et ne sortent des bois qu'à la nuit pour aller paître dans les champs cultivés. Ils habitent l'Amérique méridionale.

IXe SECTION. Bois portés sur un long pédicule osseux, dépendant des os du front.

Le Munr-Jax (Cervus muntjak, Guc. — Desm. Cervus vaginalis,

Boop. Cervus muntjac, BLainv. — G. Cuv. Le Chevreuil des Indes,

Burr. — G. Cuv. Le Xijand de Sumatra) est remarquable par la

longueur de ses canines, qui manquent à la femelle; sa tête est pointue; ses yeux grands, ayant des larmiers; ses oreilles sont assez larges, et sa queue est courte et aplatie; son pelage est ras et luisant, d’un marron roux, brillant en dessus: le devant des cuisses et le ventre sont d’un blanc pur. Il habite l'Inde et Sumatra; ses mœurs sont très-douces, et il vit en famille.

Le Cenr Musqué (Cervus moschatus, BLAINY. Cervus moschus, D£sx.) est une espèce distincte, dont le bois est très-court. Ce bois a quatre ou cinq pouces de hauteur, est triangulaire à sa base, sans andouillers et sans meule.

Le CErr À PETITS BOIS (Cervus subcornutus, BLAINV. — DEs.), établi par Blainville sur un crâne seulement, paraîtrait différer du muntjak par l'absence des canines. Le bois est très-petit, à meule assez bien formée; les pédicules sont médiocrement allongés; il y a à la base un petit andouiller dont la pointe est brusquement receurbée en arrière. Sa patrie est inconnue.

LES CAMÉLOPARDINÉES

ont les cornes persistantes, poilues et communes aux deux sexes.

3e Genre. Les GIRAFES (Camelopardalis, Lin. Giraffu, Briss.) ont trente-deux dents, savoir : point d’incisives en haut et huit en bas; point de canines; douze molaires supérieures ét douze inférieures. L’extrémité des cornes est plane, avec une couronne de longs poils; les oreilles sont longues, pointues; la queue courte, terminée par un flocon de grands poils; elles ont quatre mamelles inguinales. Leur cou est extrêmement comprimé latéralement.

La GiRAFE D'AFRIQUE (Camelopardalis giraffa, Guz, Giraffa camelopardalis, Less. Le Camelopardalis ou Chameau-Léopard de Punk) est le plus grand ou plutôt le plus long et le plus élévé de tous les animaux, car sa tête atteint aisément à dix huit ou vingt pieds (5,847 à 6,497) de hauteur. Elle est remarquable par la longueur disproportionnée de son cou large et très-plat, n'ayant pas moins de cinq pieds (1,624) de longueur; par la hauteur disproportionnée de son garrot de dix-huit pouces au moins (0,487) plus élevé que sa croupe, ce qui fait paraltre son corps dans une position oblique tout à fait extraordinaire et presque parallèle à son cou; sa tête porte deux cornes courtes, un peu arquées, recouvertes d'une peau velue, et ces sortes de cornes, également portées par le mâle et par la femelle, ne tombent jamais. Elle a sur le chanfrein ur tubercule osseux, à partir duquel le museau s’élargit et se déprime au point d’être considérablement plus large qu'épais. Ses jambes sont fort longues, et celles de devant le sont un peu plus que celles de derrière; tout son corps est un peu aplabi sur les côtés, surtout vers la poitrine, comme s’il avait été mis en presse ; sa queue, assez longue, se termine en queue de vache; enfin le fond de son pelage est d'un blane grisàtre ou roussètre, plus ou moins irrégulièrement taché de fauve foncé ou de brun; une petite crinière grise et fauve règne depuis les oreilles jusqu’à la queue.

I résulte de cette singulière organisation que la girafe est obligée de marcher l'amble, c’est-à-dire de porter à la fois en avant les deux pieds du même côté, ce qui ne contribue pas à donner de Ja grâce à ses mouyements ; quand elle troite, c’est encore pire. « Cet animal vient-il à trotter, dit Levaillant, on croirait qu'il boite, en voyant sa tête perchée à l'extrémité d’un long cou qui ne plie jamais, se balancer de l'avant en arrière et jouer d’une seule pièce entre les deux épaules qui lui servent de charnières. » Quoique la girafe fût connue des anciens et qu’on en vit paraitre dans les cirques de Rome dès la dictature de F. César, ses mœurs sont restées presque inconnues jusqu'à ce jour, et l'on ne peut guère les déduire que de ses formes, des habitudes trèsdouces des individus en captivité, et de quelques informations prises chez les Hottentots. La girafe se trouve dans toute l'Afri-

