‹ Le jardin passionnéChapitre 93 sur 95 · AH! PLEURE · texte numérisé non relu

AH! PLEURE

Ah ! pleure un peu sur ta peine appuyée, Toi qui te tais tout le temps, pauvre amour, Toi que l'on croit la morte et l'oubliée. Comme le vent fait mal à la feuillée, Chaque arbre penche et se plaint à son tour.

Moi, j'ai pitié de toi, ma peine chère Que nul ne sait, ni l'air ni le ciel bas, Et qui pour tous fus la pâle étrangère Partie avec sa robe de misère, Partie un soir pour l'ombre et le trépas.

Ah! pleure... 219

Seule je tiens, ô très triste vivante, Le lourd secret qui force ta prison, Comme le vent traîne un cri d'épouvante De l'aune à l'if, de la cime à la pente, Amour! Silence! Automne! Trahison!

Jft

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