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P. CRASSANE
Fruit d'hiver, gros ou moyen, rond, déprimé; à queue longue, arquée, renflée à son insertion sur le fruit; à peau rude, d’un jaune terne, pointillée et marquée de taches fauves; à chair blanche, beurrée, très-juteuse, sucrée, astringente, parfumée.
ARBRE très-vigoureux, de grandes dimensions, à rameaux diffus, fertile ; scions très-divariqués, flexueux, grêles, de couleur brune, parsemés de nombreuses lenticelles oblongues; yeux petits, courts, appliqués contre le selon.
FEUILLES florales ovales ou ovales-lancéolées, aiguës ou mucronées, étalées, ciliées sur les bords, presque entières; les adultes de forme différente : celles des rosettes ovales ou cordiformes, acuminées, assez grandes, presque entières ou très-mollement crénelées; celles des scions ovales ou ovales-elliptiques, à peine dentées.
FLeurs grandes, très-blanches, étalées; calyce à divisions assez courtes, lancéolées, réfléchies, blondes en dessus; pétales largement ovales ou suborbiculaires, ne laissant pas de vide entre eux, onguiculés.
Fauir mûrissant en hiver, rond, déprimé, gros ou moyen, attelgnant quelquefois 0,20 à 0°,25 de circonférence; pédoncule arqué, de couleur olivâtre ou fauve-rougeûtre, renflé à son insertion sur le fruit, dans lequel il s'enfonce légèrement; peau un peu rude, vert-
P. CRASSANE
Jaunâtre, terne, unicolore, parsemée de nombreux points fauves ainsi que de marbrures de même couleur; œil placé au centre d’un petit enfoncement, à divisions courtes, étalées, canaliculées, pubescentes; cœur dessinant un losange sur la coupe longitudinale du fruit, entouré de petites granulations ; lacune centrale étroite; loges grandes; pepins bruns ou brun-acajou, solitaires où géminés, souvent
avortés.
Car d’un blanc-jaunâtre, très-juteuse, tendre, mais non fondante ; eau abondante, acidulée, astringente, sucrée, très-parfumée. Un de nos plus anciens fruits du commencement d'hiver et un des meilleurs.
« La Bergamotte Cresane, grosse et plate, d’un gris jaunâtre, très-beurrée, d'une eau très-sucrée et vineuse, est un rare et excellent fruit qui a une teste (sic) assez grosse vers la queuë ; donne beaucoup de bois, et ce fruit est meilleur sur franc que sur Cognacier. » Merlet, Abrégée bons Fr., p. 92 [1690].
« La Crasane trouve beaucoup d'honnêtes gens qui la nomment Bergamotte- Crasane : Bergamotte à cause de sa chair, et Crasane à cause de sa figure, qui paraît comme écrasée. Il me semble qu’il luy conviendroit mieux de porter le nom de Beurré-plat, car elle est assez de la nature et de la couleur du Beurré; cependant elle en est différente par sa figure plate; elle est à peu près de la forme des Messire-Jean. Il en est de très-grosses, de médiocres et de fort petites. Le fond de son coloris est verdâtre, jaunissant en maturité, et presque tout chargé de roussures. La queuë en est longue, médiocrement grosse, courbée, et est enfoncée comme celle des Pommes ; la peau en est rude, la chair extrêmement tendre et beurrée, quoyqu’elle ne soit pas toujours fort fine; l’eau en est autant abondante que celle des Beurrés, et malheureusement renchérit sur eux par une acreté qu'elle a un peu trop grande, et qui fait que, parmy les Bergamottes, les Épines, les Petits-Oins, les Louïses-Bonnes, les Ambrettes , les Leschasseries, etc., où elle se trouve assez souvent dans les mois d'octobre et de novembre , elle est accusée de ne pas faire une trop agréable figure, et particulièrement auprès des gens qui, aimant les Poires au naturel, n’y veulent guères de sucre. Cependant, comme il se rencontre assez souvent de ces Poires qui n’ont pas ce grand défaut d’acreté, et ce sont celles qui ont été élevées dans un terrain-un peu gras et humide, comme celuy de Versailles, on peut dire que ce n’est pas lout à fait sans raison qu’elle prétend à la place dont est question, joint
P. CRASSANE
que de se conserver un mois entier en parfaite maturité, ne mollir jamais et estre tout au plus sujette à la condition commune de tous les fruits, c’est-à-dire à la pourriture, qui commence seulement icy par quelque petit endroit, pour faire voir qu’elle ne sçauroiït aller plus loing , ces trois considérations luy doivent attirer. un grand nombre de protecteurs. » La Quint., /nstr. Jard., p. 152 [16991].
