I08 LE JARDIN DÉSERT
Vous pénètre, vous rend inquiets, vous fait mal,
Et l'aspect des passants est lui-même anormal.
Ah! que c'est triste, ces dimanches de décembre!
Ce ne sont que valets et que femmes de chambre.
Par la vulgarité de ces gens ponctué,
Le trottoir est vraiment comme prostitué.
Quelque chose est dans l'air qui heurte, choque, froisse.
Gouplllonnant sur nous le malaise et l'angoisse.
Jl^t qu'ils sont tristes, ces orgues de Barbarie Dont la détresse, avec décembre, s'apparie : Ils baignent notre spleen d'un vieil air oublié, Qui nous arrive un peu déformé, délayé, Mais dont le thème, si banal, si dérisoire, Nous abordant, nous fait remonter en mémoire Des souvenirs de bal qui nous serrent le cœur. Quand, la valse inondant notre être de langueur. Nos regards caressaient les regards d'une aimée, Croyant y voir de la tendresse résumée.