que australe, et en Abyssinie; elle vit en petites Lroupes de six à sept, peut-être en famille. Pour boire elle est obligée de s’agenouiller ou d'entrer dans l’eau, et pour atteindre la terre avec sa bouche, d'écarter beaucoup les jambes de devant afin de baisser son corps. Il en résulte qu’elle se nourrit principalement de feuilles d'arbres et de bourgeons, surtout de ceux d'une espèce de mimosa, qu'elle peut cueillir à une grande hauteur et avec beaucoup de facilité, grâce à sa lèvre supérieure très-mobile et à sa langue fort longue, grèle, noire, pointue, qu'elle a la faculté de faire saillir de sa bouche de plus d’un pied (0,395) et d'enrouler autour des rameaux feuillés. Ses yeux sont grands, noirs, très-doux, et son caractère ne contredit pas son regard, car en esclavage elle est docile jusqu’à la timidité, et un enfant peut la conduire partout au moyen d'un simple ruban. Confinée dans les forêts où elle entend chaque jour les rugissements du lion et de la panthère, elle n’a aucune arme à opposer à ces terribles ennemis que la fuite; mais elle est d’une grande agilité, et le meilleur cheval de course est incapable de l’atteindre; aussi échappe-t-elle assez aisément à ces animaux qui bondissent pour saisir leur proie, mais ne la poursuivent jamais. Cependant elle ne manque pas absolument de courage, et si on s’en rapporte aux voyageurs, quand la fuite lui devient impossible, elle se défend en lançant à ses ennemis des ruades qui se succèdent en si grand nombre et avec tant de rapidité qu’elle triomphe même des efforts du lion. La femelle , au dire des Hottentots, porte un an et ne fait qu’un petit.

Tout Paris connaît la girafe que le pacha d'Égypte, Méhémet- Ali, a envoyée au roi<le France, et qui vit depuis une quinzaine d'années à la ménagerie ; lorsqu'elle est arrivée, accompagnée de deux vaches qui étaient ses nourrices, et pour lesquelles elle a montré beaucoup d’attachement tant qu’elles ont vécu, elle avait onze pieds (5,573) de hauteur, et aujourd'hui elle en a environ dix-huit (5,847). C'est à M. Levaillant, mort il y a quelques années dans un état bien près de la misère, après avoir sacrifié sa fortune à de longs et périlleux voyages en Afrique, que l’on doit la première girafe empaillée qu'ait possédée le Cabinet d'histoire naturelle. Les premières girafes que l’on ait vues en Europe furent offertes par le prince de Damas à l'empereur Frédéric NH, et décrites par Albert le Grand sous leurs noms arabes d'Anabulla et de Seraph, dernier nom dont nous ayons fait girafe. Les Hottentots estiment beaucoup la chair de ces animaux, et ayec leur peau ils font, entre autres ustensiles, des vases et des outres pour conserver l’eau. Ils l’attendent au passage, lui lancent des flèches empoisonnées, et la suivent à la piste pour s’en emparer lorsqu'elle meurt de sa blessure.

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ü ANTILOPES. 291

manquent de canines et ont des larmiers; leurs cornes sont composées d'un noyau complétement solide, et d'un étui creux et élastique, dans les deux sexes. Ces animaux ont trente-deux dents, savoir : point d'incisives en haut et huit en bas; douze molaires supérieures et douze inférieures. Leur taille est légère; leur nez est tantôt terminé par un mufle, tantôt entièrement couvert de poils; la plupart ont des larmiers, et tous manquent de barbe; leurs oreilles sont grandes, pointues. Comme ces animaux sont très-nombreux en espèces et d’une détermination fort difficile, nous suivrons ici la classification de M. de Blainville, en établissant les sous-genres en genres, mais sans attacher la moindre importance à ce changement.

6e GENRE. Les ANTILOPES (Antilope, Lix.) ont des cornes à doubles ou à triples courbures, annelées, un peu en spirale, sans arête ; elles manquent ordinairement de larmiers, et leur museau ne se termine pas en mufle : elles ont souvent des brosses de poils sur les poignets, et des pores inguinaux; la femelle n’a que deux mamelles, et manque de cornes.

L’ANTiLOPE DES INbEs (Antilope cervicapra, PALL, — Des. L’Antilope, Bure.) a le corps svelte comme la gazelle; son pelage est d'un brun fauve en dessus et blanc en dessous, plus pâle chez la femelle. Ses cornes sont noires, assez longues, à triple courbure, tordues en spirale, annelées dans une grande étendue. La femelle porte neuf mois et ne fait qu'un petit. Cet animal habite l'Inde; avec ses cornes, posées base contre base, les Indiens se font une arme offensive à deux pointes opposées et fort dangereuse.

Le Saïca (Antilope saïga, PaLL. Capra tatarica, Lix. Le Saga, Burr. Le Colus de Srrason) est de la grandeur d’un daim; son pelage est lisse, d’un gris jaunâtre en été, blanc en dessous, et devient long et d'un gris blanchätre en hiver; les cornes, de la longueur de la tête, sont transparentes, jaunes, disposées en lyre, et annelées jusqu’à leur extrémilé; son museau cartilagineux, gros, bombé, à narines très-ouvertes, le force, dit G, Cuvier, de paître en rétrogradant. Cet animal habite la Hongrie et le midi de la Pologne et de la Russie.

