‹ Le jardin des plantesChapitre 95 sur 100 · ZE · texte numérisé non relu

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qu’on pourrait les soumettre à la domesticité et les utiliser en France.

Le Gnou ( Boselaphus gnu. — Antilope gnu, GuL. — Des. Bos gnou, Zimu. Le Gnou ou Niou, Burr.) est de la grandeur d'un àne, à corps trapu et musculeux; il a le mufle d’un bœuf , les jambes d’un cerf, l'encolure et la croupe d'un petit cheval; sa tête est comprimée; son pelage est ras, d’un gris fauve; il porte sur le cou une crinière fournie de poils gris, noirs et blancs; il a une barbe épaisse et brune sous le menton; ses cornes sont très-aplaties à leur base, striées longitudinalement, arrondies et lisses à leur sommet. Il habite le cap de Bonne-Espérance, vit en

L’Algazel, Burr.) a le pelage d'un fauve clair sur le dos et les flancs, d’un fauve foncé sur le cou et au poitrail, blanc en dessous; la tête est blanche, tachée de gris au milieu du front, et une autre tache de la même couleur au bas des cornes; la queue est blanche, terminée par un flocon de poils noirâtres; les cornes sont arrondies, noires, minces, annelées dans leur première moitié. Elle habite le centre de l'Afrique.

L'OrYx LEUCORYx (Oryx leucoryxæ.— Antilope leucoryæ, PazL. — Desx.), qui pourrait bien n'être qu'une variété du pazan, a le pelage blanc, avec une tache d’un fauve vif à la base et en avant des cornes, et une autre de la même couleur sur le chanfrein ; ses

Le Bouquetin,

troupes nombreuses, et a le caractère farouche. Il a vécu à la ménagerie.

13° Genre. Les ORYX (Oryxæ, BLaiv.) ont, dans les deux sexes, des cornes très-grandes, pointues, annelées, sans arêtes, droites ou un peu courbées en arrière; ils manquent dezmufle et de brosses, et ont des larmiers; leur queue est assez longue, et se termine par un flocon de longs poils.

Le Pazan (Oryx pazan.— Antilope oryæ, PaLL. — Desm. Le Chamois du Cap, Forsr. Le Pazan, Burr. Le Gems-bock des Hollandais du Cap) est d’un gris cendré bleuâtre, teinté irrégulièrement de roux, en dessus, avec une ligne brune sur chaque flanc, et une tache d’un brun marron au-dessus des sabots; son ventre est blanc, ainsi que la tête, qui a une tache noire entre les cornes ; ces dernières sont presque droites, noires, environnées d'anneaux obliques dans leur première moitié, lisses et pointues à l’extrémité. Il habite par couples solitaires les environs du cap de Bonne- Espérance.

L’ALGAZELLE (Oryx algazella. — Antilope gazella, Pau. — Des.

cornes sont très-longues, minces, noires, arrondies, annelées, un peu courbées en arrière. Il habite l'Arabie.

14e Gexre. Les ÉGOCERES (Egocerus, Desx.) ont les cornes trèsgrandes, fortes et pointues, annelées, à forte courbure postérieure ; ils manquent de brosses et de larmiers , ils ont un demimufle, et leur queue est assez longue.

L'Écocère BLeu (Egocerus leucophœus. — Antilope leucophæa, Pazz. — Desm. Antilope glauca, Forsr. La Chèvre bleue des voyageurs. Le Blauwve-bock des Hollandais du Cap) a le pelage assez long, d'un gris ardoisé en dessus, blanc en dessous, avec le chanfrein d'un gris foncé; au-devant de chaque œil est une mèche de poils blancs ; il a une sorte de petite crinière sur le dos; ses cornes sont grosses, annelées, courbées postérieurement. Il habite le cap de Bonne-Espérance.

