‹ Le jardin fruiter du muséum (volume 2)Chapitre 25 sur 47 · AL : PP CHAMP RUE · texte numérisé non relu

AL : PP CHAMP RUE

P. CHAT BRULE

Fruit de fin d'automne, petit ou moyen, pyriforme ; à queue cylindracée, insérée dans l’axe ou sur le côté du fruit; à peau lisse, jaunâtre, plus ou moins recouverte de taches fauves et colorée en rouge obscur au soleil; à chair cassante, sucrée, peu juteuse. — Fruit à cuire.

Argre de grande dimension, cultivé en plein vent; à scionsflexueux, assez grêles, brunätres, pubescents au sommet, parsemés de lenticelles, à coussinets peu saillants; yeux coniques, aigus, légèrement écartés du scion.

Feuices florales ovales, mucronées, à bords relevés, pubescentes en dessous, glabres en dessus, à pétioles courtset légèrement colorés en rouge violacé; les adultes de deux formes : celles des rosettes suborbiculaires ou arrondies, acuminées, presque entières, portées sur de longs pétioles; celles des scions ovales, étalées, à bords denticulés, épaisses, portées sur de courts pétioles munis de stipules.

FLeurs petites ou moyennes, à peine teintées de rose dans le bouion, portées sur de courts pédicelles, assez gros, velus et de couleur verte; calyce à divisions lancéolées, obtuses, réfléchies, rousses en dessus; pétales obovales ou suborbiculaires, entiers ou échancrés, onguiculés, laissant un peu d'intervalle entre eux.

Fruir commencant à mürir vers la fin de novembre, pyriforme ou turbiné; à queue cylindracée, droite ou arquée, insérée dans l’axe ou

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P. CHAT BRULÉ

sur le côté du fruit, brune, luisante, quelquefois accompagnée de petites bosses; peau lisse, de couleur jaune, dépourvue ou parsemée de très-petits points grisàtres, recouverte de larges taches de couleur fauve , et teintée de rouge obscur ou brun du côté du soleil; œil placé au milieu d’une dépression régulière, entourée de très-fines zones concentriques, à divisions étalées, linéaires, entières ou tronquées, glabres ou légèrement pubescentes; cœur dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de nombreuses granulations; loges petites, assez étroites; pepins bruns noirâtres ; lacune centrale étroite, subéreuse.

Caair blanche , peu juteuse, cassante, sucrée. — Fruit propre à faire des compotes, et qui prend par la cuisson une belle couleur rouge.

On cultive, aux environs de Paris et dans le centre de la France, plusieurs espèces très-distinctes de poiriers sous les noms bizarres de Chat-brülé, Chat-rôti, Chat-grillé, de Matou, etc.

Celle que je viens de décrire est assez semblable au Martin-sec, mais elle en diffère par sa peau lisse, sur laquelle on distingue à peine quelques points grisätres, et par son œil placé au milieu d’une dépression très-régulière. Elle a l’inconvénient de blettir sans changer de coloration, tout en conservant une certaine fermeté. On la culüve en grand aux environs d'Étampes sous le nom de P. Rouget, qui sert à désigner à Blois une autre poire que je décrirai plus tard.

Poiteau a décrit sous le nom de P. Chat-brülé un fruit arrondi, trèsdifférent de celui-ci, et qui me semble devoir se rapporter à la P. Chat décrite par dom Claude Saint-Étienne, et dont il dit : « De Chat est rond, gros comme Sucrin, rouge vers le soleil; le reste est roussâtre, mêlé de jaune, marqueté de gris; a la queue longue et moyenne; la peau en est rude, et la teste est un peu enfoncée, peu pierreuse : en décembre très-bonne. »

P. CHAT BRULÉ

Plusieurs auteurs donnent pour synonyme à la P. Chat-brülé la P. de Hongrie, de Mauritanie, etc.

Duhamel, en attribuant des époques de maturité très-différentes à la Poire qu'il décrit sous le nom de Chat-brülé, paraït avoir eu en vue deux variétés distinctes.

« Chaï-brülé, en novembre et décembre. — Jardin. francois, p. 61 |1665].

« Pucelle, ou Suerin noir, est longuet, gros comme gros Rousselet, de couleur fort brune, marquetée de noir. Aueuns disent que c’est la Prufa excellenfissima, ou Chabruslé, ou Moritanie. Excellent en décembre. » Dom CI. Saint-Étienne, Nowv. Instr., p. 72 [1670].

« Le Chat-brülé, ou la Pucelle de Xaintonge, est une Poire peu longue, assez pointue, fort bonne et fondante, de bonne eau : elle devient päteuse en peu de temps. » Merlet, Abrégé bons Fr., p.81 [1675].

« Chat-brülé, autrement Pucelle, Poire d'octobre ei de novembre; elle passeroït quelquefois pour un Martin-sec tani elle lui ressemble de grosseur et de figure; mais le coloris un peu différent fait qu'on ne s'y trompe pas: il est d’un côté fort roussätre, et de l’autre assez clair. sans avoir rien d'Isabel : la peau en est assez unie, ef la chair tendre; mais c’est un tendre sauvage tirant au pâteux, ayant peu d'eau, et approchant du goùt de Béridéry : la Poire au reste étant fort pierreuse dans le cœur, cela ne la fait que médiocrement valoir auprès de moy, quoy qu’assez de gens veulent dire qu'ils en ont vu beaucoup qui n’avoient pas de défauts. » La Quint., {nsfr., p. 351 [16901 -

