QUAND SERAI-JE
O bien-aimé, je sens quelquefois, tant je t'aime, Que je deviens ton fol et périlleux toi-même;
Que je deviens tes vœux, ton désir noir, ton sang, Tes yeux d'où le sommeil de mort flotte et descend ;
Tes yeux plus vifs que l'air, plus doux que l'Italie,
Plus froids que les grands fjords bleu-vert que l'aube oublie ;
Que je deviens ton pas berceur de volupté Et qui met près du mien la rumeur de l'été ;
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Que je deviens ta main au geste chimérique, Ta dévorante voix plus chaude que l'Afrique.
O quand serai-je un jour ton cœur faible et plus dur Que le temps qui s'acharne à briser tombe et mur ?
Quand serai-je ton cœur privé de toute peine
Et ta bouche au beau rire ardemment inhumaine,
Et ton lâche, implacable et mensonger soupir, Et tes baisers qui font si mal sans en souffrir?
Jfo