Le saïga vit en grandes troupes et se plait particulièrement dans les lieux découverts, arides, sablonneux, à proximité du bord des eaux. Pour boire, il plonge entièrement son nez dans l’eau, et en aspire une bonne partie avec le nez. Sans avoir la pupille tout à fait nocturne, la lumière du soleil incommode beaucoup ces animaux, et vers le milieu du jour ils voient si mal, que les chasseurs les approcheraient aisément, si l'extrême finesse de leur ouïe et de leur odorat ne les avertissait. Is éventent l'ennemi de plus d’une lieue, et pour ne pas être surpris pendant qu’ils mangent ou qu'ils dorment, ils ont toujours le soin de placer des sentinelles avancées qu'ils relèvent chacun à leur tour. Le rut a lieu au mois de novembre, et les mâles, qui alors exhalent une forte odeur de muse, se livrent de rudes combats pour se disputer la propriété des femelles. Celles-ci mettent bas au mois de mai, un ou, très-rarement, deux pelils, qui croissent très-vite, et qui deviennent souvent la proie des renards et des loups, malgré les vieux mâles qui, à la tête du troupeau, les défendent avec beaucoup plus de courage que de force. Les saïgas sont agiles, mais d'un tempérament si délicat, que la moindre blessure les tue. Leur troupe se compose quelquefois de plus de dix mille, surtout quand ils voyagent en automne, pour chercher un climat plus doux, des sources d’eau salée, et des

- plaines où croissent des arroches, des armoises, et autres plantes

àcres et salées qu'ils aiment beaucoup. Leur chair est mangeable, quoique exhalant une odeur assez désagréable, surtout lorsqu'elle vient d'être cuite et qu’elle est encore chaude.

Le Cusmu (Antilope chiru, Less.) a de longueur totale cinq pieds quatre pouces (1,732); son pelage est d'un bleu grisitre, passant au fauve roux sur le dos, très-fourni, long d'un pouce ; le ventre est blanc, et les jambes sont noires; son cou est trèslong, et ses cornes très-rapprochées. Il habite le Népaul, et les voyageurs anglais ont cru retrouver dans cet animal l'antique et fabuleuse licorne.

Le Dserex (Antilope gutturosa, PazL. — Des. Le Hoang-yang ou Chèvre jaune des Chinois) approche de la taille du daim: il est d'un gris fauve en dessus et blanc en dessous, en été; d’un grisètre presque blanc en hiver; la femeile est plus petile que le mâle, et, par une singulière anomalie, elle n’a que deux mamelles, tandis que celui-ci en a quatre. Ses cornes sont noires, courtes, annelées dans toute leur étendue, disposées en lyre. Le mâle. a le larynx prodigieusement gros, et sous le ventre une poche contenant une matière fétide. Il habite les déserts de la Mongolie, et vit en troupes très-nombreuses, surtout en automne. Il est peu farouche, s’apprivoise très-bien , reconnaît son maître et le suit. Des troupes entières se mêlent quelquefois aux troupeaux domestiques. Ces animaux habitent les plaines, et jamais les forêts; ils ont une si grande crainte de l’eau, que lorsqu'ils ont été acculés sur les bords d’une rivière, ils aiment mieux se laisser tuer que de la passer à la nage, et cependant ceux qui sont apprivoisés nagent fort bien.

L'ANrniLoPE z2È8Re (Antilope zebra, Gray) se distingue très-bien des précédentes par ses larges raies transversales et lisses. Elle se trouve à Sierra-Leone.

1e GENRE. Les GAZELLES (Gazella, Briss.) ont les cornes en lyre ou à double courbure, toujours annelées, sans arêtes, et la femelle en est pourvue aussi bien que le mâle; elles n’ont point de mufle, et quelques-unes ont des larmiers; leur queue est courte ; on leur trouve des pores inguinaux, et deux mamelles. |

La GAzerLe norcas (Gazella dorcas. — Antilope dorcas, Lin. La Gazelle, Burr.) a la taille du chevreuil, mais les formes beaucoup plus légères et plus gracieuses; son pelage est d'un fauve plus ou moins foncé en dessus, blanc en dessous, avec une large bande noire en travers des flancs; elle a une ligne noire sur le nez; ses cornes sont rondes à leur base, et portent treize à quatorze anneaux saillants.

Les gazelles vivent en troupes nombreuses en Barbarie, en Syrie et en Arabie, où elles semblent avoir été formées tout exprès par la nature pour fournir une pâture certaine aux lions, aux panthères, aux hyènes, aux chacals, aux loups, et même aux aigles et aux vautours. Douces, timides, tout à fait inoffensives , elles n’ont à opposer à leurs nombreux ennemis qu'une fuite à la vérité assez rapide pour se dérober en un clin d'œil à leurs regards , quand elles n’ont pas été surprises; dans ce dernier cas le désespoir leur donne une sorte de courage, car alors

elles se pressent les unes contre les autres, forment un cercle,

et présentent de toutes parts des cornes impuissantes. Cette manœuvre ne sert qu’à donner à la panthère le choix de la victime sur laquelle elle bondit , et à l'instant toute la troupe épouvantée fuit à la débandade. Cet animal innocent a de si beaux yeux et un regard si doux, que les Arabes n'ont rien imaginé de plus galant que de comparer les yeux de leur maitresse à ceux d'une gazelle. Prise jeune et élevée en domesticité, elle se prive trèsbien et se montre sensible aux caresses; mais elle paraît incapable de s’affectionner à son maître, et elle ne lui obéit que par la crainte que fait naître chez elle le sentiment de sa faiblesse. Elle ne cherche pas à reconquérir sa liberté par la fuite, mais elle regrette son désert, languit, et refuse de multiplier son 19,

espèce; si elle n'a pas le courage de secouer ses chaines, elle a du moins celui de refuser à son maître une postérité d'esclaves. On chasse les gazelles avec les chiens, l'once et le faucon, à cause de leur chair, qui est assez bonne, et comparable à celle du chevreuil. Ce sont des animaux d’une extrême propreté, et dont on n'entend presque jamais la voix; du reste, elles ont cela de commun avec tous les animaux de la famille des antilopes.

