‹ Le jardin fruiter du muséum (volume 2)Chapitre 13 sur 47 · D RES · texte numérisé non relu

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PÉCHER REINE DES VERGERS

Feuilles glanduleuses, à glandes nombreuses , réniformes. Fleurs très-petites. Fruit très-gros, à chair non adhérente, mürissant vers le 15 septembre.

ARBRE très-vigoureux ; à rameaux longs, effilés ; à écorce vert-olivâtre , bientôt rouge sur toutes les parties exposées au soleil.

Feuizces glanduleuses , d’un vert sombre, longuement rétrécies et terminées en une sorte de pointe cuspidée, à surface plane, lisse, souvent luisante, très-finement dentées. Glandes réniformes, nombreuses et très-grosses, souvent placées à la base du limbe.

FLeurs très-petites, peu ouvertes et presque campaniformes, d’un rose clair ou violacé cuivré, à pétales concaves, obovales, distants, atténués en onglet.

Fruir très-gros, plus haut que large, généralement un peu atténué à la base, très-rarement subsphérique, parcouru par un sillon étroit, mais bien marqué, terminé au sommet par un mucronule noir placé dans une cavité étroite, plus rarement légèrement mamelonné. Cavité pédonculaire très-étroite, arrondie, assez profonde. Peau épaisse, se détachant facilement de la chair, couverte de poils longs, d’un gris poudreux, se colorant fortement en rouge vermillon ou lie de vin sur toutes les parties exposées à la lumière et principalement au soleil, parsemée de points rouge violacé sur toutes les autres parties. Chair non adhérente, d’abord ferme, puis fondante, d’un blanc un peu verdâtre, parfois très-légèrement rosée et comme vergetée, rouge très-

PÊCHER REINE DES VERGERS

foncé, violet même, auprès du noyau; eau très-abondante, en général peu sucrée, souvent aigrelette, parfumée. Noyau courtement tomenteux , brun ou violet foncé, régulièrement obovale , renflé au delà du milieu du côté du sommet, qui est à peine mucronulé, très-atténué en tout sens vers la base; à surface grossièrement et profondément rustiquée ; sutures peu développées : la ventrale parcourue par un sillon assez large, à bords épais ; la dorsale élargie, plus saillante surtout vers la base, qui est amincie-aiguë , sillonnée dans toute sa longueur, surtout sur les côtés.

Le Pécher Reine des Vergers est précieux à tous égards; il est trèsvigoureux et productif, et pourrait même, dans beaucoup de localités, se cultiver en plein vent. Son gros et beau fruit, gräce à la consistance de sa chair, supporte assez bien le transport, qualité 1mportante au point de vue commercial. Sa maturité, sous le climat de Paris, a lieu du 10 au 20 septembre. Cueilli avant d’être complétement mür, il se conserve bien au fruitier et y acquiert même certaines qualités.

«. Cette Pêche, qui fut présentée pour la première fois à l’exposition de septembre 1847 par MM. Jamin et Durand, est originaire de Lorèze, près Doué (Maine-et-Loire), où elle fut trouvée dans une propriété appartenant à M. Joneau. C’est là que M. Jamin la vit et l’obtinten même temps que M. Louis Chatenay, pépiniériste à Doué, qui proposa de la nommer Reine des Vergers, par allusion au lieu de sa naissance , ce qui fut accepté. » Annales de la Sociélé d’Horticulture de Paris, page 466 [1850].

«…. Les fruits atteignent au moins la grosseur de ceux de la variété connue sous le nom de Madeleine de Courson, souvent même ils la dépassent. Leur forme les rapproche de ceux de la Galande ou Belle-Garde, dernier nom qu’ils méritent mieux que ceux-ci puisqu'ils se conservent plus longtemps. Ils sont très-lourds, à peau duveteuse , devenant d’un pourpre foncé du côté éclairé par le soleil, et se détachant très-bien de la chair, qui est d’un blanc verdâtre , ferme d’abord comme celle de la Madeleine de Courson, mais qui finit par devenir fondante, juteuse et très-sucrée. Mais pour présenter toutes ces qua-

d PÊCHER REINE DES VERGERS.