L'EGOCÈRE GHEVALIN (Egocerus equinus.— Antilope equina, GEOrr. — Desx.) atteint la grandeur d'un petit cheval, son pelage est d'un gris roussètre; il a une sorte de crinière sur le dos et audessous du cou, avec une mèche de longs poils blancs au-devant

de chaque æil; ses cornes sont grandes, courbées en arrière, marquées d'un grand nombre de gros anneaux. On le croit du Cap.

45° Genre. Les CHAMOIS ( Rupicapra , BLAixv.) ont les cornes simples , lisses, courbées postérieurement, dans les deux sexes ; ils ont des pores inguinaux, mais ils manquent de larmiers et de brosses, ainsi que de mufle : leur queue est très-courte.

Le Cuamois (Rupicapra ysard. — Antilope rupicapra, ParL. — Desu. Capra rupicapra, Lan. Le Chamois, Burr. L'Ysard des Py-

poser les quatre pieds, et tout cela avec un aplomb, une facilité de mouvement qui prouvent autant la justesse de son coup d'œil que sa force musculaire. N'ayant d'armes à opposer à ses ennemis que la fuite, il a perfectionné ses organes de la vue, de l'odorat et de l’ouïe, de manière à être surpris très-difficilement ; outre cela, quand le troupeau paît, il y a toujours, sur les roches élevées environnantes, deux ou trois vieux mâles en sentinelle, qui observent la campagne ; pour peu qu'ils découvrent quelque chose de suspect, ils avertissent par un sifflement aigu, et tout le troupeau détale avec une vitesse incroyable. En un clin d'œil

Le Mouflon à quatre cornes.

rénées) est de la taille d’une petite chèvre. Il est couvert de deux sortes de poils, l'un laineux et brunàtre, très-abondant, l’autre soyeux, sec et cassant. Cet animal est d’un brun foncé en hiver, d'un brun fauve en été; sa tête est d’un jaune pâle, avec une bande brune sur le museau et autour de l'œil ; une ligne blanche lui borde les fesses ; ses cornes sont noires, petites, très-courtes, lisses et un peu arrondies, verticales et droites, puis courbées brusquement en arrière à la pointe.

tout a disparu au milieu de roches inaccessibles et de précipices infranchissables où l’on ne peut les suivre. Aussi ne les chasset-on pas avec des chiens, et l’on est obligé, au risque de se précipiter malgré les crochets de fer que l’on porte aux talons, d'aller les épier au milieu de leurs rocs, de se glisser en rampant sur le ventre pour essayer de les approcher, et de les tirer de fort loin avec des carabines à longue portée. Cette chasse est trèsdangereuse, et beaucoup de personnes y périssent en tombant

Le chamois est le seul animal de la famille des antilopes que nous ayons en France : encore y est-il fort rare, et on ne le trouve plus guère que sur les plus hauts sommets de nos Alpes et des Pyrénées. Il vit en troupes et ne se plait qu'au milieu des rochers escarpés des montagnes les plus élevées de l'Europe. Il est d'une agilité incomparable, franchit les précipices, grimpe les pentes les plus rapides, suit les sentiers les plus étroits sur le bord des abimes, saute de roc en roc, s'arrête net sur la pointe la plus aiguë d'un rocher où à peine a-t-il de la place pour

dans des précipices, où quelquefois les chamois les poussent euxmêmes pour s'ouvrir un passage quand ils se trouvent cernés. Aux approches de l'hiver, ces animaux quittent le versant nord des montagnes pour aller habiter celui du midi; mais jamais ils ne descendent dans la plaine. Le rut vient en automne; les femelles portent quatre ou cinq mois, et mettent bas un petit, rarement deux, en mars et avril ; elles en prennent soin jusqu’en octobre, époque à laquelle les jeunes se confondent avec le reste de la troupe, qui est rarement de plus de quinze à vingt.