Le Kevez (Gazella kevella. — Antilope kevella, Parc. Antilope dorcas, DEsm.) n’est probablement, comme le pensent quelques naturalistes, qu'une variété de la précédente; il n’en diffère que par ses cornes plus longues, comprimées à leur base, ayant de quinze à vingt anneaux: par ses yeux plus grands. Il a la queue noire. Il habite le Sénégal. ©

La CoRINXE (Gazella corinna. — Antilope corinna, Pair. Antilope dorcas, DEsx.), qui n’est encore qu'une variété de la gazelle dorcas, en diffère par son poil plus long, ses cornes plus menues, moins contournées, et à anneaux plus pelils; ses yeux

sa tête est presque blanche, avec une ligne noire de l'œil au coin de la bouche ; les cornes sont assez longues, annelées, en lyre. Il habite, en troupe, les environs du cap de Bonne-Espérance, et ne fait que voyager d’une localité à une autre.

La GazeLLe Pourpre (Gazella pygarga.— Antilope pygarga, PaLL. — Des.) est de la grandeur d'un cerf; son pelage est d’un bai brun très-vif, et d'un rouge sanguin sur le cou et sur la tête; le chanfrein porte une large bande blanche; et elle a une raie brune sur chaque flanc; les fesses et le dessous du corps sont blancs; elle manque de brosses et de larmiers; les cornes sont rondes, noires, en lyre, à onze ou douze anneaux très-saillants. Elle habite le cap de Bonne-Espérance.

La GazeLLE NEZ-TACHÉ (Gazella nasomaculata. — Antilope nasomaculata, BLaxy. — Desx.) est de la grandeur d’une chèvre ; elle est brune en dessus, blanche en dessous; son front est d’un roux vif, et une bande blanche traverse son chanfrein; ses cornes sont noires, assez longues, annelées, courbées en avant et en

L'Antilcpe

sont entourés d'une bande blanchâtre qui descend jusqu'aux narines ; sa Lête est fauve et d’un gris clair sur l’occiput. Elle est du Sénégal.

Le Tsceyran (Gazella subgutturosa. — Antilope subgutturosa, Gun. — Desu. L’Ahu, de Kowpr. L’Antilope de Perse des naturalistes) ne serait encore qu'une variété de la gazelle dorcas, selon G. Cuvier. Elle est cependant un peu plus grande; son pelage est d’un brun cendré en dessus, blanc en dessous, avec une bande brune sur chaque flanc; les poils de son dos ont plus de deux pouces (0,054) de longueur ; ses pores inguinaux sécrètent une matière odorante; les cornts, dans les deux sexes, sont grandes, d’un gris noir, annelées et en forme de lyre. Elle habite la Perse et les confins de la Sibérie et de la Chine.

Le Srrix6sok (Gazella euchore. — Antilope euchore, Forsr. — Desu. Antilope dorsata, Lacép. Antilope marsupialis, Zimm. L'Antilope à bourse des naturalistes) est d’un tiers plus grand que la gazelle dorcas , et un peu plus trapu; il est fauve en dessus, blanc en dessous, avec une ligne brune longitudinale sur chaque flanc ; il a sur la partie postérieure du dos une raie de poils blancs et longs de dix pouces (0,271) sur un repli longitudinal de la peau ;

dehors, puis en dedans; elle a des brosses aux poignets. Sa patrie est inconnue.

Le Kor (Gazella kob.— Antilope kob, Eux. — Des. Antilope leucophæa, Paz. La petite Vache marine du Sénégal, Burr.) est de la taille d’un daim. Ses cornes sont noires, grosses, rapprochées l'une de l’autre au sommet, à sept ou huit anneaux. Il habite l’Afrique équatoriale.

Le Kopa (Gazella senegalensis. — Antilope senegalensis, Des. Le Koba de Burr.) est de la grandeur d’un cerf; ses cornes sont assez minces, noires, très-longues, un peu comprimées, en lyre, de douze à dix-sept anneaux, lisses au sommet. Il habite le Sénégal.

La GAZELLE AUX PIEDS Noirs (Gazella melanopus. — Antilope melanopus, Lircusr.— Des.) est ferrugineuse en dessus, avec une ligne dorsale, noire, coupée obliquement sur les fesses par une ligne de même couleur; les fesses, le dessous du corps et le dedans des membres sont blancs; elle a une tache noire à chaque pied , et manque de brosses ; ses cornes sont très-longues, noires et très-fortes, en lyre, annelées, à pointe mince et lisse. Elle habite le cap de Bonne-Espérance et vit en troupe.