lités les fruits du Pêcher Reine des Vergers doivent être cueillis plusieurs jours à l'avance. Ce n’est qu'après 15 ou 18 jours de cueille, et quelquefois davantage, qu’ils se ramollissent et acquièrent toute leur perfection , et ce n'est pas leur moindre mérite, car, mürissant vers le milieu de septembre, ils peuvent paraître sur les tables dans les premiers jours d’octobre, et, dans l'intervalle, être transportés à de grandes distances, épreuve que bien des Pêches ne sont pas en état de supporter. Cette propriété, de même que celle de réussir très-bien en plein vent sous le climat de Paris, rend donc ce Pêcher extrémement recommandable.… » Revue horticole, page 58 [18511.

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PÉCHER GALANDE

Feuilles glanduleuses, à glandes globuleuses. Fleurs petites. Fruit gros, subsphérique, à chair non adhérente ou trèslégèrement adhérente, mürissant fin d'août.

ARBRE vigoureux, à rameaux assez gros, à écorce rousse, parfois assez fortement colorée sur les parties exposées au soleil.

Feuizes glanduleuses, longuement et largement elliptiques, cour- 5 ? D æ) ?

tement rétrécies en une pointe aiguë, courtement dentées, à glandes globuleuses, très-petites, excepté lorsqu'elles sont placées sur le pétiole, où elles sont sensiblement plus fortes.

FLeuns petites, rose vif, à pétales oblongs, distants, assez longuement atténués en onglet. Étamines saillantes.

Frur subsphérique, le plus souvent un peu déprimé, trèsaplati à la base, terminé au sommet par un point saillant placé dans un petit enfoncement, quelquefois légèrement mamelonné, à peine sillonné. Cavité pédonculaire étroite, très-peu profonde. Peau très-finement mais fortement duveteuse, ne se détachant que difficilement de la chair, prenant sur toutes les parties exposées au soleil une couleur rouge pourpre très-foncée qui lui a valu le nom de Votre de Montreuil, marquée çà et là de taches plus foncées qui forment sur le fond des sortes de marbrures. Chair non adhérente ou un peu adhérente, d’un blanc jaunâtre, parfois saumonnée lorsque le fruit est trèsmûr et qu’il a été fortement frappé par le soleil, plus foncée près du noyau, où elle est quelquefois d’un rouge pourpre ; eau très-abondante,

PÊCHER GALANDE

sucrée, agréablement relevée, d’une saveur vineuse lorsque le fruit est bien mür. Noyau assez régulièrement ovale, rouge foncé au moment où on le retire de la chair, arrondi vers la base, terminé au sommet par un mucron court et élargi; à surface profondément rustiquée-sinuée ; suture ventrale peu saillante, largement sillonnée; suture dorsale large et très-aplatie, étroite et amincie, aiguë lorsque les noyaux sont petits, accompagnée de chaque côté d’un large sillon.

J. Merlet, La Quintinye et quelques auteurs de la même époque paraissent avoir confondu, sous le nom de Bellegarde, une variété différente de celle à laquelle on donne aujourd’hui ce nom. Duhamel fait observer avec raison que la Pêche Galande est très-anciennement connue, et, d’après Triquel (Instruction pour les Arbres fruitiers, 1658), elleaurait été dédiée à M. Galand, grand amateur d'arbres. C’estune de nos meilleures Pêches, mais l’arbre qui la produit est très-fréquemment attaqué par le blanc (Oidium Persicæ) et par la cloque ; il faut donc veiller à ce que ni l’une ni l’autre de ces maladies n’exerce ses ravages. Ses fruits, qui sont aussi beaux que bons, muürissent du 20 août au 40 septembre.

« La Bellegarde où Galande est une Pêche fort grosse, assez ronde, d’un rouge très-foncé tirant sur le pourpre. Sa chair est fine et sucrée ; elle fleurit à petites fleurs et se mange à la fin d’août et au commencement de septembre; elle n’est pas encore fort commune. » Catalogue des Chartreux [1752].

« Galande ou Bellegarde. Belle Pêche, grosse, ronde ; elle prend un rouge très-foncé ; sa chair est fine et très-sucrée. C’est une des meilleures pêches. Elle fleurit à petites fleurs. Mürit au commencement de septembre, au midi. »

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