Le Cuamors LAINEUx (Rupicapra americana, BLAINv. Antilope lanata, Smiru. Antilope americana, Desm. Mazama dorsata et Mazama sericea, RAFIN. Capra columbiana, Des. Ovis montana, Onn. Le Mountain sheep des Anglo-Américains) ressemble un peu au bélier par la tête; ses oreilles sont pointues, moyennes ;- ses jambes sont fortes, à sabots noirs et gros; son pelage est d’un blanc jaunâtre, très-épais ; ses cornes, longues de cinq pouces (0,155), sont rondes, lisses, un peu courbées en arrière. Il habite l'Amérique du Nord, depuis l'océan Pacifique jusque près du lac Supérieur. Peut-être devrait-on reporter cette espèce avec Les chèvres.

46e Genre. Les ANTILOCHÈVRES ! Antilocapra, BLAINY.) ont, dans les deux sexes, des cornes un peu longues, comprimées, recourbées en crochets postérieurement vers la pointe, et munis d'un andouiller antérieur. Elles manquent de mufle, de larmiers et de brosses.

Le Kisru-né (Antilocapra americana, Or. Antilope furcfer, Surra. — Desm. Le Pronghorned antelope de Lewis et CLAnGQ) ressemble assez au chamois, mais il est plus grand ; son pelage est ras, d'un gris roussâtre en dessus, blanc en dessous comme à la queue et sur les fesses; ses cornes sont longues de onze pouces (0,298), comprimées, un peu ridées à leur base, un peu divergentes sur les côtés, recourbées vers le bout, avec un petit andouiller dirigé

en ayant. Il habite les montagnes escarpées des États-Unis, et vit en troupes.

L’ANTILOCHÈVRE PALMÉE (Antilocapra palmata. — Antilope palmata, SmiTH. — Desu. Cervus palmatus, BLAiNv.) est de la grandeur d'un cerf, d’un fauve clair sur le dos, blanche sur le ventre et sur les flancs; la pointe supérieure de ses cornes est recourbée en arrière comme dans le chamoïis ; l'empaumure est antérieure, aplatie d’avant en arrière, et saillante de la base de la corne. Elle habite le Missouri.

Le Mazaue (Antilocapra mazama. — Antilope mazama, Sr) est moins grand qu'une chèvre, et a Les formes plus lourdes et plus massives. Il est d’un brun pâle roussâtre en dessus, d’un blanc jaunâtre en dessous, sur la poitrine et le menton : sa queue est courte, épaisse ; ses cornes, de près de six pouces (0,162) de Jongueur, sont de couleur foncée, un peu annelées, courbées en arrière et pointues. Il habite le Mexique.

Le TÉMÉMAZAME (Antilocapra tememazama. — Antilope tememazamu, Suiru. Ovis pudu, Gaz. Capra pudu, Morina) a les formes sveltes, les oreilles étroites et longues, arrondies au bout; la queue est assez longue ; son pelage est fauve en dessus, blanc en dessous, avec une tache blanche autour de la bouche et une autre sur la poitrine. Les cornes sont longues de cinq pouces et demi (0,149), minces, noires, ridées à la base, un peu courbées en arvière à leur extrémité. Il habite le nord de FAmérique, près des sources de la rivière Rouge.

n’ont point de larmiers; le noyau de leurs cornes est composé en grande partie de cellules qui communiquent avec les sinus frontaux, leurs cornes sont dirigées en haut et en arrière, ou dirigées en arrière et revenant en avant, en spirale; leur menton est quelquefois garni d’une longue barbe, et leur chanfrein est concaye ou convexe.

17e Genre. Les CHÈVRES (Capra, Lin.) ont trente-deux dents, savoir : point d'incisives supérieures et huit inférieures; douze molaires en haut et autant en bas; elles n’ont pas de mufle; leur chanfrein est un peu concave; deux onglons derrière les grands sabots; deux mamelles inguinales, el la queue courte.

