MENTEZ, AMOUR
Mentez, amour ! la belle gentiane Crie à l'azur trop vif : « Rivalité ! » Fils de la Vierge et longs fils d'Ariane De fleur en fleur flottent sur la clarté.
O ! ce n'est ni l'été-roi, ni l'automne ; C'est je ne sais quelle saison d'argent, Où, folle un peu, la lumière floconne, Où tout désir se meurt en émergeant.
O ! ce n'est ni le tilleul, ni l'yeuse Qui pleut sur moi dans l'air couleur de blés ; C'est je ne sais quelle tristesse heureuse — Le torrent mord les rocs échevelés.
Je ne sais quel soupir qui se dépense Court de mon âme au monde et s'y complaît ; Mentez, amour ! la vie a fait silence, L'ardeur a fui qui tant me désolait.
J'ai tout brisé de mes mains meurtrières, Lauriers, parfums, joie, audace et plaisir. Mentez, amour ! le torrent mord les pierres ; Il n'est plus rien que vous pour me mentir.
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