« La Crazanne est une espèce de Bergamotte bâtarde de la mème grosseur et de la même figure, mais dont la peau est plus grise et plus raboteuse, qui a beaucoup d’eau et d’une eau fort relevée, un peu âpre et qui peut tenir sa place entre les plus excellentes Poires. » Observ. cult. Arbr. fruit. Collombat [1718].
« Le fruit de la Crasanne est gros, rond, ayant deux pouces et cinq lignes de hauteur et deux pouces environ de diamètre. Dans les terres très-propres à ce Poirier, on trouve des fruits qui ont jusque trois pouces deux lignes de diamètre sur trois pouces de hauteur. La queue est menue, un peu courbée, longue de quinze lignes et plantée dans une petite cavité étroite, en entonnoir, unie. Le côté de la tête est aplati, et œil, qui est petit, est placé dans une cavité profonde, unie, étroite. Sa peau est gris-verdâtre, quelquefois tavelée de taches rousses ; autemps de sa maturité elle jaunit un peu du côté du soleil. Sa chair, très-fondante et beurrée, n’est pas sujette à mollir. Son eau est sucrée, trèsabondante, un peu parfumée, et relevée d'une petite âpreté qui ne déplait pas lorsqu'elle n’est pas trop forte, ce qui dépend de la qualité du terrain. Cette Poire mürit en novembre. Son mérite est reconnu de tout le monde. » Duham., Traité Arbr. fruit., p. 166 [1778].
« Je ne puis partager l’opinion de ceux qui, parce que la Crassane se rapproche des Bergamottes par sa forme , l’appellent Bergamotte-Crassane. La Crassane a une saveur «sui generis, qu’on ne rencontre ni dans les Bergamottes ni dans aucune autre Poire, et son arbre a des caractères très-différents de ceux que portent les Poires appelées Bergamottes. C’est un arbre d’assez bonne vigueur qu’on doit planter en espalier ou en contre-espalier; ilne se prête pas du tout à la forme pyramidale, parce que ses rameaux s’étendent trop horizontalement. Le fruit varie beaucoup en grosseur , mais peu dans sa forme ; il est généralement arrondi, quelquefois un peu turbiné, quelquefois aussi aplati en dessus lorsqu'il est trop gros; la queue varie entre un et deux pouces de longueur; elle est plus courte sur les gros fruits. L'œil est petit, placé dans un léger enfoncement. La peau est verte à toutes les expositions, mais elle se couvre plus ou moins de points et de taches roussâtres. La chair est fondante, beurrée, et ne mollit jamais. La Crassane mürit en novembre. C’est une excellente Poire lorsqu'elle est parfaite; mais on ne la trouve pas toujours telle. » Poit., Pomol. [1846].
P. CRASSANE
«La Bergamotte-Crassane d'hiver à le fruit gros, sphérique, aplati des deux bouts ; la queue longue de 5 centimètres, mince, courbée, gris-noirâtre, renflée du côté du fruit, où elle est implantée dans une cavité arrondie, peu profonde; la peau vert-pré , rude, tachée de gris, passant au jaune-verdâtre à la maturité, qui a lieu en décembre et janvier. La chair est blanche, beurrée, extrêmement tendre et remplie d'un suc riche et sucré. C’est une des meilleures Poires de la saison. Touchée trop souvent, elle ne noireit pas à la circonférence, comme la Bergamotte, mais elle blettit au centre.» Willerm , Poir., p. 162 [1848].
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P. GROSSE QUEUE
Fruit d’été, turbiné, moyen, à queue très-charnue, accompagnée de plis obliques; à peau jaune verdâtre, colorée et vergetée de rouge du côté du soleil; à chair blanche, cassante, sucrée, peu parfumée.
ARBRE assez vigoureux, mais peu productif; scions gros, droits, fauves, parsemés de lenticelles arrondies ou ovales; veux petits, coniques.
FeuiLees florales ovales ou ovales-arrondies, mucronées, quelquefois légèrement échancrées, presque entières, glabres sur les deux faces, ciliées sur les bords; les adultes à peu près de même forme, oblongues ou ovales, faiblement denticulées; celles des rosettes plus allongées.
Fzeurs grandes, blanches, portées sur de très-courts pédoncules insérés eux-mêmes sur un pédoncule commun, charnu et plissé; calyce à divisions lancéolées, très-aigués, réfléchies et recourbées à leur extrémité, couvertes de poils roux-ferrugineux en dessus; pétales ohbovales-arrondis, légèrement ondulés, onguiculés, laissant entre eux d’assez grands intervalles.