Se GExre. Les CERVICHÈVRES (Cervicapra, Bray.) ont les cornes simples, tantôt droites, tantôt courbées en avant ou en arrière, peu ou point annelées, sans arètes; souvent des larmiers, mais jamais de brosses; le mufle manque ordinairement ; elles ont la queue courte et des pores inguinaux.

Les unes ont les cornes courbées en avant; telles sont :

Le NanGuer (Cervicapra dama.— Antilope dama. Le Dama, Pune. Le Nanguer, Burr.), de la taille d’un chevreuil; fauve en dessus ; blanc sur les fesses et sous le ventre, avec une tache de la même couleur sous le cou; ses cornes sont noires, courtes, rondes, brusquement courbées en avant, lisses à leur sommet,

courbée ; sa queue est courte. Il habite le cap de Bonne-Espérance.

Le Rrruok (Cervicapra eleotragus.— Anlilope eleotragus, Scre. — Des. — Antilope arundinacea, Suaw. Antilope isabelina, Tuuxs. Antilope fulvo-rufula, var. ArzeL.) a les oreilles très-longues ainsi que la queue, qui est plate et recouverte de longs poils blancs ; son pelage est laineux, d'un gris cendré en dessus ; à ventre, gorge et fesses blancs: les cornes sont assez petites, noires, à dix anneaux peu marqués, arrondies et un peu courbées en avant. Il habite le cap de Ronne-Espérance , et vit en petites troupes , dans les buissons, sur le bord des rivières.

Le Grissok (Cervicapra grisea. — Antilope grisea, Fn. CUV. Antilope melanotis, Desm. La Chévre grise ou Grisbok, Forsr.) est un

Le Nyl-Ghau.

rugueuses à la base, avec cinq ou six anneaux mal dessinés. Il habite le Sénégal.

Le Nacor (Cervicapra redunca.— Antilope redunca. Par. — Desw. Le Nagor, Burr.) est un peu plus grand que le précédent, dont il a les formes; il est d’un roux pâle ou d'un fauve uniforme; les cornes sont noires, presque droites, courbées à leur

sion À

peu plus grand qu'une chèvre, d'un fauve roussâtre entremêlé de poils blancs ou gris sur le dos; d'un brun clair sur la tête, et blanchätre sous le ventre; un cercle noir entoure les yeux; les cornes sont noires, arrondies, annelées à la base, un peu courbées en avant. Il vit en couples solitaires, dans les rochers des montagnes, au cap de Bonne-Espérance.

pointe, presque lisses, avec un ou deux anneaux à la base. Il habite les environs du cap Vert, au Sénégal.

Le SrEExsor (Cervicapra ibex. — Antilope ibex, AFzeL. Antilope pediotragus, var. AFzeL. Antilope tragulus, Licusr. — Desx.) est de la grandeur d'une chèvre, roux en dessus, blane en dessous , noir aux aines; les oreilles sont brunes; les cornes noires, arrondies, annelées à leur base, minces, droites, à pointe re-

La CERVICHÈVRE À CORNES AIGUES (Cervicapra acuticornis. — Antilope acuticornis, BLaixv. — Desx.) a les cornes simples, coniques, lisses, très-pointues, verticales , et à courbure antérieure à peine sensible. Elle habite probablement l'Afrique.

Les espèces qui vont suivre ont les cornes droites.

Le KuppspriNGer (Cervicapra saltatriæ. — Antilope sallatrix,

200n. Antilope oreotragus, Gur.— Des. Le Sauteur de rochers,

Vos. Capra pygargus, Taux.) a le pelage grossier, rude, à poils aplatis et cassants ; il est d'un gris verdâtre; ses oreilles sont bordées de noir; il a des larmiers, ses cornes sont minces, courtes , dressées et très-légèrement arquées en dedans. Il habite les montagnes du cap de Bonne-Espérance, et se fait remarquer par l’agilité avec laquelle il bondit de rocher en rocher.

Le Reuvox (Cervicapra capreolus.— Antilope capreolus, Licusr. — Des. Antilope lanata , Desx. L’Antilope-Chevreuil des naturalistes) a le pelage laineux, frisé, d’un gris roux en dessus, blanc en dessous; son museau est très-effilé; il a une tache noire au menton, et manque de larmiers et de brosses. La femelle n’a pas de cornes ; le mâle les a tout à fait droites, arrondies, très-minces, annelées, pointues. Il habite le cap de Bonne-Espérance et vit en petites troupes.

Le Deurersok on Durer (Cervicapra mergens. — Antilope mergens, BLainv. La Chèvre plongeante du Cap) est de la grandeur d’une chèvre, d’un fauve roux, avec le bas-yentre et L'intérieur des cuisses grisälres ; les quatre pieds sont bruns; il a des lignes noires sur la face antérieure des jambes de devant et sur le canon de celles de derrière ; il manque de brosses ; ses cornes sont annelées à la base, assez grosses, droites, de moitié plus courles que la tête. Ii habite le cap de Bonne-Espérance, où il a reçu le nom de chèvre plongeante parce qu'il baisse la tête et le cou en sautant et a l'air de plonger dans les buissons.