« Cette Poire est de grosseur moyenne, pyriforme, un peu allongée. La tête est bien arrondie , ef l'œil y est placé dans un enfoncement peu creusé. La queue, longue de 10 à 12 lignes, grosse à son extrémité, des mêmes

couleurs que le fruit, s'implante un peu obliquement à la pointe du fruit,

qui est quelquefois obtuse ou comme divisée en deux petites bosses. Le diamètre est de 2 lignes, et la hauteur de 2 pouces 7 lignes. La peau est très-lisse et lmisante, d'un beau rouge-clair, mais vif, qui s’affaiblit en approchant des endroits qui n’ont point été frappés du soleil, et qui sont d'un jaune-citron. La chair est fine, sans pierres, prend au feu une irès-

P. CHAT BRULÉ

belle couleur rouge. Cette jolie Poire est propre à faire d'excellentes compotes en février et mars. La Poire vulgairement connue sous le nom de Chat-brülé tient le milieu entre le Messire-Jean et le Martin-sec pour la forme, la couleur et la grosseur. La chair est tendre, sèche, souvent pâteuse et pierreuse ; elle müûrit en octobre et novembre, » Duhamel, Art. fruit., p. 247 [1768].

« La Rougeaude est d’une forme assez exactement pyramidale ; elle a 32 à 33 lignes de hauteur sur 27 à 30 lignes de largeur dans son plus grand diamètre. La queue, longue de 10 lignes à 1 pouce, s'implante à fleur du fruit, et l’œil se trouve placé dans une petite cavité à bords parfaitement unis. Le côté de la peau resté dans l’ombre est jaunâtre, celui exposé au soleil et même les trois quarts du fruit sont d’un rouge plus ou moins foncé. La chair est ferme, sèche, un peu sucrée, mais assez fade et peu relevée. Les pepins sont bruns, allongés. Cette Poire mürit en janvier. M. Noiïsette nous avait communiqué ce fruit sous le nom de Beurré d’hiver; mais nous devon$ croire qu'il avait été trompé, car ce fruit n’a en aucune manière la qualité du Beurré, et, pour tout dire, il mérite à peine d’être cultivé; nous n’en aurions point parlé si nous n’en eussions fait faire la figure avant sa maturité. Loiseleur-Deslongsch., Nouv. Duham., vol. 6, p. 298; tab, 74 bis, fig. 4 [1815].

À. Riocreux’ de. ME. Jaillant’ se.

P. LOUISE DE BOULOGNE

P. LOUISE DE BOULOGNE

Fruit d'hiver, maliforme, moyen, très-déprimé; à queue droite, ordinairement grosse et courte; à peau vert jaunâtre, unicolore, parsemée de points bruns; à chair demicassante, sucrée. :

Angre pyramidal, très-fertile; à scions flexueux, dressés, de grosseur moyenne, de couleur bronzée à l’ombre, rouge violâtre au soleil, parsemés de très-petites lenticelles; coussinets assez saillants, accompagnés d’une légère arête décurrente; yeux coniques, petits, appliqués contre le scion.

Feuizces florales ovales ou ovales-cordiformes, acuminées, denticulées, pubescentes en dessous, d’un vert päle, à pétioles courts et pubescents ; les adultes de deux formes : celles des rosettes ovales-arrondies ou ovales-cordiformes, acuminées , presque entières, portées sur de longs pétioles; celles des scions petites, lancéolées ou oblongues-lancéolées, étalées ou à bords relevés, dentées, portées sur des pétioles verts ou légèrement lavés de rose et munis de stipules.

F£eurs moyennes, blanches, peu nombreuses, à pédicelles courts, tomenteux, un peu roussatres ; calÿce à divisions linéaires-lancéolées , aiguës, couvertes de poils roux ; pétales ovales ou suborbiculaires, entiers ou échancrés, légèrement concaves et mollement onguiculés, laissant un peu d'intervalle entre eux.

FRuir d'hiver, se conservant jusqu’en mars, maliforme, déprimé, moyen; à pédoncule cylindracé, de longueur variable, ordinairement

P. LOUISE DE BOULOGNE

court, épais, brun ou olivâtre, accompagné de bosses à son insertion, légèrement enfoncé ou inséré à fleur de fruit ; peau épaisse, d’un jaune verdätre, unicolore, parsemée de gros points fauves, quelquefois marquée de fauve autour du pédoncule et dans le voisinage de l’œil; œil assez grand, placé au milieu d’une dépression unie ou environnée de petites bosses, à divisions dressées ou légèrement étalées, épaisses et cotonneuses, persistantes ou caduques; cœur grand, blanc, dilaté transversalement, entouré de nombreuses granulations ; loges grandes; pepins bruns; lacune centrale large, subéreuse, atténuée vers l’œil.

CHair ferme ou demi-cassante, sucrée, légèrement parfumée; intermédiaire entre les fruits à cuire et les fruits à couteau.

La variété que je viens de décrire se trouve inscrite à la page 34 du Catalogue des Poires publié par M. Willermoz et fait depuis longtemps partie des collections du Muséum sous le nom de Louise de Boulogne (4). Un de nos meilleurs pépiniéristes du Sud-Est, M. Villevieille jeune, m’en a envoyé de Manosque sous le nom erroné de P. de Bugy, qui est celui d’une autre variété à laquelle la Louise de Boulogne ne ressemble que par sa longue conservation. Dans les années chaudes les fruits de la P. Louise de Boulogne acquièrent les qualités des Poires à couteau, mais ordinairement leur chair est cassante et pour ainsi dire sans parfum.

(1) « Le fruit de la Louise de Boulogne n'était d’abord qu’une pelite poire. » Van Mons, Arbr. fruit. vol. 2, p. 91 [ 1836]. S

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