‹ Le jardin des ronces, 1889-1899Chapitre 42 sur 54 · LES POETES · texte numérisé non relu

LES POETES

V'oilà |)i)ur(juoi (Sur ma lyre) Je me permets d'eu rire Ainsi qu'un poisson d'une pomme.

Sans doute ils sont de braves gens,

Mais poseurs, naïfs, exigeants.

Capricieux et irritables.

Si, qu'à les fréquenter souvent.

En dépit de tout leur talent,

Ils deviennent insupportables.

Quand ils ont du génie, on aime leurs défauts,

Et seraient-ils fort laids que l'on les trouve beaux.

Ainsi Celui-ci :

Celui-ci, le jour et la nuit.

Ne connaît, pour vaincre l'ennui.

Rien qui vaille un verre d'absinthe...

Mais il a des accents si doux,

Que nous l'aimons tous et que nous

Vibrons toujours avec sa plainte.

J'en connais qui, dès qu'ils sont riclis, Prennent morphine, éther, hachisch, Pour entretenir leur génie...

D'autres disent, d'un air subtil :

« Je ne fume que du... Nihil 1 »

Tant subtile est leur poésie.

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