Le Busa-Goar (Cervicapra sylvicultriæ. — Antilope sylvicultriæ, Scres. — Des.) est un peu plus grand qu’un daim, à pelage luisant, assez doux, d’un brun foncé sur le dos, plus pâle sur les flancs, mêlé de gris sur les cuisses, avec une ligne dorsale d'un jaune isabelle s’élargissant sur les lombes, où les poils plus longs ont environ deux pouces (0,054); les cornes sont droites, paral= lèles au front, courtes, grosses, noires, rondes, finement ridées à leur base, rugueuses au milieu, lisses à l'extrémité. Il habite Sierra-Leone et l'ouest de l'Afrique, dans les buissons des plaines élevées.

La Cervicnèvre DE DE LaLanpe (Cervicapra Lalandia, — Antilope Lalandiana, Des. Antilope Lalandia, Desmour..) ést de la grandeur de l’antilope des Indes, mais plus épaisse; son pelage est dur, long, non frisé, d'un brun clair uniforme sur le dos et les flancs, passant par une ligne brusque au blanc sous le ventre: le cou et la tête sont d'un gris fauve; les cornes du mâle sont minces, droites, plus courtes que la tête, et parallèles. Elle habite les montagnes du cap de Bonne-Espérance.

Le Guever (Cervicapra pygmæa.— Antilope pygmæa, Parr. — Desx. Le Roï des Chevrotains) n’a que dix pouces (0,271) de hauteur au garrot ; ses cornes, longues au plus de deux pouces (0,054), sont coniques, noires, presque parallèles, dirigées en arrière ; son pelage est d’un brun clair uniforme en dessus, blanchâtre en dessous; sa queue est assez mince, blanche en dessous et brune en dessus. Il habite le cap de Bonne-Espérance et vit solitairement.

Le Gimme (Cervicapra grimmia, — Antilope grimmia, Par. — Desu. Le Grinune, Burr. Le Petit Bouc damoiseau, Vosu.) a les formes plus arrondies et plus légères que la gazelle ; son pelage est d’un fauve jaunâtre, gris le long du dos et sur le chanfrein, avec le museau noir et les membres gris; les cornes dans le mâle sont courtes, assez épaisses, noires, parallèles et très droites. Il habite la côte de Guinée.

La CERVICHÈVRE SPINIGÈRE (Cervicapra spinigera, Less.) est d’un tiers moins grande que le guevei, et a les formes extrêmement svelles et gracieuses; son pelage est d'un brun roux en dessus, blanc en dessous. Temminck pense que le Moschus pygmœus de Linné, le chevrotain des Indes de Buffon, n’est que le jeune âge

de cette espèce.

L'Ourépt (Cervicapra scoparia. — Antilope scoparia , Serer. — Desu.) a les formes du grimme, mais il est plus syelte et un peu plus baut sur jambes ; il est d’un fauve uniforme en dessus, blanc

en dessous, avec la queue brune; il a des brosses fauves et jaunâtres, et des larmiers; les cornes, chez les mâles , sont droites, petites, avec cinq anneaux. Il habite, en petites troupes, le cap de Bonne-Espérance.

Les espèces qui suivent ont les cornes courbées en arrière.

Le CamriN6-OuTanG ou CampTAN (Cervicapra sumatrensis. — Antilope sumatrensis, Desu. La Chèvre sauvag2 de Marsp.) a un mufle assez développé et les formes trapues ; son pelage est très-fourni, lcng, d’un brun noiràtre, blanc en dedans des oreilles, au haut du cou et aux épaules; les cornes sont rondes, noires, courtes, annelées, un peu arquées en arrière et pointues à l’extrémilé, Il habite Sumatra.

Le GoraL (Cervicapra goral. — Antilope goral, Harpw.) est d’un gris cendré, plus pâle en dessous, avec la bouche bordée de blanc; sa queue est courte, terminée par un flocon; les cornes sont courtes, pointues et recourbées à leur extrémité, qui est lisse. Elles sont remplacées par de simples tubercules dans la femelle. La chair de cet animal est très-estimée ; il habite le Népaul et l'Himalaya. Temminck pense que ce serait le bouguetain du Népaul de Fr. Cuvier.

La Cervicaèvre be Sazr (Cervicapra saltiana. — Antilope saltiana, BLAINv. — Des.) n’est connue que par une têle préparée. Les cornes sont coniques, très-petites, pointues, annelées à leur base, à courbure postérieure presque insensible. J'ignore sa patrie.

Les espèces suivantes ont quatre cornes.

Le Psouicara Cervicapra chickara. — Antilope chickara, Harpw.) est d'un brun uniforme en dessus, d’un blanc plus ou moins mélangé de roux en dessous; ik a quatre cornes : les antérieures droites, courtes, cylindriques, rapprochées à leur base et brusquement pointues ; les postérieures droites, lisses, allongées, pointues, peu divergentes. Il habite l'Inde et n’est pas rare dans les forêts du Bengale et d'Orissa.

La CERYICHÈVRE À QUATRE CORNES (Cervicapra quadricornis. — Antilope quadricornis, DE BLAINv. — Desx.) à été établie par de Blainville sur une tête venue de l'Inde. Elle a quatre cornes : celles de devant sont assez grosses, lisses, un peu courbées en arrière ; les postérieures sont plus grêles, plus élevées, coniques, presque droites et un peu recourbées en avant.

