TU DISAIS DES HISTOIRES
Au creux du parc sans lune où les roses sont noires
Et les cyprès aux belles pointes, Tu disais des splendeurs, tu disais des histoires Qui faisaient mes genoux tremblants sous mes mains jointes.
Ah ! combien de chevaux fiers de leurs mors sonnants Nous avons tous deux chevauchés !
Notre rire emportait l'écume de leurs dents Vers les grands horizons cachés !
Tu disais des histoires 81
Tantôt tu me jetais rapide, ivre et farouche, Par les langueurs mahométanes.
Je tenais un émir dans le feu de ma bouche, Au bord des puits, sous les platanes.
Ou, plus pâle à mesure et les yeux détournés, Tu bâtissais pour moi le castel aux trois tours Qui dans le soir, au choc des ouragans damnés, Dardaient le fer, la flamme et le cri de l'amour.
Lors soudain contre toi, plus triste et plus sauvage, Je laissais le frisson lever ma chevelure, D'un crime avide et chaud qui déchire et saccage. Hors la mort, ô baisers, ô soupirs, rien ne dure,
Rien n'est doux, hors la mort, à ceux pour qui fut doux Le cruel et rapide orgueil des couples, rien ! Et tu faisais trembler mes mains sur mes genoux. Où sont les récits noirs que tu faisais si bien ?
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