Fruir commençant à mürir en septembre, moyen, turbiné, à queue un peu oblique, très-charnue, ordinairement plissée, verte ou fauve, se confondant avec le fruit; peau jaune-verdâtre du côté de l'ombre, lisse, lavée et vergetée de rouge vif du côté du soleil, parsemée de très-petits points grisätres dans la partie voisine de l’œil, autour du-
P. GROSSE QUEUE
quel on remarque quelquefois une tache fauve ; æl à fleur du fruit ou placé au milieu d’une très-faible dépression, à divisions courtes, plus ou moins caduques, glabres; observé de ce côté, le fruit ressemble beaucoup à une Pomme; cœur assez grand, dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale du fruit, bordé de granulations; loges moyennes; pepins bruns, géminés, de couleur fuligineuse; lacune centrale, large et subéreuse.
CHair cassante, blanche, granuleuse, surtout vers le cœur, laissant du marc dans la bouche; eau sucrée-acidulée, légèrement parfumée. Fruit de troisième qualité.
Grosse Queuê. Jardinier francois, p. 66 [1665].
« La Grosse-Queuë est ronde, jaune, fort parfumée et sèche, si sujette à la pierre qu’on la peut nommer la carrière des Poires. Etant de même nature que lAmadotte elle demande pareil terroir, et, comme les autres fruits secs et odorants, sont meilleurs dans les terres sèches que fraisches et humides, qui les donne gros, maïs de peu de goust. » Merlet, Abrégé, p. 96 [1675].
« Queuë de chair est ronde, grosse comme une balle, rouge et jaunatre, marquetée. Est ainsi dite pour n’avoir quasi point de queuê, la chair la couvrant à mesure qu’elle grossit; a le goust de Caillot rosat, et n’est point pierreuse; très bonne. » Dom Claude Saint-Estienne, Nouv. Instr., p. 39 [1675].
« Le Caillot-Rosat, la Grosse Queuë, le Besi de Caissoy, etc., etc., et quelques autres de cette sorte, ont bien véritablement quelque bonté, et même quelque réputation en de certains endroits; mais je ne croys pas qu’elles ayent assez de vanité pour demander à faire sitôt parler d'elles; elles verront sans jalousie beaucoup d’autres Poires faire partout une grande figure, durant qu'à petit bruit une partie d’entre elles auront leur place à l’écart dans les grands jardins, et y Serviront au moins à faire une diversité tolérable. » La Quint., /nstruct., p. 161 [1692].
« Grosse Queuë. Le nom de cette Poire la fait connaître ; sa pierre, avec sa sécheresse, la fait mépriser, et son grand parfum la fait estimer de ceux qui aiment les fruits musquez ; elle est jaune, et assez grosse. » Jbid., p. 187.
« Poire à grosse queue. Ce fruit est gros et rond, et sa peau est jaune ; sa
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queue est fort épaisse, ce qui lui a fait donner le nom qu'elle porte; sa chair est sèche et cassante, et son goût fort musqué ; mais elle est sujette à être pierreuse, surtout quand elle est plantée dans un terrain sec ou greffée sur Coignassier, comme il arrive à la plupart des Poires parfumées. » Miller, Dict., art. Pyrus, édit. franc. [1785].
« Le fruit de la Poire de Louvain est assez gros, pyramidal, turbiné, souvent un peu courbé, bosselé à la surface, et particulièrement vers le pédoncule, qui est gros, charnu, long de 2 à 3 centimètres, accompagné d’une gibbosité plus ou moins prononcée ; peau colorée de carmin vif du côté du soleil, jaunissant à la maturité. Chair blanche, fondante ; eau peu abondante, très-sucrée, agréablement et fortement parfumée. C’est un bon fruit, qui a müri en Belgique fin d'août, et qui, d’après les renseignements que je possède, doit mürir en novembre. Les fruits nouveaux sont tous sujets à de pareils écarts dans leur forme et leur époque de maturité. » Bivort, Album de Pomol., v. 1 [1847].
Malgré la qualité de fondant que Bivort accorde à ce fruit et l'opinion qu’il a émise au sujet de sa nouveauté, je n’hésite pas à regarder la Poire de Louvain comme le fruit signalé il y a deux siècles par Dom Claude Saint-Estienne. Mais il n'en est pas de même d’une Poire de Louvain décrite dans les Annales de la Soc. d'Horticulture de Paris , vol. XI, p. 329, par M. Poiteau, ainsi que dans la seconde édition du Jardin fruitier de Noisette.
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