9e Genre. Les ALCÉLAPHES (Alcelaphus, BLAINVILLE) ont des cornes à double courbure, annelées et sans arêtes, dans les deux sexes; ils ont des larmiers et point de pores inguinaux; leur queue est médiocre, terminée par un flocon de poils longs; ils ont un demi-mufle et deux mamelles.

Le Burare (Alcelaphus bubalis. — Antilope bubalis, Par. — Lin. Le Bubalus de Puixe. La Vache-biche, le Taureau-cerf, des voyageurs) est de la taille d’un grand cerf; d’un roussâtre uniforme, avec un flocon de longs poils noirs au bout de la queue; il a la tête très-longue et très-étroile; ses cornes sont grosses, se touchant presque à leur base, fortement annelées, et garnies de petites cannelures longitudinales, arquées d’abord en arrière, puis en avant et enfin en arrière. Il habite le nord de l'Afrique, vit en petites troupes, et s’apprivoise fort bien quand on le prend jeune.

Le Kaawa (Alcelaphus kaama. — Antilope caama, Scres.—DEs. Antilope bubalis, Paur. Le Licama des Cafres, et le Kaama des Hottentots) a été confondu avec le précédent, dont il diffère par la tête plus longue encore, et par la courbure plus prononcée des cornes en avant et surtout en arrière; il est d’un roux brun assez foncé sur le dos et plus clair sur les flancs; il a le ventre, l'intérieur des membres et les fesses blancs, une tache noire à la base des cornes, et plusieurs lignes noires sur les jambes. Les cornes sont grosses, fortement annelées, 11 habite en grandes troupes le cap de Bonne-Espérance.

q ANTILOPES, 295

L’ALGÉLAPHE À GOLLETS ( Alcelaphus suturosus. — Antilope suturosa, Orro) a les formes très-lourdes et la taille moyenne ; son pelage est très-sec, à poils inégaux, très-longs sur le dos et sur le cou, où ils forment trois bandes imitant de larges collets; il est d'un brun cendré, blane au ventre, aux pieds el à la queue, avec une tache brune au front et trois taches blanches sur les côtés de la tèêle; sa queue est longue, floconneuse; les cornes allongées, annelées, grandes, recourbées au sommet, Je ne connais pas le mâle, ni sa patrie.

10° Genre. Les TRAGÉLAPHES (Tragelaphus, pe BLaiNv.) ont les cornes plus ou moins comprimées, contournées en spirale, à arêtes existant tantôt chez le mâle, tantôt chez les deux sexes. Ils manquent quelquefois de larmiers, et ils ont des pores inguinaux, et un demi-mufle; leur queue est médiocre, etils portent quatre mamelles. L

Le Coxpoma ou Coxvous (Tragelaphus strepsiceros. — Antilope strepsiceros, Par. — Desm. Le Coës does des Hollandais du Cap) a le corps robuste ; son pelage, assez long et couché, est d'un gris plus ou moins roussâtre, avec une ligne dorsale blanche d'où partent d'autres lignes blanches qui descendent sur les flancs; il a une barbe au menton, une crinière sur le cou et une autre dessous; ses cornes sont grosses, lisses, d'un jaune varié de noirâtre, divergentes, à trois courbures en spirale. Il habite les forêts de l'Afrique méridionale.

Cet animal partage avec toutes les antilopes la légèreté des formes, la grâce des mouvements, la beauté de l'œil et la douceur du regard; mais, plus courageux sans être plus méchant, il ne craint pas d’habiter solitairement le désert; il lutte contre le chacal et parvient même à s'en défaire. On ne le trouve guère que dans les forêts les plus silencieuses du cap de Bonne-Espérance, où il se nourrit d'herbe et de jeunes bourgeons de bruyères. Sa course est tellement rapide et ses bonds si prodigieux, qu'il échappe aisément au lion et à la panthère s'ils ne le saisissent à l'improviste et du premier élan; s'il n’a pas le caractère assez sociable pour vivre en troupe avec d’autres animaux de son espèce, en récompense il s'attache beaucoup à sa femelle et passe sa vie entière avec elle. En domesticité il reconnaît la main qui le nourrit, suit son maître, montre de l'affection pour lui, et conserve toute la gaieté de son caractère; mais à la plus légère occasion de fuir, il ne manque jamais de regagner les forêts, et il ne reparaît plus. Les Hottentots, qui aiment beaucoup sa chair, lui font une cruelle guerre et emploient, pour le surprendre et le tuer, mille ruses, mille piéges, dans lesquels néanmoins il donne rarement, car il a autant de finesse que la gazelle a de défiance.

Le Boszor (Tragelaphus sylvaticus. — Antilope sylvatica, Gur. — Des.) est d’un noir-brun en dessus, blanc en dessous, avec plusieurs petites taches blanches sur le museau , le milieu du cou, les flancs et les cuisses; la queue est blanche en dessous, noire en dessus ; la femelle n’a pas de cornes ; le mâle les a noires, tordues en spirale presque sur elles-mêmes, et lisses au bout. 11 habite le cap de Bonne-Espérance, et vit par couples solitaires dans les bois.