Les unes n’ont pas de sinus à la base des doigts du pied, et leurs cornes sont dirigées en haut et en arrière; leur menton est souvent garni de barbe. Ce sont les chèvres proprement dites. Tels sont :

Le Bouquerin (Capra ibexæ, Lin. L’Agrimia des Grecs modernes. Le Slein-Bock des Allemands) est de la grandeur d’un bouc; son pelage d'hiver est composé de poils longs et rudes, recouvrant un poil doux, fin, touffu, persistant seul pendant l'été; il est d’un gris fauve en dessus, blanc en dessous, avec une bande dorsale noire, et une ligne brune qui traverse les flancs; ses fesses sont blanches; une barbe noire et rude lui pend au menton; ses cornes sont noirâtres, avec des arêtes longitudinales et des côtes saillantes transversales. La femelle a les cornes plus petites.

Ces animaux vivent en petites troupes, dirigées par un seul vieux mâle qui marche à la tête, les conduit, les avertit du danger, fuit le dernier, ou même combat s’il ne peut faire autrement. 115 habitent presque toutes les hautes montagnes de l’Europe, et se tiennent à une zone encore plus élevée que celle du chamois, pour n’en jamais descendre; ils ne viennent pas même paitre dans les hautes vallées alpines. La physionomie du bouquetin, sans être fine et gracieuse comme celle des gazelles, ne manque cependant pas d'élégance ; il a l'œil vif et brillant, l'oreille mobile, la démarche fière et assurée, et un air d'indépendance plutôt que de sauvagerie, Suspendu aux pics voisins des glaciers

éternels, il semblerait ne devoir point avoir d’ennemis, et cependant il a perfectionné sa vue et son odorat comme s’il était sans cesse environné de dangers. Placé en sentinelle sur la pointe d'une roche, il veille pendant que son troupeau se nourrit de rares graminées , et des bourgeons du saule alpestre, du bouleau nain et des rhododendrons. Faut-il fuir, il donne le signal et ne part que le dernier. « En fuyant à travers les précipices, dit Desmoulins, un coup d'œil aussi prompt que juste dirige des mouvements rapides comme l'éclair, mais d'une vigueur si souple, qu'ils peuvent rompre par un repos soudain les élans dont ils effleurent les crêtes les plus aiguës du granit et même des glaciers. Bondissant d’un pic à l’autre, il leur suffit d’une pointe où se puissent ramasser leurs quatre pieds pour y tomber d’aplomb d’une hauteur de vingt à trente pieds, y rester en équilibre ou s’en élancer au même instant sur d'autres pointes, soit inférieures, soit plus eulminantes. Ils éventent le chasseur bien avant de lui être en vue. Une fois lancés, leur résolution est aussi rapide que le coup d'œil. Si une lactique calculée d’après l’expérience de leur poursuite et la connaissance des lieux les a cernés sur quelque rampe de précipice d'où il n’y ail à leur portée ni une pointe de glace ni une crête de roc, ils se jettent dans l’abime, la tête entre les jambes pour amortir la chute avec leurs cornes. D’autres fois, jugeant l'audace plus profitable à se défendre qu’à fuir, le bouquetin fait volte-face , s’élance, et, en passant comme la flèche, précipite le chasseur. » Pris jeune, le bouquetin s’apprivoise aisément, et vit fort bien au milieu des chèvres domestiques. IL s’unit avec elles, et les enfants qui en naissent sont fertiles et très-estimés des montagnards de l'Asie pour régénérer leurs troupeaux. La femelle, plus petite que le mâle, met bas un ou deux petits à la fin de mars où d'avril.

Le Zesunor ou Hacu (Capra caucasica, Guiven. — Des.) est de la taille du précédent; son pelage est d’un brun fauve foncé en dessus et blanchâtre en dessous, avee une ligne dorsale brune et une blanche sur les canons; le nez, la poitrine et les piéds sont noirs; la tête est grise; les cornes sont triangulaires et longues de plus de deux pieds (0,650). Il habite le Caucase. Les Tatares

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