‹ Le jardin passionnéChapitre 30 sur 95 · CELLE QUI T'A PLEURE · texte numérisé non relu

CELLE QUI T'A PLEURE

Celle qui t'a pleuré les deux yeux contre terre Ne veut plus rien savoir et ne veut plus rien faire Qui ne soit sa douleur et son désir de toi. Elle n'a plus sommeil, ni faim, ni chaud, ni froid ; Les jours et les destins ne sont plus rien pour elle. Sa dent brûlante mord sa bouche qui t'appelle. Son cœur tue et maudit ses propres battements. L'heure où l'on t'aime, hélas ! est l'heure âpre où tu mens. Et pourtant elle a soif du mensonge et de l'heure. Ta voix est son poison, ta face est sa demeure. Elle voit sans les craindre et sans leur faire accueil La jeunesse et la mort danser devant son seuil.

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