Le Guie (Tragelaphus scriptus. — Antilope scripta, PaLr.—Desx. La Chèvre tachetée où Bonte-bock du Sénégal, Tuuxe.) est de la grandeur d'un daim, d’un fauve marron, à bandes blanches transvérsales, et beaucoup. de taches rondes, blanches, éparses sur les flancs et les cuisses. Il à sur le dos une ligne de poils blancs et noirs plus longs qué les autres ; son ventre et le bout de sa queue sont noirs ; ses cornes, assez courtes, ont deux arêtes saillantes, décrivent un tour et demi de spirale, et sont pointues. Il habite le Sénégal et vit en grandes troupes sur le bord des fleuves.

1e Genre. Les ORÉAS ( Oreas, Desx.) ont les cornes droites, avec une très-forte arêle en spirale, dans les deux sexes: ils

manquent de larmiers et de brosses; leur queue est longue touffue au bout: ils ont un mufle et qualre mamelles.

Le Ganx ou Canxa ( Oreas canna. — Antilope oreas, PaLz. — Desu. Le Coudou de Burr. L'Élan du Cap, de Srarx.) atteint la taille d’un cheval ; il est d'un fauve roussätre en dessus, blanc en dessous, avec la tête et le dessus du cou d'un gris cendré; sa tète est longue; ses cornes sont très-grosses, noires, divergentes, lisses à leur extrémité. Il habite les montagnes du cap de Bonne- Espérance, et vit en troupes.

12° Genre. Les BOSELAPHES (Boselaphus, BLAINY.) ont les cornes simples, non rugueuses, diversement contournées, sans arêtes spirales, les femelles manquent quelquefois de cornes. La queue est terminée par un flocon de poils; ils ont un mufle, quatre mamelles, et manquent de brosses. Ce sont des animaux dont les formes, un peu lourdes, sont moins gracieuses que dans les gazelles.

Le Nyc-Gnau (Boselaphus pictus. — Antilope picta, PAL. — Desw. Antilope albipes, ErxL. Le Taureau-cerf des Indes. Le Nylgaut de Burr.),

Ce bel animal est à peu près de la taille d'un cerf et en a les formes générales, mais il paraît plus lourd, ce qui vient de la grosseur de ses jambes ; aussi les voyageurs l'ont-ils souvent comparé à un bœuf, et son nom de »yl-ghau, en indou, signifie bœuf bleu. Sa tète est mince, assez longue ; son pelage est d'un gris ardoisé dans le mâle, et d'un gris fauve dans la femelle: celle-ci est plus petite et ne porte pas de cornes; l'extrémité des pieds a des anneaux alternativement blancs et noirs ; une crinière noirâtre règne sur le cou et vient lui former une espèce de houppe sur le garrot; au milieu du cou il a une sorte de barbe, médiocre et terminée par des flocons noirs ; ses cornes, moitié moins longues que la tête, sont coniques, lisses, très-écartées l’une de l'autre et légèrement courbées en avant.

Le nyl-ghau habite le bassin de l'Inde, les montagnes de Kash: mir et de Guzarate, probablement aussi la chaine de l'Himalaya. A Bombay, à Madras et au Bengale on le regarde comme un animal curieux et rare, digne d'être offert en présent aux nababs et aux personnages considérables. Dans les montagnes de Kashmir on le chasse pour sa chair, qui est fort bonne et fort estimée. Il court de très-mauvaise grâce, à cause de la brièveté de ses jambes de derrière, mais néanmoins avec assez de vitesse. Quoique timide, ainsi que toutes les antilopes, s'il est atteint par le chasseur, il ne se rend pas sans avoir vigoureusement défendu sa vie. Pour cela il s'agenouille des pieds de devant afin de couvrir son poitrail, et menace de ses cornes tandis qu'avec ses pieds de derrière il lâche des ruades et des coups en avant à la manière des vaches. Dans cette attitude il est impossible de l’approcher sans danger, el il faut le tuer à coups de fusil ou avec une longue lance. Lorsque deux mâles se battent entre eux, ils s’'agenouillent également l’un devant l’autre, à une grande distance, et ils s’avancent, eh marchant sur leurs genoux, avec assez de rapidité, mais en faisant plusieurs petits détours. Arrivés à proximité, ils se relèvent, et d'un bond s’élancent l'un sur l’autre. Si l’un est blessé, il s'enfuit, et l’autre reste vainqueur sur le champ de bataille; s'ils se sont manqués, ils s’éloignent, s’'agenouillent, et recommencent la même manœuvre. Nous ayons eu plusieurs nyl-ghau à la ménagerie; tous semblaient d’un caractère fort doux, et paraissaient aimer qu'on se familiarisât avec eux; ils léchaient les mains de ceux qui les caressaient et leur présentaient du pain, et jamais ils n’ont tenté de se servir de leurs armes pour blesser quelqu'un. Ils ont l’odorat très-fin, et flairent, en faisant un certain bruit, les aliments qu'on leur donne, On les nourrit d'avoine, d'herbe et de foin; mais ce qu'ils paraissent préférer à tout, c’est le pain de froment. Ces animaux ont multiplié en Angleterre, ce qui a fait croire à quelques naturalistes

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